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		<title>Travailler Plus pour... que les riches gagnent plus !</title>
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		<dc:creator>pam</dc:creator>



		<description>Travaillez plus ? Travaillez plus pour gagnez plus ! L'ordre est donn&#233; par le pr&#233;sident de la r&#233;publique et le gouvernement l'applique avec z&#232;le, proposant de payer les RTT et revenir &#224; 39h l&#224; ou les entreprises le pourront, de faire travailler plus longtemps les vieux, d'imposer des &#171; activit&#233;s &#187; au rmistes, aux chomeurs, de donner les ados en apprentissage aux entreprises... Travaillez plus, travaillez plus... comme si depuis des ann&#233;es, il n'y avait pas des (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;Groupe d'autoformation sur le capital&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Travaillez plus ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Travaillez plus pour gagnez plus ! L'ordre est donn&#233; par le pr&#233;sident de la r&#233;publique et le gouvernement l'applique avec z&#232;le, proposant de payer les RTT et revenir &#224; 39h l&#224; ou les entreprises le pourront, de faire travailler plus longtemps les vieux, d'imposer des &#171; activit&#233;s &#187; au rmistes, aux chomeurs, de donner les ados en apprentissage aux entreprises... Travaillez plus, travaillez plus... comme si depuis des ann&#233;es, il n'y avait pas des millions de &#171; priv&#233;s de travail &#187;, et des milliers de temps partiel qui sont en quelque sorte des &#171; travaillez moins ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mais qui va gagner plus ? Ceux qui travaillent plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'exp&#233;rience, ce sont toujours les plus riches qui gagnent plus ! Depuis 30 ans que les gouvernements successifs r&#233;forment le code du travail, des millions de salari&#233;s travaillent de plus en plus, de plus en plus vite, de plus en plus durement. Ceux qui ont pu b&#233;n&#233;ficier des 35h l'ont souvent pay&#233; d'une plus grande flexibilit&#233;, de la r&#233;duction des salaires compar&#233;s &#224; la hausse des prix des achats courants, notamment apr&#232;s le passage &#224; l'Euro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s se sont renforc&#233;s devenant une v&#233;ritable s&#233;gr&#233;gation sociale avec des couches ais&#233;es grande gagnantes, d&#233;voilant voitures et logements de luxes, domestiques renomm&#233;s &#171; services &#224; la personne &#187;, imposant leurs modes de vie et de consommation comme la &#171; modernit&#233; &#187;, dont Sarkozy repr&#233;sente l'id&#233;al, invit&#233; sur le yatch de son ami milliardaire, s'accordant une augmentation de 140%, ou dont la critique se r&#233;sume aux forums alternatifs des bobos de grande villes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 30 ans, ceux qui gagnent le plus ne sont pas ceux qui travaillent le plus ! Au contraire, les plus riches profitent des lois successives qui favorisent les investisseurs, les sp&#233;culateurs... tous ceux que les premi&#232;res mesures de Sarkozy ont chouchout&#233;s avec des milliards de cadeaux fiscaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'exp&#233;rience il ne suffit pas de vouloir travailler pour trouver du travail ! Travailler plus, mais o&#249; ? Une entreprise ne cr&#233;e pas d'emplois si elle n'en a pas besoin, ne fait pas d'heures suppl&#233;mentaires si elle n'a pas de travail ! M&#234;me si le salaire est tr&#232;s bas, m&#234;me si l'&#233;tat prend en charge les cotisations sociales, ou m&#234;me subventionne les salaires, les patrons ne cr&#233;ent d'emploi que quand la charge de travail le rend INDISPENSABLE ! Par contre, ils sont champions pour SUPPRIMER des emplois ET b&#233;n&#233;ficier des syst&#232;mes gouvernementaux de r&#233;ductions du co&#251;t du travail... pr&#233;retraite, chomage technique, pr&#233;carit&#233;, RMA...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pire est que le capitalisme n'a plus besoin d'investir dans le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233;. D&#233;barrass&#233; de la concurrence que repr&#233;sentait l'URSS et les pays de l'est, il se d&#233;tourne des besoins sociaux pour faire de l'argent facile dans les d&#233;penses militaires, les besoins de luxe d'une bourgeoisie arrogante ou la marchandisation de toutes les pratiques sociales et culturelles, en laissant un quart monde de grande pauvret&#233; devenir la norme dans les quartiers populaires occidentaux, paup&#233;risant une part toujours plus grande des couches moyennes comme le montre le million de familles am&#233;ricaines jet&#233;es &#224; la rue par la crise des sub-primes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mais peut-on vraiment gagner plus en travaillant plus sans se faire avoir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Travailler plus ? pourquoi pas, si cela permet r&#233;ellement de gagner plus ! Mais qui d&#233;cide des salaires et comment ? Est-ce que les entreprises augmentent les salaires quand elles le peuvent ou quand elles y sont oblig&#233;s ? Un ancien dirigeant allemand est rest&#233; c&#233;l&#232;bre pour son th&#233;or&#232;me &#171; les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'apr&#232;s-demain &#187; ? Mais le constat est exactement l'inverse. Depuis, les profits ont repris 10% de la richesse produite aux salaires (180 Milliards &#8364; par an), et pourtant les investissements n'augmentent pas et le chomage continue &#224; gangrener la soci&#233;t&#233; ! Le capitalisme investit des milliards pour faire travailler en Chine, en Inde ou dans les pays de l'Est, mais a quelles conditions est-il pr&#234;t &#224; investir en France ? A quel salaire ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'analyse de Karl Marx sur les revendications du salaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus d'un si&#232;cle, des dirigeants syndicalistes anglais appelaient les ouvriers &#224; ne pas se battre pour les salaires car les augmentations seraient de toute fa&#231;on reprises par l'inflation. Marx &#233;crit alors un texte pour montrer que le seul effet d'une augmentation massive des salaires, c'est au contraire un r&#233;&#233;quilibrage entre salaires et profits et un d&#233;placement des investissements vers des secteurs utiles aux besoins sociaux. Pourquoi ? Parce que la &#171; valeur d'&#233;change &#187; d'une marchandise n'est pas d&#233;termin&#233;e fondamentalement par le march&#233; mais par le co&#251;t de la production ! Et le travail &#233;tant dans le syst&#232;me capitaliste une marchandise, le co&#251;t du travail, donc le salaire, n'est pas d&#233;termin&#233; par le march&#233; du travail, mais par le co&#251;t de la reconstitution de la force de travail. Autrement dit, il ne suffit pas de faire venir des milliers d'immigr&#233;s pour les payer moins cher si ces immigr&#233;s se mettent &#224; vivre dans les m&#234;mes conditions que les autres salari&#233;s, allant dans les m&#234;mes &#233;coles, hopitaux ou grandes surfaces ! Car alors, leur salaire vont augmenter ! En fait le salaire est toujours la traduction du rapport de forces entre capital et travail.. quelquesoit le niveau de profit, le capitalisme cherchera toujours &#224; faire BAISSER les salaires ! Et les travailleurs ont toujours int&#233;r&#234;t &#224; se battre pour AUGMENTER les salaires ! Cela ne fait pas augmenter les prix, cela r&#233;duit la masse d'argent brul&#233;e dans les gachis financiers et le luxe !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, travailler plus pour gagner plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Supposons que les patrons acceptent de payer les heures suppl&#233;mentaires alors qu'on sait que dans beaucoup de secteurs, les patrons imposent ces heures suppl&#233;mentaires sans jamais les payer ! Mais si on travaille plus sans augmenter le salaire horaire, est-ce ce que ce surcroit de salaire va augmenter notre pouvoir d'achat ? Si on suit le raisonnement de Marx, pas du tout ! En travaillant plus, l'entreprise va augmenter son chiffre d'affaire, donc son profit. Ce profit plus facile va attirer les financiers pour augmenter leur rente, pour investir encore plus dans les march&#233;s faciles, pour s'&#233;loigner encore plus de la r&#233;ponse aux besoins sociaux... Finalement, ce travail suppl&#233;mentaire va augmenter les profits et les rentes et peser encore plus sur la part des salaires dans le PIB ! Les quelques heures suppl&#233;mentaires pay&#233;es seront bouff&#233;es rapidement par l'inflation des courses indispensables pendant que plus d'argent coulera dans les gachis financiers, les incendies boursiers et les consommations de luxe ! En r&#233;sum&#233;, quand un salari&#233; travaille plus au m&#234;me taux horaire, les profits augmentent, donc le capital est plus fort pour r&#233;duire encore le pouvoir d'achat !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que nous propose Sarkozy est tr&#232;s simple...
Travaillez plus pour que les riches gagnent plus !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des salari&#233;s doit &#234;tre partout de se battre pour augmenter les salaires ET r&#233;duire le temps de travail ET cr&#233;er des emplois, ce qui revient en fait &#224; r&#233;cup&#233;rer les 180 milliards qui chaque ann&#233;e sont vol&#233;s par les entreprise aux salaires depuis les ann&#233;es 1970, &#224; pousser le capital &#224; investir pour les besoins sociaux, pour le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour que ce soit possible, il faut affronter sans crainte les m&#233;dias et les discours dominants, d&#233;jouer l'illusion du &#171; compromis &#187; possible avec Sarkozy, des n&#233;gociations qui pourraient aboutir en dehors de la lutte. Seul le &#171; blocage &#187; du syst&#232;me peut faire c&#233;der la bourgeoisie ! Il ne se d&#233;cr&#232;te pas dans de grandes d&#233;clarations m&#233;diatiques, mais se construit dans l'exp&#233;rience militante du rassemblement populaire et du point de vue communiste !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cycle d'auto-formation sur Le Capital de Karl Marx</title>
		<link>http://www.utopies.org/spip/spip.php?article138</link>
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		<dc:date>2007-12-15T14:35:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>romain</dc:creator>



		<description>Le collectif Utopies propose un cycle d'auto-formation sur Le Capital. Pourquoi s'int&#233;resser &#224; cet &#233;pais volume de plusieurs milliers de pages ? Le but ultime du Capital, selon son auteur, est de &#171; d&#233;voiler la loi d'&#233;volution &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; moderne &#187; (Pr&#233;face &#224; la premi&#232;re &#233;dition allemande). Si cette loi doit &#234;tre &#171; d&#233;voil&#233;e &#187;, c'est parce que la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; la diff&#233;rence de toutes celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, recouvre son propre (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;Groupe d'autoformation sur le capital&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif Utopies propose un cycle d'auto-formation sur Le Capital. Pourquoi s'int&#233;resser &#224; cet &#233;pais volume de plusieurs milliers de pages ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le but ultime du Capital, selon son auteur, est de &lt;i&gt;&#171; d&#233;voiler la loi d'&#233;volution &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; moderne &#187;&lt;/i&gt; (Pr&#233;face &#224; la premi&#232;re &#233;dition allemande). Si cette loi doit &#234;tre &lt;i&gt;&#171; d&#233;voil&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, c'est parce que la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; la diff&#233;rence de toutes celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, recouvre son propre fonctionnement d'un voile d&#233;formant et occultant. Tout y apparait comme un myst&#232;re : l'origine de la richesse, les m&#233;canismes de son partage, le mouvement des prix, le surgissement des crises, la destruction d' implantations industrielles ou de denr&#233;es comestibles, la hausse et la baisse de la valeur nominale des actions, le ch&#244;mage et les profits&#8230;. Mais pour percer ces myst&#232;res modernes, il faut aller au-del&#224; des apparences, gr&#226;ce &#224; la r&#233;flexion th&#233;orique : &lt;i&gt;&#171; toute science serait superflue&lt;/i&gt;, dit Marx, &lt;i&gt;si l'apparence et l'essence des choses se confondaient &#187;&lt;/i&gt; (Le Capital, livre III, ES, 1976, p. 739). Et c'est pourquoi, dans Le Capital, Marx est parti de la marchandise, ce hi&#233;roglyphe moderne. Il avait acquis cette conviction :&lt;strong&gt; les apparences de la marchandise sont aussi trompeuses que celles du mouvement apparent du soleil&lt;/strong&gt;. Il faut les percer &#224; jour si on veut comprendre les m&#233;canismes de l'in&#233;galit&#233; sociale, de l'exploitation et de l'appropriation priv&#233;e de la richesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette conviction est encore la n&#244;tre. La soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons porte un nom : c'est une soci&#233;t&#233; capitaliste. Mais il devient toujours plus difficile de la nommer, tant le discours dominant essaie de nous faire prendre ses vessies pour des lanternes : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le licenciement pour le &#171; plan social &#187;, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'exploitation pour la &#171; gestion des ressources humaines &#187;, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le profit pour la &#171; r&#233;mun&#233;ration de la prise de risque &#187;, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le capital et la travail pour de simples &#171; facteurs de production &#187;, &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; etc&#8230; L'id&#233;ologie capitaliste produit en permanence des mots ou des expressions qui finissent par rendre certaines r&#233;alit&#233;s &#224; proprement parler impensables ; elle organise la m&#233;connaissance syst&#233;matique du fonctionnement r&#233;el de la soci&#233;t&#233; qu'elle sert &#224; l&#233;gitimer et &#224; promouvoir. Elle montre ainsi son caract&#232;re mystificateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la pr&#233;face &#224; l'&#233;dition anglaise du Capital, Engels insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'un langage nouveau, sur &#171; l'emploi de certains termes dans un sens diff&#233;rent de celui qu'ils ont non seulement dans la vie quotidienne, mais dans l'&#233;conomie politique courante &#187; : &#171; il est bien &#233;vident qu'une th&#233;orie qui ne consid&#232;re la production capitaliste moderne que comme une &#233;tape provisoire dans l'histoire &#233;conomique de l'humanit&#233; doit user de termes diff&#233;rents de ceux qu'emploient les &#233;crivains qui consid&#232;rent cette forme de production comme &#233;ternelle et d&#233;finitive &#187; (Pr&#233;face &#224; l'&#233;dition anglaise). Qu'est-ce que nous apprend ce nouveau langage ? Ceci, par exemple : la &#171; r&#233;mun&#233;ration de la prise de risque &#187;, qui semble justifier les richesses colossales des patrons, n'est pas autre chose, en r&#233;alit&#233;, qu'un vulgaire &#171; profit &#187;, aliment&#233; par la valeur cr&#233;&#233;e par le travail des salari&#233;s au sein de la production. C'est ce langage nouveau et d&#233;mystifiant que nous fournit encore aujourd'hui le Capital. Il nous donne les armes intellectuelles n&#233;cessaires pour lutter contre l'id&#233;ologie dominante et pour comprendre les m&#233;canismes fondamentaux de l'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cycle d'auto-formation que propose le Collectif Utopies n'a pas de vis&#233;e acad&#233;mique ou universitaire : ce qui est recherch&#233; est un processus d'appropriation militante. Le cycle se d&#233;roulera en deux temps :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ une approche g&#233;n&#233;rale des cat&#233;gories marxistes fondamentales (2 s&#233;ances) : forces productives, rapports et modes de production ; valeur d'usage, valeur d'&#233;change, forme-valeur ; travail mort, travail vivant ; travail concret, travail abstrait ; marchandise ; capital constant, capital variable ; plus-value (survaleur) absolue et relative, profit, taux d'exploitation, taux de profit, etc..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ une lecture de passages fondamentaux tir&#233;s des trois livres du &quot;Capital&quot; (8 s&#233;ances + deux journ&#233;es d'&#233;tude) avec, &#224; chaque fois, la volont&#233; de faire fonctionner notre lecture comme un instrument pour comprendre des ph&#233;nom&#232;nes marquants du capitalisme contemporain. Pour chaque livre, un certain nombre de textes seront s&#233;lectionn&#233;s et serviront de base &#224; la r&#233;flexion. Ce qui suit peut donner une id&#233;e des questions qui seront pos&#233;es &#224; la lecture des textes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A PARTIR DU LIVRE I :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Qu'est-ce qu'une marchandise ? D'o&#249; vient sa valeur ? Pourquoi un diamant, qui ne sert pas &#224; grand-chose, est-il bien plus cher qu'une paire de chaussures ou qu'une paire de lunettes ? Et pourquoi un ordinateur co&#251;te aujourd'hui deux fois moins cher qu'il y un an ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Qu'est-ce que le Capital ? Le portable, la voiture, l'appartement que je poss&#232;de, est-ce un capital ? Peut-&#234;tre, mais cela fait-il de moi un capitaliste ? Et si la &#171; chance &#187; me rendait subitement propri&#233;taire d'un milliard d'euros ou pourquoi pas d'un ch&#226;teau ? Quelle diff&#233;rence y a-t-il entre le PC que j'utilise &#224; la maison pour fureter sur Internet et celui avec lequel je travaille au bureau ? Entre l'appartement dans lequel je vis et celui que je loue ? Un parc de machines, est-ce du capital ? Et mon intelligence, mes connaissances, mes qualifications ? A la limite, suis-je moi-m&#234;me un capital &#224; faire fructifier, un potentiel de valorisation en chair et en os ? Deux propri&#233;taires face &#224; face donc, l'un de son capital et l'autre de sa personne ? Mais au juste : qu'est-ce qui fait courir le Capital ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Notre soci&#233;t&#233; est-elle organis&#233;e, comme on le dit souvent, m&#234;me &#171; &#224; gauche &#187;, autour d'une &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; ? Pour comprendre ce qui se passe &#233;conomiquement et socialement, faut-il s'en tenir &#224; l'analyse de ce qui circule (les marchandises, les biens, les actions, etc.) ou bien faut-il faire une plong&#233;e dans l'univers obscur de ce qui est produit &#8211; et aller jusqu'&#224; se demander : par qui, pour qui et pourquoi ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Avec le t&#233;l&#233;travail, finie l'exploitation d'antan ? Ne suis-je pas enfin ma&#238;tre de mon temps, autonome et responsable dans mon travail, rendu &#224; la douceur et &#224; la chaleur domestiques ? Si je me g&#232;re moi-m&#234;me et si je n&#233;gocie mes comp&#233;tences on line, peut-on encore dire que je suis exploit&#233; ? Travailler plus pour gagner plus, quoi&#8230; ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le ch&#244;mage : cons&#233;quence des &#171; rigidit&#233;s &#187; du march&#233; du travail ou chien de garde du Capital ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A PARTIR DU LIVRE II :
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le capitalisme est-il en guerre contre le temps ? Pourquoi mon concessionnaire me vend-il une voiture qu'on n'a pas encore fabriqu&#233;e ? Et dans l'entreprise, &#224; quoi sert cette armada d'employ&#233;s qui tapotent sur un ordinateur ? La gestion a-t-elle remplac&#233;e la production ? Qui est productif et qui ne l'est pas ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quel est le lien entre l'informatisation et la productivit&#233; du capital ? (tiens, au fait, la capital est-il &#171; productif &#187; ?). Le r&#234;ve du capital : &#171; circuler sans temps de circulation &#187; ? Le r&#234;ve de Serge Tchuruk : &#171; cr&#233;er une entreprise sans usine &#187; ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Et les vaches ? Sont-elles devenues folles ? Donnez-moi un capital et je vous transformerai un ruminant en carnivore ! Pour le capital avanc&#233;, pas le temps de fl&#226;ner ni de m&#226;cher&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Il para&#238;t que c'est la fin du travail. Ok, mais alors pourquoi faut-il que certains travaillent la nuit ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A PARTIR DU LIVRE III :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le probl&#232;me c'est le &#171; productivisme &#187; : nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'on veut produire pour produire, ind&#233;pendamment de tout souci humain et &#233;cologique. D'accord, mais alors pourquoi les capitalistes en viennent-ils parfois &#224; ralentir la production, voire m&#234;me &#224; d&#233;truire des &#233;quipements ou des biens ? Pourquoi pr&#233;f&#232;rent-ils ne pas produire plut&#244;t que de produire avec un &#171; retour sur investissement &#187; jug&#233; insuffisant ? Le taux de profit : un indicateur d&#233;terminant pour comprendre les &#233;volutions du capitalisme contemporain ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Et qu'est-ce qu'une crise ? Pourquoi la soci&#233;t&#233; ne parvient-elle plus &#224; fonctionner &#171; normalement &#187; ? Parce qu'on n'arrive pas, collectivement, &#224; produire les biens n&#233;cessaires pour satisfaire les besoins de la population ? Ou parce que quelques-uns n'arrivent plus &#224; les vendre ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Qu'est-ce que la finance ? Et comment un capital peut-il se valoriser en demeurant ext&#233;rieur au processus de cr&#233;ation de valeur dans la production ? Miracle de la multiplication des petits pains boursiers ? G&#233;n&#233;ration spontan&#233;e du Capital ? Avec une croissance annuelle de 2 %, des dividendes avoisinant les 15 % ? Vivons-nous une nouvelle &#233;poque de la production immat&#233;rielle et de la richesse virtuelle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> A propos du texte de Lucien S&#232;ve</title>
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		<dc:date>2007-12-14T18:47:57Z</dc:date>
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		<description>par Pierre Martin membre du Comit&#233; Central de La Gauche Communiste du P.C.F Le philosophe communiste Lucien S&#232;ve &#224; fait para&#238;tre ces jours derniers une contribution int&#233;ressante en vue de &quot; l'assembl&#233;e extraordinaire &quot; du P.C.F qui se tiendra fin 2007 et dont les effets devraient se faire sentir sur le congr&#232;s de 2008. S'int&#233;resser &#224; ce que dit Lucien S&#232;ve, n'est jamais neutre, il reste une r&#233;f&#233;rence pour de nombreux militants communistes et il a jou&#233; dans (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;par Pierre Martin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;membre du Comit&#233; Central de La Gauche Communiste du P.C.F&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le philosophe communiste Lucien S&#232;ve &#224; fait para&#238;tre ces jours derniers une contribution int&#233;ressante en vue de &quot; l'assembl&#233;e extraordinaire &quot; du P.C.F qui se tiendra fin 2007 et dont les effets devraient se faire sentir sur le congr&#232;s de 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'int&#233;resser &#224; ce que dit Lucien S&#232;ve, n'est jamais neutre, il reste une r&#233;f&#233;rence pour de nombreux militants communistes et il a jou&#233; dans l'histoire intellectuelle du P.C.F un r&#244;le charni&#232;re &#224; un moment important de l'histoire du Mouvement Communiste International, sa &quot; d&#233;stalinisation &quot;. &lt;strong&gt;C'est au Comit&#233; Central d'Argenteuil en 1966 qu'il appara&#238;t dans la lutte entre les 3 voies qui n'ont jamais cess&#233; d'exister au sein du P.C.F, comme elles existent au sein de tout parti politique : sa Droite, son Centre, sa Gauche.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lucien S&#232;ve est alors &quot; charg&#233; &quot; par la direction du parti de combattre puis d'isoler, en vue de l'&#233;liminer, le philosophe &quot; officiel &quot; du parti qui d&#233;rive de plus en plus vers des conceptions philosophiques humanistes pr&#233; - marxistes typique des d&#233;rives droiti&#232;res : Roger Garaudy. Ce combat, il doit le mener en &#233;vitant que la gauche du parti puisse en tirer un quelconque avantage, il va donc construire un raisonnement qui officiellement tend &#224; s'opposer &#224; la d&#233;rive droiti&#232;re de l'approche philosophique de la d&#233;stalinisation, mais qui &quot; officieusement &quot; cherche &#224; contrer la critique de gauche, une critique qui tend &#224; monter et qui aboutira aux &#233;v&#233;nements de mai - juin 68. L'aile gauche du parti est alors repr&#233;sent&#233;e par Louis Althusser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En bon &quot;centriste &quot; c'est &#224; dire et in fine, en arch&#233;type d'une &quot; d&#233;stalinisation &quot; 'stalinienne', il est l'homme de l'appareil. Pendant pr&#232;s de 20 ans Lucien S&#232;ve sera charg&#233; d'alimenter l'ossature philosophique du parti. Son ouvrage majeur &quot; Marxisme et th&#233;orie de la personnalit&#233; &quot; servira d'ouvrage pivot, tant &#224; ce que tout jeune militant doit penser de la philosophie, mais &#233;galement &#224; l'explication &quot; officielle &quot; de ce qui commence &#224; appara&#238;tre : l'&#233;chec du &quot; socialisme ayant r&#233;ellement exist&#233; &quot;, et sa pseudo th&#233;orie marxiste du culte de la personnalit&#233;. Il se voit confier le poste hautement politique de directeur de la maison d'&#233;dition du parti : Les Editions Sociales. Tout ce qui en sort passe entre ses mains, avec l'aval au sein du bureau politique des hommes charg&#233;s des questions id&#233;ologiques, Plisonnier, Kanapa etc..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a eu comme vis &#224; vis au sein de cette t&#226;che th&#233;orique, les hommes charg&#233;s de produire une approche partitaire en &#233;conomie politique, le C.M.E, &quot; Boccara et Herzog &quot;, en histoire de l'U.R.S.S &quot; Elleinstein et Hincker &quot; en droit &quot; Le couple Weil &quot; etc&#8230;Le parti se construit une repr&#233;sentation du monde, qui doit lui permettre de d&#233;boucher sur une d&#233;stalinisation qui ne remette fondamentalement rien en cause d'une strat&#233;gie qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e &#224; la sortie de la seconde guerre mondiale. Il s'agit de s'int&#233;grer au jeu &quot; d&#233;mocratique &quot; des alternances en devenant d&#233;finitivement un parti de &quot; gauche &quot;. Cela est conforme au dernier souhait de Staline, la strat&#233;gie de la coexistence pacifique, et &#224; sa conception de la luttes des classes &#224; l'&#233;chelle internationale : le th&#233;orie des dominos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Staline ne veut pas que l'histoire lui &#233;chappe, il veut contr&#244;ler la nature des luttes des classes &#224; l'&#233;chelle internationale. Pour cela, le maintien ou le renversement des Etats dans un jeu du camp contre camp devient essentiel. Staline est un &quot; centriste &quot; c'est &#224; dire un homme pour qui la vision &#233;tatique de la politique est essentielle. La luttes des classes n'a nullement pour objet pour lui de porter sur la remise en cause des ph&#233;nom&#232;nes objectifs de l'exploitation ou de la d&#233;sali&#233;nation qui affectent les individus, ce qui est fondamental pour lui, c'est que le pouvoir d'Etat : l'arm&#233;e, la justice, la police servent un camp contre l'autre. La lutte des classes lui importe pour autant qu'il pense en avoir le contr&#244;le, car quant au fond ce qui caract&#233;rise le &quot; centrisme &quot; dans l'histoire du marxisme, c'est qu'il utilise les techniques et les institutions en les &quot; neutralisant &quot;, ce qui est typiquement une approche de &quot; droite &quot;, ceci dans le but de leur faire jouer un r&#244;le moteur au sein de la luttes des classes, ce qui est essentiel dans sa confrontation avec la &quot; gauche &quot;. Ce travers caract&#233;rise Kautski comme il caract&#233;rise Staline, l'Etat, sa d&#233;fense, au nom de la d&#233;mocratie, pour Kautski ou au nom du socialisme pour Staline est typique de ce courant qui pense pouvoir stopper l'histoire en l'&#233;ternisant, par l'institutionnalisation de la politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pour quoi et malgr&#233; eux, les &quot; centristes &quot; ont tous dans leurs bagages th&#233;oriques de fa&#231;on larv&#233;e et inconsciente une pente naturelle qui les pousse &#224; n'envisager de solutions d'avenir que sur leur droite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous souhaitons illustrer par deux exemples, pr&#233;cis la position r&#233;elle de Lucien s&#232;ve, avant qu'il ne d&#233;cide d'&#233;voluer vers la droite du parti.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; Confrontation entre Lucien S&#232;ve et Althusser- Balibar&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;sur la nature profonde du stalinisme et sur la r&#233;alit&#233; des luttes de classes en U.R.S.S.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;S&#232;ve :&lt;/strong&gt; la d&#233;viation stalinienne est une d&#233;viation de type de Gauche, car Staline &#224; clairement affirm&#233; et mis en pratique le fait qu'il y avait sous le socialisme accentuation de la luttes des classes, ce dont t&#233;moignent les proc&#232;s, les camps etc.. Ce qui est contradictoire avec ses autres textes o&#249; il affirme que sous le socialisme la lutte des classes s'&#233;teint car il n'y a plus de classes antagonistes et que l'Etat est bien l'Etat du &quot; Peuple tout entier &quot;. (Th&#232;se que S&#232;ve partage in-fine)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse de A et B&lt;/strong&gt; : S&#232;ve &#233;vite soigneusement d'aborder la forme sous laquelle Staline envisage et pratique la lutte des classes. Le recours &#224; la police politique &#224; la pseudo justice et ses proc&#232;s spectaculaires, l'&#233;crasement militaire des r&#233;voltes allemandes, hongroises, tch&#232;ques etc.. Tout t&#233;moigne chez Staline du recours &#224; l'appareil d'Etat et non aux masses, &#224; la r&#233;pression institutionnelle brutale et non &#224; la confrontation id&#233;ologique, ce qui est typique de toutes les tendances de droites. Mais Staline a raison de dire qu'il y a accentuation de la lutte des classes sous le socialisme, il ne peut pas faire autrement que de le reconna&#238;tre. Le probl&#232;me est qu'il &#233;vite de dire quelle place il occupe dans celles-ci, et quels int&#233;r&#234;ts il sert vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On le voit ce qui caract&#233;rise toute les tendances centristes c'est que leur approche de la politique n'est possible que par la &quot; neutralisation &quot; institutionnelle des instruments qui servent le pouvoir en place. La police est la police qu'elle soit &#224; l'Est ou &#224; l'Ouest, ce qui change, c'est qui elle sert et non pas &#224; quoi elle sert, ni comment elle est constitu&#233;e. L'Etat est l'Etat, les forces productives sont les forces productives, la recherche scientifique est la recherche scientifique, il n'y a rien &#224; dire sur son contenu et sur ses m&#233;thodes seul son utilisation favorable ou non &#224; telle ou telle classe sociale peut &#234;tre jug&#233;e positive ou n&#233;gative etc..&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Autre exemple : 22i&#232;me Congr&#232;s du parti communiste 1976 - section de Bagneux 92&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En face de l'auteur de cet article, le sieur Lucien S&#232;ve charg&#233; &#224; la tribune sur commande de la direction du parti de r&#233;gler son sort &#224; &quot; la dictature du prol&#233;tariat &quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;S&#232;ve :&lt;/strong&gt; &quot; Si vous &#234;tes partisan de la dictature du prol&#233;tariat, vous acceptez et justifiez tout ce qui s'est pass&#233; en U.R.S.S les camps, la r&#233;pression. &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;Nous : &lt;/strong&gt; &quot; Si nous sommes partisans de la dictature du prol&#233;tariat, c'est parce que justement nous consid&#233;rons que ce n'est pas la dictature du prol&#233;tariat, mais la dictature sur le prol&#233;tariat qui est appliqu&#233;e en U.R.S.S et qu'il faut aujourd'hui entreprendre la critique marxiste et r&#233;volutionnaire de sa nature de classe et non continuer d'ergoter derri&#232;re de pseudo concepts tel que &quot; Le Culte de la Personnalit&#233; &quot; qui sont tout sauf marxistes &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;S&#232;ve&lt;/strong&gt; &quot; Vous avez un conception livresque, de celle-ci (la dictature du prol&#233;tariat) qui vous masque la r&#233;alit&#233; de son application &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;Nous&lt;/strong&gt; &quot; Camarade S&#232;ve, tu es directeur des Editions Sociales, &#224; ce titre tu viens de r&#233;&#233;diter
la &lt;strong&gt;&quot; Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt &quot;&lt;/strong&gt;, ce livre est pr&#233;sent devant toi &#224; la tribune sur une table de pr&#233;sentation des &#233;ditions du parti. Dans ce livre il y a une pr&#233;face
D'Emile Bottigelli qui avec Auguste Cornu ont tant fait pour la diffusion des id&#233;es de Marx et d'Engels en France. Il rappel dans son introduction &#224; la page 11, que dans sa lettre &#224; Weydemeyer de 1852 Marx &#233;crit :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot; En ce qui me concerne, ce n'est pas &#224; moi que revient le m&#233;rite d'avoir d&#233;couvert ni l'existence des classes dans la soci&#233;t&#233; moderne, ni leur lutte entre elles. Longtemps avant moi, des historiens bourgeois avaient d&#233;crit le d&#233;veloppement historique de cette lutte des classes et des &#233;conomistes bourgeois en avait exprim&#233; l'anatomie &#233;conomique. Ce que je fis de nouveau, ce fut : 1/ de d&#233;monter que l'existence des classes n'est li&#233;e qu'&#224; des phases de d&#233;veloppement historique d&#233;termin&#233; de la production ; 2/ que la lutte des classes conduit n&#233;cessairement &#224; la dictature du prol&#233;tariat ; que cette dictature elle m&#234;me ne constitue que la transition &#224; l'abolition de toutes les classes et &#224; une soci&#233;t&#233; sans classes. &quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;Nous&lt;/strong&gt; : S&#232;ve, pourquoi avoir r&#233;&#233;diter cette pr&#233;face, pour le moins &quot; livresque &quot;, condamnes tu les propos de Marx et comment esp&#232;res tu arriver &#224; la soci&#233;t&#233; sans classes, au communisme, si tu n'es plus partisan de la dictature du prol&#233;tariat ? ! ! &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(Brouhaha dans la salle)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprise de parole par le secr&#233;taire de section :&lt;/strong&gt;
&quot; Bien camarades, cette discussion n'aboutit &#224; rien, passons &#224; autre chose, un sujet plus important, la question de la &quot; morale &quot; &quot; (sic !)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3 ans plus tard, nous quittions le parti persuad&#233; que cette ligne liquidatrice voulu par la direction du parti, conduira droit dans le mur. Nous sommes rest&#233;s 20 ans en dehors du parti, le temps pour celui-ci de passer de 600 000 membres &#224; moins de 100 000 et de 20% des voix &#224; 3,5%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20 ans pendant lesquels, nous nous sommes renforc&#233;s dans l'id&#233;e que seul le communisme pouvait sortir l'humanit&#233; de la crise de civilisation dans laquelle elle s'enfon&#231;ait, 20 ans o&#249; de regroupements oppositionnels d'anciens communistes, en mouvement sociaux et soci&#233;taux, nous avons esp&#233;r&#233; qu'il y avait une alternative &#224; la forme &quot; parti &quot;. Il n'y en a pas. &lt;strong&gt;Non pas que le parti soit un &quot; absolu &quot; en dehors du quel rien ne soit r&#233;alisable, au contraire il faut savoir sortir de la &quot; forteresse &quot; comme le rappelait si justement Louis Althusser, mais il faut savoir &#233;galement pourquoi &#224; certain moment elle nous est indispensable&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Consid&#233;rer que guerre de position et guerre de mouvement sont 2 &#233;l&#233;ments disjoints s'opposant de fa&#231;on absolue est aussi st&#233;rile, qu'inutile. Quitter les casemates d'une base rouge, pour entreprendre une longue marche, n'a de sens que si elle conduit &#224; avoir les moyens d'&#233;tablir une autre base rouge &#233;largie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, au cours du chemin on se transforme, mais le chemin &lt;strong&gt;n'est pas tout et le but final rien&lt;/strong&gt; comme le pense Bernstein, &lt;strong&gt;l'abolition de l'&#233;tat de chose existant, n'a de sens que s'il va dans le bon sens&lt;/strong&gt;, Chemin et but se confondent, n'importe quel chemin, ne d&#233;bouche pas sur n'importe quel but, c'est de l'id&#233;alisme (Tout les chemins m&#232;nent &#224; Rome). &lt;strong&gt;Le but, la finalit&#233; doit &#234;tre clairement identifi&#233;e, &#234;tre fix&#233;e pr&#233;alablement&lt;/strong&gt;. La v&#233;rit&#233; est sans doute qu'aujourd'hui nous prenons conscience que nous n'avons pas tous en commun la m&#234;me d&#233;finition du communisme. Or avoir transform&#233; ce mode de production, extr&#234;mement concret, en une usine &#224; gaz utopique, au nom d'une lutte contre l'utopie et l'impossibilit&#233; de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment ce que cette soci&#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e pourrait incarner abouti aujourd'hui &#224; cette bouillie id&#233;ologique ou le mot communisme devient un repoussoir pour ce qu'il ne d&#233;finit pas, et le r&#233;ceptacle de tous les fantasmes de ce qu'il pourrait recouvrir. Entre autres &quot; la d&#233;sali&#233;nation &quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi ce long pr&#233;ambule avant d'aborder franchement le texte de S&#232;ve, c'est que nous consid&#233;rons que la jeune g&#233;n&#233;ration doit savoir &#224; qui elle &#224; faire, quand des hommes qui ont tenu les rennes du P.C.F et l'on conduit l&#224; ou il en est, &lt;strong&gt;viennent nous jouer les vierges effarouch&#233;es en affirmant &quot; nous n'avons pas voulu ce qui se passe&lt;/strong&gt; et nous ne sommes pour rien dans l'incapacit&#233; du P.C.F &#224; sortir du stalino-r&#233;formisme dans lequel il est englu&#233; depuis la fin de la seconde guerre mondial &quot; Les id&#233;ologues, les &#233;lus, les apparatchiks, qui se sont endormis post - staliniens bons teints et se r&#233;veillent aujourd'hui liquidateurs du parti au nom de l'obsolescence du parti dans la r&#233;alit&#233; de la lutte des classes, portent une lourde responsabilit&#233; dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence programmatique et tactique du P.C.F. Qu'on ne vienne pas nous dire que les &lt;strong&gt;S&#232;ve, Martelli, Braouezec, Hue et Consort n'ont jamais eu de pouvoir&lt;/strong&gt; pour initier une autre pratique politique au sein du P.C.F. Il en ont eu beaucoup, beaucoup plus que la gauche du parti, qui s'est vue r&#233;guli&#232;rement &#233;limin&#233;e des instances au nom du r&#233;alisme et de la n&#233;cessit&#233; de continuer dans la strat&#233;gie d'union de la gauche .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il arrive toujours un moment ou le centrisme d&#233;g&#233;n&#232;re, car la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de droite du centrisme est contenue dans sa structuration m&#234;me, dans son essence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est typique dans le texte que nous allons regarder de S&#232;ve, le passage de la forme parti &#224; la forme mouvementiste, le parti (structure fig&#233;e) s'oppose &#224; l'id&#233;e (fonctionnalo-mouvementiste) de l' &quot; abolition de l'&#233;tat de chose existant &quot;. C'est un leitmotive que l'on retrouve de fa&#231;on syst&#233;matique, dans l'histoire de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des organisations &quot; r&#233;volutionnaires &quot; de la p&#233;riode r&#233;cente, que se soit la fin du P.S.U, la transformation disparition du P.C. (M.L.F) se transformant en un P.A.C &#233;ph&#233;m&#232;re, voir du P.C.R (M.L), sans compter chez les trotskistes eux-m&#234;mes, la disparition de l'A.M.R.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'appel &#224; la liquidation du parti passe toujours par la pr&#233;tention &#224; vouloir transcender la forme parti. En r&#233;alit&#233;, il s'agit souvent de la part de militants ayant occup&#233; des postes &#224; responsabilit&#233;s importantes, les moyens de masquer la faillite de leur ligne politique. Apr&#232;s l'avoir d&#233;fendu comme un absolu, le liquidateur accuse le parti de tous les maux.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le communisme &quot; &#233;quivoque &quot; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lucien S&#232;ve, se d&#233;fend de vouloir liquider l'id&#233;al communiste, tout au contraire affirme- t'il c'est pour mieux le servir aujourd'hui qu'il s'agit de se d&#233;barrasser de ce qui f&#251;t le &quot;faux communisme &quot;. &lt;strong&gt;Mais qu'est-ce que ce &quot; faux communisme &quot;, c'est l'ensemble des r&#233;alit&#233;s et des pratiques qui ont concern&#233; ce que d'autres ont appel&#233; &quot; le socialisme r&#233;ellement existant &quot; et plus particuli&#232;rement les tendances les plus totalitaires, les plus barbares de certains r&#233;gimes. De Staline &#224; Pol - Pot les exemples ne manquent pas.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne pouvons qu'appr&#233;cier cette volont&#233; de nos camarades fra&#238;chement convertis en &quot; nouvelle droite &quot; communiste d'entreprendre enfin, la longue marche de la r&#233;novation id&#233;ologique. &lt;strong&gt;Sauf que, sauf que,&lt;/strong&gt; une fois encore, &lt;strong&gt;cette pr&#233;tendue r&#233;novation est conduite avec des masques id&#233;ologiques, qui ressemble &#233;trangement &#224; du d&#233;j&#224; vu&lt;/strong&gt; et qui consiste &#224; pr&#233;tendre tout changer pour pouvoir mieux tout conserver (autrement dit &#233;viter que leur pr&#233;tention id&#233;ologique &#224; vouloir &quot; guider &quot; les masses, non plus cette fois ci du &quot; Parti &quot; mais du &quot; Mouvement &quot;, des &quot; R&#233;seaux &quot;, voir pour S&#232;ve dans son texte des &quot; Ateliers &quot;. ne leur soit d&#233;finitivement contest&#233;e). Et cette fois encore il s'agit de faire passer sous le vocable de &quot; communisme ayant failli &quot; &lt;strong&gt;tout ce qu'hier comme de vaillants petits soldats ils d&#233;fendaient bec et ongles contre ceux qui en contestaient la dimension r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt; . Au passage, S&#232;ve ne manque pas de fa&#231;on toujours aussi caricaturale d'&#233;gratigner l'extr&#234;me gauche, qui ne trouve aucune gr&#226;ce &#224; ses yeux. Car cette malheureuse extr&#234;me gauche, ne comprend d&#233;cid&#233;ment rien &#224; rien au communisme, tout comme nous d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En effet comment ne pas voir l'immense r&#233;volution corpernicienne, que les fulgurances de pens&#233;es de notre cher Lucien, font faire au concept de r&#233;volution et de mise en &#339;uvre du communisme. Ecrire un article de 11 pages en &#233;vitant soigneusement d'aborder la question de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de sa disparition, la question de la conqu&#234;te du pouvoir d'Etat et de sa disparition, la question de la fin de l'exploitation et du salariat, et leurs disparitions, toutes ces mauvaises questions qui ont depuis toujours obscurcies la claire question du communisme telle que nous l'envisage notre grand philosophe, pensez donc !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Le communisme de la d&#233;sali&#233;nation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car voyez vous chers camarades, aujourd'hui la t&#226;che des communistes qui ne veulent plus perdre leur temps avec la question du parti et de la r&#233;volution, devraient consacrer enti&#232;rement leurs forces et leurs projets &#224; l'&#233;pineuse question de la d&#233;sali&#233;nation &quot; Humaine &quot;. Tient, tient &#231;a ne vous rappel rien ! le coup de l'&quot; humanisme total &quot; ce sentiment de d&#233;j&#224; vu, Sartre, Camus, Garaudy, Lef&#232;vre, &quot; Esprit &quot;, &quot; Socialisme ou Barbarie &quot;, on en passe et des meilleurs. Certes ce courant philosophique a eu ces heures de gloire, sa version &quot; gauche &quot; (Lef&#232;vre, socialisme ou Barbarie) mais in fine, &lt;strong&gt;que sont nos amis devenus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est - ce que nous ne vous l'avons pas dit, le Centriste une fois d&#233;shabill&#233; de ses oripeaux de Vynchinski du statutaire &quot;le parti a toujours raison &quot; &lt;strong&gt;appara&#238;t cr&#251;ment pour ce qu'il est, un r&#233;visionniste droitier honteux.&lt;/strong&gt; (Pour l'anecdote, nous ne r&#233;sistons pas &#224; rappeler ce que notre cher Lucien osa affirmer &#224; la tribune de la conf&#233;rence sise &#224; Bagneux, du calamiteux et r&#233;visionniste 22i&#232;me congr&#232;s, je site &lt;strong&gt;&quot; Un Congr&#232;s du parti communiste &#224; plus de valeurs que les textes th&#233;oriques des fondateurs du communisme, car il les enrichit &quot;&lt;/strong&gt; (sic !) &quot; Il est des enrichissements qui doivent faire se retourner dans leurs tombes, &lt;strong&gt;tant les fondateurs de notre doctrine que nos malheureux camarades tomb&#233;s pour la cause&lt;/strong&gt;. Des gens qui ont d&#233;truit le parti communiste &#224; 80 pour cent tant &#233;lectoralement qu'en force militante, ferait bien parfois de s'abstenir de vouloir nous proposer leur prose. !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Salva te Lulu or none salva&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des camarades vont penser que nous sommes injuste avec Lucien et que tous ceux &#224; qui nous avons &#224; faire, il n'est certainement pas le pire. C'est vrai celui que tout le monde surnommait &quot; Le moine soldat du communisme &quot;, &quot; l'enfant ch&#233;rie du parti &quot;, m&#233;rite sans doute un peu plus de consid&#233;ration, tout le monde se souvient du r&#244;le important qu'il a jou&#233; dans la lutte contre l'&#233;chec scolaire et contre l'id&#233;ologie des &quot; dons &quot; avanc&#233; par la droite, on ne peut non plus oublier le r&#244;le important qu'il a tenu et continue de tenir avec son &#233;pouse, dans la diffusion et dans la traduction de l'&#233;cole de la psychologie sovi&#233;tique, Luria, L&#233;ontieff, et surtout Vitgovski. Lucien a &#233;t&#233; pour beaucoup dans l'affirmation que la psychiatrie et la psychologie sovi&#233;tique, ne se r&#233;duit pas &#224; l'existence de camps, d'asiles ou l'on enfermait les opposants. Mais c'est justement parce que Lucien, sait tout cela &lt;strong&gt;que nous ne pouvons pas accepter, &#224; la fois son refus de d&#233;fendre les acquis de la r&#233;volution d'octobre et du l&#233;ninisme, et cette bouillie id&#233;ologique qui lui sert aujourd'hui de refuge pour fonder un pr&#233;tendu communisme de l'abolition de &quot; l'&#233;tat de chose existant &quot;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quoi &quot; souffre &quot; Lucien S&#232;ve, le diagnostique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;tabli il y a un certain temps par son seul et v&#233;ritable adversaire politique Louis Althusser (et qui &#233;tait quand m&#234;me son ami). &quot; La psychologie spontan&#233;e de savant &quot;, Lucien est victime d'un ph&#233;nom&#232;ne qui touche beaucoup ceux qui ont c&#244;toy&#233; de pr&#232;s et durant de longues ann&#233;es, un certain rapport monacal
A l'&#233;tude du marxisme-l&#233;ninisme. Ce rapport instituant une instrumentalisation du marxisme en vue d'autojustifier les lignes successives du parti, a litt&#233;ralement &#233;puis&#233; une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re de marxistes, dans la d&#233;fense justificatrice ou au contraire dans l'opposition sectaire&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans que ni les uns ni les autres, n'aient trouv&#233; de sortie &#224; cet enfermement et au ravage psychologique qu'il a produit sur un nombre important de militants et de chercheurs. L'anti-communisme d'un certain nombre de ces anciens acteurs, le suicide d'autres, ne sont pas &#224; chercher ailleurs, que dans les effets d&#233;sastreux de cette &quot; servitude volontaire &quot; au service du parti, qui a atteint toutes les organisations de traditions communistes ou anarchistes. Il ne faut pas s'&#233;tonner aujourd'hui du retour du b&#226;ton &lt;strong&gt;et de la volont&#233; affich&#233;e de jeter par dessus bord le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Essayons encore une fois donc de comprendre, pourquoi la neutralisation de la technique est &#224; l'origine de cette d&#233;viation qui a atteint profond&#233;ment, l'ensemble des intellectuels organiques du parti. Lucien est un intellectuel qui s'est sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;pist&#233;mologie de son champ scientifique. Philosophe, il a volontairement choisi de s'int&#233;resser &#224; la psychologie. Le probl&#232;me est que l'histoire personnelle de sa recherche se confond avec le d&#233;roulement de la grande &quot; Histoire &quot;, la crise du stalinisme et la volont&#233; de trouver une origine &#224; celle-ci. La crise des droits de l'homme en U.R.S.S. a correspondu &#224; la red&#233;couverte de l'importance du facteur humain dans les strat&#233;gies de changements. Nous ne reviendrons pas sur les d&#233;bats de l'&#233;poque qui ont vu s'opposer, fonctionnalistes et structuralistes, syst&#233;miciens et anthropologues, etc&#8230;Dans d'autres champs elle a pris la forme de l'opposition entre orthodoxie psychologique oppos&#233;e &#224; la d&#233;fense intransigeante de la psychanalyse. Je ne pense pas que Lucien me contredira l&#224; dessus, plus il devenait difficile de discuter ouvertement de la crise du stalinisme dans le parti, plus l'affrontement se faisait violent dans les champs scientifiques qui permettaient de poser les m&#234;mes questions mais sous un angle diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Nov. 07&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le &#171; communisme &#187; est mort, vive le communisme ! </title>
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		<description>Comme vous vous en doutez d&#233;j&#224;, mon enthousiasme est mod&#233;r&#233;. C'est un texte tr&#232;s riche, auquel il faudrait pouvoir consacrer une longue analyse. Comme je n'ai pas le temps d'y consacrer soixante heures de boulot, je rel&#232;ve juste quelques point. Tant pis si je donne l'impression de descendre le camarade philosophe. Ce n'est pas mon intention. Dans un premier survol, je dirai qu'il y a des choses tr&#232;s utiles dans la premi&#232;re partie (il est bon de rappeler (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;Lucien S&#232;ve&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme vous vous en doutez d&#233;j&#224;, mon enthousiasme est mod&#233;r&#233;.
C'est un texte tr&#232;s riche, auquel il faudrait pouvoir consacrer une longue analyse. Comme je n'ai pas le temps d'y consacrer soixante heures de boulot, je rel&#232;ve juste quelques point. Tant pis si je donne l'impression de descendre le camarade philosophe. Ce n'est pas mon intention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un premier survol, je dirai qu'il y a des choses tr&#232;s utiles dans la premi&#232;re partie (il est bon de rappeler que le communisme n'a jamais exist&#233;, et que c'est un non sens de parler de &quot;pays communistes&quot; du point de vue m&#234;me de ceux qui les gouvernaient), que la deuxi&#232;me manque de clart&#233; sur les buts et les moyens poursuivis, et que la troisi&#232;me me para&#238;t totalement d&#233;lirante. La conclusion sur le PCF plait &#224; Alain. Elle me plairait aussi, s'il &#233;tait possible et raisonnable de la d&#233;gager des attendus. Je ne crois pas que ce soit le cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un premier probl&#232;me &#233;vident : S&#232;ve dit longuement, et souvent justement, ce que n'est pas le communisme. Il ne dit jamais ce qu'il est ou sera. C'est un peu ennuyeux. Bien &#233;videmment, vous auriez tort de compter sur moi pour d&#233;crire pr&#233;cis&#233;ment ce que serait une soci&#233;t&#233; communiste. Quelle diff&#233;rence ? C'est que S&#232;ve fait du communisme un but imm&#233;diat, moi pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne dit rien non plus, avant la troisi&#232;me partie, &#224; laquelle je viendrai plus tard, des moyens d'y parvenir. L&#224; aussi, il dit surtout ce que selon lui il ne faut pas faire, qui tient dans les mots parti et &#201;tat.
Un point est particuli&#232;rement g&#234;nant, sa fa&#231;on de se r&#233;clamer de Marx contre tout ce qui a suivi. Que l'URSS n'ait pas cr&#233;e le communisme tel que le pr&#233;voyait Marx est une &#233;vidence. Il n'est m&#234;me pas besoin de lire Marx pour s'en convaincre : il suffit de lire Staline qui n'a jamais rien pr&#233;tendu de tel (Khroutchev l'a presque pr&#233;tendu, presque seulement, un jour o&#249; il avait trop forc&#233; sur la vodka pour se consoler de ne pas pouvoir faire pousser de fraises en Sib&#233;rie, mais il fut bien le seul). On voit d'ailleurs mal comment elle aurait pu, &#233;tant entendu, S&#232;ve le note justement, que le communisme ne peut &#234;tre que mondial.
Cette forme de cosntruction socialiste n'a pas conduit au communisme. C'est un fait. Parmi les nombreuses critiques qu'on peut lui adresser, on peut certes lui reprocher de n'avoir que peu, voire rien, &#224; voir avec le socialisme et la dictature du prol&#233;tariat tels que les envisageait Marx.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est proprement aberrant est de pr&#233;tendre qu'on revient &#224; Marx quand on pr&#233;tend (c'est le dada de S&#232;ve depuis de nombreuses ann&#233;es d&#233;j&#224;) passer directement du capitalisme au communisme sans l'&#233;tape du socialisme. Je signale au passage que le truc qui consiste &#224; r&#233;p&#233;ter ad nauseam cette phrase obscure sur le communisme qui est le mouvement je ne sais plus trop quoi en faisant abstraction de tout le reste de l'&#339;uvre de Marx sur ce sujet me para&#238;t assez minable.
Je ne conteste pas (pas ici) la pertinence du propos. Ce qui me para&#238;t lui &#244;ter toute cr&#233;dibilit&#233;, c'est cette fa&#231;on de se r&#233;clamer d'un v&#233;ritable Marx totalement imaginaire contre tous ses interpr&#232;tes pr&#233;c&#233;dents.
Marx avait une vision historique tr&#232;s claire : le capitalisme, puis le socialisme, puis le communisme. S&#232;ve ne veut d&#233;cid&#233;ment pas du socialisme. Fort bien. Je n'ai pas besoin de lui d'ailleurs pour penser que la vision historique de Marx est &#224; tout le moins p&#233;rim&#233;e. Mais qu'il dise clairement &quot;Je pense que Marx avait tort&quot; au lieu de r&#233;p&#233;ter &quot;Je suis le seul &#224; avoir compris quelle &#233;tait la v&#233;ritable pens&#233;e de Marx&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je disais plus haut dans ce fil que pour moi le marxisme ne devait pas et ne pouvait pas &#234;tre une religion. L'un des inconv&#233;nients les plus affligeants et les plus amusants &#224; la fois de l'attitude religieuse envers Marx est que, faute d'oser le critiquer ouvertement, on est oblig&#233;, chaque fois qu'on changer d'avis, de changer Marx. S&#232;ve a renonc&#233; &#224; la religion stalinienne, &#224; la religion l&#233;niniste (sauf sur un point : le coup de la cuisini&#232;re), mais il reste un marxiste religieux qui, comme tous les h&#233;r&#233;tiques d'autres religions, pr&#233;tend revenir &#224; la religion originelle quand il entreprend d'en cr&#233;er une nouvelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Exit donc le socialisme, et exit aussi la conqu&#234;te du pouvoir d'&#201;tat, d&#233;nonc&#233;e comme source de tous les maux. On voit mal, soit dit en passant, ce que vaut l'allusion &#224; la cuisini&#232;re de L&#233;nine qui devrait apprendre &#224; gouverner l'&#201;tat, si on veut lui interdire d'envisager de le faire. Ce que S&#232;ve ne nous dit pas, c'st comment on peut envisager d'abolir l'Etat sans le conqu&#233;rir. Il observe cependant que
Citation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Si les meilleurs esprits d'hier &#8211; L&#233;nine, Gramsci &#8211; l'ont pourtant adopt&#233;e [cette conception], c'est qu'il n'y en avait pas d'autre quand manquaient tragiquement les pr&#233;suppos&#233;s objectifs et subjectifs d'un mouvement communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ouf ! L&#233;nine n'&#233;tait pas m&#233;chant, seulement mal inform&#233;.
On aimerait cependant savoir ce qui a chang&#233; apr rapport &#224; cette &#233;poque recul&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est apparemment ce que pr&#233;tend nous dire la troisi&#232;me partie. Et l&#224;, c'est vraiment la catastrophe. Le rapport entre l'immensit&#233; de la t&#226;che envisag&#233;e pr&#233;c&#233;demment et le ridicule des moyens propos&#233;s est frappant.
Il peut para&#238;tre mesquin, mais me semble ici n&#233;cessaire, de citer le sommet en la mati&#232;re : le communisme serait en construction avec l'&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Citation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;
adresse de Michel Platini aux chefs d'Etat contre le pourrissement du foot par le fric&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; L&#224;, camarade philosophe, si ce n'est pas de l'humour, c'est de la s&#233;nilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On voit mal quel sens ont les impr&#233;cations contre toute forme d'organisation verticale et la notion m&#234;me de direction. Apparemment, Lucien S&#232;ve ne le voit pas non plus puiqu'apr&#232;s tout &#231;a, il nous annonce pour son nouveau parti qui n'est pas un parti
Citation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;IC n'a pas de direction mais un conseil national travaillant &#224; centraliser l'exp&#233;rience, cerner les probl&#232;mes, organiser le d&#233;bat, en d&#233;centraliser les r&#233;sultats dans leur pluralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais a-t-on d&#233;j&#224; vu la direction de n'importe quel parti se donner d'autres objectifs ? L'exp&#233;rience des diff&#233;rentes mutations des statuts du PCF a clairement montr&#233; que pour les directions en place &quot;abolir la verticalit&#233;&quot; signifiait exclusivement supprimer toute responsabilit&#233; (certes d&#233;j&#224; faible auparavant) des dirigeants devant les dirig&#233;s. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement avec cette nouvelle plaisanterie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et avec tout &#231;a, il ne nous a toujours pas dit comment on pouvait abolir le capitalisme sans toucher &#224; la propri&#233;t&#233;, ou toucher &#224; la propri&#233;t&#233; sans toucher au pouvoir d'Etat. A moins qu'on accepte l'id&#233;e que tout &#231;a va s'effondrer un jour devant les d&#233;clarations de Michel Platini, comme les murailles de J&#233;richo au son des trompettes de Josu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, pour conclure cette premi&#232;re et rapide lecture (qui ne pr&#233;tend pas, je le r&#233;p&#232;te, &#234;tre une analyse ou une critique globale, juste un ensemble d'impressions), il me semble que Lucien S&#232;ve pose un certain nombre de tr&#232;s bonnes questions, n'apporte pas de r&#233;ponses, ce qu'on ne peut lui reprocher car heureux serait celui qui aurait toutes les r&#233;ponses, mais a le tort de pr&#233;tendre en avoir apport&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, une interrogation : qu'apporte ce texte &#224; tous ceux qui luttent ces jours ci, les cheminots pour le salaire socialis&#233;, les &#233;tudiants pour le peu qu'il reste d'un enseignement sup&#233;rieur de qualit&#233; ouvert &#224; tous ? Je ne vois pas quoi. Il est &#224; craindre que le &#171; mouvement r&#233;el qui d&#233;passe l'&#233;tat de choses existant &#187; commence par abolir pour son propre compte toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Penser Marx Aujourd'hui &#187; de Lucien S&#232;ve</title>
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		<dc:date>2007-09-20T20:27:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>pam</dc:creator>



		<description>Le collectif Utopies s'est fond&#233; en 1999 sur la conviction que les militants communistes et plus g&#233;n&#233;ralement anticapitalistes devaient en urgence se (re)confronter &#224; un v&#233;ritable effort de lecture, de r&#233;appropriation de leur histoire th&#233;orique pour se mettre en capacit&#233; de r&#233;sister &#224; cette guerre id&#233;ologique intense qui affirmait la fin de l'histoire pour mieux d&#233;faire dans les organisations progressistes elles-m&#234;mes la capacit&#233; de r&#233;sistance et de critique. Le travail annonc&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;Lucien S&#232;ve&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif Utopies s'est fond&#233; en 1999 sur la conviction que les militants communistes et plus g&#233;n&#233;ralement anticapitalistes devaient en urgence se (re)confronter &#224; un v&#233;ritable effort de lecture, de r&#233;appropriation de leur histoire th&#233;orique pour se mettre en capacit&#233; de r&#233;sister &#224; cette guerre id&#233;ologique intense qui affirmait la fin de l'histoire pour mieux d&#233;faire dans les organisations progressistes elles-m&#234;mes la capacit&#233; de r&#233;sistance et de critique. Le travail annonc&#233; par Lucien S&#232;ve pour un nouveau rapport &#224; Marx ne peut donc nous laisser indiff&#233;rent. Voici une premi&#232;re note de lecture pour faire conna&#238;tre le livre et son objectif, &#171; penser avec Marx aujourd'hui &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; Notre rapport &#224; Marx &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S&#232;ve montre a quel point s'est r&#233;pandu une v&#233;ritable m&#233;connaissance de Marx m&#234;me, m&#233;connaissance actuelle malgr&#233; quelques op&#233;rations m&#233;diatiques de num&#233;ros sp&#233;ciaux, mais aussi historique. Si une r&#233;elle activit&#233; universitaire existe comme le montre le congr&#232;s Marx, une rapide &#233;tude situe ainsi les ventes dans les ann&#233;es 90 de livres de Marx &#224; un niveau 10 ou 100 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux de Nietzsche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve &#233;tudie dans un premier chapitre nos rapports &#224; Marx, &#224; travers plusieurs &#233;clairages de lectures (ou non lectures !) d'intellectuels, y compris communistes. Il &#233;claire ce que notre monde publicitaire nous masque derri&#232;re l'instantan&#233;it&#233; permanente des choses ; le d&#233;bat d'id&#233;e est un ph&#233;nom&#232;ne bien mat&#233;riel, un &#233;norme processus de travail d'hommes et de femmes qui passent plus ou moins de temps &#224; lire, &#224; &#233;tudier, &#224; comprendre&#8230;S&#232;ve nous rappelle ainsi que &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;ologie a une puissante r&#233;alit&#233; mat&#233;rialiste-historique, faite de dispositifs productifs, relations de classe, moyens de pouvoir, institutions normatives, pratiques r&#233;gl&#233;es, repr&#233;sentations objectiv&#233;es&#8230; &#187; (p15)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il prend de nombreux exemples des &#171; malheurs &#233;ditoriaux &#187; de Marx et Engels en France, jusqu'&#224; ce constat qu'il n'existe toujours pas d'&#233;ditions des &#339;uvres compl&#232;tes de Marx en Fran&#231;ais, que &#171; l'id&#233;ologie allemande &#187; n'est devenu accessible en fran&#231;ais qu'en 1947&#8230; Il &#233;voque les enjeux id&#233;ologiques des traductions choisies comme &#171; abolition pour Aufhebung &#187; ou l'&#233;quivalence de Gegensatz (opposition) et Antagonismus (antogonisme)&#8230;(p18), l'enjeu de lectures &#171; classiques &#187; souvent marqu&#233;es du stalinisme, comme cette maxime c&#233;l&#232;bre du manifeste affirmant qu'avec le communisme, le &#171; libre d&#233;veloppement de chacun est la condition du libre d&#233;veloppement de tous &#187; transform&#233; pendant des d&#233;cennies en son inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derri&#232;re les mots &#171; marxiste &#187;, &#171; marxien &#187; S&#232;ve souligne la diversit&#233; des rapports &#224; Marx et leur caract&#232;re profond&#233;ment historique, notamment avec l'histoire politique du parti communiste fran&#231;ais qui aura &#233;t&#233; un des grand diffuseur de &#171; marxisme &#187;, et celle plus universitaire des philosophes se r&#233;clamant de Marx ou m&#234;me de ceux annon&#231;ant sa mort&#8230; Pour lui, Marx reste un continent &#224; (re)d&#233;couvrir pour penser aujourd'hui ce monde &#224; changer, ce qui suppose donc comprendre de quels rapports &#224; Marx nous h&#233;ritons. Il l'illustre &#224; travers de nombreux exemples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi de la question de l'ali&#233;nation et de la th&#232;se d'Althusser affirmant que ce concept disparaissait au fur et &#224; mesure que Marx construisait avec le Capital notamment une science mat&#233;rialiste de l'histoire. S&#232;ve souligne l'erreur manifeste de cette th&#232;se et les cons&#233;quences sur l'opposition fr&#233;quente de deux Marx. &lt;i&gt;&#171; Ainsi, l'une des plus forts lectures qui aient &#233;t&#233; faites de Marx au XXi&#232;me si&#232;cle, lecture dont les &#233;chos emplissent encore notre sc&#232;ne et qui demeure sans conteste stimulante, n'en est pas moins marqu&#233;e aussi par une non lecture aux effets ravageurs &#187;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi de Derrida affirmant qu'aucun philosophe n'a formellement contest&#233; la l&#233;gitimit&#233; de la peine capitale, citant un passage de Marx s'interrogeant sur les motivations de l'abolition lors de la r&#233;volution 1848, mais passant sous silence un texte argument&#233; de Marx. Dans ce texte de 1853 Marx d&#233;non&#231;e au contraire une soci&#233;t&#233; qui magnifie le bourreau au lieu de s'interroger sur les causes des crimes apr&#232;s avoir montr&#233; l'illusion du libre arbitre du criminel quant tout montre les racines sociales des crimes..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exemple le plus important est celui de la critique du programme de Gotha dont la lecture classique pr&#233;sente le socialisme comme une &#233;tape vers la soci&#233;t&#233; communiste future , alors que Marx ne parle jamais de socialisme mais de &#171; premi&#232;re phase de la soci&#233;t&#233; communiste &#187;. S&#232;ve a d&#233;j&#224; largement &#233;crit sur cette question consid&#233;rant que cette r&#233;duction de la perspective r&#233;volutionnaire a un socialisme qui n'est plus la &#171; premi&#232;re phase d'une soci&#233;t&#233; communiste &#187; est une des causes th&#233;oriques fondamentales des &#233;checs des communistes, &#224; l'Est comme &#224; l'Ouest. &lt;i&gt;&#171; Si le communisme en son effectif sens marxien [&#8230;] peut &#234;tre [&#8230;] une vis&#233;e plus que jamais pertinente malgr&#233; les drames du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, n'est-ce pas parce que jusqu'ici par-del&#224; l'&#233;vidence purement confusionnelle des choses, il n'a en fait jamais servi ? &#187; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut s'interroger sur le risque de minimiser ainsi la n&#233;cessit&#233; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. S&#232;ve s'interroge [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut noter qu'il ne r&#233;pond pas a cette question d&#233;cisive pour (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] &#171; Qui le premier a substitu&#233; &#171; socialisme &#187; a &#171; premi&#232;re phase de la soci&#233;t&#233; communiste &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur souligne de plus que &#171; le niveau d'exigence d&#233;ontologique dans le rapport aux textes de Marx et d'Engels s'est consid&#233;rablement abaiss&#233; m&#234;me chez des auteurs reconnus &#187; Ainsi de l'historien Paul Veyne, professeur au coll&#232;ge de France faisant dire &#224; Marx que l'humanit&#233; r&#233;sout tous les probl&#232;mes qu'elle se pose, mais prenant bien garde d'inclure une citation de la phrase de Marx qui &#233;crit en fait l'inverse dans la contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique &lt;i&gt;&#171; l'humanit&#233; ne se propose jamais que des t&#226;ches qu'elle peut r&#233;soudre car, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il se trouvera toujours que la t&#226;che elle-m&#234;me ne surgit que l&#224; ou les conditions mat&#233;rielles pour la r&#233;soudre existent d&#233;j&#224; ou du moins sont en voie de devenir &#187;&lt;/i&gt;&#8230;Ainsi encore d'un entretien entre Deleuze et Maggiori citant Marx comme l'exemple d'une pens&#233;e m&#233;canique du social !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve prend enfin un malin plaisir (et le lecteur aussi !) &#224; la critique du livre de Luc Ferry Qu'est-ce que l'homme qui nous propose les &#171; fondamentaux du savoir philosophiques &#187; pour un but &#233;minemment politique ; opposer le mat&#233;rialisme aux &#171; philosophies de la libert&#233; &#187;. Ces pages pol&#233;miques valent le d&#233;tour, comme celle interpellant l'ancien ministre &#224; propos de la libert&#233; &lt;i&gt;&#171; &#224; partir de quel moment cette facult&#233; o&#249; on nous invite &#224; voir le propre de l'humain se manifeste-t-elle, dans l'ontogen&#232;se et la phylogen&#232;se ? Doit-on attribuer une libert&#233;-transcendance au nouveau-n&#233;, au f&#339;tus, &#224; l'embryon ? A l'homme du pal&#233;olithique, &#224; Homo Habilis ? Au Bonobo peut-&#234;tre ? Si l'on n'a pas la hardiesse d'un Thomas d'Aquin statuant que l'&#226;me rationnelle est d'un seul coup infus&#233;e dans le conceptus humain au quaranti&#232;me jour de sa croissance (si c'est un gar&#231;on, au soixanti&#232;me seulement dans le cas d'une fille&#8230;), si l'on se r&#233;sout en d'autres termes &#224; envisager l'apparition de la libert&#233; comme graduelle, alors on a d&#233;j&#224; admis en fait un point capital dans la mani&#232;re mat&#233;rialiste d'envisager cette question ; non, la libert&#233;, [&#8230;] n'est pas une donn&#233;e naturelle-surnaturelle, c'est un construit historique et psychique &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette critique prend toute son importance d&#233;passant de loin la jouissante pol&#233;mique, quand on &#233;tudie les anc&#234;tres de cette philosophie de la libert&#233; promue par Jules Fery qui se garde bien de les citer, comme ce Victor Cousin &#233;crivant sous la restauration apr&#232;s 1830 pour faire pi&#232;ce au mat&#233;rialisme du XVIII&#232;me et dont l'enseignement a &#233;t&#233; impos&#233; des lyc&#233;es aux universit&#233;s pendant un si&#232;cle. Son texte Justice et charit&#233; au programme de philosophie jusqu'en 1960 avait &#233;t&#233; &#233;crit en r&#233;ponse &#224; la demande du g&#233;n&#233;ral Cavaignac demandant &#224; l'acad&#233;mie, quelques jours apr&#232;s l'&#233;crasement de l'insurrection ouvri&#232;re de juin 1848, de concourir &#224; la d&#233;fense des principes sociaux et de r&#233;tablir l'ordre moral ! Ferry aura &#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; a sa juste place aux cot&#233;s du ministre de l'int&#233;rieur, la politique Sarkozienne consistant &#224; appliquer dans toutes ses cons&#233;quences la &#171; philosophie de la libert&#233; ; enti&#232;rement libre par essence, vous &#234;tes enti&#232;rement coupable de ce que je juge bon de vous reprocher, donc enti&#232;rement justiciable de mes forces de l'ordre, mon fisc, mes tribunaux et mes prisons : &#171; le tout-libert&#233; philosophique est le justificatif direct du tout-r&#233;pressif policier &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve d&#233;nonce une v&#233;ritable &#171; guerre sociale au mat&#233;rialisme, rappelant &#224; ceux qui en sous-estiment les effets, la r&#233;alit&#233; de la r&#233;pression contre les philosophes mat&#233;rialistes, citant encore Victor Cousin, alors ministre de l'&#233;ducation en 1844 &#171; il ne s'enseigne dans aucune classe de philosophie d'aucun coll&#232;ge du royaume aucune proposition qui, directement ou indirectement, puisse porter atteinte &#224; la religion catholique &#187;&#8230; pour souligner l'importance pour la bourgeoisie d'asphyxier les penseurs marxistes pour interdire tout avenir &#224; la pens&#233;e-Marx&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un nouveau rapport &#224; Marx&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour S&#232;ve, &lt;i&gt;&#171; Marx est donc le grand penseur de l'&#233;poque contemporaine [&#8230;] qui continue d'&#234;tre, pour une part sous la table, l'enjeu d'une f&#233;roce bataille de la repr&#233;sentation, de l'&#233;valuation, voire au bout du compte, de l'&#233;vacuation &#187;&lt;/i&gt; (p95). Il aborde dans ce deuxi&#232;me chapitre la n&#233;cessit&#233; et la difficult&#233; de &lt;i&gt;&#171; penser aujourd'hui avec Marx &#187;&lt;/i&gt;, soulignant l'enracinement historique de Marx (qui conduit Foucault &#224; &#233;crire, &lt;i&gt;le marxisme est dans la pens&#233;e du XIX&#232;me si&#232;cle comme un poisson dans l'eau ; c'est dire que partout ailleurs il cesse de respirer &#187;&lt;/i&gt;) et donc la n&#233;cessit&#233; de partir bien moins de son &#339;uvre que de notre monde. Mais les questions rencontr&#233;es dans tout nouvel effort de compr&#233;hension critique du monde actuel, comme les rapports entre subjectif et objectif, local et global, mat&#233;riel et id&#233;el&#8230; sont des questions auxquelles Marx a apport&#233; des r&#233;ponses originales. Or pour S&#232;ve, m&#234;me des travaux r&#233;cents et novateurs permis par l'avanc&#233;e du travail d'&#233;dition international manquent, et parfois masquent des apports de la pens&#233;e de Marx, &lt;i&gt;&#171; substituant aux fausses lectures dont elles nous ont lib&#233;r&#233;s de nouvelles id&#233;es re&#231;ues o&#249; elle conna&#238;t une ruineuse alt&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; (p101)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve &#233;voque &#171; les crises des marxismes &#187;. Il souligne au-del&#224; du &lt;i&gt;d&#233;sastre patent&lt;/i&gt; &#224; l'Est, &lt;i&gt;le d&#233;sastre latent&lt;/i&gt; &#224; l'Ouest avec &#171; &lt;i&gt;l'incapacit&#233; &#224; engager la transformation r&#233;volutionnaire ne f&#251;t-ce que d'un seul pays &#187;&lt;/i&gt; (p102), citant L&#233;nine notant que &lt;i&gt;le socialisme n'a surgi que dans des maillons faibles&lt;/i&gt;, pour constater qu'il &lt;i&gt;a du assumer longuement des t&#226;ches historiques &#233;l&#233;mentaires de caract&#232;re pr&#233;socialistes, pour rompre &#224; partir du tournant stalinien des ann&#233;es trente avec des orientations fondamentales du communisme marxien&lt;/i&gt;. Il met finalement en cause l'expression de &#171; marxisme &#187; elle-m&#234;me, faisant le constat de la distance historique rendant n&#233;cessaire une compl&#232;te repens&#233;e de notre rapport &#224; lui &lt;i&gt;&#171; &#8230; un demi-si&#232;cle aura suffit [ &#8230;] pour que tout, litt&#233;ralement tout soit devenu autre aujourd'hui [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut pourtant se m&#233;fier de cette r&#233;f&#233;rence a une suppos&#233;e modernit&#233; (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] [&#8230;] Qui va porter int&#233;r&#234;t aujourd'hui &#224; des questions autour desquelles se menaient nagu&#232;re de f&#233;roces batailles de pens&#233;e &#8211; la n&#233;gation de la n&#233;gation, les rapports base/superstructure ou la dictature du prol&#233;tariat-, quand passionnent des sujets plus ou moins compl&#232;tement &#233;trangers &#224; cette &#339;uvre, [&#8230;] le symbolique, l'identitaire, le soci&#233;tal, le juridique, l'esth&#233;tique, l'&#233;thique, le religieux, les genres, la plan&#232;te&#8230; Crise d'obsolescence de Marx. Et de fa&#231;on plus fondamentale encore : la fen&#234;tre historique m&#234;me, ouverte par le d&#233;veloppement du capital &#224; une &#233;poque donn&#233;e, en fonction de laquelle fut con&#231;ue la strat&#233;gie du mouvement communiste, cette fen&#234;tre s'est [&#8230;] referm&#233;e. En leur sens convenu, ni la conqu&#234;te r&#233;volutionnaire du pouvoir, ni le r&#244;le dirigeant du prol&#233;tariat, ni la socialisation des grands moyens de production et d'&#233;changes [&#8230;] ne regagneront ce qu'elle sont aujourd'hui perdu en pertinence de fa&#231;on [...] irr&#233;versible. L'histoire est ailleurs&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='S&#232;ve pr&#233;cise bien &#171; en son sens convenu &#187;. Mais cela excuse-til (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] (p105-106) &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais S&#232;ve consid&#232;re que cette crise de la pens&#233;e-Marx est d'abord une crise de notre pens&#233;e de Marx. Il cite Moshe Lewin concluant &lt;i&gt;le si&#232;cle sovi&#233;tique&lt;/i&gt; en affirmant &lt;i&gt;&#171; persister &#224; vouloir parler du socialisme sovi&#233;tique est une v&#233;ritable com&#233;die des erreurs &#187;&lt;/i&gt; comme exemple de la confusion entre la pens&#233;e de Marx et ce qui en a &#233;t&#233; fait. Il note que si les lectures critiques de Marx se sont multipli&#233;es utilement, les &lt;i&gt;&#171; critiques des critiques &#187;&lt;/i&gt; donc de nos rapports &#224; Marx restent rares. Or Marx, d&#232;s 46-48 &lt;i&gt;ne donne plus jamais a ses acquis th&#233;oriques, fussent-ils fondamentaux, la moindre forme doctrinale : il faut aller les rep&#233;rer tels qu'ils fonctionnent concr&#232;tement dans des analyses concr&#232;tes&lt;/i&gt; (p110) &#187; , rendant ainsi essentielles les interpr&#233;tations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve analyse ainsi la question du &#171; mat&#233;rialisme de l'essence &#187; et de la lecture d'Althusser. Commentant une citation approximative de Marx &lt;i&gt;&#171; l'homme non abstrait, c'est l'ensemble des rapports sociaux &#187;&lt;/i&gt;, l'auteur de Pour Marx consid&#232;re que c&lt;i&gt;ette d&#233;finition inad&#233;quate ne veut rien dire&lt;/i&gt;, alors que Marx dit en fait bien&lt;i&gt; &#171; l'essence humaine, c'est l'ensemble des rapports sociaux &#187;&lt;/i&gt;. S&#232;ve commente durement &lt;i&gt;&#171; qu'Althusser, qui a montr&#233; mieux que quiconque en quoi &#8216;l'homme' est le type des concepts-pi&#232;ges, ne puisse pourtant s'emp&#234;cher de lire le mot qui n'y figure pas dans les phrases m&#234;me o&#249; fut r&#233;gl&#233; son sort, voil&#224; qui r&#233;v&#232;le la puissance chez lui d'un v&#233;ritable blocage th&#233;orique &#187;&lt;/i&gt; (p126) C'est ainsi une innovation fondamentale de Marx qui n'est pas vu selon S&#232;ve par Althusser, &lt;i&gt;&#171; une acceptation r&#233;volutionnaire de la cat&#233;gorie d'essence, que rien ne condamne &#224; d&#233;signer &#233;ternellement des entit&#233;s sp&#233;culatives : l'essence non plus comme chose (id&#233;elle), mais comme rapport (historique) &#187;&lt;/i&gt; (p128). S&#232;ve en conclut la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;tude critique de l'Althuss&#233;risme, dont tr&#232;s vite selon lui toute discussion devint impossible (p135) [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Mon exp&#233;rience de jeune militant &#224; l'UEC en 1976 me laisse un (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve &#233;tudie ensuite successivement les deux vis&#233;es historiques des rapports &#224; Marx ; doctrine pratique port&#233;e par le mouvement ouvrier et ses organisations notamment politiques, et culture th&#233;orique port&#233;e par les institutions de recherche et universitaires6.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le marxisme comme doctrine pratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S&#232;ve note bien entendu que la mise en &#339;uvre pratique de la pens&#233;e de Marx est son mode authentique. Mais il consid&#232;re que d&#232;s la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, commence &#224; se former un &lt;i&gt;marxisme de parti&lt;/i&gt;, avec l'apparition de &lt;i&gt;l'arbitrage souverain de la direction du parti, se d&#233;litant en m&#233;diocre id&#233;ologie partisane, voire en pure justification de d&#233;cisions directionnelles mal justifiables&lt;/i&gt; (p142).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve prend alors l'exemple de &lt;i&gt;l'&#233;tat et la r&#233;volution&lt;/i&gt; de L&#233;nine [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut noter qu'il s'agit de la premi&#232;re citation de L&#233;nine. (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;], &lt;i&gt;&#171; lecture remarquablement &#233;tendue, pr&#233;cise, inform&#233;e [&#8230;], lecture tourn&#233;e &#224; chaud, vers les t&#226;ches politiques mises &#224; l'ordre du jour par la r&#233;volution russe de f&#233;vrier 1917&#8230; &#187;&lt;/i&gt; (p142). S&#232;ve souligne que L&#233;nine &#233;crivant sur la question de la n&#233;cessit&#233; ou non de la violence r&#233;volutionnaire, &#171; oublie &#187; l'introduction de Engels aux luttes de classe en France de Marx (qu'il avait pourtant cit&#233; dans le&lt;i&gt; cahier bleu&lt;/i&gt; pr&#233;paratoire), introduction qui constitue justement la plus convaincante d&#233;monstration de la possibilit&#233; d'une voie pacifique, et m&#234;me l'affirmation que c'est la seule voie indiqu&#233;e dans les conditions de l'Allemagne. S&#232;ve souligne que L&#233;nine pouvait douter des versions de ce texte &#224; son &#233;poque croyant qu'elle avait &#233;t&#233; d&#233;natur&#233;e, mais qu'il a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisie de ne pas la citer, car la situation politique n&#233;cessitait de justifier cette violence r&#233;volutionnaire souhait&#233;e par les &#171; communistes de gauche &#187; avec Boukharine. S&#232;ve fait de cette question le n&#339;ud de son argumentation &lt;i&gt;&#171; ne touche-t-on pas l&#224; &#224; ce qui vicie de fa&#231;on plus ou moins profonde mais invinciblement r&#233;currente cette sorte de marxisme ? &#187;&lt;/i&gt; (p146). S&#232;ve compl&#232;te en soulignant l'aptitude de L&#233;nine &#224; d&#233;tecter les possibilit&#233;s de moment pacifique dans la Russie r&#233;volutionnaire elle-m&#234;me, comme &#224; redire dans le m&#234;me texte que le but final des communistes est la suppression de toute violence exerc&#233;e sur les hommes en g&#233;n&#233;ral. Il montre ainsi que L&#233;nine consid&#233;rant la violence comme une n&#233;cessit&#233; tactique et non pas strat&#233;gique, &#233;crit avec L'&#233;tat et la r&#233;volution un &lt;i&gt;&#171; texte de circonstance &#187;&lt;/i&gt;. S&#232;ve conclut ce passage essentiel en soulignant &lt;i&gt;&#171; l'id&#233;e m&#234;me de marxisme au sens politique est ici radicalement en cause [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='L&#224; encore, on peut s'interroger sur la port&#233;e de cette d&#233;monstration. (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] . En tant que politique, une telle construction mentale vaut dans la seule mesure o&#249; elle r&#233;pond &#224; la conjoncture ; en tant que th&#233;orique [&#8230;] elle vaut dans la seule mesure o&#249; elle d&#233;passe toute conjoncture [&#8230;], et n'est-ce pas en somme la dramatique aggravation de cette antinomie qui se lit dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence progressive du marxisme politique [&#8230;] ?&lt;/i&gt; (p150).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour s&#232;ve, cette tare originale du marxisme politique explique la d&#233;rive d'une direction du PCF abandonnant &#224; chaque congr&#232;s une r&#233;f&#233;rence th&#233;orique &#171; marxiste &#187; (la dictature du prol&#233;tariat [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='d&#233;pass&#233;, le concept de &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; ? Quand le mouvement (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;] , le centralisme d&#233;mocratique&#8230;) sans jamais s'interroger sur l'alternative th&#233;orique ou politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il propose alors trois conditions d'un nouveau rapport politique &#224; Marx .
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; La distance n&#233;cessaire avec la pens&#233;e Marx, sans &#234;tre &lt;i&gt;&#171; trop pr&#232;s &#187;&lt;/i&gt; en ne relativisant pas le &lt;i&gt;p&#233;rissable qui y porte la marque de son contexte g&#233;o-historique,[&#8230;] les forces sociales ayant vocation &#224; op&#233;rer le d&#233;passement du capitalisme, les modalit&#233;s d'appropriation des forces productives par leurs utilisateurs directs, les voies politiques du processus de transformation r&#233;volutionnaire&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans le contexte actuel d'une bataille id&#233;ologique qui nie en (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] et sans &#234;tre &lt;i&gt;&#171; trop loin &#187;&lt;/i&gt; en ne ressaisissant pas &lt;i&gt;la formidable f&#233;condit&#233; par exemple &#171; de rep&#233;rer dans le mouvement objectif des contradictions du capital la production de pr&#233;suppos&#233;s fl&#233;chant les chemins de son d&#233;passement communiste &#187;&lt;/i&gt; (p163).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; La vis&#233;e historique qui ne peut &#234;tre que, &lt;i&gt;&#171; le communisme en lui restituant sa radicalit&#233;, sa globalit&#233; et son imm&#233;diatet&#233; [&#8230;] de mouvement r&#233;el d&#233;j&#224; commenc&#233; &#187;&lt;/i&gt; (p163), S&#232;ve reprenant sa caract&#233;risation de Commencer par les fins, &lt;i&gt;&#171; de d&#233;passement de toutes les ali&#233;nations &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les formes d'organisations requises pour se concerter en pens&#233;e et en acte sur une dynamique de transformation sociale radicale, S&#232;ve constatant l'&#233;miettement des efforts entre les partis &lt;i&gt;&#171; &#224; la gauche du PS &#187;, les mouvements sociaux et le marxisme des revues&lt;/i&gt;&#8230; L'auteur &#233;voque comme mode de fonctionnement &lt;i&gt;&#171; une centralit&#233; sans verticalit&#233; o&#249; la cod&#233;cision se substitue au commandement en rendant f&#233;d&#233;rable la diversit&#233;, et ainsi engageant pour de bon au pr&#233;sent une d&#233;sali&#233;nation productive de l'action politique [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Formulation bien vague, m&#234;me si dans une note de bas de page, S&#232;ve renvoie (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;] &#187;&lt;/i&gt; (p166), comme condition pratique d'un nouveau rapport &#224; Marx.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le marxisme comme culture th&#233;orique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nombreux dirigeants politiques communistes du d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle ont jou&#233;s un r&#244;le th&#233;orique essentiel, laissant penser que les dimensions scientifiques, philosophiques du marxisme &#233;taient parties int&#233;grante du marxisme politique, validant une &#171; traductibilit&#233; &#187; de la philosophie en politique et r&#233;ciproquement, alors que progressivement appara&#238;t en fait l'asservissement de la philosophie &#224; la politique du parti. S&#232;ve cite ainsi l'exp&#233;rience de la &#171; n&#233;gociation au sommet &#187; de textes philosophiques avec Waldeck Rochet ou du d&#233;bat du comit&#233; central d'Argenteuil en 1966 ou il tranche contre Althusser et son anti-humanisme th&#233;orique en lui opposant que les communistes sont bien porteurs d'un humanisme puisqu'ils luttent en pratique pour le bien des hommes, montrant ainsi que si la r&#233;ponse a une question philosophique &lt;i&gt;&#171; restait l'apanage de la direction du parti, il ne lui &#233;tait pas indispensable, pour y apporter sa r&#233;ponse, d'avoir tout &#224; fait compris la question &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='La citation ne donne-t-elle pas une vue raccourcie de la d&#233;cision politique (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]. Pour S&#232;ve, c'est &#224; partir des ann&#233;es trente, alors que s'&#233;tend la domination politique du stalinisme, que des intellectuels de haute formation, militants ou sympathisants de partis r&#233;volutionnaires, prennent leur autonomie intellectuelle, &lt;i&gt;&#171; d'o&#249; la figure de l'intellectuel marxiste, de l'adh&#233;rent politiquement conforme mais ind&#233;pendant en mati&#232;re th&#233;orique au contestataire imp&#233;nitent, au dissident organis&#233;, au compagnon de route impr&#233;visible. &#187;&lt;/i&gt; (p170). Le niveau d'influence g&#233;n&#233;rale du PCF apr&#232;s la guerre ouvrant des portes, cette activit&#233; trouve dans une certaine mesure sa place dans la recherche et l'enseignement, cr&#233;ant ainsi ce qu'on a nomm&#233; le marxisme universitaire. S&#232;ve note la st&#233;rilit&#233; des rapports entre &lt;i&gt;un parti sans culture marxiste et une culture marxiste sans parti&lt;/i&gt; (p171) qui n'a pas emp&#234;ch&#233; un immense travail de culture marxiste. Mais ce travail s'est structur&#233; selon les logiques universitaires &lt;i&gt;&#171; en courants cultivant leurs singularit&#233; &#224; l'embl&#232;me de noms connus, voire le morcellement en &#233;coles formant cercles ferm&#233;s autour de pens&#233;es marquantes &#187;&lt;/i&gt; (p174). Pour S&#232;ve, cela a permis de r&#233;els apports, mais souvent en utilisant Marx en pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, perdant ainsi sa coh&#233;rence d'ensemble. Il l'illustre avec Pierre Bourdieu &#233;tendant le concept de reproduction &#224; l'immense domaine du symbolique, mais n&#233;gligeant la reproduction &#233;largie du capital et des forces productives, alors que Marx ne perd jamais de vue la totalit&#233; sociale et sa dynamique historique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s une &#233;tude de Jon Elster et son marxisme analytique, S&#232;ve conclut ce tour d'horizon des rapports &#224; Marx en insistant sur ce constat alarmant d'un &#171; marxisme &#187; r&#233;duit a sa &#171; petite province &#187; &#224; l'audience faible dans le monde des id&#233;es, y compris de la conscience insurg&#233;e contre le ravage n&#233;olib&#233;ral. S&#232;ve consid&#232;re qu'apr&#232;s le choc surmont&#233; des ann&#233;es 1990, le &lt;i&gt;pi&#233;tinement&lt;/i&gt; dans le renouvellement des capacit&#233;s &#224; penser Marx est dangereux. Pour lui, comme le montre la pyramide des ages des producteurs d'id&#233;es marxistes,&lt;i&gt; &#171; en tant que penseur capable d'influer sur le cours de l'histoire, Marx est mortel &#187;&lt;/i&gt;(p186).
S&#232;ve r&#233;sume ainsi cette perception d'une crise du marxisme, politique et universitaire, crise de la pens&#233;e de Marx et de notre pens&#233;e sur Marx, &lt;i&gt;crise globale non fortuite qui renvoie en derni&#232;re analyse au passage en longue dur&#233;e d'une fen&#234;tre historique &#224; une autre pour le d&#233;passement du capitalisme&lt;/i&gt;, crise non fatale pour S&#232;ve qui consid&#232;re que cette coupure entre deux marxismes n&#233;e du stalinisme renvoie aux rapports pratiques et th&#233;oriques &#224; Marx qui doivent &#234;tre r&#233;unifi&#233;s, autour de la n&#233;cessit&#233; de rouvrir dans les faits la perspective communiste.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Marxisme, marxiste, un vocabulaire devenu inemployable
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette analyse des &#171; crises des marxismes &#187;, S&#232;ve en vient &#224; sa critique de ce que le suffixe en &#171; isme &#187; est porteur pour la &#171; pens&#233;e-Marx &#187;, (quand on dit au contraire, aristot&#233;licien, cart&#233;sien,&#8230;), la construction &lt;i&gt;&#171; d'un corps de doctrine, syst&#232;me de th&#232;ses et liste d'imp&#233;ratifs &#224; la fois, cens&#233; atteindre &#224; la validit&#233; permanente selon la traditionnelle conception de la th&#233;orie-en-isme comme ensemble de v&#233;rit&#233;s g&#233;n&#233;rales &#187;&lt;/i&gt; (p191), quand &lt;i&gt;&#171; le fameux &#8216;&#231;a d&#233;pend' de son introduction de 1857, &#233;cartant toute r&#233;ponse passe-partout &#224; la question de savoir s'il y a co&#239;ncidence entre ordre logique des concepts et ordre historique des processus, pourrait &#234;tre la devise g&#233;n&#233;rale d'une pens&#233;e tenant pour des raisons fondamentales que la v&#233;rit&#233; est toujours concr&#232;te &#187;&lt;/i&gt; (p192). Notant de plus l'&#233;parpillement contradictoire des marxismes dont le pluriel essentiellement conflictuel en r&#233;duit la d&#233;finition &#224; celle d'une AOC dont on ne sait qui contr&#244;le les &#233;tiquettes. Cela conduit S&#232;ve &#224; proposer l'adjectif &lt;i&gt;marxien&lt;/i&gt;, ne nommant d&#233;sormais marxiste qu'une construction id&#233;ologique historique. Pour s'&#233;loigner des d&#233;bats internes st&#233;rilement r&#233;p&#233;titifs [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='S&#232;ve ne sous-estime-t-il pas l&#224; encore la r&#233;alit&#233; de la &#171; lutte th&#233;orique (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;] sur Marx et aller vers des recherches hardiment inventives avec Marx, S&#232;ve cite Isabelle Garo (dans sa th&#232;se de 1996, reflet et repr&#233;sentation dans la pens&#233;e de Marx) qui montre que contrairement a la &#171; vulgate marxiste &#187;, Marx n'a pas construit de &#171; th&#233;orie de la connaissance comme reflet du r&#233;el, r&#233;duisant la &#171; superstructure notamment id&#233;ologique &#224; sa base &#233;conomique, mais a au contraire &#233;tudi&#233; la logique objective des processus de production des repr&#233;sentations, &lt;i&gt;&#171; par laquelle le monde se pr&#233;sente , se repr&#233;sente, se dissimule lui-m&#234;me &#224; sa fa&#231;on, et &#224; partir de quoi s'&#233;laborent ses appr&#233;hensions et ses interpr&#233;tations par les consciences &#187;&lt;/i&gt; (p199). Althusser opposant &#224; la th&#233;orie du reflet sa th&#233;orie de la production de connaissance &lt;i&gt;se passant tout entier dans la pens&#233;e, m&#233;connaissait ainsi le mat&#233;rialisme marxien attribuant un r&#244;le irrempla&#231;able &#224; la conscience,&lt;/i&gt; jusqu'&#224; en voir un &lt;i&gt;aspect constitutif de la lutte des classes&lt;/i&gt;. Il cite &lt;i&gt;Psychologie de l'art&lt;/i&gt; &#233;crit en 1925 par le grand psychologue sovi&#233;tique Vygotski, une recherche sur la proc&#233;dure subjective de l'effet esth&#233;tique, ouvert &#224; l'art de tout ses sens et ses concepts et prenant le contre-pied de ce qui passe encore pour le point de vue &#171; marxiste &#187; sur l'art ; &lt;i&gt;&#171; reflet sp&#233;cifique de la r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, quand Vygotski le montre au contraire comme &lt;i&gt;&#171; m&#233;tamorphose subjective de sa repr&#233;sentation &#187;&lt;/i&gt; ; &#171; &lt;i&gt; l'art expression de la vie sociale &#187;&lt;/i&gt;, quand au contraire l'art na&#238;t dans le travail individuel psychique de soi sur soi&#8230; Deux exemples pour montrer la productivit&#233; potentielle d'une pens&#233;e-Marx d&#233;gag&#233;e des certitudes &#171; marxistes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si ce nouveau rapport &#224; Marx est ainsi engag&#233;, S&#232;ve insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'un suppl&#233;ment d'audace critique et cr&#233;atrice, et &#233;tudie dans les chapitres les plus denses (et les plus ardus !) du livre, un &#171; cas crucial de d&#233;fiance envers Marx &#187; (p205), &#224; propos de la dialectique [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='On lira avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t le livre co&#233;crit par s&#232;ve &#171; (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Si dans les ann&#233;es 30 ou 60, la dialectique est pr&#233;sente dans des courants de pens&#233;e (Piaget, Bachelard&#8230;), elle est mise en cause dans les ann&#233;es 60 par L&#233;vi-Strauss, Deleuze ou Monod, ce dernier la rangeant apr&#232;s l'affaire Lyssenko &#224; &#171; la rubrique des projections animistes, &#8230; des aborig&#232;nes australiens aux dialecticiens marxistes &#187;. S&#232;ve montre que Althusser m&#234;me, rejetant justement l'empirisme na&#239;f de l'imagerie stalinienne et son historicisme t&#233;l&#233;ologique prend ses distances avec Marx avec la brochure de Mao &#171; &#224; propos de la contradiction &#187; qui exclue les cat&#233;gories h&#233;g&#233;liennes ; n&#233;gation, n&#233;gation de la n&#233;gation, ali&#233;nation&#8230; Pour S&#232;ve, cette lecture Althuss&#233;rienne qui ne &#171; voit pas &#187; la dialectique &#224; l'&#339;uvre chez Marx a domin&#233; les pens&#233;es marxistes de la fin du si&#232;cle dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il montre encore comment Jacques Bidet allant au bout de la critique althuss&#233;rienne en vient &#224; analyser une incapacit&#233; de Marx &#224; tenir sa m&#233;thode initiale de la dialectique h&#233;g&#233;lienne et devant pour devenir Marx s'&#233;loigner de la dialectique. S&#232;ve critique radicalement cette lecture. &lt;i&gt;&#171; Ce sur quoi cette appr&#233;ciation finale fait une compl&#232;te impasse n'est rien de moins que la dialectique objective du mouvement r&#233;el, c'est-&#224;-dire justement l'essentiel de l'apport logico philosophique de marx dans cette &#339;uvre immense &#8211; qui faisait dire &#224; L&#233;nine &#224; l'occasion de sa lecture attentive de la Logique de Hegel : &#8216;si Marx n'a pas laiss&#233; de &#171; Logique &#187;, (avec un grand L), il a laiss&#233; la Logique du Capital'&#8230; &#187;&lt;/i&gt; (p221). Ainsi, non seulement Marx n'a jamais accr&#233;dit&#233; l'id&#233;e d'un automatisme historique, et sa r&#233;ponse fameuse &lt;i&gt;&#171; &#231;a d&#233;pend &#187;&lt;/i&gt; dit au contraire &lt;i&gt;&#171; il y a bien des cas o&#249; la d&#233;marche logique n'a pas de r&#233;pondant historique et rel&#232;ve ainsi de la pure m&#233;thode d'exposition &#8211; le dialectique r&#233;sidant ici dans le seul mode d'encha&#238;nement des concepts ; mais il y en a aussi nombre d'autres o&#249; le d&#233;veloppement cat&#233;goriel appara&#238;t homologue &#224; l'&#233;volution historique, allant dans les cas favorables jusqu'&#224; rendre intelligible sa teneur de n&#233;cessit&#233; et &#224; en faire pr&#233;voir pour une part le cours ult&#233;rieur &#187;&lt;/i&gt;. S&#232;ve met donc en cause la lecture de Jacques Bidet qui oppose &lt;i&gt;&#171; une dialectique, c'est-&#224;-dire un ordre logique n&#233;cessaire, ou bien un ordre historique incluant de la contingence, donc une non dialectique &#187;&lt;/i&gt; , alors que c'est justement le &lt;i&gt;&#171; renversement mat&#233;rialiste de la dialectique h&#233;g&#233;lienne, notion sur la quelle le travail de Jacques Bidet fait le plus parlant des silences, [&#8230;] qui rend possible une conceptualisation dialectique de formes bien plus complexes de d&#233;termination r&#233;elle &#187;&lt;/i&gt; (p223). S&#232;ve en montre la cons&#233;quence sur une question politique cruciale comme celle du &lt;i&gt;&#171; socialisme de march&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Pour Marx, &lt;i&gt;&#171; d&#232;s lors que le march&#233; conduit logico historiquement au capital, toute forme sociale post-capitaliste sera n&#233;cessairement post-marchande &#187;&lt;/i&gt;. Jacques Bidet au contraire, constatant que la &lt;i&gt;&#171; modernit&#233; n'autorise ni la substitution du plan au march&#233;, ni le recours utopique &#224; l'association, mais seulement la perspective de la soumission de ceux-ci &#224; celle-l&#224; &#187;&lt;/i&gt; pense n&#233;cessaire de mettre en cause justement &lt;i&gt;&#171; l'historisation h&#226;tive de la conceptualit&#233; dialectique &#187;&lt;/i&gt; chez Marx [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Voil&#224; un exemple qui justifie &#224; lui seul le travail de S&#232;ve, quand tant de (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]. S&#232;ve montre que loin d'une historisation h&#226;tive, les dizaines de passages traitant du communisme chez Marx sont toujours &lt;i&gt;&#171; en claire connexion conceptuelle avec une analyse th&#233;orique d&#233;termin&#233;e du capital [&#8230;] se pr&#233;sentant selon les cas de deux mani&#232;res [&#8230;] hypoth&#232;ses th&#233;oriques [&#8230;] ou pr&#233;suppos&#233;s historiques &#187;&lt;/i&gt;. S&#232;ve en propose un r&#233;sum&#233; tr&#232;s actuel &#233;voquant &lt;i&gt;&#171; ce tendanciel renversement en son contraire qui hante partout l'empire du capital, lorsque le comble de l'efficacit&#233; s'y retourne en incalculables g&#226;chis, que la d&#233;mocratie bourgeoise y a pour envers le despotisme implacable des gestions &#233;conomiques, que l'autonomisation multiple de l'individu le voue aux pires ali&#233;nations, que la globalisation financi&#232;re met aux pi&#232;ces toute organisation plan&#233;taire&#8230; Peut-on ne pas voir comment le capital suivant d&#233;sormais sa pente n&#233;olib&#233;rale avec une fr&#233;n&#233;sie que rien n'est encore venu vraiment contrecarrer, accumule contre lui-m&#234;me les pi&#232;ces de la plus formidable des mises en examen historique &#187;&lt;/i&gt; (p238).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc une grande ambition pour la pens&#233;e-Marx qui anime ce premier tome, consid&#233;rant que le philosophique chez Marx s'identifie justement avant tout &#224; la dialectique, co-extensive au travail sur les cat&#233;gories (p240).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;ve conclut par un post-scriptum plus personnel annon&#231;ant la suite de son travail, en m&#234;me temps que sa gen&#232;se historique, depuis son enthousiasme pour L&#233;nine, c&#244;toyant Althusser rue d'Ulm, d&#233;chu de son poste pour militantisme, seul normalien de sa promotion &#224; n'avoir jamais pu enseigner qu'en lyc&#233;e, exclu de toute recherche universitaire&#8230;(une privation, mais une inappr&#233;ciable libert&#233; !), &#171; attach&#233; de recherche &#187; et dirigeant du PCF dont le comit&#233; central d'Argenteuil marquait la fin de l'interventionnisme dirigeant dans le travail th&#233;orique, mais aussi de toute dimension philosophique dans la culture de direction&#8230; S&#232;ve souligne les apports critiques d'autres penseurs, notant cependant que &lt;i&gt;&#171; le plus souvent elles allaient en des sens &#8211; repli droitier ou fuite gauchiste suppos&#233;e en avant &#8211; dans lesquels je voyais quant &#224; moi des boulevards trop connus ou des impasses trop certaines &#187;&lt;/i&gt; (p262). Son exploration progressive d'un nouveau rapport &#224; Marx le conduisant &#224; le nommer au plan politique &lt;i&gt;&#171; refondations &#187;&lt;/i&gt; en 1984 et &#224; contribuer &#224; la revue &#171; Futurs &#187; du mouvement dit des &#171; refondateurs &#187; au PCF [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='On aimerait un effort critique de sa part sur le r&#233;sultat de ce mouvement (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On peut s'interroger sur le risque de minimiser ainsi la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;tude approfondie du stalinisme et notamment des processus historiques concrets qui ont conduits en URSS en m&#234;me temps &#224; la n&#233;gation des id&#233;aux des r&#233;volutionnaires de 1917 (et leur &#233;limination massive !) et &#224; la construction tout autant r&#233;elle d'une r&#233;ussite &#233;conomique culturelle et sociale dont la nature entre socialisme dictatorial et capitalisme d'&#233;tat est incertaine&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] On peut noter qu'il ne r&#233;pond pas a cette question d&#233;cisive pour confirmer sa conclusion ; socialisme et communisme sont deux courants &#171; inaccordables &#187; de la pens&#233;e sociale. C'est pourtant ce qui fonde l'opposition (r&#233;elle ou apparente ?) entre l'effort pour repenser un projet &#171; directement &#187; communiste remettant en cause toutes les ali&#233;nations, et un positionnement politique plus classiquement &#171; r&#233;volutionnaire &#187; cherchant &#224; prendre le pouvoir pour construire un &#171; socialisme &#187; centr&#233; sur l'appropriation des moyens de production et d'&#233;change. L'&#233;tude historique de situation comme celle du V&#233;n&#233;zuela montre que cette opposition est peut-&#234;tre st&#233;rile, et notamment le discours sans pr&#233;c&#233;dent actuel de Chavez affirmant la n&#233;cessit&#233; du socialisme dans la r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] On peut pourtant se m&#233;fier de cette r&#233;f&#233;rence a une suppos&#233;e modernit&#233; radicalement diff&#233;rente, alors que tout dans les formes d'exploitation, d'imp&#233;rialisme, de guerre sociale et de r&#233;pression parait &#233;trangement &#171; le m&#234;me &#187;, quand S&#232;ve lui-m&#234;me multiple les exemples de r&#233;pression philosophiques d'hier et d'aujourd'hui&#8230; Ce point est d'autant plus important que dans le domaine politique, cette affirmation du &#171; tout a chang&#233; &#187; a servi de justifications aux abandons politiques communistes acceptant par exemple la mixit&#233; des capitaux dans le service public, la privatisation d'Air France, ou l'acceptation, voire la justification de la fin des organisations communistes en entreprise&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] S&#232;ve pr&#233;cise bien &#171; en son sens convenu &#187;. Mais cela excuse-til l'affirmation pour le moins p&#233;remptoire ? Certes les formes de la conqu&#234;te r&#233;volutionnaire du pouvoir ne seront jamais dans le France de 2005 celles qu'&#224; connues la Russie de 1917, est-ce que cela r&#232;gle la question de la conqu&#234;te du pouvoir ? L'exp&#233;rience &#171; d&#233;mocratique &#187; de l'insertion institutionnelle du PCF dans les &#233;lections en relation &#233;troite avec le parti socialiste en pousse-t-il pas au contraire &#224; r&#233;interroger les formes actuelles d'une rupture r&#233;volutionnaire ? La d&#233;claration de l'ambassadeur am&#233;ricain au Chili en 1973 affirmant apr&#232;s le putsch &#171; Allende voulait construire le socialisme pacifiquement.. irr&#233;aliste, vous voyez la bourgeoisie se suicider dans la joie ? &#187; ne nous indique-t-elle pas au contraire la tr&#232;s moderne n&#233;cessit&#233; de la rupture r&#233;volutionnaire, assumant la n&#233;cessit&#233; d'un rapport de forces qui ne se joue pas dans les m&#233;dias, prenant en compte les r&#233;alit&#233;s militaires, polici&#232;res et &#233;tatiques elle aussi bien actuelle dans les soci&#233;t&#233;s occidentales s&#233;curis&#233;es de Bush et Sarkozy ? L&#224; encore, l'exp&#233;rience v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de la r&#233;sistance au coup d'&#233;tat contre Chavez est instructive !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Mon exp&#233;rience de jeune militant &#224; l'UEC en 1976 me laisse un souvenir plus complexe ou les &#171; althuss&#233;riens &#187; (dont je n'&#233;tais pas !) &#233;taient souvent minoritaires contre les promoteurs des questions nouvelles, f&#233;minisme, &#233;cologisme, et la pens&#233;e d'Althusser consid&#233;r&#233;e souvent comme fig&#233;e et archa&#239;que dans un monde en mouvement (d&#233;j&#224; !)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] On peut noter qu'il s'agit de la premi&#232;re citation de L&#233;nine. Pour S&#232;ve &#224; l'&#233;vidence, si le &#171; marxisme &#187; est une expression inefficace pour penser nos rapports &#224; Marx, le &#171; marxisme-l&#233;ninisme &#187; ne vaut pas la peine d'&#234;tre &#233;tudi&#233; comme une des interpr&#233;tations historiquement importantes de Marx, un des &#171; rapports &#224; Marx &#187; dont l'&#233;tude nous serait utile aujourd'hui, justement pour sa capacit&#233; (celle de L&#233;nine) &#224; &#171; penser Marx aujourd'hui &#187; dans la r&#233;alit&#233; historique de la Russie. L'&#233;tude de l'&#233;tat et la r&#233;volution n'&#233;tant qu'un exemple illustratif pour S&#232;ve des cons&#233;quences n&#233;cessairement fatales de ce &#171; marxisme de parti &#187; qu'il consid&#232;re comme historiquement d&#233;fait et d&#233;pass&#233;. On pourrait lui reprocher ici ce qu'il reproche justement dans ces pages m&#234;me&#8230; une conception utilitariste de l'effort th&#233;orique devant justifier une prise de position politique existante, celle conduisant &#224; la &#171; mutation &#187; du PCF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] L&#224; encore, on peut s'interroger sur la port&#233;e de cette d&#233;monstration. M&#234;me si dans la suite du texte, S&#232;ve souligne l'exigence th&#233;orique et l'inventivit&#233; de L&#233;nine, (en quelque sorte, le fait que L&#233;nine a son &#233;poque met en pratique l'objectif que S&#232;ve s'assigne dans ce livre, penser Marx &#224; partir de son monde&#8230;), l'apport de L&#233;nine a la pens&#233;e de Marx est r&#233;duit a ce seul exemple d'une r&#233;f&#233;rence d'Engels non cit&#233;e dans un des livres de L&#233;nine, justifiant le rejet du &#171; marxisme politique &#187;, dont pourtant on sent qu'il conduit rapidement au rejet de la n&#233;cessit&#233; du &#171; parti r&#233;volutionnaire &#187;, position qui aurait exig&#233;e une &#233;tude s&#233;rieuse, notamment de textes et de pratiques de L&#233;nine. L'&#233;tude historique des conditions mat&#233;rielles de ce &#171; marxisme politique &#187; dans la r&#233;volution russe est pourtant passionnante comme le montre le &#171; L&#233;nine &#187; de Jean-Jacques Marie. S&#232;ve pourrait s'interroger sur le fait qu'il justifie ainsi l'abandon par les dirigeants du PCF dans les ann&#233;es r&#233;centes de tout effort th&#233;orique et dans la foul&#233;e de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; pens&#233;e-Marx &#187;, sans compter qu'il contribue ainsi &#224; rejeter L&#233;nine dans l'opprobre et l'oubli g&#233;n&#233;ral dans lequel il a &#233;t&#233; rejet&#233; (avec Robespierre) beaucoup plus que Marx ! On peut s'interroger ainsi sur l'expression utilis&#233;e pour conclure sur L&#233;nine et sa &#171; singuli&#232;re stature de marxiste authentique en m&#234;me temps que pour une part, path&#233;tique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] d&#233;pass&#233;, le concept de &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; ? Quand le mouvement populaire V&#233;n&#233;zu&#233;lien, avec le soutien de l'arm&#233;e, obtient le retour de Chavez apr&#232;s la tentative de coup d'&#233;tat foment&#233; par la CIA, ne peut-on consid&#233;rer qu'il y l&#224; manifestation de la &#171; dictature de la majorit&#233; &#187; comme moment n&#233;cessaire de la rupture r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Dans le contexte actuel d'une bataille id&#233;ologique qui nie en permanence la r&#233;alit&#233; du monde ouvrier, du monde du travail en g&#233;n&#233;ral, d'une surrepr&#233;sentation des activit&#233;s de la modernit&#233; technologique et culturelle au moment m&#234;me ou se d&#233;ploie une surexploitation du travail intense et parfois digne du 19&#232;me si&#232;cle, S&#232;ve devrait &#233;valuer plus concr&#232;tement ce suppos&#233; &#171; p&#233;rissement &#187; du r&#244;le du prol&#233;tariat moderne. De m&#234;me, la crise politique et institutionnelle de la France oblige &#224; interroger l'inefficacit&#233; constat&#233;e de l'enfermement &#233;lectoraliste du PCF, comme la d&#233;sertion des questions du pouvoir par une part du mouvement alter-mondialiste affirmant avec Bov&#233; qu'on peut changer le monde sans prendre le pouvoir. Consid&#233;rer que les apports de Marx et L&#233;nine aux strat&#233;gies r&#233;volutionnaires seraient &#233;puis&#233;s n'est pas anodin. Cela n'est pas sans cons&#233;quences sur le mouvement refondateur et sa revue Futurs que S&#232;ve cite comme premier exemple d'une renaissance communiste apr&#232;s 1995, et qui avec le discours sur la puissance de l'Europe sociale, semble avoir bien oubli&#233; toute l'exp&#233;rience historique des luttes anti-imp&#233;rialistes et internationalistes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Formulation bien vague, m&#234;me si dans une note de bas de page, S&#232;ve renvoie &#224; son pr&#233;c&#233;dent livre &#171; Commencer par les fins &#187; et aux &#233;crits des autres personnalit&#233;s du courant refondateur, Martelli et Bertho. L'&#233;tude bien concr&#232;te des pratiques d'organisation des dirigeants refondateurs, notamment dans les ann&#233;es r&#233;centes o&#249; leur influence sur la direction du PCF est devenu dominante, ne semble pas indiquer une conception r&#233;solument nouvelle de la centralit&#233; ; les pratiques d'exclusion, de n&#233;gation de la diversit&#233;, ou de passage en force semblant toujours tr&#232;s actuelle !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] La citation ne donne-t-elle pas une vue raccourcie de la d&#233;cision politique de ce comit&#233; central contre les th&#232;ses d'Althusser, et du r&#244;le jou&#233; par Aragon &#224; l'&#233;poque ?(voir le num&#233;ro 2 des annales de la soci&#233;t&#233; des amis d'Aragon et Elsa Triolet), comit&#233; Central historique ou s'est sans doute jou&#233; un moment d&#233;cisif dans la recherche par l'intellectuel collectif PCF d'une issue communiste a sa d&#233;stalinisation, issue que la d&#233;faite d'Alhusser a de fait &#233;limin&#233; au profit d'une &#171; normalisation &#187; institutionnelle remplie des illusions de Garaudy sur la perspective prochaine de la victoire &#233;lectorale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] S&#232;ve ne sous-estime-t-il pas l&#224; encore la r&#233;alit&#233; de la &#171; lutte th&#233;orique &#187; qui s'est jou&#233; en cette &#171; fin de fen&#234;tre historique &#187; dans la &#171; normalisation &#187; de nombreux partis communistes, dans les d&#233;cisions politiquement contestables de dirigeants du PCF pour l'acceptation de la mixit&#233; du capital, dans la compr&#233;hension de la r&#233;alit&#233; actuelle des imp&#233;rialismes avec les propositions d'un Toni Negri prenant fait et cause pour la construction europ&#233;enne face au super-imp&#233;rialisme &#233;tats-uniens, vieux d&#233;bat qui semble tout sauf st&#233;rile, quand on constate l'intervention violente du m&#234;me Negri pour le Oui au r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] On lira avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t le livre co&#233;crit par s&#232;ve &#171; &#233;mergence, complexit&#233; et dialectique &#187; dialoguant avec des scientifiques confront&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; de penser les contradictions dans leur propre d&#233;marche, et qui montre une dialectique de la nature cadre plus efficace que la logique classique pour permettre aux scientifiques de penser les cat&#233;gories du non lin&#233;aire, du non d&#233;terministe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] Voil&#224; un exemple qui justifie &#224; lui seul le travail de S&#232;ve, quand tant de militants sont confront&#233;s &#224; cette difficult&#233; de penser une perspective politique post-marchande. Comment penser le &#171; service public &#187;, l'appropriation par les acteurs et les usagers apr&#232;s les exp&#233;riences des nationalisations &#224; l'Est et &#224; l'Ouest&#8230; sans tomber dans les illusions des &#171; syst&#232;mes d'&#233;changes locaux &#187;, ou des &#171; circuits &#233;conomiques courts &#187; qui ne font que retrouver le march&#233; dans un conservatisme communautaire, sans prendre en compte cette &#171; logique historique &#187; de la cr&#233;ation du capital, &#233;tude n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension de sa n&#233;gation et donc de son d&#233;passement r&#233;el.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] On aimerait un effort critique de sa part sur le r&#233;sultat de ce mouvement refondateurs 20 ans apr&#232;s et sa responsabilit&#233; dans une d&#233;rive institutionnelle et &#171; droiti&#232;re &#187; du PCF !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Vous m'avez r&#233;duite au mat&#233;rialisme le plus d&#233;sesp&#233;r&#233;...</title>
		<link>http://www.utopies.org/spip/spip.php?article131</link>
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		<dc:date>2006-02-12T11:04:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Bleitrach</dc:creator>



		<description>Depuis l'adolescence, devrais-je vous avouer que je m&#232;ne un d&#233;bat passionn&#233; et passionnant avec moi-m&#234;me... Tout a commenc&#233; avec le de rerum naturae de Lucr&#232;ce... j'en fus tellement exalt&#233;e que j'en appris des pages enti&#232;res (en latin par coeur), et j'allais face &#224; la mer me les r&#233;citer... Le mat&#233;rialisme pouvait &#234;tre cette aventure rebelle de l'esprit humain pr&#233;tendant &#224; la connaissance de l'univers et trouvant dans cette aventure infinie la consolation (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Marx&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'adolescence, devrais-je vous avouer que je m&#232;ne un d&#233;bat passionn&#233; et passionnant avec moi-m&#234;me... Tout a commenc&#233; avec le de rerum naturae de Lucr&#232;ce... j'en fus tellement exalt&#233;e que j'en appris des pages enti&#232;res (en latin par coeur), et j'allais face &#224; la mer me les r&#233;citer... Le mat&#233;rialisme pouvait &#234;tre cette aventure rebelle de l'esprit humain pr&#233;tendant &#224; la connaissance de l'univers et trouvant dans cette aventure infinie la consolation devant la mort et la maladie... A partir de ce moment, j'ai toujours trouv&#233; dans les biblioth&#232;ques (h&#233;las aussi dans des acc&#232;s de boulimie), la meilleure parade aux diff&#233;rents aleas de la vie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand les choses de la vie vont mal, je marche, je nage et je poursuis cet int&#233;ressant d&#233;bat qui s'est peu &#224; peu r&#233;duit pour moi aux termes dans lesquel Marx, Spinoza, Einstein et quelques autres le posent...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; eux je me suis d&#233;barrass&#233;e de toute une imagerie, un dieu ext&#233;rieur, gouvernant de on ne sait quel lieu, un petit nuage par exemple, l'univers. Autre probl&#232;me balay&#233;, le paradis, l'enfer... Non le Dieu ou plut&#244;t l'auto-conscience de l'univers se confond avec l'infini ou la finitude de sa cr&#233;ation. Plus d'anthropormophisme, plus de barbu, de jeune homme sur la croix, plus d'homme &#224; l'image de Dieu, plus de libre arbitre incompr&#233;hensible de dieu et de l'homme. Non premi&#232;rement la libert&#233; de l'univers tient &#224; la n&#233;cessit&#233; de ses lois, et la libert&#233; humaine tient &#224; la connaissance des dites lois... Donc la science, la connaissance sans pr&#233;jug&#233;s est la v&#233;ritable pri&#232;re... la seule et unique manifestation de la foi... A cela s'oppose l'id&#233;e que seule la mati&#232;re porte la conscience et donc que quand la mati&#232;re disparait la conscience s'efface irrem&#233;diablement. Mais cette derni&#232;re question n'a qu'une importance relative, elle concerne notre futur &#224; nous autres pauvres humains... Soit &#224; notre mort avec la disparition de notre corps, nous disparaissons irremediablement, soit nous partons fusionner avec l'auto-conscience de l'univers par lui-m&#234;me... De toute mani&#232;re il est clair que quelque soit l'issue, notre existence transitoire dispara&#238;t... le bouddhisme a quelques id&#233;es comme &#231;a...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc mon mat&#233;rialisme convaincu s'accommodait de quelques esp&#233;rances confuses, et avec ma boulimie de connaissance, j'entrevoyais volontiers d'atterrir dans le Grand Tout et de passer le reste de l'&#233;ternit&#233; dans l'exploration et l'auto-contemplation oc&#233;ane de notre mutuelle perfection...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne cette p&#233;riode transitoire dans laquelle mes parents m'avaient jet&#233;e sans me demander mon avis, Marx me convenait parfaitement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeune homme, j'en &#233;tait convaincue il avait connu les m&#234;mes affres que moi... Il suffisait de relire les fragments de sa th&#232;se o&#249; il oppose D&#233;mocrite et Epicure, les deux grandes bases du mat&#233;rialisme. Il le fait &#224; partir de mon cher po&#232;me de Lucr&#232;ce, le de rerum naturae... D&#233;mocrite et Epicure sont des &quot;atomistes&quot;, c'est-&#224;-dire qu'ils sont convaincus qu'&#224; la base de la mati&#232;re, il y a l'atome et que c'est du mouvement des atomes, de leur rapprochement ou de leur &#233;loignement que nait la complexit&#233; de l'univers. D&#233;mocrite est partisan d'un d&#233;terminisme absolu, alors qu'Epicure introduit des mouvements al&#233;atoires. On sent que Marx penche plut&#244;t pour Epicure. Parce que tout en revendiquant le d&#233;terminisme, le mat&#233;rialisme, il introduit une possibilit&#233; pour les Etres humains de penser et de ma&#238;triser leur vie d'une mani&#232;re volontaire &#224; partir de la connaissance de ce qui les d&#233;termine en adoptant une mani&#232;re d'&#234;tre appropri&#233;e. On retrouve constamment cette id&#233;e chez Marx, par exemple quand il affirme que le seul saint de l'humanit&#233; est Prometh&#233;e... Ou encore quand il repond &#224; un questionnaire sur l'homme le plus important pour lui qu'il est double : Kepler qui analysa le mouvement des &#233;toiles en rupture avec tous les pr&#233;jug&#233;s et Spartacus qui mena la r&#233;volte des esclaves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc quand Marx d&#233;nonce l'illusion religieuse, il le fait en d&#233;non&#231;ant ses irrationnels, l'illusion anthropomorphique qui insitue un pseudo libre arbitre humain qui correspondrait &#224; un pseudo libre arbitre divin, le corps des pr&#234;tres et des doctrines qui implantent ces illusions, pour emp&#234;cher la connaissance et donc la r&#233;volte et la d&#233;nociation des injustices. Mais honn&#234;tement je pense qu'au niveau o&#249; il en est, la question du d&#233;isme ou plut&#244;t du panth&#233;isme tel que le d&#233;fendent des gens comme Spinoza ou Einstein n'a plus grande importance...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Infiniment plus pr&#233;judiciable est l'ath&#233;isme fonctionnant comme un nouveau fondamentalisme, et entra&#238;nant une mentalit&#233; colonialiste... R&#233;duisant tous les enjeux m&#233;taphysiques, d&#233;mocratiques, r&#233;volutionnaires &#224; l'anticl&#233;ricalisme born&#233;... Et l'hostilit&#233; &#224; toute culture... Marx peut plaisanter sur &quot;l'agneau de dieu qui ne r&#233;v&#232;le que la nature moutonni&#232;re du chr&#233;tien&quot;, il d&#233;nonce le f&#233;tichisme, plus encore que la foi... Il s'oppose de m&#234;me tr&#232;s t&#244;t &#224; la lutte &quot;anti-religieuse&quot; des jeunes h&#233;g&#233;liens qui croient avoir r&#233;gl&#233; le probl&#232;me du capital par la d&#233;nonciation de l'illusion religieuse et qui croient que l'Etat la&#239;que capitaliste r&#233;soudra les probl&#232;mes..C'est l&#224; qu'il op&#232;re un retour &#224; Hegel, l'id&#233;aliste, en montrant que hegel apporte plus que ceux qui pr&#233;tendent le critiquer sur des bases aussi &#233;triqu&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, tout cela m'allait tr&#232;s bien, et me permettait non seulement de faire le tri entre ceux qui, au nom de la religion, se conduisaient comme de fief&#233;s r&#233;actionnaires, et ceux qui au contraire cherchaient &#224; combattre une situation intol&#233;rable..Mais me fournissait un principe de consolation dans ma vie personnelle... Quand &#224; cause des choses de la vie, ou au contraire devant un moment de joie intense, j'&#233;prouvais confus&#233;ment soit l'&#233;crasement de la condition humaine, soit la vague id&#233;e de l'&#226;me... Je me disais que non seulement la mati&#232;re &#233;tait foisonnante, d'une richesse in&#233;puisable et que conna&#238;tre, conna&#238;tre encore, &#233;tait la seule solution, mais que peut-&#234;tre l'id&#233;e de la fusion dans le Grand Tout &#224; ma mort n'&#233;tait pas &#224; &#233;carter...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;vident que ce mode de raisonnement ne me mettait pas spontan&#233;ment en harmonie avec mon interlocuteur qui se demandait parfois o&#249; j'allais aterrir avec mes d&#233;tours dans les m&#233;andres de l'histoire de l'humanit&#233;... Il y a m&#234;me des gens franchement allergiques &#224; ce mode de pens&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Donc &#224; propos de la caricature de Mahomet, deux choses m'ont frapp&#233;es, l'une &#233;tait d'une grande trivialit&#233; : on ne comprend rien &#224; cette r&#233;action, si on ne voit pas le contexte, l'agression subie par ces peuples, celle qui les menace... Et leur donner de surcro&#238;t une le&#231;on de rationalit&#233; est pour le moins excessif. Surtout que les m&#234;mes qui osent cela, n'ont pas fait grand chose pour les aider...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre &#233;tait plus complexe &#224; expliquer, comment faire comprendre &#224; mes fanatiques anti-fanatiques, qu'il y a dans le refus de la repr&#233;sentation, de l'anthropomorphisme, un pas en avant dans la rationalit&#233; par rapport &#224; notre propre culture. Que l'Islam centre &#233;galement tout sur la connaissance, sur le corps, sur la r&#233;alit&#233;, admet un sensualisme qui est &#224; la base de l'exp&#233;rimentation... Qu'il a une conscience aigu&#235; du d&#233;terminisme et non de notre pseudo-libre arbitre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc ouvrir le dialogue n&#233;cessaire c'est partir de ces deux constats, non pour renoncer au dialogue culturel et d&#233;mocratique mais pour le faire doublement sur des bases saines... Et pas sur le pillage et les pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dois dire mon cher pays, que vous m'avez globalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e... Au point que je n'ai m&#234;me plus pu m'enfoncer dans mes ch&#232;res r&#234;veries de la fusion dans le Grand tout. Ca a culmin&#233; avec l'omnipr&#233;sence du juge Bregaud que je ne cessais de comparer avec le silence g&#233;n&#233;ral autour de l'invraisemblable doctrine nucl&#233;aire de notre pr&#233;sident...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oserai-je vous avouer qu'&#224; un moment, je me suis interrog&#233;e : &quot;Qu'est-ce que je fous-l&#224; !&quot; Mais il est difficile de pendre son parapluie sous le bras, son panier et de repartir vers un hypoth&#232;tique Plougastel- la Houlette pr&#233;serv&#233; de la mondialisation...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis dit, m&#234;me si l'hypoth&#232;se de l'auto-conscience de l'univers existe, il est clair que nous sommes simplement le lieu dans lequel celui-ci se d&#233;barrasse de toutes les limites, les passions, les stupidit&#233;s qui peuvent nuire &#224; son auto-entendement... Je ne vois pas pourquoi il nous r&#233;ingurgiterait apr&#232;s notre mort... Bref je crois que nous sommes la preuve que l'hypoth&#232;se mat&#233;rialiste du moins en ce qui concerne l'humanit&#233; est la seule valide...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est bien triste...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;danielle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maintenant si vous pensez que je crois que les peuples qui protestent &#224; cause de la caricature, le font au nom de la rationalit&#233; de l'Islam, il n'en n'est rien.
Mais je me dis que premi&#232;rement, il y a leur passion quelques excuses et m&#234;me dans leur d&#233;cha&#238;nement celui-ci est bien innocent dans ses cons&#233;quences par rapport &#224; l'horreur qu'ils subissent.
Deuxio cela donnera peut-&#234;tre aux cingl&#233;s de l'&#233;quipe de Bush, un peu deprudence quant aux r&#233;actions que provoqueraient de nouvelles aventures....
Tertio, quand l'irrationnel se d&#233;cha&#238;ne, il faut que chacun prenne les siens pour leur expliquer en quoi ils sont compl&#232;tement stupides...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Fidel &#224; l'Universit&#233;</title>
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		<dc:date>2005-12-20T01:07:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Collectif Utopies</dc:creator>



		<description>traduction du site http://vdedaj.club.fr/cuba/index.html ALLOCUTION DE FIDEL CASTRO RUZ, PR&#201;SIDENT DE LA R&#201;PUBLIQUE DE CUBA, POUR LE SOIXANTI&#200;ME ANNIVERSAIRE DE SON ENTR&#201;E &#192; L'UNIVERSIT&#201;, DANS LE GRAND AMPHI DE L'UNIVERSIT&#201; DE LA HAVANE, LE 17 NOVEMBRE 2005 (R&#233;vision et correction faites par son propre auteur, en respectant int&#233;gralement les id&#233;es exprim&#233;es dans son discours) * * Chers &#233;tudiants et professeurs de toutes les universit&#233;s cubaines ; Chers /compa&#241;eros/ (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Cuba&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;traduction du site &lt;a href='http://vdedaj.club.fr/cuba/index.html' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://vdedaj.club.fr/cuba/index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;ALLOCUTION DE FIDEL CASTRO RUZ, PR&#201;SIDENT DE LA R&#201;PUBLIQUE DE CUBA, POUR LE SOIXANTI&#200;ME ANNIVERSAIRE DE SON ENTR&#201;E &#192; L'UNIVERSIT&#201;, DANS LE GRAND AMPHI DE L'UNIVERSIT&#201; DE LA HAVANE, LE 17 NOVEMBRE 2005&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(R&#233;vision et correction faites par son propre auteur, en respectant int&#233;gralement les id&#233;es exprim&#233;es dans son discours)
* *&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers &#233;tudiants et professeurs de toutes les universit&#233;s cubaines ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers /compa&#241;eros/ dirigeants et autres invit&#233;s qui avaient partag&#233; avec moi tant d'ann&#233;es de lutte,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voila venu le moment le plus difficile, celui o&#249; je dois dire quelques mots dans ce Grand Amphi o&#249; tant de mots ont d&#233;j&#224; dit. Un monde d'id&#233;es me vient &#224; l'esprit, et c'est logique. Tant de temps s'est &#233;coul&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez &#233;t&#233; tr&#232;s aimables de rappeler ce jour tr&#232;s sp&#233;cial, le soixanti&#232;me anniversaire de ma timide entr&#233;e &#224; cette universit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je regardais une photo de l'&#233;poque. La veste ; l'expression du visage, mais je ne saurais dire si elle est de quelqu'un de f&#226;ch&#233;, ou de m&#233;chant, ou de bon, ou d'indign&#233;, parce que la photo a &#233;t&#233; prise non le premier jour, mais quelques mois apr&#232;s, il me semble, que je commen&#231;ais &#224; r&#233;agir &#224; tant de choses comme celles que je constatais. Je n'avais pas une pens&#233;e form&#233;e, tant s'en faut, c'&#233;tait une pens&#233;e avide d'id&#233;es, mais aussi d'envie de conna&#238;tre ; un esprit peut-&#234;tre rebelle, plein d'ambitions, d'ambitions non r&#233;volutionnaires, mais en tout cas d'ambitions et d'&#233;nergie, et peut-&#234;tre aussi d'envie de lutter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais &#233;t&#233; sportif, j'avais escalad&#233; des montagnes. On m'avait m&#234;me converti, je ne sais pas pourquoi, en une esp&#232;ce de scout, une sorte de lieutenant et ensuite, plus tard, de g&#233;n&#233;ral scout. Si bien que quand j'&#233;tais lyc&#233;en, on m'avait donn&#233; des grades bien plus &#233;lev&#233;s que ceux que j'ai aujourd'hui /(rires)/, parce qu'apr&#232;s je n'ai &#233;t&#233; que simple commandant. Quant &#224; ce grade de commandant en chef, &#231;a ne voulait dire que chef de cette petite troupe d'&#224; peine quatre-vingt-deux hommes qui ont d&#233;barqu&#233; du /Granma/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette appellation est venue apr&#232;s le d&#233;barquement du 2 d&#233;cembre 1956. Quelqu'un devait bien &#234;tre chef des quatre-vingt-deux, et le &#171; en &#187; est venu apr&#232;s. De commandant chef, je suis devenu commandant en chef &#224; l'&#233;poque o&#249; il y avait d&#233;j&#224; d'autres commandants, qui avait &#233;t&#233; le grade le plus &#233;lev&#233; pendant bien longtemps. Je me souvenais de tout &#231;a. Il faut bien penser &#224; ce qu'on &#233;tait, &#224; ce qu'on pensait, &#224; ce qu'on &#233;prouvait comme sentiments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des circonstances sp&#233;ciales de ma vie m'ont peut-&#234;tre fait r&#233;agir. Tr&#232;s t&#244;t, ma vie n'a pas &#233;t&#233; facile, et c'est peut-&#234;tre pour &#231;a que j'ai d&#233;velopp&#233; ce m&#233;tier de rebelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On parle de rebelles sans cause. En tout cas, il me semble me rappeler que j'&#233;tais au contraire un rebelle avec de nombreuses causes, et je remercie la vie d'avoir pu continuer d'&#234;tre, tout au long de mon existence, rebelle, m&#234;me aujourd'hui, et peut-&#234;tre avec encore plus de raisons qu'avant, parce que j'ai plus d'id&#233;es, plus d'exp&#233;rience, parce que j'ai beaucoup appris de ma propre lutte, parce que j'ai bien mieux compris cette terre o&#249; je suis n&#233; et ce monde o&#249; nous vivons, aujourd'hui mondialis&#233; et &#224; un moment d&#233;cisif de son &#233;volution. Je n'oserais pas dire un moment d&#233;cisif de son histoire, parce que celle-ci est bien plus br&#232;ve. Elle est vraiment infime par rapport &#224; la vie d'une esp&#232;ce qui, tout r&#233;cemment, voil&#224; trois ou quatre ou cinq mille ans, a commenc&#233; &#224; faire ses premiers pas apr&#232;s sa longue et sa br&#232;ve &#233;volution. Je dis &#171; longue et br&#232;ve &#187; parce que l'homme a &#233;volu&#233; pour devenir un &#234;tre pensant peut-&#234;tre en quelques centaines de milliers d'ann&#233;es, apr&#232;s que la vie soit apparue sur cette plan&#232;te selon les connaisseurs, si je ne me trompe pas, voil&#224; un milliard ou un milliard et demie d'ann&#233;es. La vie est d'abord apparue, puis des millions d'esp&#232;ces. Et nous ne sommes que &#231;a, une de beaucoup d'esp&#232;ces qui sont apparues sur cette plan&#232;te. Voil&#224; pourquoi je dis que c'est au terme d'une vie br&#232;ve et &#224; la fois longue que nous sommes arriv&#233;s &#224; cette minute-ci, &#224; ce mill&#233;naire-ci dont on dit qu'il est le troisi&#232;me de l'&#232;re chr&#233;tienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi est-ce que je tourne tant autour de cette id&#233;e ? Parce que j'ose affirmer que cette esp&#232;ce-ci court vraiment le danger de s'&#233;teindre, et nul ne pourrait assurer, &#233;coutez bien, nul ne pourrait assurer qu'elle survive &#224; ce danger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que l'esp&#232;ce ne survivra pas, c'est quelque chose dont on a parl&#233; voil&#224; deux mille ans. Je me rappelle quand j'&#233;tais &#224; l'&#233;cole avoir entendu parler de l'Apocalypse, proph&#233;tis&#233; dans la Bible, un peu comme ci, voil&#224; deux mille ans, certains s'&#233;taient rendus compte que cette ch&#233;tive esp&#232;ce pouvait dispara&#238;tre un jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les marxistes aussi, bien entendu. Je me souviens tr&#232;s bien d'un livre d'Engels, /Dialectique de la nature/_,_ o&#249; il dit que le Soleil s'&#233;teindrait un jour, que le combustible qui alimente le feu de cette &#233;toile qui nous &#233;claire s'&#233;puiserait et que la lumi&#232;re du Soleil cesserait d'exister. Et alors je me pose une question que vous vous &#234;tes pos&#233;s vous-m&#234;mes un jour, ou vos professeurs, ou des milliers et des centaines de milliers comme vous : notre esp&#232;ce sera-t-elle capable ou non d'&#233;migrer vers un autre syst&#232;me solaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous ne vous l'&#234;tes jamais pos&#233; ? Eh bien, un jour ou l'autre, vous vous la poserez, parce qu'on se pose bien des questions tout au long de sa vie, surtout quand il existe une raison de se la poser. Et je crois que l'homme n'a jamais plus de raisons de se la poser. En effet, si cette homme qui &#233;tait marxiste s'est pos&#233; la question de la disparition de la chaleur et de la lumi&#232;re du Soleil, et a pens&#233; comme scientifique que le syst&#232;me solaire cesserait un jour d'exister, nous aussi, en tant que r&#233;volutionnaires, et en faisant voler notre imagination, nous devons nous demander ce qu'il arrivera et s'il existe un petit espoir que cette esp&#232;ce-ci s'&#233;chappe en direction d'un autre syst&#232;me solaire o&#249; la vie existe ou peut exister. Tout ce que nous savons &#224; pr&#233;sent, c'est qu'il existe un
Soleil &#224; quatre ann&#233;es-lumi&#232;re parmi les centaines de milliards de soleils existant dans cet &#233;norme espace dont nous ne savons encore trop bien s'il est fini ou infini.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'apr&#232;s nos maigres connaissances en physique, en math&#233;matique, en lumi&#232;re et en vitesse de la lumi&#232;re, d'apr&#232;s ceux qui voyagent vers les plan&#232;tes les plus proches o&#249; ils ne trouvent rien, et ceux qui voyageront vers V&#233;nus - qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque des Romains la d&#233;esse de l'Amour - et ceux qui auront le privil&#232;ge d'y arriver, on se retrouvera en face de cyclones qui sont je ne sais combien de centaines de fois pires que Katrina, que Rita, ou que Michelle ou que Mitch et tous les autres qui nous frappent avec toujours plus de violence. On dit en effet que la temp&#233;rature sur V&#233;nus est de 400&#186;, et qu'il y a des masses d'air ou d'atmosph&#232;re lourde en mouvement constant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui sont all&#233;s sur Mars, dont on disait que c'&#233;tait un petit endroit o&#249; la vie a peut-&#234;tre exist&#233; - Ch&#225;vez blague &#224; ce sujet en affirmant que la vie y a peut-&#234;tre exist&#233; - et a disparu cherchent une particule d'oxyg&#232;ne ou tout autre indice de vie. Bien des choses ont pu se passer, mais le plus probable c'est qu'aucune vie d&#233;velopp&#233;e n'ait jamais exist&#233; sur aucune de ces plan&#232;tes. L'ensemble de facteurs qui ont rendu la vie possible a jou&#233; au bout de milliards d'ann&#233;es sur la plan&#232;te Terre. Cette vie fragile n'a pu se d&#233;velopper que dans des fourchettes de temp&#233;ratures limit&#233;es, entre quelques degr&#233;s en dessous de z&#233;ro et quelques degr&#233;s au-dessus de z&#233;ro ; car personne ne survit dans une eau &#224; une temp&#233;rature de 60&#186; et la mort surviendrait au bout de vingt secondes, et il suffirait de quelques dizaines de degr&#233;s en dessous de z&#233;ro, sans chaleur artificielle, pour que personne ne survive. La vie a surgi dans des marges de temp&#233;ratures limit&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si je parle de la vie, c'est parce que quand on parle d'universit&#233;s, on parle de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui &#234;tes-vous ? Si vous me posiez la question, je dirai que vous &#234;tes la vie, que vous &#234;tes des symboles de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons &#233;voqu&#233; ici des &#233;v&#233;nements de nos vies, de notre universit&#233;, de notre /Alma Mater/, nous avons &#233;voqu&#233; ceux d'entre nous qui y sommes entr&#233;s voil&#224; des dizaines d'ann&#233;es et ceux qui y sont aujourd'hui, qui sont maintenant en premi&#232;re ann&#233;e ou sur le point de se dipl&#244;mer, ou certains qui sont d&#233;j&#224; dipl&#244;m&#233;s et qui remplissent des fonctions que d'autres, moins exp&#233;riment&#233;s, ne pourraient pas r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'essayais de me rappeler comment &#233;taient ces universit&#233;s-l&#224;, &#224; quoi nous nous consacrions, de quoi nous nous inqui&#233;tons. Nous nous inqui&#233;tons de cette &#238;le, de cette petite &#238;le. On ne parlait pas encore de mondialisation, la t&#233;l&#233;vision n'existait pas, l'Internet non plus, pas plus que les communications instantan&#233;es d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te, c'est &#224; peine s'il y avait le t&#233;l&#233;phone et peut-&#234;tre quelques avions &#224; h&#233;lice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, &#224; l'&#233;poque, vers 1945, nos avions de passagers arrivaient &#224; peine &#224; Miami et encore avec bien du mal. M&#234;me si j'entendais parler quand j'&#233;tais &#233;colier du voyage de Barber&#225;n et Collar. &#192; Bir&#225;n, on disait : &#171; Barber&#225;n et Collar sont pass&#233;s par ici. &#187; C'&#233;taient deux pilotes espagnols qui avaient travers&#233; l'Atlantique et avaient poursuivi jusqu'au Mexique. Apr&#232;s, on n'en a plus entendu parler. On discute encore de l'endroit o&#249; ils se sont &#233;cras&#233;s : en mer entre Pinar del R&#237;o et le Mexique, ou au Yucat&#225;n, ou ailleurs... En tout cas, on n'a plus jamais rien su d'eux, mais ils avaient eu en tout cas l'audace de traverser l'Atlantique sur un petit avion &#224; h&#233;lice qu'on venait juste d'inventer. C'est au d&#233;but du si&#232;cle dernier que l'aviation a vu le jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une guerre terrible venait juste de se terminer qui a co&#251;t&#233; environ cinquante millions de morts. Je parle de 1945, l'ann&#233;e o&#249; je suis entr&#233; &#224; l'universit&#233;, le 4 septembre. Oui, parce que c'est le 4 septembre que j'y suis entr&#233;e, mais vous avez pris ensuite la libert&#233; de f&#234;ter cet anniversaire n'importe quel jour, le 4 ou le 17 ou m&#234;me en novembre, comme aujourd'hui. Il y a tant de comm&#233;moraisons que vous ne pourriez pas organiser tant de c&#233;r&#233;monies, ni moi y assister, et j'aurais &#233;norm&#233;ment regrett&#233; de ne pas pouvoir assister &#224; une c&#233;r&#233;monie &#224; laquelle vous m'auriez invit&#233;, comme celle-ci dans ce Grand Amphi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, j'ai beaucoup de r&#233;unions tous les jours, je bavarde tous les jours des heures et des heures avec les gens, en particulier de jeunes, d'&#233;tudiants, ou avec les brigades m&#233;dicales qui partent remplir de glorieuses missions qui presque personne d'autre n'est capable de remplir dans ce monde dont j'ai parl&#233;. En effet, aucun autre pays ne pourrait envoyer un millier de m&#233;decins &#224; un peuple fr&#232;re d'Am&#233;rique centrale, ou encore les m&#233;decins qui sont en train de se battre contre la douleur et la mort, face &#224; la pire trag&#233;die naturelle jamais survenue dans un pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai convers&#233; avec chacune de ces brigades, une par une, je leur ai dit adieu. Avec celles qui sont parties &#224; l'autre bout du monde, &#224; dix-huit heures de vol, o&#249; est survenue une des plus grandes trag&#233;dies humaines que notre monde a connues depuis bien longtemps, je ne me souviens d'aucune autre de ce genre, &#224; cause de l'endroit o&#249; elle a eu lieu, des gens modestes qu'elle a frapp&#233;s, des bergers vivant sur des montagnes tr&#232;s &#233;lev&#233;s, &#224; la veille d'un hiver qui s'annonce tr&#232;s rigoureux, &#224; un endroit de tr&#232;s grand mis&#232;re, face &#224; l'insensibilit&#233; du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, d'un monde insensible capable de d&#233;penser un billion de dollars tous les ans en publicit&#233; pour se payer la t&#234;te de l'immense majorit&#233; de l'humanit&#233; - qui paie en plus les mensonges qu'on lui raconte ! - transformant les gens en des gens auxquels on enl&#232;ve la capacit&#233; de penser, parce qu'on leur fait consommer du savon, par exemple, qui est le m&#234;me savon sous dix marques diff&#233;rentes. Et il faut bien tromper les gens, n'est-ce pas, pour qu'ils puissent payer ce billion de dollars... Ce ne sont pas les compagnies, en effet, qui le paient, ce sont les gens qui le paient en achetant les produits vant&#233;s par la pub. Oui, d'un monde insensible capable de d&#233;penser aussi un billion de dollars tous les ans - et &#231;a fait donc deux billions - en objectifs de caract&#232;re militaire. Oui, d'un monde insensible qui tire des masses appauvries, de l'immense majorit&#233; de la population de la plan&#232;te plusieurs billions de dollars par an, et qui reste indiff&#233;rent quand on lui dit qu'il y a un endroit o&#249; environ cent mille personnes sont mortes, dont peut-&#234;tre de vingt-cinq &#224; trente mille enfants, o&#249; plus de cent mille personnes sont bless&#233;es, la grande majorit&#233; atteinte de fractures des os des membres sup&#233;rieurs et inf&#233;rieurs, dont on a d&#251; op&#233;rer au maximum environ 10 p. 100, o&#249; des enfants sont mutil&#233;s, et des jeunes, des femmes, des femmes, des personnes &#226;g&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ce monde qui nous entoure n'est pas un monde plein de bont&#233;, mais un monde plein d'&#233;go&#239;sme ; ce n'est pas un monde plein de justice, mais un monde plein d'exploitation, d'abus, de pillage, o&#249; des millions d'enfants meurent tous les ans alors qu'ils pourraient se sauver, tout simplement parce qu'il leur manque quelques centimes de m&#233;dicaments, un peu de vitamines et de sels min&#233;raux, et quelques dollars d'aliments, juste assez pour pouvoir survivre. L'injustice en tue chaque ann&#233;e presque autant que la guerre colossale dont je viens de parler a fait de victimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel monde que le n&#244;tre ! Quel monde que le n&#244;tre o&#249; un empire barbare proclame son droit d'attaquer par surprise et &#224; titre pr&#233;ventif une soixantaine de pays du monde ou plus, qui est capable de porter la mort &#224; n'importe quel coin du monde en recourant aux armes et aux techniques de mort les plus perfectionn&#233;es ! Un monde o&#249; r&#232;gne la loi de la brutalit&#233; et de la force, o&#249; il existe des centaines de bases militaires un peu partout, dont une sur notre terre &#224; nous, quand l'empire y est intervenu alors que le pouvoir colonial espagnol ne pouvait plus r&#233;sister et que des centaines de milliers des meilleurs fils de ce peuple, qui ne comptait alors qu'un million d'habitants, avaient d&#233;j&#224; p&#233;ri dans une longue guerre d'une trentaine d'ann&#233;es ; et cet empire nous a impos&#233; ensuite en tra&#238;tre l'amendement Platt, un amendement r&#233;pugnant en vertu d'une r&#233;solution tout aussi r&#233;pugnante qui lui donnait le droit d'intervenir chez nous chaque fois que l'ordre, selon lui, n'y r&#233;gnait pas. Plus d'un si&#232;cle s'est &#233;coul&#233;, et l'empire occupe toujours par la force cette base-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui est devenue la honte et l'&#233;pouvante du monde ! Parce qu'elle est devenue un antre de tortures, o&#249; sont enferm&#233;es des centaines de personnes, s&#233;questr&#233;es un peu partout dans le monde. L'empire ne les am&#232;ne pas chez lui, parce qu'il peut exister des lois qui lui causerait des difficult&#233;s pour maintenir s&#233;questr&#233;s de force, dans la plus totale ill&#233;galit&#233;, des ann&#233;es durant, sans la moindre d&#233;marche, sans le moindre droit, sans la moindre proc&#233;dure, ces hommes qui, au grand &#233;tonnement de la plan&#232;te, ont &#233;t&#233; soumis de plus &#224; des tortures sadiques et brutales. Et le monde l'a appris quand on a d&#233;couvert en Irak une prison o&#249; l'on torturait des centaines de prisonniers du pays envahi par l'empire de tout son pouvoir colossal et o&#249; des centaines de milliers des civils irakiens ont perdu la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On d&#233;couvre tous les jours des choses nouvelles. On a appris tout r&#233;cemment que l'administration &#233;tasunienne disposait de prisons secr&#232;tes dans les pays satellites d'Europe de l'Est, dont les gouvernements votent &#224; Gen&#232;ve contre Cuba et l'accusent de violations des droits de l'homme. Or, notre pays n'a jamais connu un seul centre de torture en quarante-six ans de R&#233;volution ; notre R&#233;volution n'a jamais viol&#233; cette tradition sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire : jamais personne n'a &#233;t&#233; tortur&#233; - que je sache. Nous ne serions d'ailleurs pas les seuls &#224; emp&#234;cher ce genre de choses, notre peuple le ferait aussi, parce qu'il se fait une tr&#232;s haute id&#233;e de la dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui de nous, qui de vous, qui de nos compatriotes admettrait tout bonnement qu'un citoyen puisse &#234;tre tortur&#233; ? Et ce, malgr&#233; les milliers d'actes de barbarie et de terrorisme commis contre notre pays, malgr&#233; les milliers de victimes caus&#233;s par l'agression de cet empire qui nous impose un blocus depuis plus de quarante-cinq ans et qui tente de nous &#233;touffer par tous les moyens... Et ces gens-l&#224; ont le front, comme le disait r&#233;cemment l'un d'eux en face, apr&#232;s le vote &#233;crasant de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies de la r&#233;solution contre le blocus, 182 voix pour, une seule abstention, dont les difficult&#233;s sont les resultats de notre &#233;chec. grand complice de ce bandit, &#224; savoir l'Etat pro-nazi d'Isra&#235;l qui soutient ... Oui, il faut le dire : les dirigeants de ce pays commettent leurs crimes au nom d'un peuple qui a souffert de pers&#233;cutions dans le monde pendant plus de mille cinq cents ans et qui a &#233;t&#233; victime des crimes les plus atroces lors de la deuxi&#232;me guerre mondiale, au nom du peuple isra&#233;lien qui n'est absolument pas coupable de ce g&#233;nocide sauvage que ce gouvernement au service de l'empire commet contre le peuple palestinien, un autre Holocauste, et qui proclame m&#234;me son droit d'attaquer d'autres pays par surprise et &#224; titre pr&#233;ventif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui m&#234;me, l'Empire menace d'attaquer l'Iran si celui-ci produit du combustible nucl&#233;aire. Le combustible nucl&#233;aire, ce ne sont pas des armes atomiques, ce ne sont pas des bombes atomiques. Prohiber &#224; un pays de produire le combustible de l'avenir, &#231;a revient &#224; vous interdire de chercher du p&#233;trole, qui est le combustible du pr&#233;sent et qui s'&#233;puisera physiquement en peu de temps. &#192; quel pays du monde interdit-on de chercher du combustible, du charbon, du gaz, du p&#233;trole ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous connaissons bien l'Iran, un pays de soixante-dix millions d'habitants qui se propose de se d&#233;velopper industriellement et qui pense tout &#224; fait raisonnablement que c'est un grand crime de compromettre ses r&#233;serves de gaz ou de p&#233;trole pour pouvoir produire les milliards de kilowatts-heure qu'exige son d&#233;veloppement industriel, surtout avec l'urgence que r&#233;clame un pays du tiers monde. Et voil&#224; que l'Empire veut le lui interdire et menace de le bombarder. Si bien qu'on discute dans l'ar&#232;ne internationale &#224; quel jour ou &#224; quelle heure &#231;a se fera, si ce sera l'Empire qui le fera, ou s'il utilisera, comme il l'a fait en Iraq, son satellite isra&#233;lien pour bombarder de mani&#232;re pr&#233;ventive et par surprise les centres de recherche iraniens qui mettent au point la technique de production du combustible nucl&#233;aire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ici &#224; trente ans, il n'y aura plus de p&#233;trole, dont 80 p. 100 sont maintenant aux mains de pays du tiers monde, puisque les autres pays ont &#233;puis&#233; le leur, entre autres les Etats-Unis qui a eu d'immenses r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz dont il ne reste plus que pour quelques ann&#233;es, ce qui explique pourquoi ils s'efforcent de s'assurer la possession de p&#233;trole dans n'importe quelle partie de la plan&#232;te et de la fa&#231;on que ce soit. En tout cas, cette source d'&#233;nergie sera &#233;puis&#233;e d'ici vingt-cinq &#224; trente ans, et il ne restera plus qu'une seule source fondamentale pour la production massive d'&#233;lectricit&#233;, en plus de l'&#233;nergie solaire, de l'&#233;nergie &#233;olienne, etc. : l'&#233;nergie nucl&#233;aire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est encore lointain le jour o&#249; l'hydrog&#232;ne, car les processus technologiques en sont encore &#224; leurs balbutiements, pourrait devenir une source plus ad&#233;quate de combustible sans lequel l'humanit&#233; ne pourrait vivre, car elle a atteint des niveaux de d&#233;veloppement technique d&#233;termin&#233;s. C'est d&#233;j&#224; un probl&#232;me actuel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre ministre des Relations ext&#233;rieures vient de r&#233;pondre &#224; l'invitation de l'Iran, dans la mesure o&#249; Cuba sera le si&#232;ge, l'an prochain, de la prochaine conf&#233;rence au sommet des pays non align&#233;s, et o&#249; cette nation-l&#224; r&#233;clame le droit de produire du combustible nucl&#233;aire comme n'importe quelle nation industrielle, sans avoir &#224; &#233;puiser ses r&#233;serves d'une autre mati&#232;re premi&#232;re qui sert &#224; produire non seulement de l'&#233;nergie, mais de nombreux autres produits, des engrais, des textiles, une foule de choses d'usage universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; comment va le monde ! Et on verra bien ce qu'il se passera s'ils se mettent &#224; bombarder l'Iran pour d&#233;truire des installations qui lui permettent de produire du combustible nucl&#233;aire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Iran a sign&#233; le trait&#233; de non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire, tout comme Cuba. Nous n'avons jamais parl&#233; de la possibilit&#233; de fabriquer des armes nucl&#233;aires, parce que nous n'en avons pas besoin. Et &#224; supposer que nous en ayons besoin, combien cela co&#251;terait-il de les produire, et qu'est-ce que nous ferions d'une arme nucl&#233;aire face &#224; un ennemi qui en poss&#232;de des milliers ? Ce serait entrer dans le jeu des affrontements atomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous poss&#233;dons un autre genre d'armes nucl&#233;aires : nos id&#233;es. Oui, nous poss&#233;dons bel et bien des armes nucl&#233;aires : la grandeur de la justice pour laquelle nous nous battons. Oui, nous poss&#233;dons des armes nucl&#233;aires : nos armes morales qui sont invincibles. Voil&#224; pourquoi nous n'avons jamais eu l'id&#233;e de fabriquer d'autres armes, par exemple des armes biologiques. &#192; quoi bon ? Des armes, oui, pour combattre la mort, pour combattre le sida, pour combattre les maladies, pour combattre le cancer. Voil&#224; &#224; quoi nous consacrons nos ressources, m&#234;me si le bandit des grands chemins - je ne me rappelle m&#234;me plus comment s'appelait cet individu, Bordon, ou Bolton, un archimenteur, un super-impudent, qui est maintenant rien moins que repr&#233;sentant des USA aux Nations Unies ! - avait os&#233; inventer que le Centre de g&#233;nie g&#233;n&#233;tique de Cuba faisait des recherches pour mettre au point de armes biologiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Empire nous a aussi accus&#233; de collaborer avec l'Iran, de lui transf&#233;rer des techniques dans ce but, alors que ce que nous sommes en train de b&#226;tir entre les deux pays, c'est une usine de produits contre le cancer. Et il veut aussi l'interdire... Qu'ils aillent au diable, tous ces gens-l&#224;, ou l&#224; o&#249; ils veulent ! Comment peut-on &#234;tre aussi cr&#233;tins ! Comme s'ils allaient nous faire peur ! /(Applaudissements.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment peut-on &#234;tre aussi menteurs, aussi impudents ! Jusqu'&#224; la CIA savait que c'&#233;tait un mensonge ce qui disait alors celui qui est maintenant le repr&#233;sentant de l'administration &#233;tasunienne aux Nations Unies, qui avait m&#234;me contraint un de ses subalternes &#224; d&#233;missionner parce que celui-ci avait dit que c'&#233;tait un mensonge, et des fonctionnaires du d&#233;partement d'Etat avaient aussi constat&#233; que c'&#233;tait faux, et cet individu &#233;tait fou furieux, pr&#234;t &#224; s'en prendre &#224; tous ceux qui disaient la v&#233;rit&#233;. Voyez donc un peu qui est le repr&#233;sentant de Bush devant la communaut&#233; des nations, dont cent quatre-vingt-deux viennent de voter contre l'inf&#226;me blocus. Voil&#224; le monde o&#249; ces gens-l&#224; pr&#233;tendent r&#233;gner en ma&#238;tre par la force et par leurs mensonges et par leur monopole quasi total des m&#233;dias. Voyez un peu quel genre de batailles se livre aujourd'hui. Et Bush a nomm&#233; cet individu contre la volont&#233; du Congr&#232;s, bien que le monde entier sache qu'il s'agit d'un insolent et d'un menteur r&#233;pugnant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gentleman qui gouverne les Etats-Unis, on lui d&#233;couvre tous les jours quelque chose de nouveau, un nouveau truc, un nouveau crime, une nouvelle sc&#233;l&#233;ratesse, de lui ou des membres de son administration, et ils tombent un par un comme des pommes pourris, pourrait-on dire, en faisant un peu de bruit. Il ne reste plus grand-chose sur le pommier, mais ils continuent de faire des insanit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous parlais de prisons secr&#232;tes dans plusieurs pays o&#249; l'on envoie les prisonniers sous pr&#233;texte de la guerre contre le terrorisme. Plus seulement &#224; Abou Ghraib, plus seulement &#224; Guant&#225;namo. On d&#233;couvre maintenant partout dans le monde des prisons secr&#232;tes o&#249; les d&#233;fenseurs des droits de l'homme torturent : ce sont les m&#234;mes qu'on retrouve &#224; Gen&#232;ve votant &#224; la queue leu leu, comme des moutons, contre Cuba, le pays qui ne conna&#238;t pas la torture, ce qui est tout &#224; l'honneur et &#224; la gloire de cette g&#233;n&#233;ration, &#224; l'honneur et &#224; la gloire de cette R&#233;volution, &#224; l'honneur et &#224; la gloire d'un pays qui se bat pour la justice, pour l'ind&#233;pendance, pour la dignit&#233; humaine, et qui doit pr&#233;server sans tache sa puret&#233; et sa dignit&#233; ! /(Applaudissements.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. On a appris ce matin que l'empire avait utilis&#233; du phosphore blanc sur Falloudjah, quand il a constat&#233; qu'il ne parvenait pas &#224; vaincre un peuple pratiquement d&#233;sarm&#233;, au point que les envahisseurs ne pouvaient ni partir ni rester : s'ils partaient, les combattants rebelles revenaient ; s'ils restaient, ils ne pouvaient envoyer ces troupes ailleurs o&#249; ils en avaient besoin. Plus de deux mille jeunes soldats &#233;tatsuniens sont d&#233;j&#224; morts, et certains se demandent : jusqu'&#224; quand continueront-ils de mourir dans une guerre injuste, justifi&#233;e, qui plus est, par de grossiers mensonges ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car n'allez pas croire que l'Empire dispose de r&#233;serves de soldats abondantes, car toujours moins d'Etasuniens s'enr&#244;lent. Il a donc d&#251; transformer l'enr&#244;lement en une source d'emploi, engager des ch&#244;meurs, et il tente bien souvent d'engager le plus grand nombre possible de Afro-am&#233;ricains dans ses guerres injustes. Mais on finit par apprendre que toujours moins de Noirs sont dispos&#233;s &#224; s'engager dans l'arm&#233;e, malgr&#233; le ch&#244;mage et la marginalisation dont ils sont victimes, parce qu'ils sont conscients qu'on les utilise comme de la chair &#224; canon. Apr&#232;s avoir cri&#233; &#171; sauve qui peut &#187;, le gouvernement a abandonn&#233; dans les ghettos de Louisiane des milliers de citoyens qui ont perdu la vie en se noyant ou dans les foyers de vieux ou dans les h&#244;pitaux, au point que certains ont m&#234;me &#233;t&#233; victimes d'euthanasie de la part du personnel m&#233;dical qui craignait de les voir mourir noy&#233;s. Ce sont des histoires vraies sur lesquelles il faudrait m&#233;diter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Empire a besoin de Latinos, d'&#233;migrants, et ceux-ci, pour tenter d'&#233;chapper &#224; la faim, franchissent la fronti&#232;re mexicaine. Plus de cinq cents meurent chaque ann&#233;e en tentant de franchir la fronti&#232;re, autrement dit bien plus en douze mois que ceux qui sont morts en vingt-huit ans au fameux mur de Berlin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Empire parlait tous les jours du mur de Berlin. Mais pas un mot de celui qui se dresse entre le Mexique et les USA, o&#249; plus de cinq cents personnes meurent tous les ans en tentant de le franchir pour &#233;chapper &#224; la pauvret&#233; et au sous-d&#233;veloppement. Voil&#224; le monde o&#249; nous vivons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du phosphore blanc sur Falloudjah ! En secret. Voil&#224; l'Empire ! Quand &#231;'a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;, l'administration Bush a r&#233;pondu que le phosphore blanc &#233;tait une arme normale. Si elle &#233;tait normale, pourquoi n'en a-t-elle rien dit ? Or, cette arme est interdite par les conventions internationales. Le napalm est interdit, et le phosphore blanc encore plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On re&#231;oit tous les jours des nouvelles de ce genre, et toutes ces choses-l&#224; ont &#224; voir avec la vie, ont &#224; voir avec ce monde-ci. Voyez un peu quelle diff&#233;rence &#233;norme avec l'&#233;poque o&#249; je suis entr&#233; &#224; l'universit&#233;, plein d'id&#233;aux, plein de r&#234;ves, plein de bonne volont&#233;, m&#234;me si celle-ci n'&#233;tait pas nourrie d'une id&#233;ologie profonde et des id&#233;es que j'ai acquises au fil des ans. Voil&#224; comment les jeunes gens entraient dans cette universit&#233; qui n'&#233;tait pas, soit dit en passant, l'universit&#233; des humbles : c'&#233;tait l'universit&#233; des classes moyennes, l'universit&#233; des riches, m&#234;me si les jeunes &#233;taient g&#233;n&#233;ralement au-dessus des id&#233;es de leur classe et si beaucoup d'entre eux &#233;taient capables de se battre, de la m&#234;me mani&#232;re qu'ils se sont battus tout au long de l'histoire de Cuba.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les huit &#233;l&#232;ves de m&#233;decine fusill&#233;s en 1871 ont &#233;t&#233; les fondements des plus nobles sentiments et de l'esprit de r&#233;bellion de notre peuple, justement indign&#233; par cette injustice colossale. Ou alors les Neuf dont nous comm&#233;morons la mort aujourd'hui, assassin&#233;s par les nazis &#224; Prague, le 17 novembre 1939, pendant la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;l&#232;ves de m&#233;decine ont toujours fait partie de l'histoire de notre jeunesse, et ils ont toujours lutt&#233; contre les gouvernements.tyranniques et corrompus. Mella &#233;tait issu lui aussi des couches moyennes, ce qui est logique parce que ceux des classes les plus pauvres, les fils de paysans, les fils d'ouvriers ne savaient ni lire ni &#233;crire. Comment auraient-il pu entrer &#224; l'universit&#233;, comment auraient-ils pu entrer au lyc&#233;e ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est parce que j'&#233;tais fils de propri&#233;taire foncier que j'ai pu conclure les &#233;tudes primaires et entrer ensuite au coll&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous n'aviez pas le bac, vous ne pouviez pas entrer &#224; l'universit&#233;. Si vous &#233;tiez fils de paysan, fils d'ouvrier, si vous viviez dans une sucrerie ou dans n'importe laquelle des nombreuses communes autres que Santiago ou Holgu&#237;n ou peut-&#234;tre Manzanillo et deux ou trois autres, vous ne pouviez m&#234;me pas &#234;tre bachelier. M&#234;me pas bachelier ! Encore moins dipl&#244;m&#233; universitaire, parce que pour &#231;a il vous fallait venir &#224; La Havane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'ai pu venir &#224; La Havane, c'est parce que mon p&#232;re disposait de ressources. Une fois bachelier, c'est le hasard qui m'a amen&#233; &#224; La Havane. &#201;tais-je donc meilleur que n'importe lequel de ces centaines de jeunes gar&#231;ons, dont presque aucun n'a pu conclure le primaire et aucun n'a pass&#233; le bac, et aucun n'est entr&#233; &#224; l'universit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parl&#233; de mon cas &#224; moi, comme celui de bien d'autres. J'ai mentionn&#233; Mella, mais je pourrais mentionner Guiteras, je pourrais mentionner Trejo qui est mort au cours d'une des manifs contre Machado, un 30 septembre, je pourrais mentionner des noms comme ceux que vous avez signal&#233;s au d&#233;but de la c&#233;r&#233;monie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant la R&#233;volution, il y a toujours eu des &#233;tudiants nobles, pr&#234;ts &#224; se sacrifier, pr&#234;ts &#224; donner leur vie dans la lutte contre la tyrannie de Batista. Quand celle-ci s'est de nouveau implant&#233;e dans toute sa rigueur, de nombreux &#233;tudiants se sont battus et de nombreux &#233;tudiants sont morts. Je me rappelle ce jeune homme de C&#225;rdenas, Manzanita, comme on l'appelait, toujours souriant, toujours jovial, toujours affectueux avec les autres, qui se distinguait par son courage, par sa fermet&#233; quand il descendait le grand escalier de l'universit&#233;, quand il faisait face aux canons &#224; eau de la police, quand il se heurtait &#224; la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous visitez la maison de Jos&#233; Antonio Echevver&#237;a, vous pouvez constater que c'est une excellente maison. Ce qui veut dire que les &#233;tudiants d&#233;passaient tr&#232;s souvent leur origine sociale, leur origine de classe, parce que c'est un &#226;ge o&#249; l'on a beaucoup d'espoir, beaucoup de r&#234;ves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute fa&#231;on, cette universit&#233; ne comptait qu'une seule facult&#233; de m&#233;decine, un seul CHU, et beaucoup d&#233;crochaient des prix de m&#233;decine, voire de chirurgie, sans avoir jamais fait un seule op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains y parvenaient, se remuaient, nouaient des relations avec tel ou tel professeur qui les aidait, leur faisait faire quelques stages, les amenait &#224; un h&#244;pital. C'est ainsi que de bons m&#233;decins sont apparus. Pas un tas de bons m&#233;decins, non, n'allez pas croire. Il y en avait un tas en revanche d&#233;sireux d'aller aux USA, ou alors parce qu'ils &#233;taient au ch&#244;mage. Au triomphe de la R&#233;volution, beaucoup sont de fait partis aux USA, et il n'en est rest&#233; que la moiti&#233; ; trois mille et le quart de professeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de l&#224; que notre pays a d&#251; partir pour devenir quasiment la capitale de la m&#233;decine mondiale. Notre peuple peut compter maintenant sur au moins quinze m&#233;decins, et bien mieux distribu&#233;s, pour chacun de ceux qui sont rest&#233;s dans le pays au d&#233;but de la R&#233;volution. Notre pays compte - j'ai demand&#233; le chiffre exact - vingt-cinq mille &#233;l&#232;ves de m&#233;decine - environ sept mille en premi&#232;re ann&#233;e, et non moins de sept mille entreront chaque ann&#233;e - et plus de soixante-dix mille m&#233;decins. Je ne parle pas des dizaines de milliers d'&#233;tudiants d'autres sciences m&#233;dicales, qui doit faire un total de quatre-vingt-dix mille quand vous ajoutez le personnel infirmier, ceux qui &#233;tudient la licence de soins infirmiers et d'autres disciplines en rapport avec la m&#233;decine. Et ce dans la masse &#233;norme d'&#233;tudiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je tenais &#224; signaler cette diff&#233;rence par rapport &#224; l'ann&#233;e o&#249; je suis entr&#233; &#224; l'universit&#233;. Qu'est-ce qu'&#233;tait notre pays alors ? Il faut se le demander et r&#233;fl&#233;chir sur ce qu'est notre pays aujourd'hui dans tous les domaines. Et je pourrais me poser la question au sujet d'un tas d'autres choses. Il n'y a pas de comparaison possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous parlais de Barber&#225;n et Collar qui ont disparu &#224; bord d'un petit avion plein de r&#233;servoir d'essence, parce que c'&#233;tait la seule chose qu'ils pouvaient... Ils ont d&#233;coll&#233;, ils sont partis presque comme nous l'avons fait, nous, depuis le Mexique en 1956 : si nous partons, nous arrivons ; si nous arrivons, nous entrons ; si nous entrons, nous triomphons. Il semblerait que d'autres aient fait auparavant une action aussi audacieuse que celle-l&#224; de traverser l'Atlantique : ils ont d&#233;coll&#233;, ils sont arriv&#233;s &#224; Cuba, ils ont d&#233;coll&#233; de nouveau, cette fois, ils sont arriv&#233;s sans vie au Mexique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je parlais d'un petit avion qui d&#233;collait, d'un petit avion qui semblait mu par la force d'une &#233;lastique... Vous n'avez jamais vu de ces petits avions que vous lancez en entortillant un &#233;lastique ? Eh bien, c'&#233;tait un peu pareil : vous le l&#226;chez, ils d&#233;collent, mais arrivent-ils ? Quand notre R&#233;volution a triomph&#233; sur ce continent, tout &#224; c&#244;t&#233; de l'Empire et cern&#233;e de satellites de l'Empire, sauf quelques rares exceptions, nous entreprenions un chemin tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es apr&#232;s mon entr&#233;e &#224; l'Universit&#233;. J'y suis entr&#233;e presque fin 1945 et j'ai lanc&#233; la lutte arm&#233;e &#224; la Moncada, le 26 juillet 1953, de fait, presque huit ans apr&#232;s. Et la R&#233;volution triomphe cinq ans, cinq mois et cinq jours apr&#232;s la Moncada, au terme d'un long trajet de prisons, d'exile, de lutte dans les montagnes. En comparaison des luttes ant&#233;rieures, si dures et si difficiles, de notre peuple, &#231;'a &#233;t&#233;, historiquement parlant, un d&#233;lai relativement bref, en deux &#233;tapes : mon entr&#233;e &#224; l'universit&#233;, ma sortie et le coup d'Etat de Batista du 10 mars 1952.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;tape du d&#233;but de la lutte, c'est le point dont il faut partir maintenant : nous tentions de d&#233;coller, nous ne connaissions m&#234;me pas bien les lois de la gravit&#233;, nous grimpions en luttant contre l'Empire, qui &#233;tait d&#233;j&#224; le plus puissant, mais face auquel il existait un autre superpuissance, comme nous l'appelions. Et c'est en grimpant, en escaladant, que nous avons pris de la bouteille, que notre peuple s'est fortifi&#233;, ainsi que notre R&#233;volution, pour en arriver o&#249; nous en sommes maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je souhaiterais avoir plus de temps pour parler. En tout cas, ce maintenant de maintenant est un maintenant sans pr&#233;c&#233;dent, c'est une heure tr&#232;s diff&#233;rente de toutes les autres ; elle ne ressemble en rien &#224; celle de 1945, elle ne ressemble en rien &#224; celle de 1950 quand j'ai conclu mes &#233;tudes universitaires, mais en possession cette fois-ci de toutes les id&#233;es dont j'ai parl&#233; un jour, affirmant avec amour, avec respect, avec une grande affection, que c'est dans cette universit&#233;-ci, o&#249; j'&#233;tais entr&#233; tout simplement dot&#233; d'un esprit rebelle, dot&#233; de quelques id&#233;es &#233;l&#233;mentaires de justice, que je me suis fait r&#233;volutionnaire, que je me suis fait marxiste-l&#233;niniste et que j'ai acquis les sentiments auxquels je n'ai jamais eu la tentation - et c'est un privil&#232;ge - de renoncer, tant s'en faut, tout au long de ces ann&#233;es. Et j'ose dire que je n'y renoncerai jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puisque j'ai pass&#233; aux aveux, je dirais qu'en sortant de cette universit&#233;, je me croyais tr&#232;s r&#233;volutionnaire, alors que je m'engageais tout simplement sur un autre chemin bien plus long. Mais si je me sentais r&#233;volutionnaire, si je me sentais socialiste, si j'avais acquis toutes les id&#233;es qui ont fait de moi - et il ne pouvait y avoir aucune autre - un r&#233;volutionnaire, je vous assure modestement que je me sens aujourd'hui dix fois, vingt fois, peut-&#234;tre m&#234;me cent fois plus r&#233;volutionnaire qu'&#224; l'&#233;poque /(applaudissements)/. Si j'&#233;tais alors dispos&#233; &#224; donner ma vie, je suis aujourd'hui mille fois plus dispos&#233; &#224; la donner qu'&#224; l'&#233;poque /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous pouvez donner votre vie pour une noble id&#233;e, pour un principe moral, pour un sentiment de dignit&#233; et d'honneur, m&#234;me sans &#234;tre r&#233;volutionnaire. Ainsi, des dizaines de millions d'hommes sont tomb&#233;s sur les champs de bataille de la premi&#232;re guerre mondiale et d'autres guerres, amoureux d'un symbole, d'un drapeau qu'ils trouvaient beau, d'un hymne qu'ils trouvaient beau, comme /La Marseillaise/ &#224; son &#233;poque r&#233;volutionnaire. Celle-ci est devenue ensuite l'hymne de l'empire colonial fran&#231;ais, et c'est au nom de cet empire colonial et du partage du monde que des millions de Fran&#231;ais sont morts en masse dans les tranch&#233;es de la premi&#232;re guerre mondiale. L'homme est capable de mourir. C'est en fait le seul &#224; &#234;tre conscient de donner sa vie volontairement. Il ne lutte pas par instinct, comme tant d'autres animaux que conduisent les lois de la nature. L'homme est une cr&#233;ature pleine, l'homme... L'homme et la femme, bien entendu. Quand je dis homme, il faut toujours plus dire : la femme. J'ai des raisons d'y croire, mais je ne sais si j'aurais le temps de les &#233;noncer. En tout cas, l'homme est le seul capable, consciemment, de passer par-dessus tous les instincts ; l'homme est un &#234;tre plein d'instincts, d'&#233;go&#239;smes ; il na&#238;t &#233;go&#239;ste, parce que la nature le lui impose ; la nature lui impose les instincts, et l'&#233;ducation lui impose les vertus ; la nature lui impose des choses &#224; travers les instincts, dont celui de la survie, qui peuvent le pousser &#224; l'infamie, alors que, d'un autre c&#244;t&#233;, la conscience peut le conduire aux plus grands actes d'h&#233;ro&#239;sme. Peu importe que nous soyons chacun de nous &#224; part, que nous soyons diff&#233;rents les uns des autres, mais nous ne faisons qu'un &#224; nous tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;tonnant que, malgr&#233; les diff&#233;rences entre eux, les &#234;tres humains puissent ne faire qu'un &#224; un moment donn&#233;, et ce, gr&#226;ce aux id&#233;es. Personne ici n'a suivi la R&#233;volution par culte envers quelqu'un ou par sympathie personnelle pour quelqu'un. Ce n'est que gr&#226;ce aux principes, gr&#226;ce aux id&#233;es, qu'un peuple devient capable de la m&#234;me volont&#233; de sacrifice que n'importe lequel de ceux qui tentent, avec loyaut&#233; et sinc&#233;rit&#233;, de le diriger et de le conduire vers un destin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre histoire est pleine d'homme de pens&#233;es, Mart&#237; par exemple, et bien d'autres patriotes &#233;minents ; l'histoire du monde en est pleine ; l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire est pleine de th&#233;oriciens, de grands th&#233;oriciens qui n'ont jamais renonc&#233; &#224; leurs principes. Ce sont les id&#233;es qui nous unissent, ce sont les id&#233;es qui font de nous un peuple combattant, ce sont les id&#233;es qui nous font, non seulement individuellement mais collectivement r&#233;volutionnaires. Et c'est quand la force de tous s'unit qu'un peuple ne peut plus &#234;tre vaincu, quand la quantit&#233; d'id&#233;es est bien sup&#233;rieure, quand la quantit&#233; d'id&#233;es et de valeurs que l'on d&#233;fend se multiplie qu'un peuple, alors, encore moins, peut &#234;tre vaincu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, quand je me rappelle les /compa&#241;eros/, et que je regard les jeunes qui ont des t&#226;ches importantes, et les autres, dont beaucoup ont &#233;t&#233; des dirigeants de cette universit&#233; et qui ont derri&#232;re eux de nombreuses ann&#233;es de lutte, certains plus de cinquante, certains autres plus de quarante, et toujours fid&#232;les au poste, certains &#233;tudiants, d'autres d'origine modeste, tels ceux que je vois devant moi, depuis ceux qui ont particip&#233; &#224; l'attaque de la Moncada et ceux qui sont venus &#224; bord du /Granma/, qui se sont battus dans la Sierra Maestra et qui ont particip&#233; &#224; tous les combats, que je vois devant moi, d&#233;fendant une cause, d&#233;fendant un drapeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vois par exemple notre cher Alarc&#243;n. On a parl&#233; ici, auparavant, de la bataille pour nos cinq h&#233;ros prisonniers, et Alarc&#243;n ne cesse de se battre inlassablement pour la justice en leur faveur. C'est une t&#226;che que la R&#233;volution lui a confi&#233;e, du fait de ses qualit&#233;s, de son talent, de son caract&#232;re de pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vois le /compa&#241;ero/ Machado, un vieux m&#233;decin - pas un m&#233;decin vieux &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; qui nous a accompagn&#233; dans les montagnes. Je vois Lazo, je vois Lage, je vois Balaguer, j'en vois beaucoup - je vois encore quelque chose /(rires)/ - je crois voir S&#225;ez, je crois voir le ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur, je crois voir G&#243;mez - oui, c'est lui, peut-&#234;tre un petit peu plus gros - et un peu plus loin je vois Abel, au nom biblique, qui vient de se distinguer beaucoup l&#224;-bas &#224; Mar del Plata, o&#249; s'est d&#233;roul&#233;e une bataille tr&#232;s glorieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez un peu combien de gens, voyez un peu combien de changements, voyez un peu quels objectifs nous poursuivons aujourd'hui... Mais voyez aussi combien de strat&#233;gies on con&#231;oit contre nous, qui nous ins&#232;rent dans la strat&#233;gie mondiale alors que nous sommes un pays minuscule, ici, &#224; cent cinquante kilom&#232;tres de l'Empire colossal, de l'Empire le plus puissant qui ait jamais exist&#233; dans l'Histoire et qui, quarante-six ans apr&#232;s, est de moins en moins capable de faire plier la nation cubaine, cette nation qu'il a offens&#233;e et humili&#233;e durant quelque temps /(applaudissements)/, cette nation dont il a &#233;t&#233; le ma&#238;tre et seigneur. Ma&#238;tre de tout : des terres, des mines, de centaines de milliers d'hectares des meilleures terres, des ports, des installations, du syst&#232;me &#233;lectrique, du transport, des banques, du commerce, etc. Et ces gens sont si cr&#233;tins qu'ils croient que nous les allons les supplier &#224; genoux de revenir ici : &#171; Venez nous sauver une fois de plus, &#244; sauveurs du monde ; venez, nous allons tous vous donner une fois de plus ! &#187; Et alors nous leur rendrions les universit&#233;s du pays, pour qu'ils y mettent cinq mille &#233;tudiants, et non un demi-million, parce qu'un demi-million, c'est trop pour leur mentalit&#233; &#224; eux, qui ont besoin de ch&#244;meurs et d'affam&#233;s pour que leur cochonnerie de capitalisme fonctionne &#224; base d'une arm&#233;e de r&#233;serve ; qu'ils viennent donc pour voir se reproduire les ch&#244;meurs, les analphab&#232;tes qui faisaient la queue pour couper la canne, sans que personne ne leur apporte m&#234;me une goutte d'eau, ni un quignon de pain, ni ne leur donne o&#249; dormir ni comment se d&#233;placer. Et nous pourrions leur dire : &#171; Cherchez-les donc, pour voir si vous les trouvez, parce qu'ici, ce sont maintenant leurs enfants qui &#233;tudient par centaines de milliers &#224; l'universit&#233; ! &#187; /(Applaudissements.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je l'ai vu, personne ne me l'a racont&#233; ; je l'ai vu voil&#224; &#224; peine quarante-huit heures au palais des Congr&#232;s. D'abord, dans un groupe de quelques centaines avec leur t-shirt bleus ; je l'ai vu dans ces jeunes gens qui ont conclu leurs &#233;tudes de travailleurs sociaux et qui sont tous aujourd'hui - tous sans exception ! - des &#233;tudiants, au terme d'une ann&#233;e d'&#233;tudes intenses pour devenir des travailleurs sociaux, au terme de plusieurs ann&#233;es d'&#233;tudes. Au d&#233;but, ils &#233;taient cinq cents ; aujourd'hui ils sont vingt-huit mille !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est Agramonte, je crois - d'autres parlent de C&#233;spedes - qui, r&#233;pondant aux pessimistes, alors qu'il n'avait que douze hommes avec lui, s'est exclam&#233; : &#171; Peu importent ceux qui n'ont pas confiance - ce n'est pas la phrase exacte, je ne m'en souviens plus exactement - avec douze hommes, on fait un peuple. &#187; Alors, si avec douze hommes, on fait un peuple, combien de fois sommes-nous douze hommes ! Et douze hommes, multipli&#233;s par allez savoir combien de fois, arm&#233;s d'id&#233;es, de connaissances, de culture, qui savent comment va notre monde, qui s'y connaissent en histoire, en g&#233;ographie, qui s'y connaissent en luttes, parce qu'ils poss&#232;dent ce qu'on appelle une conscience r&#233;volutionnaire, qui est la somme de bien des consciences, qui est la somme de la conscience humaniste, la somme d'une conscience de l'honneur, de la dignit&#233;, des meilleures valeurs que peut r&#233;colter un &#234;tre humain, qui est la fille de l'amour de la patrie et de l'amour du monde, qui n'oublie pas cette id&#233;e avanc&#233;e voil&#224; plus de cent ans : la patrie est l'humanit&#233;. La patrie est l'humanit&#233;, voil&#224; ce qu'il faut r&#233;p&#233;ter tous les jours, quand quelqu'un oublie ceux qui vivent en Ha&#239;ti, ou au Guatemala, ce pays frapp&#233; entre autres causes par la catastrophe naturelle, souffrant des douleurs in&#233;narrables, une pauvret&#233; in&#233;narrable, comme c'est g&#233;n&#233;ralement le cas dans la plus grande partie du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; tout ce que peut exhiber l'Empire inf&#226;me et son syst&#232;me r&#233;pugnant, fruit de l'histoire et de la longue marche de l'esp&#232;ce humaine vers une soci&#233;t&#233; de justice jamais conquise depuis des milliers d'ann&#233;es, autrement dit la tr&#232;s br&#232;ve histoire relativement connue de l'esp&#232;ce humaine. Et plus cet Empire s'&#233;loigne de cette soci&#233;t&#233; juste, et plus nous nous en rapprochons, nous, et plus nous prouvons que c'est possible, ind&#233;pendamment des tas de d&#233;fauts que nous avons encore, ind&#233;pendamment d'erreurs, de fautes, au point que j'ose dire que c'est la soci&#233;t&#233; qui est la plus proche de ce qu'on pourrait appeler une soci&#233;t&#233; juste dans l'histoire de l'Humanit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;O&#249; est donc la justice que je ne la voie pas ? Je ne la vois pas parce qu'Untel gagne vingt fois, trente fois plus que moi, qui suis m&#233;decin, ou qui suis ing&#233;nieur, ou qui suis professeur universitaire. O&#249; est-elle donc ? Et pourquoi ? Que produit Untel ? Combien de personnes &#233;duque-t-il ? Combien de personne soigne-t-il ? Combien de personnes rend-il heureuses par ses connaissances, par ses livres, par son art ? Combien de personnes rend-il heureuses en leur b&#226;tissant une maison ? Combien de personnes rend-il heureuses en cultivant quelque chose pour qu'elles puissent s'alimenter ? Combien de personnes rend-il heureuses en travaillant dans une usine, dans une industrie, dans les syst&#232;mes &#233;lectriques, dans les syst&#232;mes d'eau potable, dans les rues, dans l'installation de c&#226;bles &#233;lectriques, ou en s'occupant des communications ou en imprimant des livres ? Combien de personnes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe, et il faut le dire, plusieurs dizaines de milliers de parasites qui ne produisent rien et gagnent autant que cet individu qui poss&#232;de une vieille bagnole et qui, en achetant et en volant de l'essence sur tout le trajet de La Havane &#224; Guant&#225;namo, conduit un de ces jeunes &#233;tudiants qui doit y aller alors que les transports sont tr&#232;s difficiles en lui faisant payer mille ou mille deux cents pesos, sur des routes pleines de trous &#224; bien des endroits et sans signalisation, parce que nous n'avons pas pu les terminer pour diff&#233;rentes raisons, &#224; cause de ressources non disponibles, ou d'incapacit&#233;s que nous n'avions pas d&#233;pass&#233;es, ou par manque de contr&#244;le de la part de ceux qui g&#232;rent ou dirigent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il faut tout &#224; fait en tenir compte et ne pas les oublier, parce que nous sommes devant une grande bataille que nous devons livrer, que nous avons commenc&#233; &#224; livrer, que nous allons livrer et que nous allons gagner. C'est le plus important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, nous en sommes conscients et toujours plus conscients, et c'est &#224; &#231;a que nous pensons avant tout : &#224; nos d&#233;fauts, &#224; nos erreurs, &#224; nos in&#233;galit&#233;s, &#224; nos injustices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et je n'oserais pas soulever cette question ici si je n'&#233;tais pas absolument convaincu, si je n'&#233;tais pas absolument s&#251;r que, sauf catastrophes mondiales, sauf guerres colossales, nous avan&#231;ons de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e vers leur r&#233;duction et leur liquidation afin d'en arriver &#224; ce que, &#233;coutez bien, chaque citoyen de ce pays, dont 10 ou 15 ou 20 p. 100 et plus &#233;taient autrefois ch&#244;meurs, chaque citoyen de ce pays dont un million &#233;tait autrefois analphab&#232;tes et dont 90 p. 100 &#233;taient analphab&#232;tes ou semi-analphab&#232;tes, vivra, essentiellement de son travail et de sa pension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne devons jamais oublier ceux qui, durant tant d'ann&#233;es, ont &#233;t&#233; notre classe ouvri&#232;re et travailleuse, qui ont v&#233;cu les d&#233;cennies de sacrifice, qui ont lutt&#233; contre les bandes mercenaires dans les montagnes, contre les invasions style Playa Gir&#243;n, contre les milliers de sabotages qui ont co&#251;t&#233; tant de vies &#224; nos travailleurs agricoles et sucriers, &#224; nos travailleurs industriels, ou commerciaux, ou ceux de la marine marchande ou de la p&#234;che qui se voyaient tout d'un coup attaqu&#233;s &#224; coups de bazooka ou de canon, uniquement parce qu'ils &#233;taient Cubains, parce que nous voulions notre ind&#233;pendance, uniquement parce que nous voulions am&#233;liorer le sort de notre peuple... Et les bandits qui faisaient des leurs, et les bandits recrut&#233;s et entra&#238;n&#233;s par la CIA, et les criminels, et les terroristes faisant exploser des avions en plein vol, ou s'effor&#231;ant de les faire exploser, peu importe les morts, et les bandits qui organisaient des attentats de toute sorte et des actes terroristes contre notre pays... Est-ce que l'Empire a chang&#233; par hasard ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et dites-moi, mister Bush, aimable chevalier qui, malgr&#233; tant de choses honteuses et connues, chevauchez et tentez de garder les r&#234;nes de cet Empire : quand allez-vous r&#233;pondre &#224; la question saine, &#224; la question toute simple que je vous ai d&#233;j&#224; pos&#233;e tant de fois ? Par o&#249; donc Posada Carriles est-il entr&#233; aux Etats-Unis ? Sur quel bateau, par quel port ? Lequel des princes h&#233;ritiers de la couronne l'a-t-il autoris&#233; ? Serait-ce le fr&#233;rot bedonnant de Floride ? Pardonnez-moi le truc de bedonnant, ce n'est pas une critique, mais une simple suggestion qu'il fasse des exercices et suive un r&#233;gime /(rires)/, c'est juste un souci pour la sant&#233; du noble chevalier...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui l'a accueilli ? Qui lui a donn&#233; l'autorisation ? Pourquoi celui qui l'y a conduit d'une fa&#231;on aussi impudique se balade-t-il tout tranquillement dans les rues de la Floride et de Miami ? Qu'est devenue la pr&#233;tendue acad&#233;mie &#233;cologique ? A quoi servait-elle : &#224; la navigation ou &#224; l'&#233;levage de poissons ? Qui &#233;tait donc ce sauvage qui a eu une conversation t&#233;l&#233;phonique avec un autre terroriste en possession de bo&#238;tes contenant du plastic et dont tout le monde a reconnu la voix, ce sauvage qui, quand l'autre lui a demand&#233; ce qu'il devait faire des bo&#238;tes de plastic, lui a r&#233;pondu : &#171; Va au Tropicana, lance-les par une fen&#234;tre et hop tout saute ! &#187; Qu'ils sont nobles, tous ces gens-l&#224;, qu'ils sont respectueux des lois, des normes internationales, des droits de l'homme ! Et ce petit effront&#233; de Bush n'a pas encore voulu r&#233;pondre, bouche cousue, et personne d'autre n'a encore r&#233;pondu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autorit&#233;s d'un pays fr&#232;re, le Mexique, n'ont pas eu non plus le temps - beaucoup de travail sans doute - de r&#233;pondre &#224; ma question : est-ce que &#231;a co&#251;te tant, mon bon monsieur, de dire que Posada Carriles, cette brebis na&#239;ve, cette brebis ing&#233;nue et innocente, est entr&#233; au Mexique sur le bateau en question, pare le port en question et de la fa&#231;on que Cuba a d&#233;nonc&#233;e ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez un peu le culot de ces gens-l&#224; : ils n'arr&#234;tent pas de mentir, mais &#224; peine vous leur posez une petite question na&#239;ve, une toute petite question toute simple, ils laissent passer les mois sans r&#233;pondre... les mois passaient et ils ne savaient pas cens&#233;ment o&#249; se trouvait &#171; Posadita &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette autre jeune femme si intelligente... comment s'appelle-t-elle, celle qui est secr&#233;taire d'Etat /(rires)/, Condoleezza ou Condoliza, allons, Comtesse Rice /(rires)/, ne sait rien non plus, elle ignore tout, et ses porte-parole, itou. En tout cas, ils n'ont dit aucun mensonge, ils n'ont pas commis le moindre p&#233;ch&#233; v&#233;niel, ils sont purs, ils m&#233;ritent les applaudissements et la confiance du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'ils torturent ? Mensonge. Qu'ils sont complices du terrorisme ? Mensonge. Qu'ils ont invent&#233; le terrorisme ? Mensonge. Qu'ils torturent un peu partout ? Mensonge. Qu'ils ont utilis&#233; du phosphore blanc &#224; Falloudjah ? Mensonge. Non, pardon, l&#224;, ils l'ont reconnu, mais ils disent que c'est tout &#224; fait l&#233;gal, tout &#224; fait l&#233;gitime et tout &#224; fait d&#233;cent de le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, ces menteurs, &#224; qui vont-ils faire peur ? Nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; et je m'en souvenais en voyant Abel et les autres compagnons - de la colossale bataille qui s'est livr&#233;e &#224; Mar del Plata, dans le stade et dans les installations o&#249; se sont r&#233;unis les Pr&#233;sidents, et je ne vais pas faire de commentaires l&#224;-dessus, mais notre peuple a eu l'occasion de voir, d'observer - je connais les &#233;tats d'opinion - cette bataille grandiose, l'une dans la rue et l'autre l&#224; o&#249; les chefs de gouvernement &#233;taient r&#233;unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On n'avait jamais vu une telle bataille dans l'histoire de ce continent, face au chevalier &#224; la triste figure... A la triste figure, non &#224; cause de ses id&#233;aux quichottesques, non, &#224; la triste figure parce qu'il fait des grimaces, des trucs bizarres, comme s'il s'ennuyait, c'est clair. Bien s&#251;r, on l'envoie au lit &#224; minuit, et apr&#232;s lui le d&#233;luge... Allez savoir si un jour les avions ne vont pas d&#233;coller des porte-avions et bombarder ces maudits bandits qui, parce qu'ils &#233;taient occup&#233;s, ont troubl&#233; le sommeil du cavalier qui tient les r&#234;nes de l'Empire, parce que, tandis qu'il dort, le cheval risque de suivre la route qu'il lui pla&#238;t... Au fond, il se peut tr&#232;s bien que le cheval conduise mieux les destin&#233;es de l'Empire que le cavalier qui doit se coucher t&#244;t /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est vraiment dommage que la nuit ne dure pas plus longtemps, parce qu'au moins, le monde vivrait mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons vu bien des choses qu'il ne faut pas oublier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains se demandent si Cuba a pris la parole ou non, si Cuba a pris parti ou non. Je vous en avertis, parce que certains trament des intrigues ridicules &#224; ce sujet. Cuba prend la parole quand elle doit la prendre et Cuba a des tas de choses &#224; dire, mais elle est ni press&#233;e ni impatiente. Elle sait tr&#232;s bien quand, o&#249; et comment il faut frapper l'Empire, son syst&#232;me et ses laquais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains, semble-t-il, croient ou feignent de croire qu'il n'y avait pas un seul Cubain &#224; Mar del Plata, qu'il n'y avait pas toute une force r&#233;volutionnaire cubaine de toute premi&#232;re classe dans cette marche glorieuse de dizaines de milliers de citoyens du monde, essentiellement argentins, que l'empereur a offens&#233;s en garant ses porte-avions devant leurs c&#244;tes, en amenant toute une arm&#233;e, en louant tous les h&#244;tels et en employant des milliers d'agents de police. Personne n'avait l'intention de le molester... S'il avait peur que quelqu'un lui lance des &#339;ufs pourris, il se trompait : il ne m&#233;rit&#233; pas un tel honneur/ (rises)/, en aucun cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les citoyens argentins si civilis&#233;s et les citoyens toujours plus experts et conscients de ce continent, o&#249; l'ordre en place est d'ores et d&#233;j&#224; insoutenable et incurable, savent ce qu'ils font. Ils ont dit que ce serait une manif pacifique, qu'ils ne lanceraient m&#234;me pas un p&#233;tale de rose, et le fait que tant de gens se soient mobilis&#233;s sous ce froid crachin, aient march&#233; durant des heures en direction du stade et y aient form&#233; une foule &#233;norme a donn&#233; une le&#231;on inoubliable &#224; l'Empire, parce qu'ils ont prouv&#233; que c'&#233;taient des personnes, que c'&#233;taient des peuples qui savent ce qu'ils font, et quiconque sait ce qu'il fait marche vers la victoire, est absolument s&#251;r. Et ceux qui ne savent pas ce qu'ils font sont &#233;cras&#233;s par les peuples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne voulons pas donner l'occasion &#224; l'Empire de monter son spectacle. Dans cette partie d'&#233;checs &#224; cinquante pi&#232;ces, nous verrons bien &#224; la fin quel est celui qui fera &#233;chec et mat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand je dis l'Empire, je ne parle pas du peuple &#233;tasunien, qu'on me comprenne bien. Le peuple &#233;tasunien pr&#233;servera de nombreuses valeurs morales, pr&#233;servera de nombreux principes qui ont &#233;t&#233; oubli&#233;s, s'adaptera au monde o&#249; nous vivons, &#224; supposer que ce monde puisse se sauver. Et ce monde doit se sauver. Et nous devons tous, et nous au premier rang, lutter pour que ce monde se sauve. Et sur ce point, nos meilleures armes, nos armes invincibles, ce sont les id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelqu'un parle de la Bataille d'id&#233;es. Oui, cette Bataille d'id&#233;es que nous livrons depuis quelques ann&#233;es est en train de se convertir en une bataille d'id&#233;es &#224; l'&#233;chelle mondiale. Et les id&#233;es triompheront, et doivent triompher. Transmettons ce message, ouvrons-lui les yeux, &#224; cette humanit&#233; vou&#233;e &#224; l'extinction. Oui, elle ne va pas &#234;tre &#233;ternelle, il est absolument probable que la lumi&#232;re du Soleil s'&#233;teindra un jour, il est presque s&#251;r qu'il n'y aura pas moyen de transporter la mati&#232;re vivante et solide &#224; une distance se trouvant &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re de cette plan&#232;te, et les lois physiques sont bien plus rigides, bien plus exactes que les lois historiques ou sociales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense de toute fa&#231;on que cette humanit&#233; et les grandes choses qu'elle est capable de cr&#233;er doivent &#234;tre pr&#233;serv&#233;es tant que faire se peut. Une humanit&#233; qui ne se pr&#233;occuperait pas de la pr&#233;servation de l'esp&#232;ce serait comme le jeune &#233;tudiant ou le cadre qui sait que sa vie est tout &#224; fait limit&#233;e &#224; un nombre d'ann&#233;es r&#233;duit et ne se pr&#233;occuperait que de sa propre vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai mentionn&#233; quelques noms de /compa&#241;eros/ pr&#233;sents ; certains ont plus d'ann&#233;es devant eux, d'autres moins, et aucun ne sait combien, et je ne pense jamais que l'un d'entre eux pense &#224; sa propre pr&#233;servation sans s'inqui&#233;ter du sort de ce peuple admirable et merveilleux, hier semence et aujourd'hui arbre aux racines profondes, hier plein de noblesse en puissance et aujourd'hui plein de noblesse r&#233;elle, hier plein de connaissances en r&#234;ve et aujourd'hui plein de connaissances r&#233;elles, quand il vient &#224; peine d'entrer dans cette gigantesque universit&#233; qu'est Cuba aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voyez comment sont apparus de nouveaux cadres, et des cadres jeunes. Vous avez par exemple Enrique, qui dirige cette arm&#233;e des 28 000 travailleurs sociaux, et plus de 7 000 en train de faire des &#233;tudes et de paufiner cette noble profession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes engag&#233;s, vous le savez, dans une bataille contre les vices, contre le d&#233;tournement de ressources, contre le vol, et cette force sur laquelle nous ne comptions pas avant la Bataille d'id&#233;es est con&#231;ue pour la livrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais vous dire quelque chose, pour voir si les travailleurs de la constructeur font appel &#224; leur amour propre : quand ils le veulent, ils sont h&#233;ro&#239;ques. Mais n'allez pas penser que le vol de mat&#233;riaux et de ressources date d'aujourd'hui ou de la P&#233;riode sp&#233;ciale. Celle-ci l'a aggrav&#233;, parce qu'elle a caus&#233; beaucoup d'in&#233;galit&#233; et a permis &#224; beaucoup de gens d'avoir beaucoup d'argent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me rappelle que nous &#233;tions en train de b&#226;tir &#224; Bejucal un centre tr&#232;s important de biotechnologie. Tout pr&#232;s, il y avait un cimeti&#232;re. Et un jour, j'y suis all&#233; : il y existait un march&#233; colossal o&#249; les chefs et un grand nombre de b&#226;tisseurs vendaient les produits, du ciment, des barres, du bois, de la peinture, tout ce qui sert &#224; la construction !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous savez que le probl&#232;me de la construction a toujours &#233;t&#233; s&#233;rieux, et encore aujourd'hui. Nous avons des ressources ; parfois on a manqu&#233; de mat&#233;riaux, et nous avons maintenant la possibilit&#233; d'avoir toujours plus de ressources pour le b&#226;timent, mais quelle trag&#233;die que les b&#226;tisseurs, quelle faiblesse de la part des chefs de brigade, de la part de ceux qui doivent diriger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce n'est pas nouveau. &#192; l'&#233;poque dont je vous parle, il fallait huit cents kilos de ciment pour produire une tonne de b&#233;ton, de bon b&#233;ton, de celui qu'on utilise pour les planchers ou les colonnes, avant l'&#233;poque de la construction des forteresses du Morro et de la Caba&#241;a qui durent bien plus que bien des choses que fabrique aujourd'hui le monde moderne. Or, en fait, il en faut seulement deux cents kg. Voyez un peu comment on gaspillait, comment on d&#233;tournait des ressources, comment on volait !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette bataille contre les vices, il n'y aura de tr&#234;ve contre personne, et chaque chose sera appel&#233;e par son nom, et nous ferons appel au sens de l'honneur de chaque secteur. Car nous sommes certains qu'il existe une dose &#233;lev&#233;e d'honneur en chaque &#234;tre humain. Quand on est seul devant soi, on n'est g&#233;n&#233;ralement pas un juge s&#233;v&#232;re, bien que, de mon point de vue, le premier devoir d'un r&#233;volutionnaire soit d'&#234;tre extr&#234;mement s&#233;v&#232;re contre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On parle de critique et d'autocritique, d'accord, mais nos critiques sont g&#233;n&#233;ralement dans le cadre d'un petit groupe, nous ne recourons jamais &#224; une critique plus large, &#224; une critique dans un th&#233;&#226;tre par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si un fonctionnaire de la sant&#233; publique, par exemple, a falsifi&#233; un chiffre au sujet de l'existence du moustique /Aedes aegypti/, on le convoque, on le critique tout simplement. J'en connais certains qui disent : &#171; Oui, je fais mon autocritique &#187;, et ne changent absolument rien &#224; leur conduite, comme si de rien n'&#233;tait. Tu fais ton autocritique, c'est juste, mais tout le mal que tu as fait et les millions qui se sont perdus &#224; cause de ta n&#233;gligence ou de ta mani&#232;re de faire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique et l'autocritique, c'est tout &#224; fait correct, parce que &#231;a n'existait pas auparavant, mais si nous allons mener une bataille, alors il faut utiliser des projectiles de plus gros calibre, il faut faire la critique et l'autocritique dans la salle de classe, dans la cellule du parti et ensuite hors de la cellule, et apr&#232;s dans la commune et apr&#232;s dans le pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faisons jouer ce sens de l'honneur que les hommes poss&#232;dent sans aucun doute, parce que je connais bien des hommes, de ceux que nous qualifions de &#171; sans honneur &#187; qui, lorsque le journal local publie la nouvelle de ce qu'ils ont fait, retrouvent leur honneur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le voleur trompe, ou celui qui m&#233;rite une critique pour sa faute trompe, c'est aussi un menteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La R&#233;volution doit utiliser ces armes, et elle va les utiliser si besoin &#233;tait, m&#234;me si &#231;a ne devrait pas &#234;tre n&#233;cessaire. La R&#233;volution va &#233;tablir les contr&#244;les qui seront n&#233;cessaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de gens &#233;taient aux anges. C'&#233;tait le cas, par exemple, de ceux qui distribuaient clandestinement de l'essence aux taxis priv&#233;s ou qui recevaient de l'argent des nouveaux riches qui ne voulaient m&#234;me pas payer l'essence qu'ils consommaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous savez bien que ce que je vous dis est r&#233;el. Le d&#233;sordre &#233;tait g&#233;n&#233;ral, pas seulement dans ce domaine, non. Mais dans ce domaine, en tout cas, on peut chiffrer les pertes &#224; plusieurs dizaines de millions de dollars, peut-&#234;tre quatre-vingt millions - et quatre-vingt millions, c'est un tas de millions ! - ou peut-&#234;tre m&#234;me cent soixante, ou deux cent millions. Vous savez ce que sont deux cent millions de dollars ? Vous avez &#233;tudi&#233; les maths. Mais vous avez entendu parler des universit&#233;s du pays, n'est-ce pas ? Oui ou non ? Vous &#234;tes des dirigeants universitaires, et tous les &#233;tudiants sont inscrits dans une cat&#233;gorie ou un autre : des cours r&#233;guliers de jour, des cours du soir, des &#233;tudiants pour ci, des &#233;tudiants pour &#231;a. Et vous savez combien il y a d'&#233;tudiants dans notre pays ? Si vous ne le savez pas, je vous le dis, parce que je suis entr&#233; ici, j'ai demand&#233; le chiffre, et on m'a dit 360 000 &#233;tudiants, comme cons&#233;quence de l'universalisation de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vecino Allegret doit s&#251;rement le savoir. Ne vous f&#226;chez pas, Vecino, si je vous le demande, et si vous ne le savez pas, eh bien ce n'est pas grave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien y a-t-il d'&#233;tudiants des cours r&#233;guliers de jour dans tout le pays, y compris les &#233;coles militaires ? Si Vecino ne le sait pas, quelqu'un doit le savoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(On lui dit : 230 000.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enrique, &#231;a co&#239;ncide avec tes chiffres ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(Enrique explique comment les &#233;tudiants sont compos&#233;s.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, 500 000, mais il faut continuer d'ajouter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont les chiffres de l'universalisation, tous ceux des cours r&#233;guliers de jour, ces deux chiffres donnent un total de 500 000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il existe d'autres cat&#233;gories, je les ai ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(Enrique pr&#233;cise qu'on a inclus les professeurs auxiliaires, soit 75 000, et les 25 000 professeurs universitaires, soit un total proche de cent mille.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai ici les chiffres par cat&#233;gorie. &#171; 141 0oo &#233;tudiants des cours r&#233;guliers de jour. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes d'accord l&#224;-dessus ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; 141 000 &#233;tudiants des cours de travailleurs. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont les m&#234;mes ? Ils sont inclus dans les 360 000 du programme d'universalisation ? Oui ou non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(Enrique explique que c'est ind&#233;pendant, qu'il y a les cours r&#233;guliers de jour, les cours de travailleurs et l'universalisation.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des cours r&#233;guliers de jour, dis-tu ? /(On lui pr&#233;cise que c'est le chiffre actuel.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe des cours de travailleurs qui sont d&#233;j&#224; &#224; l'universit&#233;. Quand ils entrent en l'universit&#233;, je suppose qu'ils entrent dans le concept des 360 000. Il y a 32 000 &#233;tudiants par t&#233;l&#233;-enseignement, ceux-l&#224;, dans quelle cat&#233;gorie sont-ils ? Dans celle des 360 000 ? Ils ne suivent pas les cours r&#233;guliers de jour, ils ne suivent pas les cours de travailleurs, et ils sont pourtant &#233;tudiants dans le cadre de cet enseignement &#224; distance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien, nous allons prendre les chiffres les plus bas, qui suffisent pour ce que je veux prouver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Actuellement il y a plus de 500 000 &#233;tudants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous savez aussi qu'il existe 958 coll&#232;ges universitaires. Ce n'est pas pour rien que vous, de la FEU, vous &#234;tes all&#233;s en province o&#249; l'on &#233;tudie quarante-cinq carri&#232;res universitaires qui augmentent tous les ans ; il existe 169 coll&#232;ges universitaires municipaux, rattach&#233;s au minist&#232;re de l'Enseignement sup&#233;rieur, 130 coll&#232;ges universitaires Alvaro Reynoso, dont 84 dans des sucreries et dont beaucoup apparaissent dans les chiffres pr&#233;c&#233;dents ; il existe 18 si&#232;ges dans les prisons, accueillant 594 &#233;tudiants de licences socio-culturelles, ce qui n'est pas beaucoup ; il existe 240 coll&#232;ges universitaires rattach&#233;s &#224; l'INDER, dont 19 dans des prisons avec 579 inscrits, et 200 qu ont conclu la premi&#232;re ann&#233;e. &#199;a aussi, c'est nouveau, ces coll&#232;ges universitaires dans des prisons. On compte aussi 169 coll&#232;ges universitaires de sant&#233; publique, 1 352 dans des polycliniques, des centres de sant&#233; et des banques du sang, o&#249; les &#233;tudes concernent des mati&#232;res ayant &#224; voir avec la sant&#233; publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe presque cent mille professeurs universitaires et auxiliaires, parce que beaucoup de ceux qui faisaient partie de l'administration des sucreries et ailleurs qui font classe &#224; titre de professeurs auxiliaires. La quantit&#233; de professeurs a donc augment&#233;. Ce qui fait un total, entre &#233;tudiants et professeurs, - je ne parle pas des autres travailleurs des universit&#233;s - d'environ 600 000 personnes, dont presque 90 000 faisaient partie de ceux qui ne travaillaient pas ni n'&#233;tudiaient, des jeunes, dont beaucoup sont issus de milieux modestes et qui ont d'excellents r&#233;sultats universitaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pose des questions ou je donne plus ou moins les chiffres que j'ai ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai demand&#233; presque jusqu'au dernier moment quel &#233;tait le budget des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur. Carlitos m'a donn&#233; un chiffre, de 830, je crois. Vecino doit le savoir, parce qu'il conna&#238;t tous ces chiffres. Tu te souviens du chiffre, Vecino ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(Vecino dit que l'an dernier, le budget a &#233;t&#233; de 230 millions de pesos.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ce serait un r&#234;ve. C'est un chiffre que quelqu'un doit conna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a, c'est le minist&#232;re des Finances. Celui-ci, c'est le chiffre de l'an 2004, mais je demande celui de cette ann&#233;e-ci, 2005. parce qu'il a d&#251; augmenter &#233;norm&#233;ment. Celui de l'an dernier est p&#233;rim&#233;, Vecino.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, &#231;a nous arrive &#224; tous pareil, Vecino. Et c'est une question vitale. Voil&#224; quelques jours, je me trouvais devant deux cents sp&#233;cialistes universitaires bien pr&#233;par&#233;s et je leur ai demand&#233; : &#171; Qui de vous sait &#224; combien se monte sa facture d'&#233;lectricit&#233; ? &#187; Combien, selon vous, m'ont r&#233;pondu ? Faites un calcul, selon la logique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce que tu en penses, toi, qui a pris la parole ici ? Vous &#234;tes tous intelligents, mais certains ont plus de facilit&#233; de parole que d'autres. &#192; ton avis, combien de ces deux cents sp&#233;cialistes universitaires ont r&#233;pondu &#224; ma question ? /(Il repond : cent.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'en penses-tu ? Et toi, tu sais combien tu consommes ? /(Il r&#233;pond qu'il a une id&#233;e.)/ Et combien est ton id&#233;e ? En pesos, en kilowatts ? /(Rires.)/ Non, attends, je vais te le dire, si tu me dis combien d'ampoules incandescentes tu as, de quelle marque est ton r&#233;frig&#233;rateur, quel t&#233;l&#233;viseur tu as, en blanc et noir ou en couleurs et de quelle ann&#233;e, quel ventilateur tu as, combien d'eau tu fais bouillir par jour, dans quoi tu la fais bouillir, avec du gaz de ville, du butane ou du p&#233;trole lampant... Non, non, je ne vais pas vous poser la question &#224; vous, tout ce que je vous ai demand&#233;, c'est me dire combien de ces universitaires &#224; votre avis savaient &#224; combien se montait leur facture d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toi qui ris, dis-moi un chiffre approchant, 50, 70, 120... /(Il lui r&#233;pond : le tiers.)/ Et toi ? /(Il lui r&#233;pond : moins de cent.)/ Tu dois essayer de te rappeler quelle est ta facture, de peur que je te le demande, mais je ne vais pas le faire /(rires)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Savez-vous combien de ces deux cents ont r&#233;pondu &#224; ma question ? Savez-vous combien ? Z&#233;ro &#224; l'infini. Vous avez &#233;tudi&#233; les maths, vous pouvez comprendre. Aucun, absolument aucun !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que tous nos compatriotes devraient r&#233;fl&#233;chir l&#224;-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis-je vous poser une question ? Pourquoi ce genre de chose arrive-t-il ? Allez, r&#233;fl&#233;chissez. Nous avons dit qu'il faut changer le monde, qu'il faut le sauver, que le monde vit une heure critique, s'approche d'une fin tragique, et je n'exag&#232;re pas pour vous impressionner. Vous &#234;tes plus jeunes que moi et &#231;a arrive. Je parle pour vous et pour vos enfants, et pour vos fr&#232;res, plus grands ou plus petits. C'est la premi&#232;re fois qu'on peut l'affirmer dans l'histoire br&#232;ve de l'homme, non dans l'histoire sauvage d'avant, quand il &#233;tait d&#233;j&#224; un homme et qu'il avait d&#233;velopp&#233; une capacit&#233; mentale, m&#234;me s'il ne vivait pas encore en soci&#233;t&#233;, ni n'avait mis au point une &#233;criture ni m&#234;me une technique rudimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi ? Vous &#234;tes oblig&#233;s de penser. Quels dirigeants universitaires &#234;tes-vous donc ? Carlitos, d'o&#249; est donc sortie cette troupe qui n'est pas capable d'avoir une id&#233;e des raisons pour lesquelles deux cents sp&#233;cialistes universitaires ne peuvent r&#233;pondre &#224; une question relative &#224; leur facture d'&#233;lectricit&#233; ? Combien de temps voulez-vous pour r&#233;fl&#233;chir ? Une minute vous suffit ? /(L'un d'eux explique que c'est parce que la famille cubaine peut payer, que c'est diff&#233;rent d'autres endroits o&#249; elle doit &#234;tre au courant de cette situation.)/ Et toi, que penses-tu ? /(Il dit/ /que c'est parce qu'aucun universitaire n'a &#224; aller chercher de quoi payer la facture d'&#233;lectricit&#233;.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et toi, qu'en dis-tu ? /(Il dit que &#231;a arrive parce que les tarifs sont d&#233;risoires.) /Et toi ? /(Il estime que la R&#233;volution subventionne le plus gros des d&#233;penses de la population et qu'&#233;conomiser ne doit &#234;tre une pr&#233;occupation.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais maintenant vous poser une autre question. Vous vous approchez de la raison exacte, du moins telle que je la vois, et pas seulement dans ce domaine. Certaines questions peuvent &#234;tre un peu plus compliqu&#233;es, mais il faut faire penser les gens et lancer un appel &#224; tous nos compatriotes honn&#234;tes et m&#234;me les malhonn&#234;tes, parce qu'il peut y en avoir un qui dise : &#171; Oui, c'est la v&#233;rit&#233;. &#187; De fait, l'&#233;lectricit&#233;, nous en faisons quasiment cadeau. Et je peux le d&#233;montrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut aussi poser d'autres questions. Combien gagnons-nous ? Et &#224; partir de cette question, on commencerait &#224; comprendre le r&#234;ve que chacun vive de son salaire ou de sa tr&#232;s juste pension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ajoutez-y un tout petit peu : quand vous pensez &#224; deux s&#339;urs dont l'une &#233;tait institutrice. Maintenant, elles sont ensemble, elles ont des probl&#232;mes, des difficult&#233;s. Elles avaient une pension de quatre-vingts pesos, parce qu'avant les salaires &#233;taient plus bas, et des p&#233;riodes sont arriv&#233;es. &#171; Je te paie pour un horaire anormal, je te paie parce que tu viens l'apr&#232;s-midi, je te paie plus parce que c'est la nuit, je te paie plus parce que tu as d&#251; venir un dimanche &#187;, mais rien de tout n'influait sur le salaire de base, &#231;a influait sur les revenus individuels, mais pas sur le salaire de l'instituteur, et les pensions &#233;taient fonction de lois dont certaines &#233;taient tr&#232;s vieilles. Nous devions donc commencer &#224; les liquider, et je peux vous assurer que nous avons pris conscience et que toute la vie est un apprentissage, jusqu'&#224; la derni&#232;re seconde, et bien des choses, vous commencez &#224; les voir en un moment. Et parmi les millions de question auxquelles vous pensez, vous vous distrayez, vous ne vous rendez pas compte d'un ph&#233;nom&#232;ne, &#224; savoir que presque toutes les augmentations de revenus, quand la P&#233;riode sp&#233;ciale est arriv&#233;e, se sont faites &#224; travers ces normes, et non par une hausse du salaire de base. Voil&#224; pourquoi nous n'avons absolument pas h&#233;sit&#233;, r&#233;cemment, &#224; &#233;lever la pension minimale du travailleur &#224; cent cinquante pesos. Et la femme gagnait quatre-vingts pesos ; la pension minimale &#233;tait de cinquante pesos dans une cat&#233;gorie, de cent quatre-vingt-dix dans une autre et de deux cent trente dans une autre. Alors, imaginez un peu cet instituteur, ou cette institutrice qui a travaill&#233; pendant quarante ans, avant que n'apparaisse le march&#233; agricole libre et que les interm&#233;diaires n'assaillent la R&#233;publique ! Oui, parce que tout le monde sait que le paysan ne va pas se rendre sur ce march&#233; pour y vendre un kilo et demi de riz. Le paysan n'est pas un commer&#231;ant, c'est un producteur. Et alors quelqu'un poss&#232;de un camionnette, qu'il a vol&#233;e ou qu'il a achet&#233;e, ou parce qu'il a vol&#233; et qu'il y a install&#233; un moteur... Des tas de choses comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ce n'est pas dire du mal de la R&#233;volution. Au contraire, c'est en dire du bien, parce qu'elle peut justement parler de tout &#231;a et qu'elle peut attraper le taureau par les cornes mieux qu'un torero de Madrid. Il y a en un qui brandit une &#233;toffe rouge, et puis un autre arrive qui ferme les yeux, et qui lui plante des banderilles, ce qui rend le taureau furieux, mais il lui faut attraper le taureau par les cornes pour recevoir la r&#233;compense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne suis pas un aficionado, bien que j'aie lu Hemingway, mais j'allais de temps &#224; autre &#224; la corrida &#224; Mexico. Et le beau torero recevait la queue, l'oreille. Celui qui le faisait parfaitement avait droit aux deux oreilles. La f&#234;te romaine du taureau. Mais je ne veux pas me m&#234;ler de &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me rappelle qu'au d&#233;but de la R&#233;volution, je ne sais qui d'entre nous s'est mis &#224; parler des corridas, parce que nous en avions vu &#224; Mexico et que &#231;a pouvait attirer le tourisme. Voyez un peu combien nous &#233;tions savants et nous nous croyions tr&#232;s r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous riez, et je m'en r&#233;jouis, parce que &#231;a me pousse &#224; vous raconter d'autres choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai tir&#233; une conclusion au bout de bien des ann&#233;es : parmi les nombreuses erreurs que nos avons tous commises, la plus grosse a &#233;t&#233; de croire que quelqu'un savait ce qu'&#233;tait le socialisme, ou comment on fait le socialisme. &#199;a semblait une science toute m&#226;ch&#233;e, autant que le syst&#232;me &#233;lectrique con&#231;u par certains qui s'estimaient des experts en la mati&#232;re. Quand ils vous disaient : &#171; C'est la formule &#187;, tout &#233;tait dit. Un peu comme devant le m&#233;decin. Vous n'allez pas discuter avec le m&#233;decin d'an&#233;mie, de probl&#232;mes intestinaux. On ne discute jamais devant le m&#233;decin. Vous pouvez croire qu'il est bon ou mauvais, vous pouvez l'&#233;couter ou non, mais en tout cas vous ne discutez pas. Qui de nous va discuter devant un m&#233;decin ou un math&#233;maticien ou un expert en histoire, en litt&#233;rature ou en n'importe quelle mati&#232;re ? En tout cas, nous sommes des idiots si nous croyons, par exemple, que l'&#233;conomie - et que les dizaines de milliers d'&#233;conomiste de notre pays me pardonnent - est une science exacte et &#233;ternelle, qu'elle remonte &#224; Adam et &#200;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous perdez tout votre sens de la dialectique si vous croyez que cette &#233;conomie d'aujourd'hui est la m&#234;me qu'il y a cinquante ans, ou cent ans ou cent cinquante ans, qu'elle est pareille qu'&#224; l'&#233;poque de L&#233;nine ou &#224; celle de Karl Marx. Je suis &#224; mille lieues d'&#234;tre un r&#233;visionniste, je rends un vrai culte &#224; Marx, &#224; Engels et &#224; L&#233;nine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai dit un jour : &#171; C'est dans cette universit&#233; que je suis devenu r&#233;volutionnaire. &#187; Et c'est justement parce que je suis entr&#233; en contact avec leurs ouvrages. De toute fa&#231;on, avant de les rencontrer, de moi-m&#234;me et sans jamais avoir lu un seul de ces livres, je mettais en cause l'&#233;conomie politique capitaliste, parce que, d&#232;s cette &#233;poque, elle me semblait irrationnelle. On &#233;tudiait l'&#233;conomie politique d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e, le cours de Portela, neuf cents pages ron&#233;ot&#233;es, extr&#234;mement ardu, au point que tout le monde ou presque collait. Ce prof &#233;tait une vraie terreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cours expliquait les lois du capitalisme, mentionnait les diff&#233;rentes th&#233;ories sur l'origine de la valeur, et mentionnait aussi les marxistes, les utopistes, les communistes. Bref, il passait en revue les diff&#233;rentes th&#233;ories &#233;conomiques. Et c'est en &#233;tudiant l'&#233;conomie politique du capitalisme que j'ai commenc&#233; &#224; avoir beaucoup de doutes, &#224; remettre en question ceci et cela, parce qu'en plus j'avais grandi au milieu de latifundios et que je me souvenais de certaines choses. J'avais des id&#233;es spontan&#233;es, comme tant d'utopistes dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s, j'ai d&#233;couvert que j'&#233;tais un communiste utopique, parce que toutes mes id&#233;es avaient pour point de d&#233;part : &#171; Ceci n'est pas bien, ceci est mauvais, ceci est insens&#233;... Comment les crises de surproduction peuvent-elles arriver, et la faim, quand il y a plus de charbon, plus de froid, plus de ch&#244;meurs, puisqu'il y a justement plus de capacit&#233;s de cr&#233;er des richesses. Ne serait-il pas plus simple de leur produire et de les distribuer ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il semblait &#224; cette &#233;poque, tout comme il semblait &#224; Karl Marx dans son /Programme de Gotha/, que les limites de l'abondance sociale reposaient dans le syst&#232;me social, qu'&#224; mesure que les forces productives se d&#233;veloppaient, les hommes pouvaient produire quasiment sans limites tout ce dont ils avaient besoins pour assouvir ses besoins essentiels de type mat&#233;riel, culturel, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez tous lu ce /Programme/ qui est assur&#233;ment tr&#232;s respectable : il &#233;tablissait clairement quelle &#233;tait la diff&#233;rence entre distribution socialiste et distribution communiste, m&#234;me si Marx n'aimait pas proph&#233;tiser l'avenir. L&#224;-dessus, il &#233;tait extr&#234;mement s&#233;rieux et il ne s'est jamais risqu&#233; &#224; &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand vous lisez des livres politiques comme /Le 18-Brumaire/ ou /Les luttes civiles en France/, vous vous rendez compte que vous &#234;tes devant un g&#233;nie, que ses interpr&#233;tations &#233;taient extr&#234;mement claires. Son /Manifeste communiste/ est un grand classique. Vous pouvez l'analyser, et vous pouvez &#234;tre plus ou moins d'accord avec telle ou telle chose, mais vous &#234;tes bien forc&#233;s de le reconna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis pass&#233; du communisme utopique &#224; un communisme qui se fondait sur des th&#233;ories s&#233;rieuses du d&#233;veloppement social comme le mat&#233;rialisme historique et, du point de vue philosophique, sur le mat&#233;rialisme dialectique. Beaucoup de philosophies, beaucoup de rivalit&#233;s et de disputes. Il faut toujours pr&#234;ter l'attention requise, bien entendu, aux diff&#233;rents courants philosophiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout strat&#232;ge et tacticien r&#233;volutionnaire doit concevoir une strat&#233;gie et une tactique qui conduise &#224; l'objectif clef : changer ce monde r&#233;el, parce qu'il faut le changer. Mais aucune tactique ou strat&#233;gie qui d&#233;sunisse n'est bonne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai eu le privil&#232;ge de conna&#238;tre certains th&#233;ologiens de la Lib&#233;ration au Chili, quand j'ai rendu visite &#224; Allende en 1971. J'y ai rencontr&#233; de nombreux pr&#234;tres et des repr&#233;sentants de diff&#233;rentes religions, et leur id&#233;e &#233;tait de joindre des forces et de lutter, ind&#233;pendamment de leur foi religieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le monde a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin d'unit&#233;, et si nous n'en obtenons pas un minimum, nous n'aboutirons nulle part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je disais hier au cours d'une r&#233;union avec le repr&#233;sentant du Saint-Si&#232;ge dans notre pays, pour le soixante-dixi&#232;me anniversaire des relations ininterrompues entre Cuba et le Vatican, qu'une des choses que j'appr&#233;ciais beaucoup de Jean-Paul II, c'&#233;tait son esprit &#339;cum&#233;nique. En effet, j'ai fait toutes mes &#233;tudes dans des &#233;coles religieuses chez les fr&#232;res des Ecoles chr&#233;tiennes et chez les j&#233;suites, et il fallait aller &#224; la messe tous les jours. Je ne critique pas celui qui veut y aller, mais je m'oppose en revanche &#224; ce qu'on vous oblige, comme moi, &#224; y aller tous les jours. J'ai donc convers&#233; hier avec les &#233;v&#234;ques de beaucoup de ces questions, d'une fa&#231;on respectueuse et dans un bon esprit. Au sujet de l'oecum&#233;nisme, donc, je me rappelle qu'&#224; mon &#233;poque, les diff&#233;rentes religions se livraient une lutte &#224; mort, la catholique contre la juda&#239;que, la protestante, la musulmane, etc. Elles ne se parlaient pas entre elles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des ann&#233;es plus tard, j'ai constat&#233; avec surprise qu'apr&#232;s le Concile Vatican II, les choses s'arrangeaient, qu'un esprit &#339;cum&#233;nique fortement influenc&#233; par ce concile affleurait et que chaque religion respectait mieux les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce sont de puissantes religions, le catholicisme, l'ensemble des autres Eglises chr&#233;tiennes, l'islam... J'observe des choses extr&#234;mement int&#233;ressantes que j'ignorais au sujet, par exemple, des cultures, des croyances et des coutumes religieuses tr&#232;s fortes des musulmans. Nos m&#233;decins sont &#224; pied d'&#339;uvre dans un pays musulman en train de sauver des vies, et on les traite avec beaucoup d'affection et de respect. Ce sont l&#224; des choses qui touchent. Oui, il existe plusieurs religions tr&#232;s fortes, dont certaines remontent &#224; deux mille ou trois mille ans, d'autres &#224; deux mille et d'autres encore &#224; des centaines d'ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un bon exemple, parce que, quelles que soient les id&#233;es morales ou les valeurs morales, les objectifs que poursuivent les religions, elles n'y arriveront jamais si elles luttent entre elles et se repoussent les unes les autres. Et il y a des dizaines d'&#183;Eglises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si je pense &#224; &#231;a, c'est qu'il y a pour moi une id&#233;e tr&#232;s claire : les valeurs morales sont essentielles ; sans valeurs morales, il n'y a pas de valeurs r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne sais pourquoi on a imput&#233; aux communistes cette philosophie selon laquelle la fin justifie les moyens, et je me demande m&#234;me pourquoi les communistes ne se sont pas plus d&#233;fendus contre cette accusation. Je me l'explique m&#234;me pour des raisons historiques, du fait de l'&#233;norme influence exerc&#233;e par le premier Etat socialiste et par la premi&#232;re v&#233;ritable r&#233;volution socialiste, la premi&#232;re de l'Histoire, surgie dans un pays f&#233;odal, aux us et coutumes en grande partie f&#233;odales, avec une population majoritairement analphab&#232;te. La premi&#232;re r&#233;volution prol&#233;tarienne surgie &#224; partir des id&#233;es de Marx et Engels, d&#233;velopp&#233;e par cet autre grand g&#233;nie que fut L&#233;nine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#233;nine a surtout &#233;tudi&#233; les questions de l'&#201;tat ; Marx n'avait pas parl&#233; de l'alliance ouvrier-paysan parce qu'il vivait dans un pays &#224; grand essor industriel. L&#233;nine, lui, a connu le monde sous-d&#233;velopp&#233;, a vu ce pays o&#249; de 80 &#224; 90 p. 100 des gens &#233;taient paysans, m&#234;me s'il y existait une puissante force ouvri&#232;re dans les chemins de fer et dans certaines industries ; et il a constat&#233; avec une clart&#233; absolue la n&#233;cessit&#233; de cette alliance entre les ouvriers et les paysans, ce dont personne n'avait encore parl&#233;. Tout le monde avait philosoph&#233;, mais personne n'en avait parl&#233;. Et c'est dans un immense pays semi-f&#233;odal, semi-sous-d&#233;velopp&#233; qu'&#233;clate la premi&#232;re r&#233;volution socialiste, la premi&#232;re tentative v&#233;ritable de cr&#233;er vraiment une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et juste, puisque aucune des pr&#233;c&#233;dentes - esclavagiste, f&#233;odale, m&#233;di&#233;vale ou antif&#233;odale, bourgeoise, capitaliste - m&#234;me si la soci&#233;t&#233; bourgeoise a beaucoup parl&#233; de libert&#233;, &#233;galit&#233; et fraternit&#233;, ne s'est jamais propos&#233; de fonder une soci&#233;t&#233; juste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier effort de l'homme tout au long de l'Histoire pour cr&#233;er une soci&#233;t&#233; juste date de moins de deux cents ans : c'est en 1850, je crois, que Marx et Engels ont &#233;crit le /Manifeste communiste/. Il manque donc encore quarante-cinq ans pour faire ces deux cents ans. Et la pens&#233;e r&#233;volutionnaire a continu&#233; d'&#233;voluer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne serait jamais arriv&#233; &#224; une strat&#233;gie en faisant preuve de dogmatisme. L&#233;nine nous a beaucoup appris &#224; cet &#233;gard. Marx nous a appris &#224; comprendre la soci&#233;t&#233; ; L&#233;nine nous a appris &#224; comprendre l'&#201;tat et son r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces facteurs historiques ont eu une puissante influence sur la pens&#233;e r&#233;volutionnaire, m&#234;me si on a constat&#233; ensuite des pratiques abusives et parfois r&#233;pugnantes. Ce sont elles qui ont nourri cette imputation calomnieuse selon laquelle, pour un communiste, la fin justifie les moyens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai beaucoup pens&#233; au r&#244;le de la morale. Quelle est la morale d'un r&#233;volutionnaire ? Toute pens&#233;e r&#233;volutionnaire d&#233;bute par un peu de morale, par un peu de valeurs. &#192; cet &#233;gard, les parents, les professeurs jouent un grand r&#244;le. Le r&#233;volutionnaire n'a pas ces id&#233;es infuses, pas plus qu'il ne na&#238;t en sachant d&#233;j&#224; parler. Quelqu'un doit le lui apprendre. L'influence de la famille est aussi tr&#232;s grande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand, dans le cadre de la Bataille d'id&#233;es, nous avons commenc&#233; &#224; faire toutes sortes d'&#233;tudes sociales et &#224; &#233;tudier les cas des jeunes de vingt &#224; trente ans en prison, nous avons &#233;valu&#233; leur origine, les niveaux culturels de leurs parents, pour nous rendre compte que ceux-ci avaient une influence d&#233;cisive et que la d&#233;linquance &#224; Cuba &#233;tait &#233;troitement associ&#233;e au niveau culturel et au statut social des parents. Ainsi, le taux d'enfants d&#233;linquants de professions lib&#233;rales, d'universitaires et d'intellectuels &#233;tait incroyablement bas. Tout comme &#233;tait incroyablement &#233;lev&#233; le taux de ceux provenant de familles modestes sans base culturelle. Un autre probl&#232;me influe aussi beaucoup : le divorce dans une famille modeste &#224; bas niveau culturel. Certains enfants ne restaient ni avec le p&#232;re ni avec la m&#232;re, mais avec une tante, une grand-m&#232;re ayant des probl&#232;mes de sant&#233; ou autres. Ceci exerce une influence notable sur la destin&#233;e de l'enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est alors que nous avons utilis&#233; ces brigades universitaires pour se rendre dans les quartiers les plus pauvres, et que nous avons d&#233;cid&#233; un jour de mobiliser sept mille &#233;tudiants auxquels j'ai remis ensuite un dipl&#244;me, un &#224; chacun... Je les ai sign&#233;s en avion en rentrant d'Afrique, je ne sais combien j'ai pass&#233; d'heures du trajet &#224; les signer tellement j'attachais d'importance &#224; leur travail. Je leur ai rendu visite en cours de travail... Si vous saviez combien nous avons appris ! Il fallait voir ce qu'il se passait dans la soci&#233;t&#233;. Nous croyons savoir beaucoup de choses, nous croyons savoir comment les gens vivaient, et nous ne le savions pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est alors que nous avons d&#233;couvert, par exemple, qu'une maman pouvait travailler, toucher un salaire et avoir aussi un enfant &#224; arri&#233;ration mentale s&#233;v&#232;re, devant &#234;tre alit&#233; et ayant besoin de soins continus, parce qu'il fallait tout lui faire. Quelqu'un de la famille restait avec lui, tandis que la maman travaillait. Un beau jour, ce quelqu'un partait ou mourait, et la pauvre femme se retrouvait &#224; devoir choisir entre le travail qui le faisait vivre et son enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est devant des faits de ce genre que nous avons pris la d&#233;cision que toute maman dans ces conditions devait pouvoir choisir, en fonction de son emploi, en fonction du besoin et de l'importance de son travail pour la soci&#233;t&#233;, soit de toucher un salaire pour s'occuper de son enfant, soit de recevoir de l'&#201;tat une allocation pour payer le salaire d'une personne qui s'en occuperait tout le temps qu'elle serait au travail. C'est l&#224; un exemple parmi bien d'autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les brigades &#233;tudiantes ont aussi contribu&#233; &#224; sauver des vies, par exemple des gens qui voulaient se suicider &#224; cause d'une maladie mentale ou d'une d&#233;pression. Comme nous avons d&#233;couvert de choses ! Il y avait, je ne sais, de vingt &#224; trente mille personnes de plus de soixante ans qui vivaient seules et dont beaucoup ne disposaient m&#234;me d'une sonnerie pour avertir quelqu'un si elles souffraient tout d'un coup d'une forte douleur de poitrine ou d'un autre probl&#232;me de ce genre. C'&#233;tait la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons analys&#233; les revenus que chaque citoyen touchait par la pension ou l'assistance sociale. Bien des chiffres n'apparaissaient sur aucune statistique, sur aucun recensement. Et nous sommes mis &#224; d&#233;couvrir, &#224; d&#233;couvrir, &#224; d&#233;couvrir... et &#224; faire des choses, &#224; g&#233;n&#233;rer des id&#233;es. C'est ainsi que nous avons fini par mettre en place plus d'une centaine de programmes sociaux, dont beaucoup sont en route depuis d&#233;j&#224; pas mal de temps. Nous n'avons pas claironn&#233; sur les toits ce que nous faisions. Oui, des jours glorieux que ceux o&#249;, partant essentiellement des cadres de l'Union des jeunes communistes et avec le soutien du parti et de toutes les institutions, la Bataille d'id&#233;es a commenc&#233; &#224; se d&#233;rouler autour du retour du petit Cubain kidnapp&#233; aux Etats-Unis !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous devrons &#234;tre reconnaissants toute la vie aux circonstances qui ont acc&#233;l&#233;r&#233; &#224; ce point notre connaissance de la soci&#233;t&#233; et notre apprentissage, car, si nous n'avions pas v&#233;cu cette exp&#233;rience, nous ne serions peut-&#234;tre pas en train de faire ce que nous faisons aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons ouvert le premier cours pour travailleurs sociaux. Il a fallu savoir quels &#233;taient les salaires minimums. Sachez que leur hausse a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e apr&#232;s une &#233;tude dans tout le pays. L'assistance sociale, elle, n'&#233;tait alors que le tiers de la prestation pay&#233;e maintenant, quand elle a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e &#224; cent vingt-neuf pesos en moyenne. Les pensions de retraite ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;es encore plus, puisque le minimum a pass&#233; &#224; cent cinquante pesos, celle de la seconde cat&#233;gorie &#224; cent quatre-vingt-dix et celle de la troisi&#232;me &#224; deux cent trente. Le salaire minimum a aussi &#233;t&#233; fortement &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je parlais donc de l'importance du facteur moral. Et je cherchais &#224; comprendre les raisons pour lesquelles on associait aux communistes l'id&#233;e que la fin justifie les moyens. Je pense que des &#233;v&#233;nements internationaux ont d&#251; influer. Des &#233;v&#233;nements bien difficiles &#224; accepter et j'en ai parl&#233; plusieurs fois : m&#234;me s'il est av&#233;r&#233; que les deux plus grandes puissances coloniales et imp&#233;rialistes de l'&#233;poque, l'Angleterre et la France, tentaient de lancer Hitler contre l'URSS, &#231;a ne peut justifier en aucun cas le pacte de Staline avec Hitler. Un pacte bien difficile &#224; avaler, si bien que les partis communistes, qui se caract&#233;risaient par leur discipline, ont &#233;t&#233; contraints de d&#233;fendre le pacte Molotov-Ribbentrop et &#224; se discr&#233;diter politiquement parlant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant ce pacte-l&#224;, la n&#233;cessit&#233; d'union dans la lutte antifasciste avait conduit les communistes cubains &#224; s'allier &#224; Batista, qui avait d&#233;j&#224; r&#233;prim&#233; la fameuse gr&#232;ve d'avril 1934 apr&#232;s son coup de main contre le gouvernement provisoire de 1933, un gouvernement incontestablement r&#233;volutionnaire issu en grande partie de la lutte h&#233;ro&#239;que du mouvement ouvrier et des communistes. Avant cette alliance antifasciste, Batista avait assassin&#233; on ne sait combien de gens, il avait vol&#233; on ne sait combien d'argent, mais l'ordre est venu de Moscou : organiser les fronts antifascistes. Autrement dit, pactiser avec le diable. Ici, les communistes ont pactis&#233; avec l'ABC, un parti fasciste, et avec Batista, un fasciste d'un autre genre, un criminel, un pillard des deniers publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont des &#233;v&#233;nements tr&#232;s difficiles &#224; comprendre. Et ils se sont succ&#233;d&#233;s. Et les partis communistes les plus disciplin&#233;s du monde - je le dis avec un respect sinc&#232;re - &#233;taient ceux d'Am&#233;rique latine, entre autres celui de Cuba dont j'ai toujours eu une id&#233;e tr&#232;s &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, nous pouvons parler de ces questions parce que nous marchons vers de nouvelles &#233;tapes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les militants du Parti communiste cubain &#233;taient les citoyens les plus disciplin&#233;s, les plus honn&#234;tes et les plus d&#233;vou&#233;s de ce pays ; les l&#233;gislateurs du parti lui reversaient une part de leurs &#233;moluments, c'&#233;taient les gens les plus honn&#234;tes de ce pays, ind&#233;pendamment de la ligne erron&#233;e que Staline avait impos&#233;e au mouvement international. Comment les en accuser ? Ils se retrouvaient devant le dilemme d'accepter quelque chose qui est de mon point de vue absolument correct : l'union de tous les communistes - &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187; - ou de rompre ouvertement, dans de telles circonstances, avec la discipline.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne suis pas de ceux qui se mettent &#224; critiquer des personnages historiques satanis&#233;s par la r&#233;action pour faire plaisir aux bourgeois et aux imp&#233;rialistes, mais je ne suis pas non plus assez idiot pour ne pas oser dire ce qu'il faut dire en un jour pareil. Nous devons avoir le courage de reconna&#238;tre nos erreurs, car ce n'est qu'ainsi qu'on peut atteindre l'objectif d&#233;sir&#233;. Eh bien, oui, on a vu s'imposer ce vice terrible de l'abus de pouvoir, de la cruaut&#233;, en particulier l'habitude d'imposer l'autorit&#233; d'un pays, d'un parti h&#233;g&#233;monique aux autres pays et aux autres partis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; maintenant plus de quarante ans que nous avons des relations avec le mouvement r&#233;volutionnaire latino-am&#233;ricain, des relations extr&#234;mement &#233;troites, et il ne nous est jamais venu &#224; l'id&#233;e de lui dire ce qu'il devait faire. D'autant que nous avons fini par d&#233;couvrir combien chaque mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;fend jalousement ses droits et ses pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me souviens de moments cruciaux, et je ne vais en &#233;voquer ici qu'une petite partie, quand l'URSS s'est effondr&#233;e et que bien de gens se sont retrouv&#233;s seuls, entre autres nous, les r&#233;volutionnaires cubains. Mais nous savions ce que nous devions faire, quels &#233;taient nos choix. Les autres mouvements r&#233;volutionnaires continuaient de se battre &#224; bien des endroits. Et certains - je ne vais pas dire lesquels, mais il s'agissait de mouvements tr&#232;s s&#233;rieux - nous ont demand&#233; s'ils devaient continuer de se battre ou s'ils devaient n&#233;gocier dans cette situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e avec leurs adversaires &#224; la recherche de la paix, alors que tout le monde savait o&#249; menait cette paix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je leur disais : &#171; Vous ne pouvez pas nous demander notre opinion, car c'est vous qui vous battez, c'est vous qui mourez, pas nous. Nous savons ce que nous ferons et nous sommes pr&#234;ts &#224; le faire, mais vous &#234;tes les seuls &#224; pouvoir en d&#233;cider. &#187; Nous avons fait preuve du plus grand respect envers les autres mouvements, nous n'avons jamais tent&#233;, profitant de notre exp&#233;rience et de nos connaissances et de l'immense respect qu'ils sentaient envers notre R&#233;volution, de leur imposer nos points de vue. &#192; un moment pareil, nous ne pouvions pense aux avantages ou aux inconv&#233;nients que les d&#233;cisions qu'ils prendraient auraient pour Cuba. &#171; D&#233;cidez vous-m&#234;mes &#187;, leur disions-nous. Et chacun a suivi sa ligne &#224; ces moments d&#233;cisifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes un petit pays des Cara&#239;bes, &#224; cent cinquante kilom&#232;tres de l'Empire et &#224; quelques pouces de sa base ill&#233;gale, nous sommes mille fois plus faible que ne l'&#233;tait l'URSS quand elle a sign&#233; son pacte avec Hitler, ou quand elle donnait des ordres aux dirigeants des partis communistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Allemagne vivait alors ce qu'on a appel&#233; la R&#233;publique de Weimar, n&#233;e apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale. La crise &#233;conomique incroyable qu'elle traversait, fruit du Pacte de Versailles impos&#233; par l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, avait renforc&#233; le mouvement r&#233;volutionnaire d'une part et les forces nationalistes r&#233;actionnaires de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hitler remporte les &#233;lections face &#224; des partis bourgeois lib&#233;raux et face &#224; des forces communistes combatives et r&#233;volutionnaires. De fait, le terrible ressentiment du peuple allemand &#224; cause des conditions l&#233;onines impos&#233;es par les vainqueurs a jou&#233; davantage dans cette situation. C'est ainsi qu'Hitler monte au pouvoir. Il avait &#233;crit noir sur blanc, dans un livre, qu'il avait besoin d'un espace vital en URSS au profit de la race allemande, et aux d&#233;pens des Russes qui &#233;taient, selon lui, une race inf&#233;rieure. Tout &#233;tait &#233;crit noir sur blanc. Et le mouvement communiste, de son c&#244;t&#233;, s'&#233;tait &#233;duqu&#233; dans des id&#233;es et des concepts tr&#232;s clairs contre le nazi-fascisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans notre pays o&#249; tant de r&#233;volutionnaires &#233;taient tomb&#233;s, alors que les communistes &#233;taient les plus conscients, les meilleurs militants, les gens les plus honn&#234;tes, le parti marxiste-l&#233;niniste avait pourtant &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; cette alliance avec Batista, qui avait tant r&#233;prim&#233; les &#233;tudiants et le peuple en g&#233;n&#233;ral. Les ouvriers, qui voyaient que les dirigeants communistes ne cessaient de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts, restaient fid&#232;les au parti, mais il existait en revanche, et &#224; juste titre, une tr&#232;s forte opposition &#224; Batista chez les jeunes et dans de vastes secteurs populaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que l'exp&#233;rience du premier &#201;tat socialiste - qu'il aurait fallu arranger, et non d&#233;truire - a &#233;t&#233; tr&#232;s am&#232;re. N'allez pas croire que je n'ai pas pens&#233; tr&#232;s souvent &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne terrible par lequel l'une des plus grande puissances au monde, qui avait r&#233;ussi &#224; &#233;quilibrer ses forces avec celles de l'autre superpuissance, le pays qui avait pay&#233; de la vie de plus de vingt millions de ses citoyens sa victoire sur le fascisme, le pays qui avait &#233;cras&#233; celui-ci, a fini par s'effondrer comme il s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;volutions sont-elles vou&#233;es &#224; l'effondrement, ou est-ce que ce sont les hommes qui peuvent les faire s'effondrer ? Les hommes peuvent-il emp&#234;cher ou non, la soci&#233;t&#233; peut-elle emp&#234;cher ou non les r&#233;volutions de s'effondrer ? Je pourrais ajouter tout de suite une autre question : croyez-vous que cette R&#233;volution socialiste-ci puisse s'effondrer ? /(Exclamations de : &#171; Non ! &#187;) /Y avez-vous pens&#233; une fois ? Y avez-vous pens&#233; en profondeur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Connaissiez-vous toutes ces in&#233;galit&#233;s de notre soci&#233;t&#233; dont je vous parle ? Connaissiez-vous certaines habitudes g&#233;n&#233;ralis&#233;es ? Saviez-vous que certains gagnaient tous les mois de quarante &#224; cinquante fois plus qu'un m&#233;decin, de ceux qui font partie du contingent Henry Reeve et qui soignent dans les montagnes guat&#233;malt&#232;ques ? Ou m&#234;me encore plus loin, en Afrique, ou &#224; des milliers de m&#232;tres d'altitude, sur les contreforts de l'Himalaya, et qui sauvent des vies ? Et qui gagnent 5 ou 10 p. 100 de ce que gagne un de ces gangsters qui vendent de l'essence aux nouveaux riches, qui d&#233;tournent des ressources des ports par camions entiers et par tonnes enti&#232;res, qui volent dans les magasins vendant en devises, qui volent dans les h&#244;tels cinq &#233;toiles, au mieux en rempla&#231;ant une bouteille de tr&#232;s bon rhum par une autre de bien moindre qualit&#233; et vendant ensuite au prix fort son contenu au d&#233;tail, par verres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien de fa&#231;ons de voler existe-il dans ce pays ? Je lis tous les jours les &#233;tats d'opinion, et beaucoup se demandent quand les jeunes travailleurs sociaux vont se rendre dans les magasins vendant en devises, dans les pharmacies, et &#224; d'autres endroits... Ces jeunes travailleurs sociaux issus de milieux tr&#232;s modestes et bien form&#233;s ont forc&#233; l'admiration et la sympathie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je les ai d&#233;visag&#233;s, eux, comme je peux vous d&#233;visager, vous, et les visages disent plus que n'importe que livre, que n'importe quel article, que n'importe quel clich&#233;. Vous savez tr&#232;s bien que depuis que la civilisation existe, depuis que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e existe, les diff&#233;rences de classe existent aussi, et que le monde n'a connu jusqu'ici que la soci&#233;t&#233; de classe. La pr&#233;histoire, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment puis-je savoir que vous &#234;tes issus de secteurs modestes ? Aucun de vous n'est entr&#233; &#224; l'universit&#233; parce qu'il est le fils d'un gros propri&#233;taire foncier qui poss&#232;de de grandes &#233;tendues de terres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenez mon cas, puisque vous m'avez fait l'honneur de me placer ici. Qui de vous a un p&#232;re qui poss&#232;de mille ou dix mille hectares ? Je ne vais pas vous le demander &#224; chacun, il me suffit de vous regarder... Fils d'une profession lib&#233;ral, peut-&#234;tre, ou des classes moyennes. Vous avez applaudi, parfait, parce que je sais tr&#232;s bien d'o&#249; vous venez. Et vous savez aussi que plus personne ne coupe la canne &#224; la main maintenant. Et quels &#233;taient ceux qui la coupaient ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut aussi s'expliquer pourquoi nous ne coupons plus la canne &#224; la main aujourd'hui. De leur c&#244;t&#233;, les lourds engins d&#233;truisent les plantations. De plus, &#224; quoi bon la couper, puisque les abus et les subsides du monde d&#233;velopp&#233; ont fait chuter les cours du sucre sur le march&#233; mondial &#224; des niveaux d&#233;risoire, tandis que l'Europe le paie &#224; ses agriculteurs deux ou trois fois plus cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand l'URSS nous payait notre sucre de canne &#224; vingt-sept ou vingt-huit centimes en &#233;change de p&#233;trole, &#231;a lui co&#251;tait moins cher que de produire elle-m&#234;me du sucre de betterave d'une mani&#232;re presque artisanale, parce que son &#233;conomie avait grandi non d'une mani&#232;re intensive, mais d'une mani&#232;re extensive, si bien qu'elle n'avait jamais assez de force de travail et que l'industrie betteravi&#232;re occupait beaucoup de gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, nous devons nous poser cette question - en tout cas, moi, je me la suis pos&#233;e depuis bien longtemps - de l'effondrement d'une r&#233;volution face &#224; l'Empire hyperpuissant qui est &#224; l'aff&#251;t, qui nous menace, qui a mis au point des plans de transition politique et des plans d'action militaire dans l'attente d'un moment d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces gens-l&#224; attendent un ph&#233;nom&#232;ne naturel et absolument logique : un d&#233;c&#232;s. En l'occurrence, ils me font l'honneur consid&#233;rable de penser &#224; moi. C'est avouer en tout cas qu'ils n'ont pu rien faire depuis bien longtemps ! Si j'&#233;tais vaniteux, je pourrais &#234;tre fier que ces sinistres individus soient oblig&#233;s d'avouer qu'ils doivent attendre ma mort. Ils attendent donc que je meure, ce qui ne les emp&#234;che pas d'inventer tous les jours quelque chose : Castro a ceci, Castro a cela. Leur derni&#232;re invention, c'est que Castro a la maladie de Parkinson...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, j'ai fait une tr&#232;s forte chute, et je suis toujours en train de me r&#233;tablir de ce bras /(il le signale)/ et je vais mieux. En fait, je devrais me r&#233;jouir de cette fracture du bras parce qu'elle m'a contraint &#224; encore plus de discipline, &#224; encore plus de travail, &#224; consacrer plus de temps, presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre, &#224; mon travail. Si je le faisais avant, je lui consacre maintenant chaque seconde et je me bats plus que jamais. Et puis, par bonheur, je me sens mieux que jamais, parce que je suis plus disciplin&#233; et que je fais plus d'exercices /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai donc la maladie de Parkinson, selon ces gens-l&#224;. Je me rappelle que, le lendemain de ma chute, les m&#233;decins m'ont parl&#233; de fissures multiples &#224; la partie sup&#233;rieure de l'hum&#233;rus, et que c'est quand j'allais l'&#233;crire pour en informer la population qu'ils m'ont pr&#233;cis&#233; que des fissures multiples &#233;quivalaient &#224; une fracture. Et je n'ai pas eu d'autres solutions que de dire : &#171; Mettez donc fissure, et j'expliquerai ensuite &#224; la population qu'il s'agissait non d'une fissure, mais de plusieurs fissures. &#187; Je l'aurais dit, parce que je ne crains l'ennemi en aucune circonstance. Mais je croyais &#234;tre en possession de toutes mes facult&#233;s, qu'il s'agissait d'un simple accident, que ma t&#234;te n'avait pas heurt&#233; le sol - si &#231;'avait &#233;t&#233; le cas, je ne serais s&#251;rement pas ici - et je suis donc mont&#233; dans l'ambulance et je suis rentr&#233; &#224; La Havane. Ici, on m'a fait une rotule nouvelle &#224; partir des huit fragments de l'ant&#233;rieure et toutes les autres choses. Ceux qui m'ont tu&#233; tant de fois devaient jubiler sans doute, mais ils vont de d&#233;ceptions en d&#233;ceptions. En tout cas, cet accident m'a contraint &#224; travailler dur en mati&#232;re de r&#233;tablissement, et tous les jours, pour faire fonctionner la rotule. D'autant que deux litres de sang s'&#233;taient &#233;panch&#233;s dans l'&#233;paule et dans le haut du bras, qui n'apparaissaient pas aux rayons X.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai fait des efforts et je continue. Ce que j'ai appris, c'est que je vais faire des exercices presque jusqu'&#224; la derni&#232;re seconde. Je ne n&#233;glige rien, et j'ai plus de volont&#233; que jamais pour manger ce qu'il faut et pas un gramme de plus qu'il ne faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On dit donc que la CIA a d&#233;couvert que j'avais la maladie de Parkinson. Exactement comme la crapule qui a d&#233;couvert que j'&#233;tais l'homme le plus riche du monde. Quelle cr&#233;tinerie ! Mais je lui r&#233;serve un chien de ma chienne. Je n'en ai parl&#233; parce que je n'ai pas un espace de libre &#224; la t&#233;l&#233;vision ces derniers temps : entre Posada Carriles d'un c&#244;t&#233;, les bandits de l'autre, des tas de choses. Mais je me r&#233;serve d'aborder cette histoire &#224; dormir debout. Et la crapule et tous ceux qui l'ont soutenue vont passer un mauvais moment, vous pouvez le croire, pour avoir commis une bourde pareille. Mieux vaudrait qu'ils rectifient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je souffre donc de la maladie de Parkinson, dit-on. Quand vous faites des exercices, le bras finit par se renforcer muscle apr&#232;s muscle. Combien de personnes n'ai-je d&#251; pas saluer ? Des milliers, et certains vous arrachent presque le bras. Vous devez faire comme certains qui, lorsque vous les touchez l&#224;, durcissent l'&#233;paule pour que vous faire croire qu'elle est tr&#232;s costaud, qu'elle est d'acier. Je le fais chaque fois qu'on me donne la main. Et maintenant celui-ci est plus fort que celui-l&#224; /(il indique le bras droit)/. Qu'est-ce que vous en dites ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, la CIA a d&#233;couvert que j'avais le Parkinson. Et qu'importerait, apr&#232;s tout ? Le pape l'avait, et il a pass&#233; je ne sais combien d'ann&#233;es &#224; visiter le monde, il avait une grande volont&#233;, il a &#233;t&#233; victime d'attentats... Je me suis dit : &#171; Voyons voir comment va mon Parkinson, laissez-moi viser /(il vise de l'index, sans trembler ; applaudissements et exclamations)/. Je dis alors : &#171; C'est la droite. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai toujours bien vis&#233;, heureusement, et je vise toujours bien, sans lunette t&#233;lescopique, bien entendu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lendemain de l'accident, on vous sort de l'h&#244;pital o&#249; on vous a mis, on vous conduit ailleurs, vous ne protestez pas, mais vous savez tout ce qu'on fait de vous. Avec moi, en tout cas, les m&#233;decins ont d&#251; discuter de l'op&#233;ration, et qu'est-ce qu'ils allaient faire du genou et comment ils allaient le faire, et qu'est-ce qu'ils allaient faire au bras. Je leur ai dit : &#171; V0us me faite une anesth&#233;sie locale &#187;, parce que si, vraiment, je ne me sens pas en conditions de faire ceci ou cela, j'en informe le parti : &#171; &#201;coutez, je ne suis pas en conditions de faire ceci ou cela... &#187; Et si j'ai fait quelques critiques aux m&#233;decins, c'est d'avoir diminu&#233; un peu la gravit&#233; de l'accident. Je leur ai dit : &#171; Le genou, chirurgie ; l'&#233;paule, physioth&#233;rapie. &#187; Et j'ai ajout&#233; : &#171; De toute fa&#231;on, je ne vais pas &#234;tre lanceur au prochain championnat de baseball ni participer aux Jeux olympiques. &#187; C'&#233;tait bien plus risqu&#233; de me soumettre &#224; une op&#233;ration avec des clous et des tas de choses comme &#231;a. Vous pouvez et devez le faire &#224; quelqu'un de vingt ou vingt-cinq ans. Bref, il fallait faire ce qui &#233;tait correct. Si vous savez que vous n'&#234;tes pas en conditions de remplir votre devoir, vous devez dire : &#171; Il m'arrive ceci ou cela, s'il vous pla&#238;t que quelqu'un prenne le commandement, je ne peux pas dans ces circonstances. &#187; Si je dois mourir, eh bien, soit ; si je ne meurs pas et que je recouvre mes facult&#233;s, j'ai encore un peu d'exp&#233;rience, j'ai encore une certaine autorit&#233;, et pas gagn&#233;e &#224; coups de mensonges et de malhonn&#234;tet&#233;. Je devais me pr&#233;occuper de ces choses &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai dit une fois que le jour o&#249; je mourrai pour de bon, personne n'allait le croire et que je pourrai continuer de faire comme le Cid Campeador, qui, bien que mort, continuait de gagner des batailles &#224; cheval.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas faire confiance &#224; l'imp&#233;rialisme, jamais ; il est tra&#238;tre et capable de n'importe quoi : des tortures &#224; Guant&#225;namo ; des tortures dans les prisons iraquiennes ; des prisons &#224; tortures dans d'anciens pays socialistes ; du phosphore blanc. Et apr&#232;s il vous affirme : &#171; C'est la plus innocente et la plus l&#233;gitime des armes. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut supposer que quelqu'un dans mon cas poss&#232;de une arme en toutes circonstances et qu'il est en mesure de s'en servir. Je respecte ce principe. J'ai une Browning de quinze balles. J'ai beaucoup tir&#233; dans ma vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re chose que j'ai voulu v&#233;rifier, c'est si mon bras &#233;tait encore assez fort pour manier cette arme que j'ai toujours utilis&#233;e. Elle est toujours pr&#232;s de moi. J'ai mis le chargeur, j'ai fait passer une balle, j'ai mis le cran de s&#251;ret&#233;, je l'ai &#244;t&#233;, j'ai retir&#233; le chargeur, j'ai enlev&#233; la balle et je me suis dit : Parfait. C'&#233;tait le lendemain. J'avais assez de force pour tirer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons pr&#233;vu et pris des mesures pour qu'il n'y ait pas de surprises, et notre peuple doit savoir exactement quoi faire dans chaque cas. Ecoutez bien : il faut savoir quoi faire dans chaque cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'allons pas lui raconter bien entendu quelles mesures nous avons pr&#233;vues. Je peux lui dire en tout cas : &#171; Ecoutez bien, monsieur B&#251;che, vous allez au casse-pipe, &#224; moins qu'on ne vous ait flanqu&#233; avant un bon coup de pied et mis &#224; la porte pour avoir viol&#233; les lois des Etats-Unis. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, parce que tout le monde est en train de s'insurger l&#224;-bas, et qu'on ne cesse de d&#233;couvrir des crimes, des crimes, des crimes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne veux pas aujourd'hui - et j'esp&#232;re ne pas avoir &#224; le faire - sugg&#233;rer &#224; la CIA, au lieu d'enqu&#234;ter sur mon &#233;tat de sant&#233; et sur mon pr&#233;tendu Parkinson, de faire un certain nombre d'enqu&#234;tes au sujet de l'empereur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne voyez pas l&#224; des offenses personnelles. Tout ce que je dis refl&#232;te tout simplement le m&#233;pris que nous &#233;prouvons, indique que nous sommes tr&#232;s conscients de leur m&#233;diocrit&#233;, de leur stupidit&#233; et bien d'autres choses encore. Mais je ne veux pas aborder certains points, m&#234;me si je dispose de tout un tas de choses. Et je peux donc sugg&#233;rer &#224; la CIA - qui est furieuse, soit dit en passant, parce qu'on l'a ignor&#233;e, parce qu'on l'a humili&#233;e - quelques recherches sur la sant&#233; de l'empereur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, la CIA n'a pas non plus dit un tra&#238;tre mot de la fa&#231;on dont Posada Carriles est entr&#233; aux USA. Personne, d'ailleurs, absolument personne !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous ai pos&#233; une question, /compa&#241;eros/ &#233;tudiants, que je n'ai pas oubli&#233;e, tant s'en faut, et je pr&#233;tends que vous ne l'oubliiez jamais non plus, parce que c'est une question qui se pose toute seule face aux exp&#233;riences historiques que nous avons connues. Oui, je vous demande &#224; tous, sans exception, d'y r&#233;fl&#233;chir : une r&#233;volution peut-elle &#234;tre ou non irr&#233;versible ? Quelles seraient les id&#233;es ou quel serait le degr&#233; de conscience qui rendrait impossible la r&#233;gression d'une r&#233;volution ? Que faire et comment le faire quand ceux qui ont &#233;t&#233; parmi les premiers, les v&#233;t&#233;rans, dispara&#238;tront et c&#233;deront la place &#224; de nouvelles g&#233;n&#233;rations de leaders ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins nous-m&#234;mes de nombreuses erreurs et nous ne nous en sommes pas rendu compte !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;norme, le pouvoir d'un dirigeant quand il jouit de la confiance des masses, quand celles-ci confient en ses capacit&#233;s. Mais elles sont terribles, aussi, les cons&#233;quences d'une erreur de la part de ceux qui ont le plus d'autorit&#233;, et c'est arriv&#233; plus d'une fois dans les r&#233;volutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont l&#224; des choses sur lesquelles on r&#233;fl&#233;chit. On &#233;tudie l'histoire : que s'est-il pass&#233; ici, ou l&#224;, ou l&#224; encore, on r&#233;fl&#233;chit sur ce qui est arriv&#233; aujourd'hui et sur ce qui arrivera demain, on se demande o&#249; va chaque pays, o&#249; ira le n&#244;tre, comment il marchera, quel r&#244;le jouera Cuba...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre pays a connu des limitations de ressources, &#233;norm&#233;ment de limitations, mais il faut dire qu'il les a gaspill&#233;es, tout simplement, alors qu'on vous distribuait tous les mois une savonnette sans aucun parfum et du dentifrice pour que vous brossiez les dents, je ne sais combien... Quoiqu'on ait abandonn&#233; dans certaines &#233;coles des activit&#233;s donn&#233;es qui avaient permis &#224; nos jeunes d'exhiber cette excellente denture... Oui, il y a m&#234;me des abandons de ce genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains ont cru qu'on pouvait mettre en place le socialisme avec des m&#233;thodes capitalistes. C'est une des grandes erreurs historiques. Je ne veux pas en parler, je ne veux pas th&#233;oriser, mais j'ai une foule d'exemples qui prouvent qu'on a fait des gaffes dans un tas de choses qu'on a faites, de la part de ceux qu'on supposait des th&#233;oriciens, qui s'&#233;taient gav&#233;s jusqu'&#224; la moelle des livres de Marx, d'Engels, de L&#233;nine et de tous les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi j'ai dit que l'une de nos plus grandes erreurs au d&#233;but et bien souvent tout au long de la R&#233;volution a &#233;t&#233; de croire que quelqu'un savait comment on &#233;difiait le socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; mon avis, nous avons des id&#233;es assez claires de la fa&#231;on dont on &#233;difie le socialisme, mais nous avons besoin de beaucoup d'id&#233;es bien claires et bien des questions vous sont adress&#233;es &#224; vous qui sont les responsables de la fa&#231;on dont on peut pr&#233;server ou dont on pr&#233;servera &#224; l'avenir le socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle serait donc notre soci&#233;t&#233; si, quand nous nous r&#233;unissons dans un endroit comme celui-ci, en un jour comme celui-ci, nous ne savions pas un minimum de ce que nous devons savoir afin que cette &#238;le h&#233;ro&#239;que, ce peuple h&#233;ro&#239;que, ce peuple qui a &#233;crit des pages que nul autre n'a encore &#233;crites dans l'histoire de l'humanit&#233;, pr&#233;serve sa R&#233;volution ? Ne pensez pas que celui qui vous parle est un vaniteux, un charlatan, un bluffeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quarante-six ans se sont &#233;coul&#233;s, et on conna&#238;t l'histoire de ce pays. En tout cas, ses habitants la connaissent. Et celle, aussi, de cet Empire voisin, sa grandeur, son pouvoir, sa force, sa richesse, sa technologie, sa domination sur la Banque mondiale, sa domination sur le Fonds mon&#233;taire, sa domination sur les finances mondiales, cet Empire qui nous a impos&#233; le blocus le plus rigoureux et le plus incroyable, que les Nations Unies viennent de repousser une fois de plus par cent quatre-vingt-deux voix, s'exprimant librement malgr&#233; les risques qu'entra&#238;ne un vote d&#233;clar&#233; contre l'Empire. Voil&#224; ce que cette petite &#238;le est capable d'obtenir, et nous ne sommes plus &#224; l'&#233;poque o&#249; elle b&#233;n&#233;ficiait du soutien du camp socialiste, qui a disparu, tout comme l'URSS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non seulement nous avons fait et maintenu cette R&#233;volution &#224; nos risques et p&#233;rils pendant tout un tas d'ann&#233;es, mais nous &#233;tions m&#234;me convaincu &#224; un moment donn&#233; que si les Etats-Unis nous attaquaient un jour directement, ce camp socialiste ne lutterait jamais pour nous et que nous ne pouvions m&#234;me pas le lui demander ! Compte tenu du perfectionnement des techniques modernes, il &#233;tait na&#239;f de penser que cette grande puissance - ou de le lui demander ou de l'attendre - lutterait contre l'autre si celle-ci intervenait dans la petite &#238;le se trouvant &#224; cent cinquante kilom&#232;tres, et nous sommes arriv&#233;s &#224; la conviction absolue que ce soutien ne nous serait jamais accord&#233;. Bien mieux, nous le lui avons demand&#233; un jour directement, plusieurs ann&#233;es avant sa disparition : &#171; Dites-le-nous franchement. &#187; La r&#233;ponse a &#233;t&#233; celle que nous attendions : non. D&#232;s lors, nous avons acc&#233;l&#233;r&#233; plus que jamais le d&#233;veloppement de notre conception et nous avons perfectionn&#233; les id&#233;es strat&#233;giques et tactiques &#224; partir desquelles notre R&#233;volution avait triomph&#233; et vaincu, alors qu'elle ne pouvait disposer au d&#233;part que de sept hommes arm&#233;s, un ennemi qui pouvait compter sur quatre-vingt mille hommes, entre marins, soldats, policiers, etc., sur des chars, des avions et sur tout l'armement moderne de l'&#233;poque. Oui, la diff&#233;rence entre nos armes et celle de ces forces arm&#233;es, entra&#238;n&#233;es par les USA, soutenues par les USA, &#233;quip&#233;es par les USA, &#233;tait infinie. Donc, apr&#232;s cette r&#233;ponse de l'URSS, nous nos sommes confort&#233;s plus que jamais dans nos convictions, nous les avons enrichies et nous nous sommes renforc&#233;s &#224; tel point que nous pouvons affirmer aujourd'hui que notre pays est du point de vue militaire invuln&#233;rable. Mais pas gr&#226;ce &#224; ses armes de destruction massive !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eux, ils ont des chars &#224; ne savoir qu'en faire ; nous, nous n'en avons aucun de trop. Aucun ! Toute leur technologie s'effondre, comme de la glace &#224; midi au milieu d'un parc en plein soleil. Avant, nous n'avions que sept mis&#233;rables fusils et quelques balles ; aujourd'hui, nous avons bien plus de sept fusils : nous avons tout un peuple qui a appris &#224; manier les armes ; tout un peuple qui, malgr&#233; nos erreurs, poss&#232;de un tel niveau de culture, de connaissances et de consciences qu'il ne permettra jamais que son pays redevienne leur colonie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce pays-ci peut s'autod&#233;truire ; cette R&#233;volution-ci peut se d&#233;truire. Ceux qui ne peuvent pas la d&#233;truire, ce sont eux ; nous, en revanche, nous pouvons le faire, et ce serait notre faute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai eu le privil&#232;ge de vivre longtemps. Ce n'est pas un m&#233;rite, bien entendu, mais &#231;a m'offre l'occasion exceptionnelle de vous dire ce que je viens de vous dire, de le dire &#224; tous les dirigeants de l'Union des jeunes communistes, &#224; tous les dirigeants des organisations de masse, &#224; tous les dirigeants du mouvement ouvrier, &#224; ceux des Comit&#233;s de d&#233;fense de la R&#233;volution, de la F&#233;d&#233;ration des femmes cubaines, des paysans, de l'Organisation des combattants de la R&#233;volution organis&#233;s partout, aux combattants qui durant tant d'ann&#233;es, par centaines de milliers, ont rempli de glorieuses missions internationales, aux &#233;tudiants comme vous, intelligents, bien form&#233;s, en bonne sant&#233;, organis&#233;s qui &#234;tes partout, dans chacun des neuf cents et quelque coll&#232;ges universitaires et dans chacune des deux mille et quelque que nous ouvrirons sans retard, au point que nous compterons plus de cinq cent ou six cent mille &#233;tudiants, et s'ils ne sont pas plus nombreux, c'est que beaucoup concluront leurs &#233;tudes chaque ann&#233;e... Et ceux qui les concluront &#233;tudieront tous, comme nos m&#233;decins au Venezuela, &#224; partir d'ordinateurs, des magn&#233;toscopes et de cassettes, &#224; partir des moyens audiovisuels n&#233;cessaires, &#224; la recherche d'un titre scientifique, d'une ma&#238;trise ou d'un doctorat en sciences m&#233;dicales. Tous. Cent pour cent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut parler aujourd'hui de dizaines de milliers de sp&#233;cialistes en m&#233;decine g&#233;n&#233;rale int&#233;grale, et on devra parler demain, m&#234;me si on ne veut pas, de dizaines de milliers de titres de ma&#238;trise et de doctorat en sciences m&#233;dicales, pour ne parler que d'une seule branche. N'oubliez pas que nous nous sommes retrouv&#233;s avec seulement trois mille m&#233;decins, et sans professeurs universitaires, parce qu'un bon nombre de cette universit&#233;, par exemple, sont partis. Et pourtant on peut dire maintenant que nous compterons dans quelques ann&#233;es cent mille m&#233;decins. Et quand il en faudra cent cinquante mille, nous les aurons. Et certains seront professeurs universitaires, de la m&#234;me mani&#232;re que nous aurons des dizaines de milliers de programmeurs et de concepteurs de programmes et de chercheurs dans de nombreux domaines, parce que nous devons savoir beaucoup de choses &#224; la fois, bien plus que la quantit&#233; de titres que nous obtiendrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous parlais d'une bataille, je vous en demandais le co&#251;t. N'allez pas croire que ces vingt-huit mille travailleurs sociaux vont suer et perdre leur temps. Je vous ai dit comment je m'&#233;tais rendu compte qu'ils faisaient partie des secteurs les plus modestes de la population, je le voyais sur leurs visages. Sans le vouloir, j'ai pris l'habitude de deviner m&#234;me de quelle province viennent nos compatriotes. J'ai dit en blaguant aux travailleurs sociaux - et je le dis aux m&#233;decins qui partent en mission - que chacun d'eux appartient &#224; une micro-tribu. Je sais reconna&#238;tre ceux qui viennent de Manzanillo, par exemple, ou de La Havane, ou de Guant&#225;namo, ou ceux de Santiago. Que c'est impressionnant de voir les secteurs sociaux les plus modestes de ce pays convertis en vingt-huit mille travailleurs sociaux et en des centaines de milliers d'&#233;tudiants ! Quelle force ! Et nous verrons bient&#244;t en action ceux qui ont re&#231;u leur dipl&#244;me voil&#224; pas longtemps &#224; la Cit&#233; des sports.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Cit&#233; des sports nous enseigne au sujet du marxisme-l&#233;ninisme ; la Cit&#233; des sports nous enseigne au sujet des classes sociales ; la Cit&#233; des sports a r&#233;uni voil&#224; peu environ quinze mille m&#233;decins et &#233;l&#232;ves de m&#233;decine et certains &#233;l&#232;ves de l'Ecole latino-am&#233;ricaine de sciences m&#233;dicales, et d'autres qui sont venus de Timor de l'Est pour faire des &#233;tudes de m&#233;decine. Un spectacle inoubliable ! Je ne crois pas que ce soit mon seul sentiment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233;-ci n'oubliera jamais ce spectacle des quinze mille blouses blanches qui se sont r&#233;unis l&#224; le jour o&#249; les &#233;l&#232;ves de m&#233;decine ont re&#231;u leur titre, le jour de la cr&#233;ation du contingent Henry Reeve dont une bonne quantit&#233; de membres sont d&#233;j&#224; partis &#224; des endroits o&#249; ont eu lieu des catastrophes exceptionnelles, et ce bien plus t&#244;t que nous ne l'aurions pens&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peu apr&#232;s, nous avons remis leurs titres &#224; plus de trois mille jeunes animateurs culturels, la seconde promotion, car la premi&#232;re avait eu lieu &#224; Santa Clara. Trois mille nouveaux, d&#233;j&#224; sur le terrain, et les trois mille autres de derni&#232;re ann&#233;e de cours sont aussi d&#233;j&#224; sur le terrain. Ils vont se multiplier, et nous r&#233;unirons un jour au moins la moiti&#233; des travailleurs sociaux qui sont en train de mener une des t&#226;ches les plus capitales qu'un groupe de jeunes sp&#233;cialiste en mati&#232;res sociales ait jamais r&#233;alis&#233;e, de concert avec de jeunes &#233;tudiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que pourra-t-il d&#233;couler du travail de ces jeunes gens ? Eh bien, que nous allons mettre un terme &#224; de nombreux vices : des vols, des d&#233;tournements de ressources et de nombreuses sources aliment&#233;es par l'argent des nouveaux riches.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelqu'un pense-t-il que nous allons confisquer l'argent ? Non, l'argent est sacr&#233; : l'argent plac&#233; dans une banque est intouchable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc du nouveau : nous allons combattre une s&#233;rie abondante de vices, de vols, de d&#233;tournements, un par un, dans un ordre que personne ne sait. Ils le soup&#231;onnent ? Eh bien, tant mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais que certains vices sont profond&#233;ment enracin&#233;s ! Nous avons commenc&#233; par Pinar del R&#237;o pour voir ce qu'il se passait dans les stations-service qui vendaient de l'essence en devises. Et on a t&#244;t fait de d&#233;couvrir que la quantit&#233; vol&#233;e &#233;tait au moins aussi grande que celle qui entrait. On en volait presque la moiti&#233; et &#224; certains endroits plus de la moiti&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que se passe-t-il &#224; La Havane ? Vont-ils s'amender ? Eh bien, non, ils sont aux anges... Ils ont peut-&#234;tre pens&#233; que ces travailleurs sociaux &#233;taient des gamins et des gamines un peu niais. Car, et c'est un point int&#233;ressant, 72 p. 100 des travailleurs sociaux sont des femmes - je ne sais si on n'a jamais vu quelque chose de pareil - tout comme le sont les m&#233;decins qui sont en train de couvrir notre pays de gloire, lui obtenant un &#233;norme prestige et frayant des voies pour qu'il puisse d&#233;ployer son capital humain, qui vaut bien plus que le p&#233;trole. Je le r&#233;p&#232;te : qui vaut bien plus que le p&#233;trole ou l'or. Tout pays qui a du p&#233;trole se dit : &#171; Quelle chance que je poss&#232;de cette ressource naturelle qui s'&#233;puise ! &#187; Nous aussi, nous en avons, et nous allons en augmenter la production, bien entendu. C'est une chance de ne l'avoir pas d&#233;couvert avant, pour ne pas le gaspiller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capital humain n'est pas un produit non renouvelable : il est non seulement renouvelable, mais aussi multipliable. Il augmente toujours plus chaque ann&#233;e, et b&#233;n&#233;ficie de ce qu'on appelait &#224; mon &#233;poque des int&#233;r&#234;ts compos&#233;s : il vaut ce qu'il vaut et il touche des int&#233;r&#234;ts pour ce qu'il valait, de sorte que ce qu'il gagne en cinq ans par exemple est bien sup&#233;rieur. Alors, pensez en cent ans !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dois vous dire que le capital humain est - ou du moins le devient &#224; toute allure - la ressource la plus importante du pays, bien sup&#233;rieur &#224; presque toutes les autres ensemble. Je n'exag&#232;re pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je demandais combien co&#251;taient toutes nos universit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien qu'avec les nouveaux revenus des stations-service - bien entendu, vous n'allez pas y &#234;tre tout le temps, n'imaginez pas &#231;a - d'ici &#224; trois mois, et si l'an prochain vous &#233;tiez la moiti&#233; de plus, ils encaissent ce qu'il faut en quatre mois. Rien qu'en obligeant les nouveaux riches &#224; payer l'essence qu'ils consomment, on pourrait en une ann&#233;e payer au moins quatre fois ce que co&#251;tent les six cent mille &#233;tudiants et leurs professeurs. C'est d&#233;j&#224; quelque chose, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous savez ce que c'est que la /&#241;apa/ ? Ceux de Santiago le savent. Quand vous achetiez chez l'&#233;picier, celui-ci vous donnait en prime une petite p&#226;tisserie de coco ou quelque chose dans ce genre. C'&#233;tait &#231;a, la /napita/. Eh bien, les travailleurs sociaux paient les frais universitaires avec une simple /&#241;apita/ de ce qu'ils encaissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils sont arriv&#233;s &#224; La Havane, et tout d'un coup, les stations-service ont commenc&#233; &#224; encaisser le double. Et les vendeurs d'avant, ils n'encaissaient pas plus ? Eh bien, non, il a fallu que les travailleurs sociaux s'en chargent. Je me suis dit : &#171; Sapristi, ils ne vont donc prendre un peu peur, rectifier d'eux-m&#234;mes ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fin de compte, ceux qui ne veulent pas comprendre vont devoir se corriger eux-m&#234;mes, mais d'une autre mani&#232;re : oui, ils vont s'enfoncer dans leurs propres ordures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que se passait-il entre temps &#224; Matanzas et dans la grande banlieue de La Havane ? Les recettes n'ont augment&#233; qu'un tout petit peu, 12 p. 100, 15 p. 100, 20 p. 100. Mais la situation &#233;tait pareille qu'en Pinar del R&#237;o et &#224; La Havane avant que les stations-service ne passent sous contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la grande banlieue de La Havane, beaucoup de gens ont appris &#224; voler &#224; tire-larigot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, les travailleurs sociaux sont dans les raffineries de p&#233;trole, ils grimpent sur un camion-citerne de vingt ou trente mille litres, pour voir en gros o&#249; il va et s'il change d'itin&#233;raire. En effet, on a d&#233;couvert des stations-service clandestines aliment&#233;es de l'essence qu'apportaient des chauffeurs de camion-citerne !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sait en tout cas que beaucoup de camionneurs publics vont o&#249; ils veulent, et celui qui en fait le moins va rendre visite avec &#224; un parent, &#224; un ami, &#224; la famille, &#224; la petite amie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me souviens d'une anecdote datant de bien avant la P&#233;riode sp&#233;ciale : je roulais sur la 5^e avenue quand j'ai vu passer &#224; toute allure une r&#233;trochargeuse Volvo flambant neuf, qui valait &#224; cette &#233;poque de cinquante &#224; soixante mille dollars. Je suis piqu&#233; par la curiosit&#233; et je demande &#224; mon garde-corps : &#171; Freine-le et demande-lui o&#249; il allait &#224; une telle allure. Qu'il r&#233;ponde franchement. &#187; Et l'homme a avou&#233; qu'il allait rendre visite &#224; sa fianc&#233;e, sur ce Volvo qui roulait &#224; toute allure sur la 5^e avenue...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah, si les pierres pouvaient parler !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, des choses de ce genre se passaient. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, nous savons tout. Et beaucoup se disaient : &#171; La R&#233;volution ne peut rien faire, c'est impossible qu'on puisse arranger &#231;a. &#187; Eh bien, moi je vous dis que c'est le peuple qui va arranger &#231;a, que c'est la R&#233;volution qui va arranger &#231;a. Comment ? Est-ce seulement une question d'&#233;thique ? Oui, c'est avant tout une question d'&#233;thique, mais c'est aussi une question &#233;conomique vitale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes un des peuples de la Terre qui gaspillent le plus d'&#233;nergie combustible. On vient de le prouver ici, et vous l'avez dit tr&#232;s honn&#234;tement, ce qui est tr&#232;s important : personne ne sait ce que co&#251;te l'&#233;lectricit&#233;, personne ne sait ce que co&#251;te l'essence, personne ne sait leur valeur sur le march&#233;. Et c'est tr&#232;s triste, parce que la tonne de p&#233;trole peut atteindre maintenant quatre cents dollars et celle d'essence cinq cents, ou six cents, ou sept cents, et parfois jusqu'&#224; mille dollars, et que c'est un produit dont les cours ne vont pas descendre, sauf dans certaines circonstances donn&#233;es et pas pour longtemps, parce que c'est un produit qui s'&#233;puise physiquement, tout simplement, tout comme de nombreux min&#233;raux vont s'&#233;puiser un jour ou l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous le voyons dans nos mines de nickel, qui nous laissent de grands trous l&#224; o&#249; il y avait avant beaucoup de minerai. La m&#234;me chose arrive avec le p&#233;trole ; on d&#233;couvre de moins en moins de grands gisements. C'est une question &#224; laquelle nous avons d&#251; beaucoup penser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Savez-vous par exemple combien un camion russe Zil-130 fait de kilom&#232;tres au litre ? Un kilom&#232;tre six cents ! Qu'il transporte de la canne &#224; sucre ou le go&#251;ter des lyc&#233;ens... Quand on a demand&#233; au minist&#232;re de l'Industrie sucri&#232;re combien il avait de camions en trop pour aider le minist&#232;re de l'Industrie alimentaire &#224; distribuer le go&#251;ter des lyc&#233;es, qui touche maintenant quatre cent mille &#233;l&#232;ves, une collation gratuite, avec yaourt, le pain, etc., vous savez ce qu'il a fait ? Il a fourni les camions qui d&#233;pensaient le plus, les camions &#224; essence !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous remplacez ce Zil-130, avec son 1,6 km au litre, un autre qui ait au moins la taille requise : le Zil est un 5 tonnes, et il vaut mieux bien entendu utiliser un camion de deux tonnes ou m&#234;me une camionnette de 1,2 t, eh bien vous commencez d&#233;j&#224; &#224; &#233;conomiser. C'est ce dont nous avons commenc&#233; &#224; nous rendre compte lors d'une discussion avec l'entreprise &#233;lectrique qui a soulev&#233; la question des camions utilis&#233; pour r&#233;parer les c&#226;bles a&#233;riens : &#171; Nous devons changer quatre cents engins sovi&#233;tiques gros consommateurs d'essence, nous consommons tant et tant... &#187; Et on a donc analys&#233; la consommation en d&#233;tail, cas par cas, et analys&#233; par quoi il fallait les substituer. Il a fallu discuter pas mal, n'allez pas croire, car les directeurs de nos entreprises n'ont pas beaucoup l'habitude de la discipline. Et ils ne sont pas tous ravis, croyez-moi, mais c'est mon devoir de les en avertir parce que la lutte va &#234;tre dure. Aucun n'a protest&#233; &#224; ce jour. Il y avait, si j'ai bonne m&#233;moire, environ trois mille soci&#233;t&#233;s qui disposaient elles-m&#234;mes de leurs devises convertibles et d&#233;cidaient assez librement de ce qu'elles faisaient de leur profits, si j'ach&#232;te ceci ou cela, si je repeins l'immeuble, si j'ach&#232;te une meilleure voiture pour remplacer la vieille bagnole... Nous nous sommes rendus compte que, dans les conditions de notre pays, il fallait supprimer tout &#231;a, et les choses ont commenc&#233; &#224; changer apr&#232;s une r&#233;union avec les principales entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous &#234;tes en guerre et que vous avez beaucoup de balles, peu vous importe que les fusils tirent plus ou moins ; mais pas si vous avez peu de balles, ce qui nous arrivait toujours durant la guerre ; il nous fallait conna&#238;tre les balles de chaque fusil et jusqu'aux marques des balles, parce que, m&#234;me si elles &#233;taient du m&#234;me calibre, certaines fonctionnaient mieux que d'autres avec des fusils d&#233;termin&#233;s, tandis que d'autres s'enrayaient. Parfois m&#234;me, pour &#233;conomiser les balles, il fallait interdire de tirer, sauf si l'ennemi venait vous enlever votre tranch&#233;e. Il n'y a rien de pire dans ce sens qu'une arme automatique pour gaspiller des balles. Telle &#233;tait notre situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons d'excellentes institutions bancaires. Aujourd'hui, les ressources pour toutes les d&#233;penses du pays sont g&#233;r&#233;es et assign&#233;es par les banques en fonction d'un programme pr&#233;&#233;tabli. Aucun directeur de banque ne va d&#233;jeuner avec le repr&#233;sentant d'une puissante soci&#233;t&#233;, pas plus qu'il n'accepte son invitation au restaurant, ou &#224; se rendre en Europe pour loger chez le patron de la soci&#233;t&#233; ou dans un h&#244;tel de luxe... En fin de compte, certains de nos fonctionnaires faisaient des achats pour des millions de dollars, et vous pouvez supposer qu'avec des achats pour des millions de dollars, d'une part, et, de l'autre, l'art de corrompre que pratiquent de nombreux capitalistes, plus subtils qu'un serpent et parfois pires que les rats, qui sont des animaux capables de vous anesth&#233;sier &#224; mesure qu'ils vous d&#233;vorent, si bien que vous ne vous rendez m&#234;me pas compte qu'ils vous ont emport&#233; un morceau de chair durant votre sommeil... Pareil pour la R&#233;volution : ils l'endormaient et lui arrachaient la chair. Les fonctionnaires dans ce cas n'&#233;talaient pas leur corruption en plein jour, bien entendu, mais &#231;a finissait par se savoir ou par se suspecter &#224; cause du niveau de vie : on change de voiture, ou alors on la repeint, ou alors on lui met des enjoliveurs et des gadgets partout, parce que les gens deviennent vaniteux... Combien de fois n'avons-nous pas entendu parler de &#231;a ? Et il fallait prendre des mesures. Mais ce n'&#233;tait pas facile &#224; r&#233;gler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, des d&#233;tournements de ressources dans les stations-service. Nous avions donn&#233; diff&#233;rentes facult&#233;s aux dirigeants pour distribuer de l'essence &#224; telle ou telle personne dont la voiture pouvait &#234;tre utile &#224; l'entreprise. Mais allez savoir si cette personne n'est pas votre grand copain... Il existe des dizaines de mani&#232;res de ce genre de gaspiller o de d&#233;tourner des ressources, et si les contr&#244;les obligatoires ne fonctionnent pas, ce ph&#233;nom&#232;ne se r&#233;p&#232;te tant que nous n'avons pas d&#233;couvert la vraie mani&#232;re d'y mettre un terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre pays est en mesure d'&#233;conomiser plus d'&#233;nergie que n'importe quel autre. Il compte en effet deux millions quatre cent mille r&#233;frig&#233;rateurs familiaux obsol&#232;tes qui d&#233;pensent de quatre &#224; cinq fois plus d'&#233;lectricit&#233; par heure, et ce, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un petit chiffre, pour que vous n'oubliiez pas : Pinar del R&#237;o compte 143 000 r&#233;frig&#233;rateurs, dont 136 000 sont de l'INPUD, de fabrication nationale, donc, de l'URSS (des Minsk et d'autres marques de ce pays), de Frigidaire et d'autres marques capitalistes, et ces r&#233;frig&#233;rateurs consomment au moins 20 p. 100 - d'autres chiffres donnent des taux plus &#233;lev&#233;s, mais je vais me borner &#224; celui-ci - de l'&#233;lectricit&#233; que les centrales &#233;lectriques produisent pour cette province aux pics de consommation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous ai parl&#233; avant des Zil. Et des camions comme &#231;a, nous en avons des milliers et des milliers. Il y a des choses pires : de nombreux organismes conservent encore leurs camions sans les utiliser, tandis que l'administration centrale de l'Etat s'est habitu&#233;e de son c&#244;t&#233; &#224; n&#233;gocier avec les minist&#232;res. L'administration centrale de l'Etat n'a pas &#224; n&#233;gocier avec un ministre ! Elle doit lui donner des ordres, un point c'est tout : &#171; Combien de camions as-tu ? &#187; Elle doit analyser les probl&#232;mes &#224; fond et prendre des d&#233;cisions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'industrie sucri&#232;re produisait autrefois huit millions de tonnes de sucre, et elle en produit aujourd'hui &#224; peine un million un demi. Il a fallu en effet arr&#234;ter radicalement les labours et les semailles quand les cours du p&#233;trole &#233;taient &#224; quarante dollars le baril et que c'&#233;tait la ruine du pays, &#224; plus forte raison quand vous ajoutiez des cyclones de plus en plus fr&#233;quents ou des s&#233;cheresses plus prolong&#233;es. De plus, avec les engins lourds, les champs de canne ne duraient que quatre ou cinq ans, contre quinze ou plus auparavant. Quand les cours du sucre sur le march&#233; mondial &#233;taient &#224; sept /cents /la livre, je me rappelle avoir demand&#233; un jour &#224; une soci&#233;t&#233; de commercialisation de ce produit quels &#233;taient les cours du sucre et quelle avait &#233;t&#233; la production fin mars : eh bien, cette soci&#233;t&#233; ne savait m&#234;me pas combien de sucre on produisait par mois, et personne n'a pu me dire combien la production d'une tonne de sucre co&#251;tait en devises. On ne l'a su qu'un mois et demi apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il fallait tout simplement fermer des sucreries et nous allions nous engloutir dans la fosse de Bartlett. Le pays comptait de nombreux &#233;conomistes, beaucoup, et je ne veux pas les critiquer, mais, avec la m&#234;me franchise avec laquelle je parle des erreurs de la R&#233;volution, je peux leur demander pourquoi nous n'avions pas d&#233;couvert qu'il &#233;tait impossible de maintenir cette production, alors qu'il y avait belle lurette que l'URSS avait disparu, que le p&#233;trole valait quarante dollars le baril et que les cours du sucre &#233;taient au plus bas. Comment n'avions-nous pas d&#233;couvert qu'il fallait rationaliser cette industrie et qu'il &#233;tait insens&#233; de semer presque deux cent soixante-dix mille hectares de terre chaque ann&#233;e, en vue de quoi il fallait labourer avec des tracteurs et des charrues lourdes, semer une canne qu'il fallait ensuite nettoyer avec d'autres machines, fertiliser avec de co&#251;teux engrais, ou des herbicides tout aussi co&#251;teux, etc. ? Aucun &#233;conomiste de notre pays ne semblait s'en &#234;tre rendu compte. Et il a fallu tout simplement donner des instructions, quasiment un ordre, d'arr&#234;ter ces labours. Si vous on dit : &#171; Le pays est envahi &#187;, vous ne pouvez pas r&#233;pondre : &#171; Un moment, je dois me r&#233;unir trente fois avec des centaines de personnes. &#187; C'est comme si nous avons dit au moment de Playa Gir&#243;n : &#171; Nous allons nous r&#233;unir et discuter trois jours des mesures &#224; prendre contre les envahisseurs. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, je vous assure que la R&#233;volution a &#233;t&#233;, tout au long de son histoire, une vraie guerre, tandis que l'ennemi est constamment aux aguets, constamment pr&#234;t &#224; frapper chaque fois que nous lui en donnons l'occasion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, j'ai fait venir le ministre et je lui ai dit : &#171; Combien d'hectares as-tu d&#233;j&#224; labour&#233;s ? &#187; Il m'a r&#233;pondu : &#171; Quatre-vingt mille. &#187; Je lui ai dit : &#171; N'en laboure pas un de plus. &#187; Ce n'&#233;tait pas mon r&#244;le, mais il ne me restait pas d'autre solution, vous ne pouvez pas laisser les gens couler le pays...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons fait des choses de ce genre, &#224; en faire pleurer les pierres ! Ce n'est pas votre faute, mais je me demande : que nous arrivait-il ? Pourquoi ne nous rendions-nous pas compte ? Quelles choses mauvaises &#233;tions-nous en train de faire ? Que devions-nous rectifier ? Il y avait belle lurette que l'URSS s'&#233;tait effondr&#233;e, que nous nous &#233;tions retrouv&#233;s du jour au lendemain sans carburants, sans mati&#232;res premi&#232;res, sans aliments, sans articles d'hygi&#232;ne, sans rien. Peut-&#234;tre a-t-il fallu que &#231;a nous arrive, peut-&#234;tre a-t-il fallu que nous souffrions ce que nous avons souffert, tout en &#233;tant pr&#234;ts &#224; nous donner notre vie cent fois plut&#244;t que livrer la patrie ou de livrer la R&#233;volution &#224; laquelle nous croyions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre tout &#231;a a-t-il &#233;t&#233; n&#233;cessaire, parce que nous avons commis de nombreuses erreurs, des erreurs que nous essayons de rectifier ou, si vous voulez, que nous sommes en train de rectifier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des grandes rectifications engag&#233;es par le parti et par le gouvernement a &#233;t&#233; de mettre fin &#224; la pr&#233;rogative de trois mille citoyens de g&#233;rer les devises du pays. S'ils contractaient des dettes, personne ne savait s'ils pouvaient les rembourser ou non ; il pouvait s'agir d'un investissement inutile ou insens&#233; ou subjectif, et l'&#201;tat devait alors rembourser. Et si l'&#201;tat ne le faisait pas, son cr&#233;dit en souffrait d'autant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est plus le cas. Je tiens &#224; vous dire que le pays rembourse jusqu'au dernier centime, sans prendre une seconde de retard, et son cr&#233;dit ne cesse de s'&#233;lever. On ne jette plus l'argent par les fen&#234;tres, comme c'&#233;tait le cas de cette colossale stupidit&#233; qu'&#233;tait l'industrie sucri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que penseriez-vous si je vous disais que, selon les inventaires, ce minist&#232;re poss&#232;de de deux &#224; trois mille camions de plus que lorsqu'il produisait huit millions de tonnes de sucre ! C'est dur &#224; dire, mais je dois le dire. Et je le dirai autant de fois qu'il le faudra. Et je le ferai en public, parce que je n'ai pas peur d'assumer les responsabilit&#233;s que je dois assumer, parce que nous ne pouvons continuer d'&#234;tre si coulants. Qu'on m'attaque, qu'on me critique, je sais tr&#232;s bien comment vont les choses. Beaucoup doivent se sentir un peu froiss&#233;s : des rois, des tsars, des empereurs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que tous nos ministres sont comme &#231;a ? Non. Certains de nos ministres ont &#233;t&#233; d&#233;ficients, et m&#234;me bien d&#233;ficients. Et, de notre c&#244;t&#233;, nous avons &#233;t&#233; parfois coulant avec des fonctionnaires qui occupent des postes importants. Mais j'ai une vieille habitude : travailler d'ordinaire avec les compagnons qui ont commis des erreurs ; je l'ai fait bien souvent tout au long de ma vie, tant que je constate des qualit&#233;s en eux ; bien souvent, les qualit&#233;s existent, mais les orientations ne sont pas correctes ; ou alors il s'agit bien souvent de c&#233;cit&#233;, m&#234;me si le pays dispose de tous les m&#233;canismes et de toutes les institutions n&#233;cessaires pour se d&#233;fendre, pour lutter, pour combattre honn&#234;tement, sans abus de pouvoir. Ecoutez bien : sans abus de pouvoir ! Rien ne justifierait jamais l'abus de pouvoir de la part de l'un d'entre nous. En revanche, nous devons oser, nous devons avoir le courage de dire la v&#233;rit&#233;. Mais pas toutes les v&#233;rit&#233;s : parce que vous n'&#234;tes pas oblig&#233;s de les dire toutes &#224; la fois. Les batailles politiques se livrent selon une tactique, selon des informations ad&#233;quates. Je ne vais pas tout vous dire, je vais vous dire juste l'indispensable. Peu importe ce que les bandits diront demain ou apr&#232;s-demain, ou alors les d&#233;p&#234;ches. Rira bien qui rira le dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; propos de d&#233;p&#234;ches, certaines affirment que Castro a lanc&#233; une offensive, que Castro a lanc&#233; les travailleurs sociaux, que nous renon&#231;ons aux avanc&#233;es progressistes acquises... Les avanc&#233;es progressistes, c'est qu'on vous vende une livre de riz &#224; quatre pesos ! Qu'on escroque le citoyen ! Quel retrait&#233; peut acheter &#224; ce prix ? Un retrait&#233;, d'une part, quatre-vingts pesos, cinq petites livres de riz sur le livret d'approvisionnement... A La Havane, non, elle &#233;tait privil&#233;gi&#233;e, avec six livres, une livre de plus, ainsi que Santiago, d'ailleurs. Les autres provinces, c'&#233;taient cinq livres. Il faut les peser une par une. Aujourd'hui, tout le pays re&#231;oit deux livres de plus de riz. J'esp&#232;re qu'un jour la production nationale suffira. Et ce moment n'est pas tr&#232;s tr&#232;s loin, &#224; moins qu'on en alimente les poulets. Oui, le moment n'est pas loin o&#249; la production nationale suffira.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous sommes aussi en train de cr&#233;er les conditions pour faire dispara&#238;tre le livret d'approvisionnement. En effet, ce qui avait &#233;t&#233; indispensable dans des conditions donn&#233;es devient maintenant une g&#234;ne. Et quiconque voudra acheter plus de riz et moins de sucre pourra le faire, ou alors plus d'une chose et moins d'une autre, sans avoir &#224; choisir entre l'un ou l'autre, entre haricots noirs et haricots rouges, par exemple. Je vous avertis : vous allez devoir pr&#234;ter beaucoup d'attention &#224; la cuisine, et vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains parlaient aussi du chocolat en poudre vitamin&#233;, le fameux /chocolat&#237;n/. &#171; Je le croirai quand je le verrai &#187;, disaient-ils. C'&#233;tait la m&#234;me chose avec l'autocuiseur. Qui a maintenant des millions de croyants ! D'autres disaient &#224; propos du /chocolat&#237;n/ : &#171; C'est comment ? Combien vaut-il ? Huit pesos ! Pour un produit du livret, c'est pas donn&#233; ! &#187; Moralit&#233; : tout ce qui est du livret doit &#234;tre donn&#233;, comme l'&#233;lectricit&#233;... &#199;a revient &#224; combien, en dollars, apr&#232;s la revalorisation du peso ? Trente-deux centimes. Et que contient le /chocolat&#237;n/ ? C'est un paquet de deux cents grammes : tous les onze grammes, sept de lait entier en poudre - les m&#233;fiants, qu'ils aillent &#224; un laboratoire pour le faire analyser - et quatre de cacao, qui est tr&#232;s fort, aussi fort que salutaire, et Cuba est peut-&#234;tre aujourd'hui le pays du monde &#224; plus forte consommation de cacao par habitant. L'enfant en prend, mais le papa aussi, de la m&#234;me mani&#232;re que le papa prend le caf&#233; de l'enfant. Comme l'enfant est n&#233; et inscrit sur le livret, alors il a droit automatiquement &#224; un sachet de caf&#233;, de cinq pesos ! Du caf&#233; pour de bon. &#171; Pour un produit du livret, c'est pas donn&#233; ! &#187; Disons alors : c'est moins donn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La voie pour atteindre ce que je disais : que le travailleur gagne plus et quiconque travaille gagne plus, et que tout retrait&#233; touche plus, ce n'est pas celle du livret. Celle que nous disons, c'est plus de revenus et plus de produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a en deux ici, devant moi, et ils ne sont pas mauvais. Certains d&#233;couvrent d'ailleurs le /chocolat&#237;n/. Je sais que nos m&#233;decins, l&#224;-bas, au Cachemire, en prennent tous les soirs, de ce petit sachet qui &#171; n'est pas donn&#233; &#187;, et ils peuvent y ajouter du lait. Celui de l'enfant, vous pouvez d'ailleurs lui ajouter de l'eau, ou du lait. Il contient des prot&#233;ines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je peux vous assurer que nous calculons les prot&#233;ines que contiennent chaque haricot et chaque &#339;uf. Une grande partie du pays en re&#231;oit cinq. La Havane, huit. Plus de cent communes en re&#231;oivent dix, et chacun des nouveaux a re&#231;u une augmentation. Si vous multipliez : 5 x 9 fait 45. Soit 4,50, plus cinq pour 15 centimes, 75. Autrement dit, avec 5,25 centimes, vous achetez dix &#339;ufs. Celui qui touche le moins, celui de l'assistance sociale, touche 50 pesos et peut donc acheter cinq nouveaux &#339;ufs pour 4,5. Exact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, mais apr&#232;s est venu le /chocolat&#237;n/, et il faut &#244;ter 8, ou le /cafet&#237;n/, et il faut &#244;ter 5, plus 8, soit 13 ; plus 5,25, &#233;gal 18,25.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a deux livres de riz, &#224; 90 centimes la livre, soit un peu moins de quatre centimes de dollar. Oui, c'est en plus, et le pays a d&#251; d&#233;penser quarante millions de dollars pour ces deux livres de riz, et il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; le faire. Et celui auquel vous avez augment&#233; les revenus de cinquante pesos, bien entendu, il lui en reste un petit peu moins. Mais vous pensez alors combien vous allez augmenter tout de suite la pension du retrait&#233; pour qu'il puisse acheter ceci ou cela, et vous faites en sorte que l'argent soit garanti avant de le distribuer. Il n'est pas question d'imprimer des billets sans contrepartie en marchandises ou en services, parce que alors nos illustres interm&#233;diaires vont faire payer cinq pesos le riz au lieu de trois, et des choses de ce genre. N'oubliez pas que ces gens-l&#224; sont des pirates, ils peuvent se faire payer n'importe quoi. M&#234;me une livre de haricot &#224; huit pesos, si &#231;a leur chante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je tiens &#224; dire que tous ceux qui dans notre pays recevaient dix onces - soit dix millions de personnes - en re&#231;oivent d&#233;sormais vingt, et que tous ceux qui en recevaient vingt en re&#231;oivent trente, et que ceux qui recevaient dix et ensuite vingt vont en recevoir trente. Soit le triple de la quantit&#233; de haricots, ou de grains, comme on dit maintenant, sans inclure le riz ou le ma&#239;s. Cinq millions, le triple, et le reste, 50 p. 100 de plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a aussi, &#231;a nous a co&#251;t&#233; quelques dizaines de millions de dollars. Je ne vais pas vous demander d'o&#249; nous les sortons ou comment nous nous d&#233;brouillons, parce que les grands th&#233;oriciens le discutent : &#171; Ce n'et pas beaucoup. &#187; Bien entendu, l'id&#233;al serait le triple. Et d'o&#249; on le sort ? Vous pouvez me dire, mon cher monsieur, d'o&#249; on le sort ? Qui il faut agresser pour &#231;a ? Ou est-ce que nous allons vous prendre pour des niais en vous donnant bien plus que &#231;a pour que vous vous retrouviez grug&#233; &#224; la fin ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un certain nombre de petites questions &#224; poser aux sots. Ceux qui ont des opinions ne sont pas tous des sots, bien entendu, mais beaucoup de sottises proviennent de l'ignorance : c'est cher, c'est pas donn&#233;, tout est cher...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les appartements, nous en avons fini par en faire cadeau. Certains en sont devenus propri&#233;taires en payant cinquante pesos par mois, ou quatre-vingts. Si l'argent leur arrivait de Miami, au change &#231;a leur co&#251;tait trois dollars ! D'autres les vendaient, &#224; quinze ou vingt mille dollars, alors qu'ils ne leur avaient co&#251;t&#233; en fin de compte que cinq cents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pays peut-il r&#233;gler la question du logement en faisant cadeau des appartements ? Et qui en b&#233;n&#233;ficiait d'ailleurs, le prol&#233;taire, les petits gens ? De fait, bien des petites gens qui avaient re&#231;u un appartement quasiment donn&#233; le revendaient au nouveau riche. Combien le nouveau riche pouvait-il payer pour un appartement ? C'est du socialisme, &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a a pu &#234;tre une n&#233;cessit&#233; &#224; un moment donn&#233;, mais &#231;a a pu &#234;tre aussi une erreur. Le pays a re&#231;u un coup d&#233;vastateur, quand la grande puissance s'est effondr&#233;e du jour au lendemain et nous a laiss&#233;s seuls, absolument seuls, et que nous avons perdu tous les march&#233;s de notre sucre et que nous avons cess&#233; de recevoir des vivres, du carburant, et jusqu'au bois pour enterrer chr&#233;tiennement nos morts. Et tout le monde se disait : &#171; &#199;a va s'effondrer. &#187; Et une bonne quantit&#233; de cr&#233;tins continuent d'ailleurs de croire que &#231;a va s'effondrer, si non maintenant, du moins demain. Et plus ils se font des illusions, et plus nous devons, nous, r&#233;fl&#233;chir et plus nous devons tirer des conclusions, pour que la d&#233;faite ne soit jamais le lot de notre glorieux peuple qui nous a tant fait confiance &#224; tous /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'il n'y ait jamais ici d'URSS, ni de camps socialistes dissous, &#233;clat&#233;s ! Que l'Empire ne vienne pas ici installer des prisons secr&#232;tes pour torturer les hommes et les femmes progressistes du reste du continent qui se dresse aujourd'hui d&#233;cid&#233; &#224; atteindre son seconde et d&#233;finitive ind&#233;pendance !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mieux vaut qu'il ne reste m&#234;me pas l'ombre du souvenir d'aucun de nous et d'aucun de nos descendants plut&#244;t que de recommencer &#224; vivre une vie si r&#233;pugnante et si mis&#233;rable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous disais que nous &#233;tions toujours plus r&#233;volutionnaires. Pourquoi ? Parce que nous connaissons toujours mieux l'Empire, parce que nous savons toujours mieux de quoi il est capable. De fait, auparavant, nous &#233;tions sceptiques au sujet de certaines choses qu'il pouvait faire et qui nous semblaient impossibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont tromp&#233; leur monde. Ils ont profit&#233; des m&#233;dias pour s'emparer des esprits et ils ont gouvern&#233; non seulement &#224; coups de mensonges, mais encore de r&#233;flexes conditionn&#233;s. Un mensonge est une chose, un r&#233;flexe conditionn&#233; en est une autre : le mensonge trouble la connaissance ; le r&#233;flexe conditionn&#233; trouble la capacit&#233; de penser. Et ce n'est pas pareil d'&#234;tre d&#233;sinform&#233; et d'avoir perdu la capacit&#233; de jugement parce qu'on vous a inculqu&#233; des r&#233;flexes : &#171; Ceci est mauvais, ceci est mauvais ; le socialisme est mauvais, le communisme est mauvais &#187;, et tous les ignorants et tous les pauvres et tous les exploit&#233;s ressassent : &#171; Le communisme est mauvais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Cuba est mauvaise, Cuba est mauvaise &#187;, leur dit l'Empire. Il le leur dit &#224; Gen&#232;ve, il le leur a dit &#224; des tas d'endroits diff&#233;rents, et tous les exploit&#233;s de ce monde, tous les analphab&#232;tes et tous ceux qui ne re&#231;oivent pas de soins m&#233;dicaux ni d'&#233;ducation, qui n'ont pas un emploi garanti, qui n'ont absolument rien de garanti, en fait, ressassent : &#171; La R&#233;volution cubaine est mauvaise, la R&#233;volution cubaine est mauvaise. &#187; On a beau leur dire : &#171; Oui, mais la R&#233;volution a fait ceci et cela... Oui, mais il n'y a pas d'analphab&#232;te... Oui, mais la mortalit&#233; infantile est &#224; ce niveau-l&#224;... Oui, mais tout le monde sait lire et &#233;crire... Oui, mais il ne peut pas y avoir de libert&#233; sans culture... Oui, mais il ne peut y avoir de libre choix sans connaissance... &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce la faute de l'analphab&#232;te ? Comment peut-il savoir si le Fonds mon&#233;taire est bon ou mauvais, ou alors que les int&#233;r&#234;ts sont plus &#233;lev&#233;s, ou que le monde est soumis &#224; un pillage permanent &#224; travers les milliers de m&#233;thodes de ce syst&#232;me-l&#224; ? Il ne le sait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce syst&#232;me-l&#224; n'apprend aux masses &#224; lire et &#224; &#233;crire. Il est capable de d&#233;penser un billion de dollars tous les ans en publicit&#233;. Et ce n'est pas seulement ce qu'il d&#233;pense, mais &#224; quoi il le d&#233;pense : il le d&#233;pense &#224; cr&#233;er des r&#233;flexes conditionn&#233;s, pour que vous achetiez Palmolive, et l'autre Colgate et l'autre encore Cadum, tout simplement parce qu'on vous l'a r&#233;p&#233;t&#233; cent fois, que vous l'a associ&#233; &#224; une photo bien l&#233;ch&#233;e, qu'on vous a fourr&#233; &#231;a dans le cr&#226;ne. Eux, qui parlent tant de lavage de cerveau, ce sont eux qui vous sculptent le cerveau, qui vous le mod&#232;lent, qui lui donnent une forme, qui vous enl&#232;vent votre capacit&#233; de penser. Et encore sils enlevaient sa capacit&#233; de penser &#224; quelqu'un qui sort d'une universit&#233; et qui peut au moins lire un livre, ce serait moins grave. Mais l'analphab&#232;te, que peut-il donc lire ? Comment va-t-il savoir qu'on le berne ? Comment apprend-il que le plus gros mensonge de ce monde-ci, c'est de dire que c'est de la d&#233;mocratie, le syst&#232;me pourri qui r&#232;gne dans ce pays-l&#224; et dans la plus grande partie des autres pays qui l'ont copi&#233; ? Tout ceci fait un mal terrible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et alors vous ne cessez de prendre toujours plus conscience, jour apr&#232;s jour, jour apr&#232;s jour, et vous sentez toujours plus de r&#233;pugnance, toujours plus de m&#233;pris, toujours plus de haine, toujours plus de condamnation, toujours plus d'envie de vous battre. C'est ce qui explique que vous pouvez finir par devenir au fil du temps bien plus r&#233;volutionnaire que vous l'&#233;tiez quand vous ignoriez bien de ces choses-l&#224; et que vous ne connaissiez que les facteurs de l'injustice et de l'in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En vous disant tout ce que je vous dis, je ne fais pas de la th&#233;orie, m&#234;me s'il le faut. Nous sommes en train d'agir, nous sommes en marche vers un changement total de notre soci&#233;t&#233;. Il nous faut changer de nouveau, parce que nous avons travers&#233; une &#233;poque tr&#232;s difficile qui a donn&#233; naissance &#224; ces in&#233;galit&#233;s, &#224; ces injustices. Et nous allons changer sans commettre le moindre abus, sans &#244;ter un peso &#224; personne. Pour nous, en effet, la confiance de la population dans une banque vaut plus que tout. Et nous le pourrons parce que la R&#233;volution est en train de cr&#233;er des richesses, qu'elle va cr&#233;er de grandes quantit&#233;s de richesse qui ne viendront pas de la canne &#224; sucre ou de choses de ce genre, mais qui viendront essentiellement de notre capital humain, de l'exp&#233;rience aussi, parce que savoir ce qu'il faut faire est tr&#232;s important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si je vous racontais l'histoire de toutes les stations-service de la capitale, vous seriez &#233;tonn&#233;s. Il y en a deux fois plus que de raison. Un vrai chaos. Chaque minist&#232;re a voulu avoir les siens, et on vous distribue par ci et on vous distribue par l&#224;... Dans les organes du pouvoir populaire, le d&#233;sastre est universel, le chaos, et ils en ont plus r&#233;cup&#233;r&#233; les camions les plus vieux, ceux qui d&#233;pensent le plus d'essence, etc. Quand il semblait qu'on avait rationalis&#233; l'utilisation des camions, on hypoth&#233;quait en fait &#224; jamais l'avenir du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-on avoir la m&#234;me conduite quand le carburant co&#251;te deux dollars que quand il en co&#251;te dix ou vingt, ou quarante ou m&#234;me soixante ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des pires choses qui nous soient arriv&#233;s, c'est justement &#231;a : avoir cru les strat&#232;ges des syst&#232;mes &#233;lectriques. Vous vous posiez une question, et puis une autre et encore une autre, jusqu'au jour o&#249; vous d&#233;couvriez que le probl&#232;me clef, c'est qu'on appliquait une conception qui correspondait &#224; l'&#233;poque o&#249; le carburant valait deux dollars, et que notre politique en mati&#232;re de canne &#224; sucre correspondait &#224; cette m&#234;me &#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, les cours du p&#233;trole n'ob&#233;issent &#224; aucune loi de l'offre et de la demande ; ils ob&#233;issent &#224; d'autres facteurs, &#224; la raret&#233;, au gaspillage colossal des pays riches, sans le moindre rapport avec la moindre loi &#233;conomique. Raret&#233; face &#224; une demande extraordinaire en augmentation constante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai appris une nouvelle ce matin : la demande quotidienne pour l'ann&#233;e prochaine s'&#233;l&#232;vera de deux millions de barils pour atteindre plus de 84 millions de barils, et les USA, le principal territoire de l'Empire, en consomment &#224; eux seuls 8,6 millions par jour. C'est l&#224; un des points clefs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous invitons toute la population &#224; coop&#233;rer &#224; une grande bataille, qui n'est pas seulement celle du carburant et de l'&#233;lectricit&#233;, mais celle contre tous les vols, de toute sorte, o&#249; que ce soit. Je le r&#233;p&#232;te : contre tous les vols, de toute sorte, o&#249; que ce soit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien co&#251;te l'&#233;nergie totale que le pays consomme, aux cours du p&#233;trole actuel ? Environ trois milliards de dollars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, les &#233;conomies ne vont pas &#234;tre la seule source d'augmentation de nos revenus, il y en aura plusieurs autres, et qui p&#232;sent lourd. Je suis presque s&#251;r - les chiffres finals pourront &#234;tre un peu plus ou un peu moins, quoique je pr&#233;f&#232;re g&#233;n&#233;ralement les chiffres les plus bas - que le pays, compte tenu des donn&#233;es en notre possession, peut &#233;conomiser en peu de temps les deux tiers de l'&#233;nergie qu'il consomme, de toute l'&#233;nergie : &#233;lectricit&#233;, essence, diesel, fuel-oil, etc. de toute fa&#231;on, les cours mondiaux peuvent baisser un peu par rapport aux cours actuels, et ensuite repartir en fl&#232;che. Cela &#233;quivaudrait &#224; plus de 1,5 milliard de dollars. Vous me demanderez : et que fait le pays aujourd'hui de ce 1,5 milliard ? Je vous r&#233;ponds : une partie est vol&#233;e, une autre partie est gaspill&#233;e et une autre partie encore se jette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous sommes en pleine marche, en pleine offensive et en pleine action, je ne peux pas vous donner tous les chiffres, mais je pense que le travail de ces jeunes travailleurs sociaux doit apporter au pays, en dix ans, peut-&#234;tre vingt milliards de dollars par &#233;conomie d'&#233;nergie. Vous avez bien entendu ? Vous savez ce qu'est un million, n'est-ce pas, et vingt millions, et un milliard en devises convertibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Carlitos vient de me passer un petit papier : &#171; D&#233;penses totales de l'&#233;ducation : 4 117 000 000 de pesos ; d&#233;penses de l'enseignement sup&#233;rieur : 886 millions. Information offerte par le minist&#232;re de l'Economie et de la Planification, en consultation avec le minist&#232;re des Finances et des Prix, le 17 novembre 2005. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, 886 millions. 700 millions &#233;quivalent &#224; peu pr&#232;s &#224; 35,4 millions de dollars. Je r&#233;p&#232;te : une petite partie du carburant vol&#233; ou d&#233;tourn&#233;, moins de 20 p. 100. Voil&#224; donc ce que co&#251;tent les universit&#233;s, selon ces chiffres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un milliard de dollars &#233;conomis&#233; &#233;quivaut &#224; vingt-cinq milliards de pesos. La masse salariale de notre pays, au change international - qui est extr&#234;mement arbitraire par rapport &#224; Cuba - se monte &#224; environ 14 milliards de pesos, qui ont dans notre pays un pouvoir d'achat vraiment tr&#232;s sup&#233;rieur. Le taux de change a &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233; et peut l'&#234;tre de nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dois peser chaque mot que je vous dis. Ne croyez pas que j'improvise ; j'ai beaucoup r&#233;fl&#233;chi sur toutes ces donn&#233;es et je les ai en t&#234;te. Je dois peser les mots par ci par l&#224; : ceci, je peux le dire ; cela, non, parce que notre ennemi tente de faire &#233;chouer tout ce que nous faisons et de tromper son monde. Par exemple, en nous accusant de porter atteinte &#224; la sacrosainte libert&#233; de commerce. Mais ils se gardent bien, par exemple, de se demander tout ce qu'on peut faire ici avec un dollar envoy&#233; de l&#224;-bas par l'un de ceux qui sont peut-&#234;tre devenus des professionnels ici, sans avoir pay&#233; un seul centime, vous le savez bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui sont partis d'ici apr&#232;s le triomphe de la R&#233;volution ne sont pas partis analphab&#232;tes. D'ici, tous les ans, ceux qui partaient &#233;taient ceux qui savaient. Les premiers &#224; partir ont &#233;t&#233; ceux qui &#233;taient issus des secteurs les plus riches, et tout au long de plus de quarante ans, l'Empire nous a vol&#233; des dizaines de milliers de dipl&#244;m&#233;s universitaires et des centaines de milliers de travailleurs qualifi&#233;s, qu'il s'efforce maintenant d'emp&#234;cher d'envoyer ici de l'argent comme fonds familiaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle tristesse que le jour o&#249; l'on a ouvert des magasins en devises o&#249; les prix &#233;taient &#233;lev&#233;s pour r&#233;cup&#233;rer une partie de cet argent que ces gens-l&#224; envoyaient et pouvoir ensuite le redistribuer aux autres qui ne recevaient rien, alors que le pays se trouvait dans une situation tr&#232;s difficile !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que fait-on aujourd'hui avec un dollar ? On vous l'envoie ici... Je ne sais pas si quelqu'un /(il s'adresse &#224; une personne de l'assistance)/ t'envoie de l'argent. J'ai de la famille &#224; laquelle on en envoie. Je n'ai rien &#224; voir avec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons fait un jour une enqu&#234;te. Dans certaines provinces, de 30 &#224; 40 p. 100 de la population re&#231;oit quelque chose. Mais c'est vraiment une si bonne affaire que d'envoyer des dollars ici - une si bonne affaire ! &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.utopies.org/spip/local/cache-vignettes/L8xH11_puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; qu'ils pourraient parfaitement nous ruiner en envoyant des dollars, compte tenu de l'&#233;norme pouvoir d'achat dont ils disposaient dans un pays soumis au blocus, avec des produits rationn&#233;s extr&#234;mement subventionn&#233;s et des services gratuites ou extraordinairement bon march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'&#233;lectricit&#233;. Savez-vous combien il co&#251;te &#224; notre pays en devises convertibles de produire un kilowatt, avec notre syst&#232;me qui a tant de probl&#232;mes, avec la centrale Guiteras, avec celle de Felton et d'autres qui sont les causes de coupures de panne et de bien d'autres difficult&#233;s ? Savez-vous combien il nous co&#251;te, ce kilowatt ? Environ quinze centimes de dollar. Mais si toi, qui es si intelligent, qui as si bien parl&#233;, tu recevais un dollar, par exemple, que pourrais-tu faire avec ? Tu as d&#233;j&#224; reconnu que les tarifs de l'&#233;lectricit&#233; &#233;taient bon march&#233;, quasiment donn&#233;s. Si nous en faisons quasiment cadeau au retrait&#233;, au travailleur, c'est un bon cadeau ; le hic, c'est que nous faisons aussi cadeau &#224; celui qui vit du syst&#232;me D, au type qui se fait payer jusqu'&#224; mille pesos pour transporter quelqu'un &#224; Guant&#225;namo, ou qui touche le double du salaire d'un m&#233;decin pour le conduire de La Havane &#224; Las Tunas, en utilisant par-dessus le march&#233; de l'essence obtenu en corrompant le vendeur de la station-service...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai rien contre personne en particulier, mais je n'ai rien non plus contre la v&#233;rit&#233;. Et que celui-ci qui se vexe parce que je dis la v&#233;rit&#233;, eh bien, qu'il se vexe ! Je suis d&#233;sol&#233;, mais je l'avertis d'avance qu'il va perdre la bataille, sans commettre la moindre injustice ou le moindre abus de pouvoir. Oui, de fait, nous faisons quasiment cadeau de l'&#233;lectricit&#233; &#224; celui qui revend la livre de haricots &#224; huit pesos. Et n'arr&#234;tez pas de la vendre, je vous en prie, n'allez pas commencer &#224; ne plus la revendre et m'en accuser. Vendez-la donc, nous n'allons pas l'interdire. Mais je voudrais bien savoir en tout cas ce qu'ils vont faire quand il y aura plus de haricots. Je ne sais s'ils vont baisser leur prix ou non. Toujours est-il que la moiti&#233; de la population en re&#231;oit maintenant trois fois plus, et l'autre moiti&#233; en re&#231;oit 50 p. 100 de plus. J'imagine qu'ils vont devoir diminuer un peu leur prix. Il arrivera au mieux, gr&#226;ce &#224; l'argent que nous &#233;conomiserons, ou &#224; l'&#233;nergie que nous &#233;conomiserons, que nous pourrons un jour allouer dix onces de plus, et le moment viendra o&#249;, quand l'honn&#234;tet&#233; de tous les distributeurs sera garantie, quand pas un seul grain de haricot ne se perdra, quand celui qui ne sera pas achet&#233; sera rendu, car il n'y aura plus moyen de le d&#233;tourner, ni aucune raison de le d&#233;tourner ni aucune condition pour le d&#233;tourner, le sp&#233;culateur finira par ne plus rien revendre du tout ou devra le consommer tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le paysans producteur consomme ce dont il a besoin et vend ses exc&#233;dents. Le sp&#233;culateur vole et ne produit rien. Une d&#233;p&#234;che de la Reuters affirme que le gouvernement s'en prend aux &#171; avanc&#233;es progressistes &#187; d&#233;coulant de la P&#233;riode sp&#233;ciale. Pour elle, les &#171; avanc&#233;es progressistes &#187;, ce sont toutes ces choses-l&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Reuters ne dit rien de ce genre de bandit. Ce n'est pas forc&#233;ment un bandit, d'ailleurs, c'est peut-&#234;tre tout simplement un veinard qui a la chance de recevoir de l'argent des Etats-Unis... Tiens, tu re&#231;ois un dollar. D'un autre c&#244;t&#233;, tu ne d&#233;penses presque rien en &#233;lectricit&#233;, parce que ta consommation est inf&#233;rieure &#224; cent kW, si bien que tu n'as pay&#233; tes cent kW que neuf pesos cubains. C'est exact ? Alors, divise 24 par 9 /(il fait le calcul)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dollar que tu as re&#231;u de l&#224;-bas te fait 2 400 centimes, et tu n'as d&#233;pens&#233; que 900 centimes pour tes cent kW. M&#234;me pas la moiti&#233; de ton dollar. Il te reste encore 1 500 centimes. Car tu es un gar&#231;on tr&#232;s &#233;conome, qui &#233;teins les lumi&#232;res inutiles, qui n'a pas d'ampoules incandescentes, toutes celles que tu as sont de n&#233;on, ton r&#233;frig&#233;rateur consomme moins de 40 W-h, car ce n'es pas un vieux Frigidaire que tu as h&#233;rit&#233; de ta grand-m&#232;re. Le gar&#231;on parfait, quoi ! /(Rires.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, mais supposons tout de m&#234;me que tu consommes 150 kW. &#199;a va te co&#251;ter un tout petit peu plus cher, parce que ces 50 kW suppl&#233;mentaires valent vingt centimes au lieu des neuf d'avant. Soit dix pesos. De sorte que tes 150 kW de consommation te co&#251;tent 19 pesos. Tu vois, tu n'as pas encore d&#233;pens&#233; tout ton dollar, parce que tu ne vis pas en Floride, tu vis &#224; Cuba. Celui de la Floride est un grigou sans c&#339;ur ; lui, il paie l&#224;-bas quinze centimes de dollar, mais il t'envoi un dollar pour que tu puisses payer, avec moins d'un dollar, 150 kW.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais supposons maintenant que tu n'es pas si &#233;conome que &#231;a, que tu as beaucoup d'appareils, peut-&#234;tre un peu obsol&#232;tes, ou alors un appareil de climatisation, etc., et que tu consommes 300 kW. Alors, tu fais tes calculs : les cent premiers kW, neuf pesos ; les deux cents suivants, quarante pesos. Total, donc, quarante-neuf pesos. Pour payer tes 300 kW, tu as d&#233;pens&#233; 1,9 dollar, soit 0,63 centime de dollar par kilowatt d'&#233;lectricit&#233; cubaine. Quelle merveille !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dollar en question, tu ne l'as pas gagn&#233;, ou alors le peso, en travaillant, ce n'est pas non plus un dollar gagn&#233; par un interm&#233;diaire qui a revenu la livre de haricots &#224; huit pesos. Non, c'est un dollar qu'on t'a envoy&#233; de l&#224;-bas, envoy&#233; par quelqu'un qui est parti d'ici en bonne sant&#233;, qui n'a pas pay&#233; un sou pour faire toutes ses &#233;tudes, qui n'est pas malade, parce qu'il n'y pas d'&#233;migrants en meilleurs sant&#233; que les &#233;migrants cubains, qui b&#233;n&#233;ficient par ailleurs des avantages que leur offre la Loi d'ajustement cubain et qui n'ont pas non plus le droit d'envoyer de l'argent &#224; leur famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour produire ces 300 kilowatts qu'il fait payer moins de deux dollars, le pays a d&#251; d&#233;bourser, lui, 44 dollars. Ce qui revient en fait &#224; subventionner ce dollar envoy&#233; des USA... Quel noble pays que le n&#244;tre, qui subventionne les dollars de ceux qui sont l&#224;-bas et qui, au lieu de t'aider noblement, te disent : &#171; Tiens, je vais t'envoyer deux dollars pour payer ton &#233;lectricit&#233;, mais n'en d&#233;pense pas tant, je t'en prie, &#233;conomise, &#233;teins des lumi&#232;res. Tiens, je vais t'envoyer aussi un r&#233;frig&#233;rateur ou je vais t'envoyer l'argent pour que tu l'ach&#232;tes &#224; la /shopping/. &#187; Et le g&#233;n&#233;reux pourvoyeur de dollars poursuit : &#171; Ne te tracasse pas, je vais t'envoyer ce dont tu as besoin, je suis bon, je suis noble, je vais au ciel, je te garantis les trois cents kilowatts que tu co&#251;tes &#224; cette idiotie d'Etat socialiste qui se dit r&#233;volutionnaire et qui dit qu'il va lutter jusqu'&#224; la mort pour d&#233;fendre la R&#233;volution. &#187; Le citoyen peut penser que nous sommes bons, mais il peut aussi penser &#224; juste titre que nous sommes idiots, et il peut m&#234;me avoir raison en partie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maintenant, pour ramasser quarante-cinq dollars, je dois ramasser quatre mille cinq cents centimes. Aupr&#232;s de vous. Combien &#234;tes-vous dans cette salle ? /(On lui r&#233;pond : 405.)/ Quatre cent cinq ? Eh bien, avant de partir, faites bien attention, laissez onze centimes, c'est vous qui payez, cet argent par lequel l'Etat paie est votre argent, autrement dit du peuple cubain. Laissez tous onze centimes pour subventionner les d&#233;penses d'&#233;lectricit&#233; de ce jeune homme pour un mois. N'oubliez pas ! Nous allons mettre quelqu'un &#224; la sortie pour qu'il vous surveille et vous fouille en plus /(rires)/. Est-ce vrai ou non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant au riz, eh bien, avec un dollar, m&#234;me diminu&#233; puisque nous avons r&#233;&#233;valu&#233; notre peso, tu peux acheter cent livres de riz...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, tu n'as pas d&#233;pens&#233; un centime de ce dollar qu'on t'a envoy&#233; en m&#233;dicaments, puisque les m&#233;dicaments &#224; l'h&#244;pital ne co&#251;tent rien ; et si tu les as achet&#233;s dans une pharmacie - ceux qu'on n'a pas d&#233;tourn&#233;s pour les revendre ailleurs - comme ils sont subventionn&#233;s, ils ne t'ont co&#251;t&#233; que 10 p. 100 de leur valeur en devises. Si on t'a hospitalis&#233; et que, va savoir, on t'ait op&#233;r&#233; du genou, ou m&#234;me du c&#339;ur, tu n'as pas d&#233;pens&#233; un sou, alors que ton op&#233;ration aux USA peut valoir mille ou deux mille ou dix mille dollars. Si tu as un infarctus et qu'on te pose une valve, ce qui est arriv&#233; &#224; l'un des fonctionnaires de notre Section des int&#233;r&#234;ts &#224; Washington, alors, tu vas devoir d&#233;bourser quatre-vingt mille dollars. De toute fa&#231;on, on n'a jamais cess&#233; de te fournir des soins ; on a pu &#234;tre plus ou moins aimable avec toi, mais en tout cas, est-ce qu'on t'a refus&#233; quelquefois l'entr&#233;e dans un h&#244;pital ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, notre syst&#232;me n'avait pas encore l'organisation qu'il commence &#224; avoir et qu'il aura bient&#244;t, il ne disposait pas encore des &#233;quipements dont il commence &#224; disposer et dont il dispose d&#233;j&#224; pour une bonne partie, des &#233;quipements de pointe et standardis&#233;s, et donc &#224; maintenance bien plus facile, ou un scanner &#224; soixante-quatre couches, parmi les meilleurs au monde, que nous avons achet&#233;s et pay&#233;s et qui commencent &#224; arriver. Comment les avons-nous pay&#233;s ? Gr&#226;ce aux &#233;conomies et aux revenus du pays qui commencent &#224; augmenter. Bref, tout &#231;a ne te co&#251;te rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis que tu es entr&#233; &#224; la maternelle jusqu'au jour o&#249; tu re&#231;ois ton glorieux dipl&#244;me de docteur en sciences agricoles, ou en sciences physiques ou en sciences m&#233;dicales, tu n'as pas d&#233;bours&#233; un centime pour tes &#233;tudes. Tu as re&#231;u un appartement, si tu as eu de la chance, quoique le plus probable soit que tu n'aies pas eu ce genre de chance, &#224; moins que ton p&#232;re l'ait re&#231;u en tant que participant aux microbrigades du b&#226;timent, mais en tout cas tu ne paies pas d'imp&#244;t sur le logement. Au mieux, tu es peut-&#234;tre un petit d&#233;brouillard et tu t'aies dit : &#171; Je vais le louer &#224; des visiteurs, et en devises convertibles. &#187; Dans ce cas-l&#224;, on te fait payer un imp&#244;t de 30 centimes par dollar de revenu. Donc, on t'a fait cadeau de ton appartement, puisqu'il ne t'a co&#251;t&#233; que cinq cents dollars : en le louant, tu touches huit cents dollars par mois, tu en reverses deux cent quarante &#224; l'Etat, et voil&#224;, tu as donc gagn&#233; plus de cinq cents dollars. Soit 12 500 pesos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et maintenant, tu peux, en vertu de ce sacro-saint droit de libert&#233; de commerce, aller sur un march&#233; agricole et payer trois pesos pour un livre de riz, ou tu peux aller voir le distributeur d'essence et lui dire : &#171; Je viens d'acheter une vieille voiture am&#233;ricaine &#224; Machin ou &#224; Truc, je le lui ai achet&#233; en pesos cubains ou en devises convertibles, et j'ai que quelqu'un qui me garantis l'essence, parce que j'ai trois cents kilom&#232;tres &#224; faire pour aller rendre &#224; mes trois petites amies... &#187; Et elle attirante, sa vieille bagnole am&#233;ricaine, avec les probl&#232;mes de transport que nous connaissons ? Moi, avec une veille am&#233;ricaine, je drague n'importe qui ! /(Rires.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je peux encore, chers &#233;tudiants, ajouter que ceux qui consomment trois cents kilowatts consomment 40 p. 100 de l'&#233;lectricit&#233; r&#233;sidentielle du pays, un taux qui repr&#233;sente au bas mot environ quatre cent millions de dollars que l'Etat, g&#233;n&#233;reux et bienfaiteur, fournit &#224; tous ceux qui consomment le plus. Et quels sont ceux qui consomment le plus ? Allez rendre visite &#224; un nouveau riche et v&#233;rifiez combien d'appareils &#233;lectriques il poss&#232;de.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me rappelle, quand nous &#233;tions en train d'analyser cette question de la consommation &#233;lectrique et des prix, que nous avons d&#233;couvert un /paladar/, un restaurant priv&#233;, qui consommait onze mille kilowatts, et ce cr&#233;tin d'Etat subventionnait le patron en question, auquel les bourgeois aimaient tant amener les visiteurs pour qu'ils voient quel bon go&#251;t avaient la langouste et la crevette issues du miracle de l'initiative priv&#233;e, des produits bien entendu tous vol&#233;s de Bataban&#243; allez savoir par qui ! Quatre ou cinq chaises. Et, bien entendu, cet Etat totalitaire, abuseur, est un ennemi du progr&#232;s parce qu'il et ennemi du pillage... Cet Etat-l&#224;, donc, subventionnait le restaurant priv&#233; en question &#224; raison de plus de mille dollars par mois !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je l'ai appris parce que j'ai demand&#233; combien il d&#233;pensait pour l'&#233;lectricit&#233; qu'il consommait. Je crois qu'une fois d&#233;pass&#233;s les trois cents kilowatts, le kilowatt co&#251;te trente centimes de peso. Tu ne le sais pas ? Aucun de vous ne sait rien. /(On lui dit quelque chose.)/ Non, n'invente pas, j'ai v&#233;rifi&#233; tout &#231;a, parce qu'on a d&#233;sinform&#233; bien des fois. L'exc&#232;s, c'est trente centimes. Pour onze mille kilowatts, ce monsieur payait trois mille pesos. Et l'Etat s'en mettait plein les poches, pensez un peu ! Lui, il payait trois mille pesos cubains, soit cent vingt dollars ; et l'Etat, &#231;a lui co&#251;tait... L'autre fois, j'avais fait le calcul &#224; raison de dix centimes de dollar le kilowatt, mais maintenant, il co&#251;te quinze centimes de dollar... Faites le calcul. Nous allons devoir faire une collecte suppl&#233;mentaire ici... Je ne sais pas si vous avez de l'argent en poche ; en tout cas, ce /paladar/, il vous faut le subventionner. Voyons voir : lui, &#231;a lui co&#251;te cent vingt dollars par mois ; et l'Etat, &#231;a lui en co&#251;te mille deux cent cinquante... Comme vous &#234;tes quatre cents dans cette salle, vous avez devoir laisser &#224; la sortie, non plus seulement les vingt centimes d'avant, mais bel et bien en gros trois dollars... Comme &#231;a, vous aidez l'Etat &#224; subventionner l'&#233;lectricit&#233; que consomme le /paladar/ de ce monsieur. Parce que, nous serine-t-on, la libert&#233; de commerce, le progr&#232;s, le d&#233;veloppement, l'avanc&#233;e, c'est &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous allons leur apprendre, nous, ce que c'est que le progr&#232;s, ce que c'est que le d&#233;veloppement, ce que c'est que la justice, ce que c'est que mettre un terme aux vols. Et je vous avertis : avec le soutien le plus d&#233;cid&#233; du peuple. Nous savons ce que nous faisons, &#224; partir de l'arithm&#233;tique et des chiffres. Nous savons ce que vaut chacune des choses que nous allons &#233;conomiser. Je ne veux pas parler de ce que nous sommes en train d'acheter ni en dire bien plus, au sujet des milliards... Et vous pouvez &#234;tre s&#251;rs en plus que les coupures de courant vont se terminer, croyez-moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; import&#233; environ deux millions et demi d'autocuiseurs &#233;lectriques &#224; thermostat. Pas seulement les autocuiseurs de riz. Mais nous allons aussi avoir de petits appareils qui &#233;conomisent 80 p. 100 de l'&#233;nergie que vous d&#233;pensez pour faire bouillir un litre d'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais vous poser une question et je suis s&#251;r que vous allez pouvoir y r&#233;pondre : que ceux qui n'utilisent pas d'eau ti&#232;de en ao&#251;t pour se doucher l&#232;vent la main. Soyez honn&#234;tes. /(Une jeune fille l&#232;ve la main.)/ Tu n'as jamais utilis&#233; d'eau ti&#232;de ? /(Elle dit non.)/ Et en hiver ? /(Elle dit non.)/ Je te f&#233;licite. Tu fais partie d'environ 10 p. 100 de la population. Et toi, en hiver ? /(Un jeune homme dit oui.)/ Bon, tu es quelqu'un de s&#233;rieux /(rires)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tenez, j'ai pos&#233; la m&#234;me question &#224; d'autres personnes, pas comme ici, &#224; des &#233;tudiants, mais &#224; des travailleuses. Je leur ai aussi demand&#233; de lever la main. C'&#233;tait le jour de mon anniversaire, en plein &#233;t&#233;, le 13 ao&#251;t. Je leur ai donc demand&#233; lesquelles d'entre elles ne chauffaient pas de l'eau pour se doucher, et aucune des dix n'a pu lever la main ! &#199;a, c'est pour la douche. Mais on fait aussi bouillir l'eau pour les parasites, pour le petit b&#233;b&#233; en &#233;t&#233;. Le jour o&#249; il fait bien froid, je voudrais bien savoir qui d'entre nous se douche sans eau ti&#232;de ! /(Rires.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous savez aussi ce que font les internes pour chauffer l'eau, pas vrai, avec une r&#233;sistance dans un petite bo&#238;te... Vous le savez, n'est-ce pas ? /(Exclamations.)/ Alors, pourquoi vous ne v&#233;rifiez pas combien d'&#233;lectricit&#233; &#231;a consomme ? En tout cas, moi, je peux vous dire qu'il y a des proc&#233;d&#233;s pour chauffer l'eau qui consomment quarante fois plus l'&#233;nergie. Quarante fois !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dites-moi un peu honn&#234;tement : aucun de vous n'a jamais utilis&#233; &#224; la maison un r&#233;chaud &#233;lectrique artisanal quand le gaz se termine ? Je ne parle pas de ceux qui ont le gaz de ville, qui est le plus &#233;conomique. Je parle de ceux qui ont le butane ou le p&#233;trole lampant... Aucun de vous n'a jamais utilis&#233; un r&#233;chaud bricol&#233; pour faire de la cuisine ? Que ceux qui ne l'ont jamais fait l&#232;vent la main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui donc ? Toi, jeune fille ? Viens ici, s'il te pla&#238;t. Oui, toi qui as lev&#233; la main. Viens donc ici. R&#233;ponds-moi bien : tu me dis la v&#233;rit&#233;, n'est-ce pas ? /(Elle dit oui.)/ Tu ne l'as jamais fait, donc. Et o&#249; vis-tu ? /(Elle dit &#224; Santa Mar&#237;a.)/ Il y a l'&#233;lectricit&#233; ? /(Elle dit oui.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voulais d&#233;couvrir la citoyenne id&#233;ale, celle qui n'a jamais utilis&#233; un r&#233;chaud &#233;lectrique bricol&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dis-moi, tu n'as jamais eu chaud l&#224;-bas ? Dis-moi encore : tu as un ventilateur, parce qu'il y a s&#251;rement des moustiques. Quel type de ventilateur as-tu ? Quel moteur ? Aurika ? /(Rires. Elle dit que non, que son ventilateur est un Sanyo &#224; moteur &#233;lectrique efficace.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu es fille d'agriculteurs, n'est-ce pas ? /(Elle dit oui.) /Mais tu ne vends rien sur le fameux march&#233;, pas vrai ? /(Rires.)/ Tu es honn&#234;te, tu as un peu plus de ressources...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu n'as aucune ampoule incandescente ? /(Elle r&#233;pond qu'elle en a.)/ Combien ? De combien de watts ? /(Elle r&#233;pond : deux de 60 watts.)/ Tu vois bien avec ? /(Elle dit oui.)/ Combien d'heures sont-elles allum&#233;es par jour ? /(Elle r&#233;pond qu'un certain nombre d'heures.) /Cinq, six ? /(Elle pr&#233;cise qu'une ampoule reste allum&#233;e toute la nuit.)/ Toute la nuit... Pour qu'il n'y pas d'obscurit&#233;... Douze, dix heures ? /(Elle r&#233;pond : douze.)/ Douze heures, parfait. Et l'autre ? /(Elle dit qu'elle reste allum&#233;e de six heures de l'apr&#232;s-midi &#224; dix heures et quelque.) /Disons alors : quatre heures. Donc, douze et quatre, &#231;a fait seize heures. 16 par 60 : 960 watts. Alors, au lieu de d&#233;penser 960 watts, on va te faire cadeau de deux ampoules fluorescentes qui consomment sept watts chacune. Si tu les maintiens autant d'heures allum&#233;es, autrement dit seize heures, tu ne consommeras que cent douze watts et tu verras mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu veux faire un petit cadeau au pays ? Tu veux ? Je suis s&#251;r que oui. Tu vis l&#224;-bas ? Je n'ai pas voulu te le demander, mais le probl&#232;me est r&#233;gl&#233;. Je vais te dire combien tu vas donner au pays tr&#232;s bient&#244;t, d&#232;s demain si tu veux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enrique, envoies-lui deux ampoules de sept watts, ou si tu veux de quinze ou de vingt, et vous allez voir mieux qu'avec les ampoules incandescentes, et moins de voleurs viendront r&#244;der autour de chez vous. Ces deux ampoules de n&#233;on de sept watts, j'avais calcul&#233; qu'elles consomment au total 112 watts, que je soustrais des 960 que consomment les ampoules incandescentes : 960 moins 112, 858 watts, multipli&#233; par les 365 jours de l'ann&#233;e, soit 313,170 kilowatts, divis&#233; par mille &#233;gale &#224; 313,17 kilowatts ; multipli&#233; par 15 centimes, leur co&#251;t de production en devises, donne 46 dollars et 97 centimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Merci d'avance : tu vas faire cadeau au pays - attends, ne pars pas - du paiement que tu dois faire maintenant, puisque tu vas faire cadeau &#224; Cuba de 12,7 centimes par jour, en cent jours tu va lui faire cadeau de 12,7 dollars, et l'an prochain tu feras cadeau &#224; tous de 46,45 dollars pour pouvoir acheter un peu plus de haricots ou de n'importe quoi d'autre. Et en plus tu verras mieux. Donc, rien qu'en changeant ces deux ampoules, tu vas nous faire cadeau &#224; tous de 46,45 dollars. Nous n'allons pas te faire payer, ni toi ni les autres, les deux ampoules, qui durent cinq fois plus que les ampoules incandescentes et qui donnent moins de chaleur, si bien que tu devras moins utiliser ton ventilateur Sanyo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyez donc un peu par cet exemple. Alors, imaginez qu'au lieu de deux ampoules, c'en soit quinze millions ! Pas seulement dans les foyers, qui en ont plus que selon les calculs, mais encore ceux des &#233;coles, des magasins, etc. Quinze millions. Elle, elle n'en a que deux, et les utilise pas mal. D'autres les utilisent moins longtemps et d'autres encore bien plus, on ne peut extrapoler si facilement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, rien qu'en quelques heures, on doit pouvoir &#233;conomiser vraisemblablement de deux &#224; trois centrales &#233;lectriques de cent mille kilowatts, en puissance, en plus des frais de carburant et autres pour produire l'&#233;lectricit&#233; qui se gaspille, une puissance n&#233;cessaire pour que les ampoules restent allum&#233;es une heure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quoi riez-vous ? /(On lui indique le plafond du Grand Amphi, d'o&#249; pendent des lustres avec un grand nombre d'ampoules incandescentes.)/ Ah ! non, je suis pr&#234;t &#224; payer pour les maintenir comme &#231;a, c'est tr&#232;s beau. &#199;a, ce n'est pas du gaspillage, il s'agit d'une d&#233;coration traditionnelle, historique, et en plus on n'y faisait pas des c&#233;r&#233;monies tous les jours et &#224; toute heure. En tout cas, le coupable, c'est moi, parce que la salle reste &#233;clair&#233;e tout le temps que je suis &#224; cette tribune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, un grand merci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;/(Il s'adresse &#224; une jeune fille de Ciego de Avila qui est rest&#233;e debout &#224; c&#244;t&#233; de la pr&#233;c&#233;dente de La Havane.) /Une petite question : tu as un r&#233;frig&#233;rateur chez toi ? /(Elle lui r&#233;pond qu'il est en panne.)/ En panne ? On ne lui a remplac&#233; les joints et le thermostat ? /(Elle dit oui.)/ Et pourquoi il est donc tomb&#233; en panne ? /(Il dit que le moteur a grill&#233;.) /Quand ? /(Elle dit : depuis un certain temps.) /Quelle marque ? /(Elle dit : russe.)/ Russe. Minsk, ou fabriqu&#233; avec des moteurs russes par l'INPUD de Santa Clara. En panne donc. Ta consommation, alors, est bien sup&#233;rieure &#224; celle des deux ampoules d'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Supposons que ton r&#233;frig&#233;rateur ne soit pas tomb&#233; en panne. Qu'allons-nous faire de toi ? Il faut qu'on te change ton r&#233;frig&#233;rateur, parce qu'il consomme trop de courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant-hier, j'ai eu une r&#233;union avec des travailleurs sociaux qui partaient s'occuper des camions et des tracteurs. Ils partaient v&#233;rifier o&#249; ils se trouvaient, o&#249; vivaient les chauffeurs, comment ils s'appelaient, quel &#233;tait leur plaque min&#233;ralogique, combien de carburant ils d&#233;pensaient, combien de diesel par heure, combien de kilom&#232;tres au litre, etc. En tout cas, il ne faut pas &#234;tre malin pour savoir que ton r&#233;frig&#233;rateur en panne, ton Minsk, consomme &#233;norm&#233;ment d'&#233;lectricit&#233;. Combien ? Tu ne te rappelles pas ? Il doit consommer environ trois cents watts par heure. Toi, oui, tu nous coules la R&#233;publique ? Ton frigo d&#233;fectueux doit consommer &#224; lui seul au moins sept kilowatts par jour. Alors, si tu le remplaces par un nouveau, qui consomme moins de quarante watts heure, tu pourrais... Je vais te dire combien tu &#233;conomiserais, en calculant rien que deux cents watts par heure... &#199;a fait 4,8 kilowatts par jour. Apprenez &#224; multiplier, parce que vous allez devoir le faire. /(Il fait des calculs.)/ &#192; 15 centimes le kilowatt, tu vas nous faire cadeau de... 15 et 15, 30 et 30, environ 72 centimes par jour. Tu vas avoir ton r&#233;frig&#233;rateur. Nous allons le noter, n'est-ce pas, Enrique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu n'as pas de frigo maintenant ? /(Elle dit qu'on est en train de le r&#233;parer.)/ Et d'o&#249; tu vas trouver le moteur, dis-moi ? /(Elle dit qu'on enroule les bobines de la dynamo.)/ Attends un peu, comme &#231;a tu vas &#233;lever sa consommation d'au moins 30 p. 100, parce que ces bobines enroul&#233;s sont un d&#233;sastre ! Enrique, les frigos &#224; bobines enroul&#233;s, combien ils consomment ? C'est ce que font bien des gens, le moteur tombe en panne, et les gens recourent &#224; cette solution, parce qu'il n'y en pas d'autres, ce n'est pas leur faute. C'est l'Etat qui es fautif. En tout cas, je peux te garantir que d'ici six mois tu auras un r&#233;frig&#233;rateur qui ne consommera pas plus de quarante watts par heure. Je te parle de ce qui se gaspille, de ce qui se jette. Gr&#226;ce &#224; toi, nous devons &#233;conomiser au moins deux cents watts par heure. Dommage que nous venions de distribuer les cent cinquante r&#233;frig&#233;rateurs que nous avions en r&#233;serve. Peut-&#234;tre en reste-t-il encore sept, Enrique, on pourrait peut-&#234;tre aller faire un essai l&#224;-bas. Nous sommes en train de faire cent cinquante essais en ville, nous allons avoir une r&#233;union avec les repr&#233;sentants d'Arroyo Naranjo o&#249; environ trente mille personnes cuisinent au butane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enrique, combien de travailleurs sociaux sont-ils all&#233;s rendre visite aux habitants d'Arroyo Naranjo, qui compte environ cinquante mille familles ? /(Enrique dit que 1 098 travailleurs sociaux sont partis aujourd'hui rendre visite aux cinquante-cinq mille familles, que la moyenne par travailleur social est de vingt foyers par jour, si bien qu'il calcule qu'ils ont d&#251; rendre visite aujourd'hui &#224; environ vingt mille foyers.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils auront donc visit&#233; tous les foyers en deux jours. Prenant note de tous les articles &#233;lectrom&#233;nagers de la commune. Nous sommes en train de mener &#224; bien de solides exp&#233;rimentations sociales. Nous allons changer le gaz. Peut-&#234;tre ces habitants qui sont les plus pauvres de la capitale m'&#233;coutent-ils : on leur a install&#233; le gaz butane. Prix du butane : plus de sept cents dollars la tonne ; 30 000 x 10 = 300 000 kilos. La consommation mensuelle d'Arroyo Naranjo est au minimum de trois cents tonnes de butane. Soit trois millions de dollars par an. A supposer que ce ne soit vraiment que trente mille consommateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous allons mener une importante exp&#233;rimentation, en collectant toutes les donn&#233;es, en nous r&#233;unissant avec tous les repr&#233;sentants directs des &#238;lots, des conseils populaires, des syndicats, des organisations de masse, soit environ mille cinq cents personnes parmi les plus proches des voisins, pour discuter avec eux l'exp&#233;rimentation que nous proposons. Je suis s&#251;r que ce sera un succ&#232;s, rien que pour les &#233;conomies de d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous allons analyser la consommation en hiver, nous allons voir ce qu'&#233;conomisent les ampoules que nous distribuerons d'ici fin d&#233;cembre ; nous allons remplacer les ventilateurs bricol&#233;s, qui se montent &#224; un million, &#224; quoi va s'ajouter une quantit&#233; &#233;gale de chauffe-eau &#233;lectriques manuels, simples mais efficaces, qui r&#233;duisent consid&#233;rablement la d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous disposerons de quatorze millions d'appareils en d&#233;cembre et nous les distribuerons peu &#224; peu : des autocuiseurs de riz, des autocuiseurs &#233;lectriques, des chauffe-eau. Je n'inclus pas dans cette quantit&#233; les ampoules de n&#233;on qui remplaceront les ampoules incandescentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous verrons aussi ce que nous ferons de certains v&#233;hicules, apr&#232;s que chaque chauffeur ait convers&#233; avec les travailleurs sociaux, et quels sont ceux qu'il faudra d&#233;finitivement d&#233;saffecter. Quand chaque minist&#232;re aura les camions qu'il doit avoir et pas plus, et qu'on exigera qu'au moins 90 p. 100 soit en &#233;tat de marche, et que tous les v&#233;hicules auront la carte grise, les &#233;conomies de carburant par ce moyen seront &#233;tonnantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; vrai dire, nous avons des id&#233;es que je ne veux pas expliquer : nous savons exactement &#224; quel moment il ne restera plus un seul de ces camions &#224; essence et autres &#233;quipements d&#233;voreurs d'&#233;nergie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parl&#233; d'&#233;conomiser les deux tiers de l'&#233;nergie du pays. Nous pensons &#233;conomiser en mati&#232;re d'&#233;lectricit&#233;, d'ici fin 2006, non moins d'un million de kilowatts-heure, que nous produisons et qui se gaspille, et nous serons en conditions de produire, avec de nouveaux &#233;quipements, au moins 1,4 million de kW-h, sans parler des groupes d'&#233;lectrog&#232;nes d'urgence. C'est plus s&#251;r que les choses qui ont &#233;t&#233; annonc&#233;es et qui ont &#233;t&#233; faites, et que celles dont on n'a m&#234;me pas parl&#233; mais qui ont &#233;t&#233; faites aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inutile de s'appesantir. De toute fa&#231;on, il y a des id&#233;es que nous commen&#231;ons &#224; appliquer en masse. Nous profiterons du fait qu'en hiver, la consommation d'&#233;lectricit&#233; diminue de 15 p. 100, car chaque appareil que nous mettrons en circulation doit pouvoir &#234;tre assur&#233; de disposer de l'&#233;lectricit&#233; requise, et que la famille puisse m&#234;me faire la cuisine si le courant vient &#224; manquer. Il existe encore de nombreux probl&#232;mes, mais tous sont &#233;tudi&#233;s minutieusement et surtout, comme dirait Marx, d'une fa&#231;on consciente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne vais pas m'appesantir plus. Je peux revenir &#224; tout moment et nous en reparlons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai abord&#233; un certain nombre de questions. Nous devons &#234;tre conscients : soit nous liquidons toutes ces d&#233;viations et nous renfor&#231;ons la R&#233;volution, en d&#233;truisant les illusions que l'Empire peut encore se faire, ou bien encore, soit nous r&#233;glons une bonne fois pour toutes ces probl&#232;mes soit nous mourons ! Il faut r&#233;it&#233;rer &#224; cet &#233;gard le mot d'ordre de : la patrie ou la mort ! C'est l&#224; quelque chose de tr&#232;s s&#233;rieux, et nous allons jeter dans la bataille toutes les forces n&#233;cessaires, si besoin &#233;tait les vingt-huit mille travailleurs sociaux. Ainsi donc, que ceux qui d&#233;tournent de l'essence, mieux vaut qu'ils restent tranquilles, pour que nous n'ayons pas &#224; les d&#233;couvrir l'un apr&#232;s l'autre, parce que dix mille travailleurs sociaux sont d'ores et d&#233;j&#224; pr&#234;ts. La Havane est en train de se convertir en une &#233;cole spectaculaire o&#249; l'on apprend ce qu'il faut faire. Les travailleurs sociaux apprennent de plus en plus, et nous sommes pr&#234;ts &#224; jeter dans cette bataille les vingt-huit mille d&#233;j&#224; dipl&#244;m&#233;s et les sept mille qui font encore des &#233;tudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si les vingt-huit mille ne sont pas suffisants, dont une partie travaille maintenant &#224; la cr&#233;ation de cellules anticorruption autour de chaque point &#224; surveiller, des cellules compos&#233;es de membres de l'UJC, des organisations de masse, de Combattants de la R&#233;volution, exactement ce que j'avais &#233;voqu&#233; &#224; la Cit&#233; des sports.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#232;mes d&#233;couverts sont attaqu&#233;s s&#233;rieusement. Vous ne pouvez pas imaginer l'enthousiasme des jeunes travailleurs sociaux. Je n'avais jamais vu dans ma vie tant d'enthousiasme, tant de s&#233;rieux, tant de dignit&#233;, tant d'orgueil, tant de conscience du bien qu'ils vont faire au pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai parl&#233; du carburant, de l'&#233;nergie en g&#233;n&#233;ral, ce qui sera la chose la plus importante, mais pas la seule. Combien a-t-on vol&#233; jusqu'ici dans les usines, dans des laboratoires qui produisent par exemple des m&#233;dicaments. C'est le cas d'une usine de La Lisa o&#249; il fallu licencier le directeur et bien des travailleurs, presque une centaine au total, parce que l'administration et une centaine de travailleurs &#233;taient impliqu&#233;es dans les vols de m&#233;dicaments ! Le remplacement de personnel ne suffit pas en soi, et ce ne sera pas la seule solution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ensuite ? Il faut recourir &#224; tous les moyens techniques &#224; notre port&#233;e. Nous avons achet&#233; une quantit&#233; importante de nouvelles pompes pour le tiers environ des stations-service qui resteront en fonctionnement dans tout le pays, tout bien mesur&#233;, ainsi qu'un certain nombre de nouveaux camions-citernes qui ne bloquent pas les rues ni ne provoquent des embouteillages ou des accidents. Ils rouleront la plupart de nuit, aux heures de moindre circulation. Combien de morts ne se produisent-elles par accident !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et un jour, sachez-le bien, la R&#233;volution disposera des instruments d&#233;velopp&#233;s par des techniques de pointe pour savoir o&#249; se trouve chaque camion, &#224; quel endroit, dans quelle rue. Personne ne pourra plus dispara&#238;tre pour aller voir sa tante ou sa petite amie. Non que ce soit mal d'aller voir sa famille, son ami ou sa fianc&#233;e ; ce qui est mal, c'est de le faire avec le camion destin&#233; au travail ; le crime est pire quand le monde conna&#238;t la crise &#233;nerg&#233;tique qu'il conna&#238;t ; ou quand on donne aux gens des savonnettes sans parfum...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On en donne un tout peu plus maintenant, on a augment&#233; la quantit&#233;, et nous prenons les mesures pour l'augmenter encore : le savon, la dentifrice, chacune de ces choses essentielles. Nous le ferons chaque fois que nous le pourrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons achet&#233; mille cars. Mais non pour faire cadeau des trajets. Une partie sert &#224; r&#233;gler des probl&#232;mes vitaux, comme ceux que j'ai signal&#233;s ici ; les autres arriveront dans les prochains mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le transport peut recevoir quelques subventions, mais pas &#224; 90 p. 100, car ce serait ruineux. Les subventions doivent plut&#244;t &#234;tre minimes. Nous devons rationaliser au maximum les salaires, les prix, les pensions et les retraites. Z&#233;ro gaspillage. Rien ne nous y oblige. Nous ne sommes pas un pays capitaliste o&#249; tout est laiss&#233; au hasard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Subventions et gratuit&#233;, uniquement pour les choses essentielles, les choses vitales. Les services m&#233;dicaux, l'&#233;ducation et d'autres services similaires resteront gratuits. Il faut faire payer le logement. On verra combien. Il peut y avoir une subvention, certes, mais ce qu'on paie en un certain nombre d'ann&#233;es doit &#234;tre approchant du co&#251;t. Vous vous direz : avec quoi paierons-nous ces co&#251;ts ? Une part importante, avec ce que nous gaspillons aujourd'hui et ce qu'on vole, et avec les revenus non n&#233;gligeables que le pays touchera en toujours plus grandes quantit&#233;s. Tout est &#224; notre port&#233;e, tout appartient au peuple. La seule chose non permissible, c'est de gaspiller des richesses d'une mani&#232;re &#233;go&#239;ste et irresponsable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'avais vraiment pas l'intention de me lancer dans une conf&#233;rence sur des questions si sensibles, mais &#231;'aurait &#233;t&#233; un crime de laisser filer cette occasion de dire un certain nombre de choses relatives &#224; l'&#233;conomie, &#224; la vie mat&#233;rielle du pays, au sort de la R&#233;volution, aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, aux raisons pour lesquelles nous avons lanc&#233; cette bataille, &#224; la force colossale que nous avons aujourd'hui, au pays que nous sommes aujourd'hui et que nous pouvons continuer d'&#234;tre et que nous pouvons faire meilleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'oserais jamais revenir ici si je mentais, ou si j'exag&#233;rais. J'aime mieux faire que promettre. De toute fa&#231;on, je ne fais rien, parce qu'on ne fait rien seul. Je profite de l'exp&#233;rience ou de l'autorit&#233; que je peux avoir parmi mes compatriotes pour les inciter &#224; livrer des batailles. Des millions de Cubains sont pr&#233;par&#233;s &#224; la guerre du peuple tout entier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai dit que nous avions atteint l'invuln&#233;rabilit&#233; militaire, que cet Empire ne pourra pas payer la quantit&#233; de vies qu'il lui faudrait payer, peut-&#234;tre autant ou plus qu'au Viet Nam, s'il tentait de nous occuper. Et la soci&#233;t&#233; &#233;tasunienne n'est plus dispos&#233;e &#224; conc&#233;der &#224; ses dirigeants le cr&#233;dit de dizaines de milliers de vie pour des &#233;quip&#233;es imp&#233;riales. En Iraq, les morts se chiffrent d&#233;j&#224; &#224; deux mille. Arrivera-t-on aux trois mille ? Et les nouvelles qui arrivent d'Iraq pour les fauteurs de guerre sont chaque fois pires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et nous allons bien voir le sort que courra cette cochonnerie de blocus, parce que de nombreux &#201;tasuniens sont furieux que leurs autorit&#233;s n'aient pas accept&#233; notre offre de m&#233;decins cubains apr&#232;s le Katrina. La plupart les voulait, et encore plus les autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, nous allons bien voir, parce que nous leur prouverons qu'il vaudrait mieux qu'ils l&#232;vent cette cochonnerie : avec &#231;a, ils ne d&#233;truiront jamais la R&#233;volution. Et nous pouvons dire aussi &#224; l'Europe : gardez pour vous votre aide humanitaire, hypocrites, gardez-la toute, nous n'en avons pas besoin. Quel bonheur de pouvoir dire que nous n'avons pas besoin de l'Europe, et que nous n'avons pas besoin de l'Empire ! Levez le blocus quand &#231;a vous chante. Que vous le leviez ou non, &#231;a nous est &#233;gal : parce que, comme &#231;a, vous nous avez appris, vous nous avez tremp&#233;s, nous avons appris &#224; &#233;conomiser, nous avons appris &#224; penser, nous avons appris &#224; grandir, nous avons appris &#224; multiplier nos forces pour &#234;tre &#224; la hauteur de la stature colossale de l'adversaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous ai parl&#233; avec toute la confiance possible. Je vous ai parl&#233; de chacune des t&#226;ches principales des brigades de travailleurs sociaux et de leur action impressionnante. Elles ont d&#251; parfois agir par surprise, en faisant preuve de rapidit&#233;, de discipline et d'efficacit&#233;. &#192; La Havane, ils &#233;taient des milliers, et des milliers &#233;taient mobilis&#233;s comme r&#233;serves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles r&#233;alisent de nombreuses t&#226;ches. Si elles ne suffisent pas, combien d'&#233;tudiants compte cette Universit&#233; ? Je vous dis d&#232;s &#224; pr&#233;sent ce que je leur ai dit &#224; eux : si vingt-huit mille ne suffisent pas, nous organisons une r&#233;union avec vous, les &#233;tudiants de la glorieuse F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants, et vous en cherchez vingt-huit mille autres /(applaudissements)/ qui oeuvreront en tandem avec les travailleurs sociaux qui sont entrain de prendre de la bouteille. Et s'il faut les mobiliser tous, eh bien, nous le ferons. Et si les cinquante-six mille ne suffisent pas, nous organisons une r&#233;union avec vous et vous en cherchez cinquante-six mille autre de renfort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Savez-vous qui va les h&#233;berger ? La population, comme partout. La population qui a une grande estime pour ces jeunes gens. Il ne doit plus y en avoir beaucoup qui disent : &#171; C'est impossible &#224; r&#233;gler &#187;, ou &#171; On n'en sort jamais. &#187; Et, &#224; vos c&#244;t&#233;s, aux c&#244;t&#233;s du peuple, nous prouverons que oui, c'est possible ! Je crois que nous allons avoir bien plus de ressources, non seulement pour r&#233;pondre &#224; des besoins, mais encore pour notre d&#233;veloppement, parce que nous nous g&#233;rons mieux. Bien des choses que nous faisons, nous les faisons avec les ressources que nous avons &#233;conomis&#233;es. Et nous sommes d&#233;j&#224; en train d'&#233;conomiser des centaines de millions de dollars, et les &#233;conomies d&#233;pendront du rythme et de l'efficacit&#233; avec lesquels nous ferons chaque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des id&#233;es nouvelles apparaissent chaque jour, et ce que nous &#233;conomisons en &#233;nergie se convertit aussit&#244;t en ressources. Les centrales thermiques qui marchent le moins bien et consomment le plus seront de trop dans le pays. Nous ne les d&#233;saffecterons pas, bien entendu, pour les avoir en disponibilit&#233; en cas d'impr&#233;vu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien qu'en production d'&#233;lectricit&#233;, le pays d&#233;pense 3,8 millions de tonnes de p&#233;trole par an. Mais notre syst&#232;me &#233;lectrique n'a un taux de rentabilit&#233; que de 60 p. 100.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne construira plus de centrale thermique. On construira des centrales qui utiliseront le gaz accompagnant le p&#233;trole, des centrales &#224; cycle combin&#233; qui s'amortissent en quatre ou cinq ans en faisant payer l'&#233;lectricit&#233; &#224; dix centimes - celle, par exemple, que les h&#244;tels peuvent payer, et permettent de produire ensuite le kilowatt &#224; deux centimes de dollar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne construira jamais plus une centrale thermique comme la Guiteras. C'&#233;tait de la folie, et il fallait &#234;tre satur&#233; de dogmatisme et de sch&#233;matisme quand on la fait. Dans un syst&#232;me qui devait produire environ deux millions de kilowatts, acheter une centrale de 330 000 kW, c'&#233;tait concentrer en une seule centrale plus de 15 p. 100 de la capacit&#233; de production r&#233;elle ! Quand votre centrale tombe en panne, ou que la foudre la frappe, comme cela lui est arriv&#233; voil&#224; quelques semaines, c'est la panne de courant qui frappe durement la population et l'&#233;conomie nationale. Jusqu'&#224; quand la R&#233;volution allait-elle r&#233;sister &#224; la conception erron&#233;e et insane qui existait en mati&#232;re de d&#233;veloppement du syst&#232;me &#233;lectrique ? Une conception qui n'&#233;tait pas le seul fait de Cuba, je vous l'assure, et nous sommes aujourd'hui le premier pays au monde &#224; le d&#233;couvrir, et les autres devront venir voir ce que nous faisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne veux rien ajouter de plus, parce que je risque de dire des choses extr&#234;mement capitales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous allons cesser d'&#234;tre un pays d'idiots pour laisser tous les autres &#224; la tra&#238;ne. Sachez que les autres commettent la m&#234;me erreur et que le b&#226;t les blesse au m&#234;me endroit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, je ne veux pas &#233;num&#233;rer. Je vous promets de vous raconter un jour l'histoire, &#224; vous les dirigeants &#233;tudiants, et peut-&#234;tre aussi &#224; ceux qui sont ici. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je dois me taire parce que parler peut alerter l'ennemi et le mettre en garde. De toute fa&#231;on, il y a des choses que celui-ci ne peut plus freiner, comme les deux millions et demi d'autocuiseurs &#233;lectriques qui sont d&#233;j&#224; dans le pays ou en route. Et quand je dis &#171; en route &#187;, &#231;a veut dire en provenance de Chine. Et la Chine, ce n'est pas un petit &#238;lot, c'est l'un des plus grands pays au monde, devenu aujourd'hui le principal moteur de l'&#233;conomie mondiale, c'est un pays qui produit beaucoup de choses, et nous sommes en n&#233;gociations qui vont &#224; bonne allure pour d'autres achats et d'autres mesures d'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous disais aussi que le cr&#233;dit de notre pays s'&#233;l&#232;ve. Notre pays peut mobiliser des milliards de dollars, nous le disons &#224; B&#251;che, pour qu'il se ronge les sangs un peu plus, si &#231;a lui chante, et &#224; tous les autres intrigants. Qu'ils disent ce qui leur pla&#238;t demain de ces &#171; petits pauvres &#187;, de ces gens &#171; si nobles &#187; qui volaient &#171; si peu &#187;, ceux qui font payer au peuple n'importe quoi pour n'importe quoi. Eh bien, &#224; ces gens-l&#224;, je leur dis &#224; vos c&#244;t&#233;s : &#171; Payez l'essence que vous consommez ! &#187; Pourquoi serions-nous donc contraints de faire des cadeaux au petit fut&#233; d&#233;brouillard, au bandit des grands chemins, ou au radin d'ici, ou &#224; l'&#233;go&#239;ste qui veut que l'Etat lui donne quinze centimes pour chaque kilowatt qu'il paie, lui ? Quelle loi de l'&#233;conomie mondiale nous oblige donc &#224; &#231;a ? Et qu'ils se pr&#233;parent, d'ailleurs, parce que nous avons tout bien calcul&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; d&#233;valu&#233; le dollar, mais celui-ci continue de b&#233;n&#233;ficier de trop de privil&#232;ges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#233;las pour eux, ni ce dollar ni les voleurs ne disposent d'un institut de m&#233;t&#233;orologie, ne disposent d'un Rubiera. Parce que je vous assure que des cyclones sont en train de souffler, mais personne ne sait o&#249; ils vont, s'ils vont direction ouest, ou nord-est, et trois degr&#233;s d'inclination vers le nord ou vers le sud, ou encore si les vents sont de telle ou telle force. Sachez en tout cas que ce cyclone-ci est cat&#233;gorie cinq ! /(Rires.)/ Une cat&#233;gorie cinq, c'est un cyclone qui ne laisse rien debout. Mais, une fois encore, sans abus, sans tuer personne de faim. Uniquement &#224; partir de principes tout &#224; fait simples : le livret d'approvisionnement doit dispara&#238;tre ; ceux qui travaillent et produisent recevront plus, ach&#232;teront plus ; ceux qui ont travaill&#233; pendant des d&#233;cennies recevront plus et auront plus. Le pays aura bien plus, mais il ne sera jamais une soci&#233;t&#233; de consommation : il sera une soci&#233;t&#233; de connaissances, de culture, au d&#233;veloppement humain le plus extraordinaire qu'on puisse concevoir, d&#233;veloppement de la culture, des arts, de la science, et non en vue de mettre des points des armes chimiques, dot&#233; d'une libert&#233; pleine que personne ne pourra restreindre. Nous le savons, ce n'est m&#234;me pas la peine de le proclamer, m&#234;me s'il est bon de le rappeler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons gagn&#233; le droit de faire ce que nous allons faire, de disposer de presque un million de professionnels, d'intellectuels et d'artistes, de disposer de cinq cent mille &#233;tudiants, dans toutes les branches de la science, des &#233;tudiants capables de se qualifier et de se requalifier, de passer d'une activit&#233; &#224; l'autre, et capable de bien des choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sachez que notre soci&#233;t&#233; va &#234;tre en fait une soci&#233;t&#233; absolument nouvelle. Et dans cette course de fond, nous devan&#231;ons de loin ceux qui sont les plus proches de nous. Ce n'est pas un m&#233;rite. La raison en est cet Empire, parce que ses menaces &#233;taient bien trop risqu&#233;es, ou alors le d&#233;fi qu'il nous lan&#231;ait. En fait, le m&#233;rite lui en revient. Tout ce qu'a fait notre peuple noble, g&#233;n&#233;reux, courageux et intelligent, c'est riposter. Et il riposte aujourd'hui avec la grande force de nombreuses intelligences d&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cinq cent mille dont je parlais, nous y sommes arriv&#233;s en tr&#232;s peu de temps, en trois ans &#224; peine. Combien y en aura-t-il demain ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien mieux, nous aurons des dizaines de milliers d'&#233;tudiants latino-am&#233;ricains dans des &#233;coles de m&#233;decine. Notre pays devra former &#224; lui seul, dans les dix prochaines ann&#233;es, cent mille m&#233;decins. Nous sommes en train de nous battre pour cr&#233;er le meilleur capital m&#233;dical du monde, pas seulement pour nous - et nous continuerons d'en former pour nous - mais encore pour les peuples d'Am&#233;rique latine et d'autres peuples du monde qui nous demandent d&#233;j&#224; que nous leur formions des m&#233;decins. Nous avons de quoi les former et personne ne peut mieux les former, parce que nous avons mis au point des m&#233;thodes p&#233;dagogiques dont nous ne r&#234;vions m&#234;me pas. Nous le verrons, et vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y aura pas seulement douze mille &#233;l&#232;ves de m&#233;decine &#224; l'Ecole latino-am&#233;ricaine de sciences m&#233;dicales ; il y a d&#233;j&#224; ici deux mille bacheliers boliviens, en plus de ceux de l'ELAM, dont un certain nombre sont &#224; Cienfuegos, log&#233;s dans les familles, des familles s&#233;rieuses, dot&#233;es d'une bonne formation professionnelle et culturelle, dont on a &#233;tudi&#233; le profil psychologique, de m&#234;me qu'on a &#233;tudi&#233; celui de l'&#233;l&#232;ve et de sa famille. Une exp&#233;rience nouvelle et unique en son genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'en parlais hier avec diff&#233;rentes personnes. C'est la solidarit&#233; convertie en richesse infinie. Comment pourriez-vous autrement h&#233;berger cent mille &#233;tudiants ? Et nous savons ce que co&#251;te chacun, ce qu'il co&#251;te de le nourrir, de le loger...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons b&#226;ti dans une premi&#232;re &#233;tape de la R&#233;volution des centaines d'&#233;coles secondaires, mais nous avons maintenant moins de la moiti&#233; des lyc&#233;ens que nous avions dans les ann&#233;es 70. Nous savons ce qu'il co&#251;te de les r&#233;parer et en combien de temps &#231;a peut se faire. Nous disposerons donc de nombreuses &#233;coles de m&#233;decine pour quatre ou cinq cents &#233;tudiants, dot&#233;es d'excellentes conditions mat&#233;rielles, de l'&#233;quipement n&#233;cessaire aux &#233;tudes, des moyens audiovisuels, des programmes informatiques. Le /compa&#241;ero/ Machado a dit que s'il avait eu ces ressources durant ces cinq ann&#233;es d'&#233;tudes, il aurait pu les acqu&#233;rir en un an. &#199;a ne veut pas dire, bien entendu, que nous allons former un m&#233;decin en un an, mais qu'un m&#233;decin acquerra en six ans les connaissances qu'il aurait mis vingt ans &#224; acqu&#233;rir par les m&#233;thodes traditionnelles. Je pense &#224; la qualit&#233;, &#224; la qualit&#233;, toujours plus pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons ce que font nos compatriotes partout dans le monde, nous sommes constamment en communication avec eux, avec ceux du contingent Henry Reeve et bien d'autres. C'est une tr&#232;s belle histoire qui est en train de s'&#233;crire, sans pr&#233;c&#233;dent non seulement dans la vie de notre R&#233;volution, mais aussi dans l'Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me sens vraiment bien, spirituellement et physiquement, en un jour pareil, jour de l'Etudiant, un jour que vous avez choisi, comme tant d'autres fois, comme date mobile pour f&#234;ter le soixanti&#232;me anniversaire de mon entr&#233;e dans cette Universit&#233;. Et je suis heureux de vous rencontrer. Bien des choses me venaient &#224; l'esprit, et j'ai d&#251; mettre de l'ordre dans mes souvenirs d'hier et dans mes id&#233;es d'aujourd'hui, en faisant bien attention &#224; ne pas dire ce qu'il ne faut pas dire, mais &#224; tout dire de ce qu'on doit dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense - et j'en discutais avec les autres - que nous devrons adopter certaines mesures ce mois-ci, sans perdre une minute, parce que des choses sont en train d'arriver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous devons de toute urgence d&#233;courager un peu le gaspillage d'&#233;lectricit&#233;. Un peu, ai-je dit. Ce n'est pas encore la formule d&#233;finitive. Mais maintenant que nous commen&#231;ons &#224; distribuer massivement un certain nombre d'&#233;quipements, plus nous &#233;conomiserons et plus nous pourrons en distribuer. Et plus nous pourrons distribuer d'&#233;quipements, et plus nous &#233;conomiserons d'&#233;nergie et plus d'argent nous commencerons &#224; r&#233;cup&#233;rer d&#232;s la fin de ce mois-ci et au d&#233;but de l'an prochain. En tout cas, il est indispensable d'&#233;tablir d&#232;s d&#233;cembre une certaine limite au gaspillage colossal d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas un centime de hausse pour ceux qui consomment jusqu'&#224; cent kilowatts ; une petite hausse pour ceux qui consomment de cent cinquante &#224; trois cents. Celui qui consommera trois cents kilowatts devra sans doute payer un peu plus, mais pas trop. Ceux qui gaspillent devront d&#233;bourser peut-&#234;tre quatre dollars au lieu de deux pour trois cents kilowatts. Mais ne gaspillez pas plus, &#233;teignez les lumi&#232;res, &#233;teignez le ventilateur, ne laissez pas la t&#233;l&#233;viseur allum&#233;. A propos, j'avais oubli&#233; de dire que nous attendons un million de t&#233;l&#233;viseurs : quarante mille sont d&#233;j&#224; ici, et les autres sont en route, qui consomment cinquante watts, et pour qu'il ne reste plus un seul t&#233;l&#233;viseur en noir et blanc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#231;a fera encore des &#233;conomies. Tout un tas d'&#233;conomies, une &#224; une. Nous avons test&#233; en laboratoire ce que consomme chaque appareil, tout est mesur&#233;, et tous les calculs sont inf&#233;rieurs aux calculs officiels. Nous passons tout au peigne fin. Nous faisons tous les jours de nouvelles exp&#233;rimentations. Nous allons en faire une aujourd'hui dans une commune compl&#232;te, la plus pauvre, et c'est l&#224; que les travailleurs sociaux se sont rendus aujourd'hui ; &#224; Cienfuegos, aussi, pour substituer les ampoules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enrique, quand vont-ils s'occuper des stations-service de cette province-l&#224; ? Peu importe que les voleurs le sachent, ils doivent bien se l'imaginer... /(Enrique explique que &#231;a se fera &#224; partir de samedi, que 158 000 ampoules ont &#233;t&#233; remplac&#233;es &#224; Cienfuegos et que le reste se conclura demain. Quelqu'un remet ensuite &#224; Fidel Castro deux ampoules fluorescentes pour l'&#233;tudiante de La Grande Havane.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh, dis donc, Enrique, ce n'est pas &#231;a ! Tu nous fais prendre du retard et d&#233;penser de l'&#233;lectricit&#233; en plus ! /(Il s'adresse &#224; la jeune fille.) /Ah, tu es l&#224; ? Mais &#231;a, c'est une ampoule de sept watts. /(Enrique pr&#233;cise que l'une est de sept et l'autre de quinze.)/ Oui, mais elle a deux ampoules de soixante watts chez elle. Tu ne vas pas laisser cette pauvre enfant dans le noir... ne lui &#233;teins pas toute la maison ! J'avais dit de lui en donne deux de quinze. Tiens. Non, pas toi, elle. Donne-les-lui. /(On remet &#224; la jeune fille deux ampoules de quinze.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons maintenant ce que nous &#233;conomisons chaque ann&#233;e. Et ce n'est pas peu /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On va le lui d&#233;compter de ce qu'elle doit payer pour subventionner le gros consommateur...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien d'ampoules va-t-on changer &#224; Cienfuegos ? /(Enrique lui r&#233;pond qu'il faut en changer 207 000.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous en avez d&#233;couvert combien de plus ? /(Enrique lui dit qu'il faut en envoyer l&#224;-bas cent mille de plus.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On avait parl&#233; de cent cinquante mille de La Havane. /(Enrique explique qu'elles sont en route, qu'on en a chang&#233; 158 000, que quatre cents travailleurs sociaux travaillent &#224; &#231;a, aid&#233;s par un renfort de trois cent soixante. Il lui ratifie que l'op&#233;ration commencera samedi dans les stations-service.)/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parfait. Apr&#232;s-demain, donc, les stations-service. Qu'ils se pr&#233;parent. De toute fa&#231;on, on va d&#233;couvrir ce qu'ach&#232;tent les gens, et apr&#232;s on disposera de pompes &#224; essence parfaites et le pays saura o&#249; se trouve chacune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On saura combien de carburant d&#233;pense chaque engin, pas seulement les camions, mais aussi les r&#233;trochargeuses, combien d&#233;pensent les tracteurs du minist&#232;re du Sucre, tous les tracteurs agricoles, dont des dizaines de milliers servent en fait de jeeps, tout bonnement, combien d&#233;pensent ceux qui, faute de p&#233;trole lampant, qui est le combustible de l'immense majorit&#233;, utilisent du diesel pour faire la cuisine. Ce sont des centaines et des centaines de milliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; part &#231;a - sachez-le - des machines absolument nouvelles &#224; capacit&#233; de forage, &#224; nouvelle sismique, tr&#232;s moderne, forant partout o&#249; il faut forer et utilisant le gaz d'accompagnement pour pouvoir cr&#233;er des centrales &#224; cycle combin&#233; afin de remplacer une bonne fois pour toutes la Guiteras ou ces centrales monstrueuses de Santiago de Cuba qui consomment le demi-million de tonne de diesel que produit la raffinerie de la ville, d&#233;pensant de trois cents &#224; trois cent cinquante grammes de fioul par kilowatt d'&#233;lectricit&#233; produit, ou alors ces d&#233;voreuses de diesel de San Jos&#233; de las Lajas qui, pour produire 60 000 kW aux pics de demande, en consomment quatre cents grammes par kilowatt. Ne vous &#233;tonnez donc pas si je vous dis un jour : elles sont d&#233;finitivement d&#233;saffect&#233;es. Nous ne le ferons pas tant qu'il restera le danger d'un d&#233;ficit, car nous devons assurer. Et m&#234;me l&#224; o&#249; on remplacera un carburant par un autre, l'ancienne restera tant que la nouvelle ne sera pas assur&#233;e. Ce seront de gros changements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous ai dis que nous disposons d&#233;j&#224; de mille autobus pour les longues distances, et le tarif sera en cons&#233;quence. Pas encore maintenant, parce que nous pr&#233;f&#233;rons attendre. Il vaut mieux parfois attendre pour qu'on comprenne mieux quelque chose, pour qu'on comprenne bien, par exemple, une mesure. Ce dont la R&#233;volution a toujours besoin, c'est de compr&#233;hension et de soutien du peuple aux mesures qu'elle prend, parce que je peux vous assurer, je le r&#233;p&#232;te, que tout le peuple travailleur recevra plus, tous ceux qui ont travaill&#233; pour le pays et pour la R&#233;volution recevront aussi davantage, de nombreux abus vont dispara&#238;tre, et on va supprimer le bouillon de culture de bon nombre de ces in&#233;galit&#233;s, les conditions qui les permettent. Quand nous ferons en sorte de ne plus subventionner ceux qui ne le m&#233;ritent pas, alors nous aurons progress&#233; consid&#233;rablement dans notre marche vers une soci&#233;t&#233; juste et digne, justement ce que demande un socialisme v&#233;ritable et irr&#233;versible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Empire a r&#234;v&#233; que bien de plus de /paladares/ allaient s'ouvrir &#224; Cuba. Eh bien, il se peut bien qu'il n'en reste aucun ! Ou croit-on alors que nous nous sommes convertis au n&#233;o-lib&#233;ralisme ? Aucun de nous ne l'est devenu. De toute fa&#231;on, nous allons leur d&#233;montrer irr&#233;futablement que leurs th&#233;ories sont en crise, de m&#234;me que nous leur avons prouv&#233; le fiasco de leur blocus, de leurs agressions, de leurs d&#233;stabilisations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se peut qu'il y ait encore moins d'abstentions l'an prochain lors du vote de la r&#233;solution contre le blocus aux Nations Unies, et qu'il ne reste plus aux USA que leur alli&#233; fasciste et g&#233;nocide qui vote toujours sans le moindre scrupule aux c&#244;t&#233;s de l'Empire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le monde devra livrer une bataille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne ne doit avoir le droit de fabriquer des armes nucl&#233;aires. Encore moins le droit privil&#233;gi&#233; qu'a impos&#233; l'imp&#233;rialisme d'&#233;tablir sa domination h&#233;g&#233;monique et d'enlever aux peuples du tiers monde leurs ressources naturelles et leurs mati&#232;res premi&#232;res. Nous l'avons d&#233;nonc&#233; mille fois, mais ce n'est pas la solution. La premi&#232;re solution pour un pays du tiers monde, c'est de n'en avoir absolument pas peur, comme nous l'avons toujours fait, au point que l'Empire commence &#224; se d&#233;moraliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous d&#233;fendrons bec et ongles, &#224; toutes les tribunes du monde, le droit des peuples de produire du combustible nucl&#233;aire &#224; des fins pacifiques et nous n'aurons absolument pas peur, nous le disons /(applaudissements)/.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'en est assez de tant de cr&#233;tinisme, de tant d'abus, de tant de r&#232;gne de la force et de la terreur dans le monde. Ce r&#232;gne dispara&#238;t face &#224; l'absence totale de peur, et nous sommes toujours plus nombreux, comme peuples, &#224; avoir toujours moins peur, les rebelles seront toujours plus nombreux et l'Empire ne pourra plus continuer de maintenir le syst&#232;me inf&#226;me qu'il soutient encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Salvador Allende a parl&#233; un jour de &#171; t&#244;t ou tard &#187;. Eh bien, je pense que cet Empire se d&#233;sint&#233;grera plus t&#244;t qu'on ne le croit et que le peuple &#233;tasunien aura plus de libert&#233; que jamais, qu'il pourra aspirer &#224; plus de justice que jamais, qu'il pourra utiliser la science et la technique &#224; son profit et &#224; celui de l'humanit&#233;, qu'il pourra se joindre &#224; ceux qui luttent pour la survie de l'esp&#232;ce, qu'il pourra se joindre &#224; ceux qui luttent pour offrir une chance &#224; l'esp&#232;ce humaine &#224; laquelle il appartient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est tout &#224; fait juste de lutter pour &#231;a. Voil&#224; pourquoi nous devons consacrer toutes nos &#233;nergies, tous nos efforts, tout notre temps &#224; faire en sorte que des millions ou des centaines de millions ou des milliards de personnes puissent dire avec nous : Il vaut la peine d'&#234;tre n&#233;s ! Il vaut la peine d'avoir v&#233;cu ! /(Ovation.)/&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sociologie et mouvements sociaux</title>
		<link>http://www.utopies.org/spip/spip.php?article67</link>
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		<dc:date>2005-12-18T22:23:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif Utopies</dc:creator>



		<description>transmis par Philippe Corcuff Ce livre au carrefour des acquis r&#233;cents des sciences sociales et de l'engagement militant pourrait vous int&#233;resser... Vient de para&#238;tre de Lilian MATHIEU : COMMENT LUTTER ? SOCIOLOGIE ET MOUVEMENTS SOCIAUX aux &#233;ditions Textuel, collection &quot;La Discorde&quot; (206 p., 19 euros). Pr&#233;sentation : Ce livre est destin&#233; &#224; tous ceux et toutes celles qui reconnaissent les mouvements sociaux actuels comme un des creusets o&#249; s'inventent et (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Id&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;transmis par Philippe Corcuff&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce livre au carrefour des acquis r&#233;cents des sciences sociales et de l'engagement militant pourrait vous int&#233;resser...&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Vient de para&#238;tre de Lilian MATHIEU :&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;COMMENT LUTTER ? SOCIOLOGIE ET MOUVEMENTS SOCIAUX&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;aux &#233;ditions Textuel, collection &quot;La Discorde&quot; (206 p., 19 euros).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation :&lt;/strong&gt;
Ce livre est destin&#233; &#224; tous ceux et toutes celles qui reconnaissent les
mouvements sociaux actuels comme un des creusets o&#249; s'inventent et
s'exp&#233;rimentent de nouvelles pratiques et repr&#233;sentations de la lutte
politique. Le r&#233;veil d'une contestation sociale d'ampleur, qui tranche avec
l'atonie militante des ann&#233;es 1980, est en effet un des traits marquants de
la
vie politique fran&#231;aise des quinze derni&#232;res ann&#233;es : les gr&#232;ves de d&#233;cembre
1995, la lutte contre le sida, les mouvements des sans-papiers, des
enseignants, des f&#233;ministes, des paysans hostiles &#224; la &#171; mal bouffe &#187; et, in
fine, l'&#233;mergence d'un mouvement altermondialiste d'une ampleur in&#233;dite ont
montr&#233; que les mouvements sociaux sont devenus non seulement un moyen
dominant
d'expression des griefs et des revendications, mais un v&#233;ritable mode
d'action,
susceptible de peser sur le jeu politique institutionnel.
De nombreux sociologues se sont pench&#233;s sur ces nouvelles mobilisations,
mais
leurs travaux sont trop souvent rest&#233;s confin&#233;s aux publications
universitaires. Ce livre rend accessibles, dans un langage clair et jamais
jargonnant, les acquis de ces travaux, et rend possible l'appropriation, par
les militants, des outils conceptuels avec lesquels les sociologues
analysent
les mobilisations. Il offre ainsi les instruments d'une v&#233;ritable
r&#233;flexivit&#233;
militante, susceptible de nourrir les r&#233;flexions et strat&#233;gies des acteurs
de
mouvements sociaux contemporains. Pour ce faire, le livre est organis&#233; en
suivant la s&#233;rie de probl&#232;mes que posent l'&#233;mergence et la conduite d'une
mobilisation protestataire : qu'est-ce qui provoque l'apparition d'un
mouvement
social ? Qui s'engage, et pour quelles raisons ? Comment les mobilisations
sont-elles organis&#233;es ? Comment se d&#233;veloppent-elles ? Quels moyens de lutte
adopter ? A quelles influences les mobilisations sont-elles soumises ? Quels
sont leurs effets sur le monde social ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lilian Mathieu est sociologue, charg&#233; de recherche au CNRS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il travaille depuis
de nombreuses ann&#233;es sur les mouvements sociaux, et a conduit des recherches
sur la lutte contre le sida, les mobilisations de prostitu&#233;es, la lutte
contre
la double peine, les groupuscules radicaux d'extr&#234;me droite et le mouvement
altermondialisation. Il est membre du comit&#233; de r&#233;daction de la revue
ContreTemps et de la Fondation Copernic ; il a notamment publi&#233;
Mobilisations de prostitu&#233;es (Belin, 2001).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les USA de Mal Empire... le 16/12 &#224; V&#233;nissieux</title>
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		<dc:date>2005-12-12T07:24:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>pam</dc:creator>



		<description>Rappel... ce vendredi 16 D&#233;cembre &#224; V&#233;nissieux ces le&#231;ons de r&#233;sistances qui nous viennent du sud... 17h, espace jeunes, rencontre avec la d&#233;l&#233;gation de retour du festival mondial au V&#233;n&#233;zuela 19h, caf&#233;t&#233;ria de la maison du peuple, rencontre d&#233;bat et chile con carne.. Dans le film de Patrico Guzman, l'ambassadeur am&#233;ricain nous dit sans fard &#171; Allende voulait construire le socialisme pacifiquement, quelle illusion ! Vous imaginez la bourgeoise se suicider dans la joie ! [...] (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappel... &lt;big&gt;&lt;big&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&quot;#ff0000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;small&gt;&lt;small&gt;ce
vendredi 16 D&#233;cembre &#224; V&#233;nissieux&lt;/small&gt;&lt;/small&gt;&lt;/small&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/big&gt;&lt;/big&gt;&lt;br&gt;
&lt;font color=&quot;#ff0000&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;big&gt;&lt;big&gt;ces le&#231;ons de r&#233;sistances qui nous
viennent du sud...&lt;br&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/big&gt;&lt;/big&gt;&lt;b&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;17h, espace jeunes,
rencontre avec la d&#233;l&#233;gation de retour du festival mondial au V&#233;n&#233;zuela&lt;br&gt;
19h, caf&#233;t&#233;ria de la maison du peuple, rencontre d&#233;bat et chile con
carne..&lt;/font&gt;&lt;br&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr size=&quot;2&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Dans
le film de Patrico Guzman, l'ambassadeur am&#233;ricain nous dit
sans fard&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#171; Allende voulait construire le
socialisme pacifiquement, quelle illusion ! Vous imaginez la
bourgeoise se suicider dans la joie ! [...] Castro lui avait bien
dit, tu dois maitriser l'arm&#233;e &#187;. &lt;br&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;Les
peuples d'am&#233;rique latine ont une longue et dure exp&#233;rience
de la violence de l'imp&#233;rialisme, des dictatures et des
mafias. &lt;/span&gt;&lt;/big&gt;&lt;b&gt;&lt;big&gt;Aussi, quand des &#233;lections successives
balaient les pouvoirs en place, que les USA se fachent et tentent
d'intervenir sans succ&#232;s, que les luttes sociales remettent en
d&#233;bat le socialisme et les nationalisations, il faut aller y
regarder de plus pr&#232;s !&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;table border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;1&quot; cellspacing=&quot;1&quot; width=&quot;100%&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td bgcolor=&quot;#ffffff&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;173&quot;&gt;&lt;/td&gt; &lt;td bgcolor=&quot;#ffcc99&quot; valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 13pt;&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;6&quot;&gt;&quot;Les
USA de Mal Empire &lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 16pt;&quot; size=&quot;4&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;ces
le&#231;ons de r&#233;sistance qui nous viennent du Sud&quot;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 16pt;&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Caf&#233;t&#233;ria
de la maison du peuple,&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;6&quot;&gt;V&#233;nissieux&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 16pt;&quot; size=&quot;4&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Vendredi
16 D&#233;cembre de 19h &#224; 22h&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 13pt;&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;Aves
les auteurs du livre, des t&#233;moignages, d&#233;bats...&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 13pt;&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;Avec &lt;b&gt;Danielle Bleitrach&lt;/b&gt; et &lt;b&gt;Viktor Dedaj&lt;/b&gt;, coauteur du
livre&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 13pt;&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Andr&#233;
Gerin&lt;/b&gt;, d&#233;put&#233; et maire de V&#233;nissieux&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 13pt;&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;des
jeunes &lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;de retour du Festival
Mondial de la Jeunesse&lt;/span&gt;&lt;b&gt; au V&#233;n&#233;zuela&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;hr size=&quot;2&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;en
pr&#233;paration de la rencontre... $Espace Jeunes V&#233;nissieux&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;, Place L&#233;on Sublet &#224; 17h&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;&lt;p class=&quot;ww-frame-contents-western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.1cm;&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&lt;b&gt;Rencontres de jeunes contre
l'imp&#233;rialisme &lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;p class=&quot;ww-frame-contents-western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.1cm;&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Organis&#233;e par la JC 69&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;p class=&quot;ww-frame-contents-western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.1cm;&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;Avec des jeunes de retour du Festival
Mondial de la
jeunesse au V&#233;n&#233;zuela &lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;p class=&quot;ww-frame-contents-western&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.1cm;&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Exposition, t&#233;moignages, diffusion du
journal du
festival mondial...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr align=&quot;left&quot; size=&quot;2&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br&gt;
&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: left; font-size: 200%; margin-right: 0.1cm;&quot;&gt;D&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;ans le confort
douillet de ses certitudes distill&#233;es au quotidien, l'opinion
publique occidentale ne re&#231;oit que des &#233;chos d&#233;form&#233;s
d'une r&#233;sistance qui s'organise. Un pr&#233;sident est
&#233;lu au Venezuela et d&#233;cide de reprendre le contr&#244;le
des richesses de son pays ? Le voil&#224; aussit&#244;t
affubl&#233; de qualificatifs p&#233;joratifs. Il augmente le
prix du p&#233;trole ? Les hauts fonctionnaires &#233;tatsuniens
parlent de mesures &#171; agressives &#187; &#224; leur encontre.
Comme si les &#201;tats-Unis se laissaient dicter par d'autres le
prix de leur p&#233;trole...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: left; font-size: 200%; margin-right: 0.1cm;&quot;&gt;P&lt;/span&gt;our
tous ceux-l&#224;, une grande vari&#233;t&#233; de
qualificatifs est pr&#233;vue : populistes, dictateurs
(parfois &#171; en puissance &#187;), etc. Mais
qu'importe le terme, puisque leur v&#233;ritable point commun est
celui de ne pas courber l'&#233;chine devant l'autoproclam&#233;
ma&#238;tre du monde. Un ma&#238;tre du monde militairement
puissant, donc dangereux, mais &#233;conomiquement au bord du
gouffre et qui, en r&#233;alit&#233;, ne ma&#238;trise plus
qu'un dernier domaine. Un domaine qui est son terrain de
pr&#233;dilection, et gr&#226;ce auquel il r&#233;ussit encore &#224;
entretenir l'illusion : &lt;span style=&quot;&quot;&gt;les
moyens de communication&lt;/span&gt;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: left; font-size: 200%; margin-right: 0.1cm;&quot;&gt;D&lt;/span&gt;ans
cette lev&#233;e des r&#233;sistances des peuples du Sud, et
particuli&#232;rement sur le continent am&#233;ricain, le jeu qui
s'est engag&#233; est exceptionnellement riche et complexe.
Nourris de toutes leurs exp&#233;riences pass&#233;es - des
batailles perdues, des victoires &#233;ph&#233;m&#232;res, des
r&#233;sistances qui perdurent malgr&#233; tout jusqu'&#224;
devenir symboles - tous ces peuples apportent &#224; leur mani&#232;re
les pi&#232;ces qu'ils ont r&#233;cup&#233;r&#233;es sur
les champs de bataille. Dans ces contr&#233;es lointaines et
myst&#233;rieuses ignor&#233;es par nos m&#233;dias, et qui ne
sont pourtant que les foyers de tous ces autres &#171; nous &#187;,
les esprits, les mains et les coeurs s'activent pour reconstruire
un avenir de la plan&#232;te qui ne repasserait pas par la case
&#171; d&#233;part &#187;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;span style=&quot;float: left; font-size: 200%; margin-right: 0.1cm;&quot;&gt;A&lt;/span&gt;lors,
si vous entendez quelques rumeurs, si vous percevez quelques
mouvements, ne vous laissez pas duper par le syst&#232;me de
propagande qui vous entoure. &lt;b&gt;&lt;br&gt;
&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;big&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, Helvetica&quot;&gt;&lt;b&gt;Dites-vous que c'est simplement
l'Histoire qui red&#233;marre...&lt;/b&gt; &lt;/font&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/big&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/body&gt;
&lt;/html&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Banlieues : Halte au retrait des politiques !</title>
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		<dc:date>2005-12-11T20:21:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>pam</dc:creator>



		<description>paru dans l'humanit&#233; Banlieues : Halte au retrait des politiques ! Du caca ! C'est sur du caca que je suis tomb&#233; en ouvrant la porte de l'ascenseur, ce dimanche 30 octobre alors que des violences urbaines avaient d&#233;but&#233; en Ile de France. De l'excr&#233;ment humain, l'odeur ne trompe pas. Ecoeurant ! Je suis donc descendu &#224; pied. Mon adresse : cit&#233; Marcel Cachin, b&#226;timent L, escalier cinq, une ville de Seine-Saint-Denis. Une ville plut&#244;t tranquille, comme la (...)

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&lt;a href="http://www.utopies.org/spip/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Luttes de classes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;paru dans l'humanit&#233;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;
&lt;hr size=&quot;2&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Banlieues : Halte
au retrait &lt;span class=&quot;468125413-24112005&quot;&gt;des politiques&lt;/span&gt; !&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Du caca ! C'est sur du
caca que je suis tomb&#233; en ouvrant la porte de l'ascenseur, ce dimanche
30 octobre alors que des violences urbaines avaient d&#233;but&#233; en Ile de
France. De l'excr&#233;ment humain, l'odeur ne trompe pas. Ecoeurant ! Je
suis donc descendu &#224; pied. Mon adresse : cit&#233; Marcel Cachin, b&#226;timent
L, escalier cinq, une ville de Seine-Saint-Denis. Une ville plut&#244;t
tranquille, comme la cit&#233;, quelques voitures br&#251;lent de temps &#224; autre
le week-end... Que ne me suis-je pas attir&#233; comme remarques
d&#233;sobligeantes sur le fait que j'habite une cit&#233; ! Et je r&#233;ponds
invariablement que j'ai &#233;t&#233; bien content de trouver un logement d&#233;cent
en &#233;change d'un loyer raisonnable, que je vivais avec des &#234;tres humains
et que je ne me sentais pas le courage de d&#233;serter. Depuis un mois
environ, ayant forc&#233; la porte d'entr&#233;e, des jeunes, des gar&#231;ons,
&quot;squattaient&quot; les premiers &#233;tages de l'escalier 5, le soir, &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;la nuit. Le&quot;&gt;la nuit. Le&lt;/st1:PersonName&gt; rapport
des forces le permettant, les voisins des premiers &#233;tages ont os&#233; leur
demander de partir. Les repr&#233;sailles de ces jeunes ne se sont pas fait
attendre longtemps : d&#233;f&#233;cation dans l'ascenseur. Bon, le stade anal
quoi ! &lt;br&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Du bas de l'immeuble
jusqu'au stade o&#249; je me rends chaque dimanche matin, je croisais ce 30
octobre nombre de connaissances, plut&#244;t &#233;lecteurs de Gauche qui &#224; la
faveur des &#233;v&#233;nements laiss&#232;rent &#233;clater leur col&#232;re contre les
incivilit&#233;s et les comportements irrespectueux, leur exasp&#233;ration
contre les d&#233;gradations des sites de vie, la salet&#233; qui gagne. Leurs
r&#233;actions &#233;taient tendanciellement ethnicisantes et leur approbation
des mesures du ministre de l'Int&#233;rieur, patente : &lt;i&gt;&quot;Lui au moins
fait quelque chose ! &quot;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt;En effet,
symboliquement, verbalement, le ministre prend en charge la violence de
la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise qui affleure ou explose en lui offrant un bon
d&#233;bouch&#233; politique de droite. Seulement, pour ce faire, il ne s'appuie
pas sur rien. Et &#231;a, les banlieusards le savent puisqu'ils le subissent
au quotidien, en plus du m&#233;pris institutionnel, du ch&#244;mage, de la
pr&#233;carit&#233;, de journ&#233;es tr&#232;s longues dans les transports en commun
bond&#233;s, etc..... Que le ministre adopte une position de l'affrontement
sert &#224; beaucoup d'exutoire. Quant aux jeunes&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt;qui
incendient voitures, poubelles et b&#226;timents publics, ils ne paraissent
pas avoir compris que ce qu'ils voient &#224; la t&#233;l&#233;vision, que leur
expression culturelle marchandis&#233;e &#224; outrance par certains m&#233;dias, ne
peut r&#233;sumer toute &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;la r&#233;alit&#233;. Et&quot;&gt;la
r&#233;alit&#233;. Et&lt;/st1:PersonName&gt; que le socle des discriminations, qu'ils
ne sont pas les seuls &#224; subir car elles sont inextricablement raciales
et sociales, comme celui de la logique des extr&#234;mes &#224; laquelle ils
participent, repose sur une injustice sociale aggrav&#233;e ! (Qui se
souvient du d&#233;sespoir des employ&#233;s de Cellatex ?) Et que le lib&#233;ralisme
peut leur r&#233;server une d&#233;gringolade dont ils n'ont pas id&#233;e tellement
ils semblent prisonniers, pour la plupart, du r&#234;ve qu'il distille, de
l'horizon qu'il promet. &lt;i&gt;&quot;Je ne veux pas &#234;tre l'esclave de
l'esclavage&quot;&lt;/i&gt; lan&#231;ait Frantz Fanon. Ils sont loin d'entendre les
appels au refus de victimisation de Fanon comme d'Aim&#233; C&#233;saire car
l'univers par trop gr&#233;gaire dans lequel ils &#233;voluent &#233;loigne de la
rencontre avec l'autre et donc de &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;la r&#233;flexion. Et&quot;&gt;la r&#233;flexion. Et&lt;/st1:PersonName&gt; comment
se reconna&#238;tre dans une R&#233;publique de la reproduction ? &lt;i&gt;&quot;La Facult&#233;
est bien gard&#233;e&quot; &lt;/i&gt;constatait d&#233;j&#224; en son temps C&#233;line...&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Du c&#244;t&#233; des
associations, bien s&#251;r, l'action - notamment dans le domaine culturel -
s'effectue au quotidien, avec pers&#233;v&#233;rance et succ&#232;s. Du c&#244;t&#233; des
enseignants, imagine-t-on un seul instant que l'&#233;cole n'existe pas dans
ces quartiers, les cons&#233;quences ? Du c&#244;t&#233; de la Gauche, les &#233;lus font
un travail &#233;vident en bas dans les quartiers comme en haut avec des
propositions et l'instauration de lois comme celle sur la r&#233;partition
des logements sociaux, celle sur le contr&#244;le des fonds publics aux
entreprises, abolie par la Droite depuis. &lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Mais ce sont les
militants (esp&#232;ce qu'on a voulu en voie de disparition) des partis de
Gauche et singuli&#232;rement celles et ceux du PCF qui, semble-t-il,
manquent le plus &#224; l'appel. Cruellement. Pourquoi des policiers
&quot;proximi&#233;s&quot; et pas des politiques &quot;proximi&#233;s&quot; ? Comment un parti
politique peut-il penser, inventer, construire un projet, qui plus est,
une alternative, sans un va et vient, ou en l'absence d'une symbiose
avec sa base ? Comment cette base peut-elle &#234;tre une base si une partie
de la population ne s'y trouve pas ? Franchement, la d&#233;mocratie
n'est-elle pas en permanence &#224; ce prix ? &lt;br&gt;
&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Il ne s'agit pas de
simplifier mais pourquoi ce qui a &#233;t&#233; possible dans des &#233;poques
d'adversit&#233;, ne le serait-il plus aujourd'hui ? Par manque de
perspectives ? Parce que les lib&#233;raux ont emport&#233; une bataille
&#233;conomique et id&#233;ologique ? Parce qu'on ne pourrait plus rien faire ?
Qui d&#233;cide de cela &#224; la fin des fins ? Mieux vaut voir les choses en
face : il n'y aura pas de solution individualiste. Bien des habitants
de notre pays, par manque de contrepoids politique, id&#233;ologique vont
basculer dans &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;la pauvret&#233;. Est-ce&quot;&gt;la
pauvret&#233;. Est-ce&lt;/st1:PersonName&gt; une raison pour renoncer &#224; politiser
les couches populaires telles qu'elles sont et non pas telles qu'elles
&#233;taient ? Qu'auraient &#233;t&#233; des milliers de &quot;marginaux&quot; (il n'y a pas
qu'Azzouz Begag qui a v&#233;cu le d&#233;nuement et l'exclusion !) s'ils
n'avaient pas rencontr&#233; dans le &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;Parti Communiste une&quot;&gt;Parti Communiste une&lt;/st1:PersonName&gt;
structure d'accueil capable d'&#233;tancher leur soif de justice et pas
uniquement leur volont&#233; de s'&#233;lever socialement ? Je viens d'un milieu
o&#249;, au ch&#244;mage ou non, l'on n'avait pas honte d'&#234;tre pauvre. Sur la
fonction &#233;minente de repr&#233;sentation de la politique, il n'est qu'&#224;
relire &lt;i&gt;Aux bords du politique&lt;/i&gt; &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;de Jacques Ranci&#232;re.&quot;&gt;de Jacques Ranci&#232;re.&lt;/st1:PersonName&gt;
Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt;La situation n'est
bien s&#251;r pas imputable au seul r&#233;tr&#233;cissement du &lt;st1:PersonName w:st=&quot;on&quot; productid=&quot;Parti Communiste,&quot;&gt;Parti Communiste,&lt;/st1:PersonName&gt;
mais il est temps d'amplifier ce qui a &#233;t&#233; commenc&#233; notamment avec les
organisations de jeunesse, &#224; savoir, d&#233;ployer une action audacieuse
envers les milieux populaires dont le nombre ne cesse de grandir.
Lorsqu'avec l'ancien directeur du journal, nous avons eu &#224; choisir des
articles de &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; de l'ann&#233;e 2003 pour l'anthologie de son
centenaire, nous n'avons pas h&#233;sit&#233; un seul instant &#224; s&#233;lectionner
l'&#233;ditorial du 13 d&#233;cembre sign&#233; Maurice Ulrich, &lt;i&gt;Citoyens, et vous ?,&lt;/i&gt; qui traitait des suites de la marche des beurs du 3 d&#233;cembre
1983. &lt;i&gt;&quot;Ils s'appellent Toumi, Farid, Kamel, Khadidja, ils sont des
dizaines de milliers qui se sont mis en marche, depuis des jours,
depuis les banlieues, les cit&#233;s, depuis les barres des Minguettes et
leurs horizons barr&#233;s, et qui arrivent &#224; Paris, depuis la Marche des
Beurs. Vingt ans et quoi ? (...) On s'appelle Jamel ou Zinedine, on fait
rire et on joue au ballon mais on ne figure pas dans les organigrammes
des partis politiques. La Gauche, dans son ensemble, n'a pas &#233;t&#233; &#224; la
hauteur&quot;...&lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Et aujourd'hui ? De
gr&#226;ce que l'on sorte d'abord du seul registre victimaire qui a pour
effet d'exasp&#233;rer tant les autres victimes de l'in&#233;galit&#233; et qui
n'offre aucun d&#233;bouch&#233; s&#233;rieux. S'il est v&#233;rifiable que si on ne peut
exister en construisant, on tente d'exister en d&#233;truisant, Pasolini
n'avait-il pas raison lorsqu'il avan&#231;ait que toute permissivit&#233; aboutit
&#224; la vulgarit&#233; ? La vulgarit&#233; des marchands qui ont r&#233;ussi &#224; se hisser
&#224; la hauteur sinon de ma&#238;tres &#224; penser, tout au moins de ma&#238;tres &#224;
vivre pour de trop nombreux jeunes fragilis&#233;s aujourd'hui... En mati&#232;re
politique, la fatalit&#233;, la division ont fait des progr&#232;s effroyables
dans notre pays. C'est pourquoi, dans les banlieues comme ailleurs, il
est temps de dire : halte au retrait des politiques ! &lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Ah, oui,
j'oubliais le caca. C'est ma voisine du cinqui&#232;me qu'il l'a ramass&#233; et
qui a nettoy&#233;. Elle est employ&#233;e &#224; l'h&#244;pital de Neuilly sur Marne, son
mari est ma&#238;tre-chien, il travaille la nuit avec son &#233;norme b&#234;te. Ils
sont maghr&#233;bins tous les deux. Quand elle berce sa deuxi&#232;me fille, un
b&#233;b&#233;, je l'entends qui chante &quot;le petit Quinquin&quot;. Je l'ai remerci&#233;. On
se conna&#238;t mieux &#224; pr&#233;sent, car durant un an j'ai bataill&#233; pour qu'ils
ne d&#233;posent pas leur poubelles sur le palier...&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;br&gt;
&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt; &lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Val&#232;re Staraselski&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;big&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;big&gt;Auteur de&lt;i&gt; &lt;span class=&quot;468125413-24112005&quot;&gt;&quot;&lt;/span&gt;Un homme inutile&lt;span class=&quot;468125413-24112005&quot;&gt;&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/body&gt;
&lt;/html&gt;&lt;/div&gt;
		
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