Extraits du livre de Lucien Sève: commencer par les fins...

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Le communisme est-il une formule piège ?

Le livre de François Furet le livre noir du communisme n'a-t-il pas définitiviement affirmé la fin du communisme en affirmant "ce qui est mort sous nos yeux avec l'Union soviétique de Gorbatchev, englobe toutes les versions du communisme...". "l'idée d'une autre société est devenue presque impossible à penser"..." l'histoire redevient ce tunnel où l'homme s'engage dans l'obscurité, sans savoir où conduisent ses actions, incertain sur son destin, dépossédé de l'illusoire sécurité d'une science de ce qu'il fait (p807-808)"

Lucien Sève répond: peut-on juger et condamner implicitement en bloc des réalités aussi diverses que le rôle du PCF dans le Front populaire ou le contenu de pensée des cahiers de la prison de Gramsci, le combat anti-apartheid des communistes sud-africains ou la figure du Che, le printemps de Prague ou l'actuel effort de refondation communiste engagé dans bien des pays, et cent autres choses du même ordre qui constituent tout aussi bien "le communisme" ?

Pour lui, il ne s'agit pas de nier l'influence du stalinisme sur tous les aspects du fait communiste qu'il a régis", mais c'est justement le retour critique sur ces autres faits communistes qui conduit à ne pas accepter l'amalgame entre des réalités si diverses.

Au contraire, le raisonnement de Furet que Sève résume ainsi: le communisme, l'utopie d'un futur appartenant irrévocablement au passé, n'a aucun avenir CQFD, conduit à éliminer aussi les plus vrais problèmes, notamment du rapport entre communisme et socialisme...

C'est bien là qu'est l'ampleur de la nouvelle question communiste.

Comment repensez avec ampleur et fermeté de vue le contenu global d'un manifeste communiste pour le prochain siècle ? Bornez votre ambition, laissez de coté le détail. Expliquez-nous seulement...

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L'avenir a-t-il un nom ?

Le communisme, un idéal que les peuples doivent choisir ?

En 1964, Maurice thorez explique pourquoi il importait de garder la formule de la dictature du prolétariat répondant à Jeannette Vermeesch affirmant "le mot dictature est historiquement déshonoré". Pendant 10 ans, les communistes ont continué à affirmer fortement l'importance de ce concept... jusqu'au 22ème congrès en 1976, qui justifie son abandon en affirmant que la dictature du prolétariat n'est en dernière analyse nécessaire que dans la mesure où les forces révolutionnaires ne peuvent pas, avant l'échéance de la prise du pouvoir, avoir avec elles la grande majorité du peuple, et ne l'est plus dans un contexte historique où il devient envisageable d'effectuer chaque transformation sociale profonde en s'appuyant sur la volonté populaire majoritaire s'exprimant démocratiquement par la lutte et par le moyen du suffrage universel

Lucien Sève fait observer qu'à la question politique de savoir comment on peut créer cet indispensable mouvement majoritaire... le 22ème congrès ne fait qu'une réponse sociologique: les salariés constituent désormais en France au moins les trois quarts de la population active. Ils ne sauraient bien entendu manquer, si l'on fait ce qu'il faut, de se prononver en faveur du socialisme à la française proposé par les communistes

Mais.... Telle que Marx l'avait toujours conçue, la société sans classes n'était pas le projet arbitraire d'une conscience philantropique mais le produit nécessaire du mouvement réel sans cesse fomenté par les contradictions du capital et les luttes des travailleurs ...

... loin donc du "socialisme que nous voulons pour la France"

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Le socialisme et le communisme

Le 22ème congrès marque aussi par la disparition du communisme.. et sa quasi-absence dans les textes de congrès jusqu'en 1990.Dans le rapport comme dans le défi démocratique, le mot communisme n'apparait que sous l'expression repoussoir du "communisme de caserne" ! Mais pourquoi d'ailleurs ces deux mots qui traversent le siècle: communisme et socialisme...

En 1984 encore... Engels lui même tient à se redire communiste et non pas social-démocrate, mot qui dit-il "continue de ne pas convenir pour un parti dont le programme n'est pas simplement socialiste de façon générale, mais directement communiste, et qui a pour but politique final de venir à bout de l'état en son entier..."

Dans la critique du programme de Gotha (1875), Marx écrit la première phase de la société communiste porte encore les stigmates de la société dont elle vient de sortir,... et notamment ce droit inégal d'essence bourgeoise qui accorde à chacun selon son travail... dans une phase supérieure de la société communsite au contraire... l'horizon borné d'un tel droit pourra être dépassé au profit de ce tout autre principe à chacun selon ses besoins

Ainsi, le socialisme n'est semble-t-il rien d'autre que le communisme, à un stade initial de formation... conclusion pratique à partir de laquelle Lénine mena bataille afin de changer l'appellation du parti ouvrier social-démocrate en communiste...Pourtant le socialisme a souvent été présenté comme l'appropriation collective des moyens de production, condition quasi-unique du développement d'une nouvelle société. Mais...

... l'appropriation sociale des grans moyens de production et d'échange, si du moins l'on prend une telle mesure dans sa pleine portée émancipatrice, est-elle tout simplement impossible sans le dépassement du maché et du salariat capitalistes, sans le développement intégral des individus, sans le dépérissement de l'état... Avec cette impossibilité commence d'apparaitre ce qu'a de dérisoire la réduction du communisme à la formule simpliste: propriété sociale des moyens de production + à chacun selon ses besoins; et plus encore de ravageur la réduction du socialisme, en principe phase initiale du communisme, à la seule sacramentelle propriété sociale des seuls moyens de production... cette réduction si dénaturée ne s'est pas opérée dans le seul registre des idées.. mais aussi dans l'édification concrète même du socialisme à l'époque stalinienne...

Pourtant le PCF a longtemps affirmé qu'....

il suffisait d'en finir avec la détention privée [des moyens de production] pour que s'effondrent du même coup le poids de l'(état avec la loi du marché, les opressions sexistes et racistes en même temps que sles attitudes égoistes ou belliqueuses, et ainsi de suite. De sorte que tendre tous les efforts vers la conquêt du pouvoir censée permettre cette socialisation déterminante se présentait comme l'unique bataille qui vaille vraiment...

Ainsi,

le socialisme, dans sa théorie et pratique stalinienne a cessé de se reconnaitre période de tranistion... il se pose comme forme sociale achevée.... Si 70 ans n'ont pas suffi à l'URSS pour au moins amorcer le passage à la forme supérieure de la société sans classes, ce n'est pas essentiellement à cause de ses difficultés extrinsèques, pourtant très réelles, qu'ont été le retard initial de dévelopement, l'encerclement capitaliste durable ou la course aux armements prise pour forcée à l'époque brejnevienne; c'est en vertu de cette raison éminamment interne que le socialisme, après Lénine, a répudié son essence révolutionnaire au point de se développer pour une part essentielle à contre-front du communisme et de ses exigences les plus fondamentales.

Et Lucien Sève illustre cette contradiction avec cette maxime connue et qui prend aujourd'hui un relief particulier...

L'évanouissement du communisme au delà de l'horizon a de fait laissé place à ce stupéfiant mot d'ordre des héritiers de 1917: rattraper le capitalisme ! qui ne pouvait pas ne pas signifier aussi, à plus d'un titre, se faire ressaisir par lui.

Et donc, la leçon du siècle n'est plus l'échec du projet communiste, mais bien l'abandon de ce projet par les partis s'en réclamant et l'échec des diverses formes de socialisme (social-démocrate ou stalinienne...)

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Le communisme, un mouvement réel ?

Si le communisme n'est pas un idéal et s'il ne s'est pas effondré avec le mur de Berlin... Quels sont les processus concrets dans nos sociétés qui peuvent être porteurs d'un sens de l'histoire, d'un dépassement du capitalisme ?

Ce qu'il [Marx] soutient... c'est que dans l'histoire humaine, ..., il y a des processus - démographiques, technologiques, écnonomiques, cogitifs...- durablement cumulatifs suivant une même direction. C'est typiquement le cas pour la croissance de la force productive dans le capitalisme... Du même coup prennent corps d'immenses contradictions motrices de tout le mouvement historique, dont un exemple cardinal est l'antagonisme chronique entre accumulation de richesse du coté du capital et accumulation de détresse du coté des salariés.... Le troisième point... est que le déploiement non linéaire de ces vastes contradictions tend à produire les présupposés négatifs et positifs de leur propre dépassement...

C'est donc bien dans l'étude du mouvement du capital et de ses contradictions qu'il faut chercher ce que peut être un nouveau communisme..

Il y a un siècle et demi prit naissance une grande cause: celle de la révolution socialiste que devait accomplir le prolétariat dirigé par un parti d'avant-garde conquérant en son nom le pouvoir d'état pour socialiser les moyens de production... toutes les données essentielles qui avaient durablement rendu plausible une telle entreprise se sont métamorphosées à la longue: façon de produire, structures de classe, logiques politiques, réalités sociales, motivations personnelles, esprit du temps, état du monde.... Ainsi s'est refermée une fenêtre historique... celle qu'avait identifiée le manifeste, la fenêtre de la révolution prolétarienne, puis plus tard du socialisme, s'est irrémédiablment close: la classe ouvrière n'est plus la grande figure identitaire des forces potentielles de la transformation sociale, ni le socialisme sa visée suffisante, ni la révolution son mode adéquat, ni le parti d'avant-garde, son agent approprié. La cause demeure, bien entendu, en son acception la plus essentielle, mais tout diffère dans ses déterminations concrètes.

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Quel communisme après "le communisme" ?

Mouvement du capital et sources du communisme

Après avoir rappelé les deux lois économiques du capital formulée par Marx

Et voilà qui impose une conclusion primordiale: s'en prendre à la forme de propriété des moyens de production ne touche à l'essentiel que dans la mesure ou cela peut créer une situation beaucoup plus favorable pour transformer du tout au tout - là est le fond du problème - le contenu de gestion des activités économiques et financières, faute de quoi rien d'important ne change, comme l'a crument rappelé l'expérience française des nationalisations de 1981...

...Faire prédominer enfin le développement des hommes sur la production des biens

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Penser en termes d'aliénation

L'aliénation, c'est l'ensemble des processus par lesquels les puissances sociales des hommes - leurs capacités collectives de produire, échanger, organiser, connaitre ... - se détachent d'eux pour devenir des dforces étrangement, voire monstrueusement autonomes qui les subjugent, les écrasent - tels par exemple le capital et les lois du marché, l'état et les logiques de pouvoir, l'arène internationale et la fatalité de la guerre...

Passer... à une culture communiste de la désaliénation générale ne conduit en rien à perdre... de vue... l'exploitation du travail ouvrier [qui] est typiquement elle-même une grande aliénation historique puisqu'elle repose, Marx le souligne sans cesse, sur la séparation des producteurs directs d'avec leurs moyens de production

Alain Bertho écrit dans le travail à l'épreuve du salariat

Si une période est bien close, c'est celle ou la libération de tous les hommes pouvait s'incarner dans un groupe social spécifié. Il n'y a pas aujourd'hui à chercher une nouvelle classe ouvrière, mais la culture polémique capable de rassembler la multitude des expériences de confrontation à l'ordre social sur des enjeux communs.

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Vers une stratégie de la désaliénation

ou le débat sur abolition ou dépassement fait un tour dans les dictionnaires...

Ici s'impose un éclaircissement du vocabulaire. Quand on lit Marx dans les traductions françaises existantes, on y rencontre souvent le mot abolition.. [des rapports sociaux, de la propriété, du capitalisme...] Or, dans la plupart des cas le terme dont se sert Marx est Aufhebung, qui dans la langue allemande courante, veut dire en effet abolition, suppression, abrogation, mais qui, dans le langage théorique de Hegel, et de Marx à sa suite, a expressément, comme le veut son éthymologie [...], un sens beaucoup plus dialectique: à la fois suppression, conservation et élévation, autrement dit passage en une forme supérieure... [..] du reste lorsque Marx parle de l'Aufbehung du mode de production en une forme supérieure, on est ici bien obligé de traduire par dépassement... Preuve contraire, quand Marx veut dire abolition pure et simple, dans le manifeste, comme par exemple "abolition de l'héritage", il emploie de tout autres mots, comme abschaffung...

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Commencer par les fins

Le capital ne prend plus la peine de dissimuler, voire s'offre le cynisme d'afficher que ce qui le fait courir, bien au-delà des jouissances personnelles, est l'argent pour l'argent et son pouvoir, que sa fin ultime est donc lui même: cette carence de fin humaine est sa condamnation. Mais, à un niveau éthique tout autre, est-il possible de trouver un pour quoi final qui vaille en soi ? La pensée écologique doit sans doute une bonne part de son audience à ce que, dans son meilleur, elle pose cette question cruciale des fins, en quoi se confirme quelque parenté entre elle et le communisme.

Mais...

c'est donc l'homme comme il est dans la nature comme elle est qui fait office ultime de fin en soi dans cette pensée délibérément conservatrice.

.. Marx répond:

engendrée d'abord par la nature, l'humanité développée s'est autoproduite à travers sa propre histoire, et c'est le développemnt historique lui même qui fait une fin en soi... de ce développemenet de toutes les forces humaines en tant que telles...

Et Sève nous propose...

Le plus accusateur à dire contre ce viellard vert au dehors, mort au dedans qu'est encore le capitalisme [...], c'est sa totale incapacité à nous dire pour quoi nous devrions souffrir les mille morts qu'il nous inflige. L'humanité est en voie de se détruire matériellement et moralement pour rien, pour une frénétique accumulation de richesse abstraite dénuée de tout sens anthropologique, ce qu'illustre jusqu'à l'insoutenable la si terrible dé-moralisation de la couche dirigeante. Il n'y a donc pas de question plus centrale à poser aujourd'hui que celle des fins de nos activités humaines. Sans doute était-ce même la plus rédhibitoire insuffisance de cette culture du socialisme qu'obnubilaient les moyens de production : derrière ce comment, elle a oublié le pourquoi. Est-il excessif de penser qu'il y avait là en germe jusqu'à la fabuleuse aliénation stalinienne ?

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L'hominisation au service de la finance

Sève analyse ensuite les mutations forces productives qu'il généralise aux moyens objectifs des activités humaines...

Or, à cet égard le fait nouveau fondamental est sans nul doute l'irruption encore très inégale mais toujours plus massive du capital privé, en particulier sous sa forme financière, dans la sphère immense des services marchands et non marchandss - devenue dans es pays très développés la part largement principale de l'activirté économique

La distinction qui nous importe ici est la suivante: les activités de servuice dont il va pêtre question sont celles dont l'effet utile ne se concrétise pas, du moins pour l'essntiel, dans des choses, mais aaffectent directement l'(être humain...

[... le capital...] a constamment tendance à sacrifier au taux de profit la qualité effective du produit. Mais ici, la qualité de produit tendanciellement sacrifiée dans sa subversion en simple moyen n'est autre que la fin humaine même de l'activité de service. Une logique de déshumanisation s'est par là mise en marche dont les effets sont déja effrayants et qui ira au plus monstrueux si on ne parvient pas à renverser cette inversion.

et Sève explique une des conséquences fondamentales sur la conception du communisme...

... à la différence de toute forme d'exploitation [...] l'aliénation à l'oeuvre ne constitue pas ses victimes en classe, débordant ainsi de façon spectaculaire le cadre marxiste traditionnel. S'agirait-il donc selon moi d'un processus en quelque sorte "hors classe" ? Pas du tout, en un sens: l'irruption du capital dans ces services est la plus claire des mainmises de classe, et lutter contre elle relève sans équivoque du combat anti-capitaliste. Mais s'il y a bien classe à un pôle de la contradiction, le fait déconcertant est qu'il n'y a pas classe à l'autre: ce que met ici à mal l'aliénation est bien plus que les intérêts d'une catégorie sociale déterminée, c'est la finalité humaine d'activités pour tous.

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Socalisme de marché ou communisme postmarchand ?

Sève reprend plusieurs écrits conduisant à réintroduire la notion de marché dans le socialisme, et affirme pour sa part au contraire, sa vision d'un dépassement progressif du marché dans le communisme..

...au lieu d'une installation dans la perspective si inquiétante d'un socialisme de marché, mais aussi aux antipodes d'une brusque abolition du marché, à tous égards si chimérique, il s'agit d'amorcer une phase historique de dépassement du capitalisme en travaillant, dans le secteur marchand des biens et des services comme de la finance, à déplacer de plus en plus les critères dominants de la rentabilité segmentaire privée vers l'efficacité sociale totale dont se désintéresse si gravement le capital - pourquoi par exemple ne pas faire supporter de manière bien plus dissuasive aux grandes entrepises les coûts directs et indirects imposés sans son aveu à la collectivité publique par les plans de licenciement décidés au nom du profit privé ?

Et il conclut sur la question des rythmes de transformation..

Jusqu'au bout, Marx a pensé quant à lui la sortie du capitalisme comme impliquant une révolution brusque permettant d'opérer en peu de temps des transformations économiques et politiques majeures et d'engager ainsi l'évolution beaucoup plus lente de la phase inférieure vers la phase supérieure de la société communiste. Significative est à cet égard la métaphore de l'accouchement qu'il emploie encore en 1875 [...]. Or, nous avons tout lieu aujourd'hui d'envisager le dépassement du capitalisme comme un vaste ensemble de transformations qualitatives non plus initialement soudaines mais constamment graduelles, leur essence révolutionnaire inchangée n'impliquant pas de soi des seuils brutaux, ce qui bien entendu, n'exclue pas à priori l'éventualité d'avoir à tel ou tel moment des réactions violents à contenir.

Loin donc de la loi stalinienne selon laquelle tout changement qualitatif serait obligatoirement brusque...

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Le libre développement de chacun-e

Après avoir souligné que Marx en reste à des aperçus sur ce qu'ilplique le passage à "l'individu intégral".. sève prend un exemple frappant sur la vieille question "qui est premier" le changement des structures ou des mentalités ?

Ainsi pour la culture communiste d'antan, c'était le socialisme qui seul libérerait la femme. L'histoire a tranché: le mouvement féministe n'a heureusement pas attendu pour faire bouger les choses, quitte à constater qu'elles ne peuvent en effet bouger au-delà de certains points sans que soient renversés des rapports tout à fait primordiaux. Leçon cruciale pour un nouveau communisme: l'intégral développement de chacun doit commencer aujoiurd'hui.

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Une urgence: engager le dépérissement de l'état

La vision traditionnelle de la révolution repose sur la prise du pouvoir d'état par la classe ouvrière, puis la destruction de l'appareil étatique-bourgeois de la contrainte grace à la dictature du prolétariat, permettant d'engager le dépérissement progressif de l'état dans toutes ses dimensions de puissance liénée et aliénante. Sève souligne qu'autant le socialisme stalinien que la social-démocratie n'ont retenue que le premier terme, Sève cite Alain Berthot:

telle est la seule alternative possible à la dictature du prolétariat. Elle repose sur un renouvellement décisif de la politique: non plus concurrence bornée entre appareils partisans pour la maitrise de l'état devenue but en soi, dans une aliénation où elle en vient à ne plus susciter qu'inintérêt et mépris, mais participation la plus large des citoyens à tout ce qui décide de leur existence sociale en quelque domaine que ce soit, par quoi, reprenant sens, elle peut redevenir le centre de toute vie publique.

Et précise:

Or deux choses foncièrement distinctes dans leur principe quoique toujours mêlées en fait sont confondues sous l'unicité du mot état. Dans cette puissance à part et au dessus de la société civile, le pouvoir des hommes sur leur vie sociale à la fois s'objective en administration publique et s'aliène en domination politique. L'idéologie vulgaire escamote ce second coté des choses sous le premier, suscitant la fiction d'un état neutre. Faisant justice de ce faux-semblant, la critique marxienne n'implique nulle réduction symétrique. au contraire, elle vise à émanciper le premier du second : dès lors que s'efface le caractère de classe de l'état, la scission peut se résorber entre la société civile et son pouvoir d'organisation que se réapproprient les citoyens: c'est la fin de l'aliénation politique... telle est la question cruciale que tendent à fuir les apologies actuelles de la République.

Mais comment l'engager sans être au pouvoir ?

Si la tâche est ardue, la réponse de principe est aisée: l'état de classe, c'est pour le dire d'un mot, l'aliénation du pouvoir politique: tout ce qui désaliène la politique fait régresser ispo facto un tel pouvoir. La clef du processus n'est pas d'abord quelque part dans l'appareil d'Etat mais partout dans la société sivile... l'extinction de l'état est donc le contraire même du dépérissement de la politique...

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Communisme et mondialité

Marx pensait le passage au communisme comme nécessaire mondial. Lénine tout en proposant d'engager la révolution dans un pays pensait que l'extension aux principales puissances était inévitable...

en fait, le passage au socialisme a suivi un cours tout différent: limité à un groupe de paus aux contours de plus en plus figés, il a pris la forme d'une lutte acharnée [...] que les puissances capitalistes faisaient tout pour détruire. Cet enfermement chronique d'une cause à vocation universelle dans la défense d'intérêts géopolitiques particuliers a tragiquement imposé au combat désaliénateur du mouvement communiste de caricaturales aliénations, dont la dépendance à l'égard de Moscou devint le symbole... [...] par une très remarquable dialectique, c'est alors le capitalisme qui s'est plus que jamais posé en destin universel de l'humanité, sur une planète en voie d'unification communicationnelle et marchande.

Mais retrouver le rayonnement universaliste d'origine pour le communisme ne peut se faire autour d'un modèle, quelqu'il soit...

L'universalité humaine vers laquelle il s'agit d'aller ne peut être celle ou l'unité abstraite d'une forme dominante prétend s'imposer aux identités singulières des nations comme des personnes, des cultures comme des organisation sommées de se normaliser à son image, mais bien cette universalité concrète ou chaque singulier devient comme tel sociétaire à part entière du genre humain en en intériorisant à sa facon les valeurs communes....

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Au delà d'une société de classe

sève cite les questions auxquelles doit se confronter le communisme mais qu'il ne peut aborder dans ce livre: démographie, écologie, révolution biomédicale, essor des sciences et techniques... et souligne que même si ces questions sont marqués par le contexte de classe dans lesquelles elles se posent, elles ne sont pas en elle-mêmes, des questions de classe...

Partout surgissent des interrogations de cette sorte, et ce n'est qu'un début. Interrogations anthropologiques significatives de ce qui constituera l'étoffe de l'histoire humaine après la fin de notre préhistoire. foncièrement surdéterminés aujourd'hui par leurs contextes et enjeux de classe, ces problèmes n'en sont pas moins en leur fond ceux de la société sans classes à venir. Mais, paradoxe apparent, l'idée communiste en elle-même n'est plus en mesure de leur propser réponse. C'est qu'elle a pour seul objket la sortie de la société de classes, la désalinéation de l'hsitoire humaine.

Une nouvelle fenêtre historique ?

Sève décrit un rapport de forces bien difficile mais conclut sur l'urgence d'une politique communiste:

Nous qui persistons à vouloir changer le monde, nous repartons de très basn et si l'histoire a toujours de l'imprévisible en réserfvee, on doit pourtant s'attendre à ce que la route soit longue. Il n'y en a pas mloins des raisons fortes de penser qu'une fois dep lus l'humanité s'assigne une tâche qu'elle peut résoudre. La première est précisément la disparition du socialisme réel [...], ayant gagné presque sans partage, il [le capitalisme] a perdu par là même tout alibi quant aux infinis malheurs du temps présent. C'est le deuxième atout majeur [...] Troisème renversement logique: l'urgence aigue des menaces n'a-t-elle pas vocation à se convertir en croissance accélérée des ripostes ?

[...]

Pour engager en grand le dépassement du capitalisme, ce ne sont donc certes pas les forces potentielles qui manquent: le capital se charge de leur multiplication. Mais pour que beaucoup deviennet actuelles, il faut souvent en faire jaillir les motifs d'aussi profond que l'eau du désert [...] voilà qui nous conduit à la cruciale question pratique [...]: comment, dès aujourd'hui et de façon convaincante, faire de la politique avec l'idée communsite repensée ?

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Mouvement social, mouvement politique, mouvement théorique

Faire de la politique avec l'idée communsite, c'est d'abord pour Sève:

la perspective communiste est à traiter non plus en idéal du dimanche mais, très résolument, en référence du quotidien. c'est à peu près le contraire de ce qu'exigeait la tradition de réalisme politique en vertu de laquelle la direction du parti comuniste n'a pas même parlé du communisme durant des décennies, abandonnant ainsi à d'autres le bénéfice d'une radicalité critique et d'une audace visionnaire qui nulle part pourtant ne s'apprennent mieux que chez Marx [..] donner à voir le bout de ses actes dans tous ses actes et par là même garder le cap: n'est-ce pas le seul réalisme qui vaille ?

Si les forces restent dramatiquement insuffisantes pour dépasser le capitalisme quand partout l'on rêve de changer enfin la vie, n'est-ce pas que n'apparait pas assez rouverte une perspective en ce sens le plus fort du mot ?

Prometteur mais incertain, le nouveau mouvement social ne peut ni se satisfaire de la pratique politique actuelle, ni produire à lui seul celle dont il est besoin. Pour rendre motrice cette dialectique quelque peu grippée du social et du politique, m'est avis qu'est indispensable l'apport d'un troisième terme: appelons-le mouvement théorique...

Le manifeste a su dire à bien des générations de révolutionnaires pour quoi ils combattaient. rien n'importe plus aujourd'hui que de savoir le dire d'une façon toute nouvelle mais aussi forte à notre tour.

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La difficile bataille de la représentation

Jamais la domination du capital n'avait autant fonctionné à la mystification idéologique. D'abord parceque l'aliénation atteint en tous domaines à des ommets. A mesure que grossit par exemple la bulle financière s'étoffe la fantastqiue apparence objective selon laquelle, [...] l'argent ferait tout seul des petits, croyance qui interdit de rien comprendre aux grandes questions économiques. Ensuite et surtout parceque la machine sociale à berner les consciences pour le compte des forces dirigeantes s'est perfectionnée à un point sans précédent.

D'ou l'importance considérable de ce que j'appellerai la bataille de la représentation: à tout moment et en tout domaine, démonter l'imposture en rendant manifestes, dans la simplicité de forme à laquelle conduit seule la pénétration théorique, les processus ou s'engendrent les faux-semblants factuels et notionnels, et par là tout à la fois former la conscience vigilante, remettre l'image du réel sur ses pieds, et rouvrir les voies du passage à l'action.

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Dépasser la forme-parti ?

Comment comprendre la profondeur de la crise politique en France... elle touche tous les partis, y compris les verts, pourtant adeptes proclamés d'une nouvelle éthique... Pour le PCF, elle renvoie à des débats d'organisations et notamment au centralisme démocratique.

Les congrès du PCF qui ont abouti à l'abandon du centralisme démocratique sont restés dans une analyse contradictoire. Pour certains, le centralisme démocratique était dépassé par ce qu'étaient devenu la pratique communiste, pour d'autres, il représentait un blocage aux changements nécessaires dans les pratiques...

L'auteur propose donc d'en revenir aux origines...

Ce qu'était vraiment le centralisme démocratique léninien

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La forme parti stalinienne

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Centralisme autocratique: l'exemple du PCF

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Le coup pour rien du 28eme congrès

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Aux sources social-démocrates de l'autocratisme

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La clef des formes organisationnelles: le contenu politique

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Une organisation délivrée de la verticalité

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Pour des cellules de nouveau type

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Une conduite sans directions...

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Révolutionner calmement la forme-parti communiste

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